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Voici la première d’une série de vidéos…

Voici la première d’une série de vidéos

Bonjour tout le monde,

Voici la première d’une série de vidéos qui seront publiées une fois par mois au sein de mon blogue artistique. J’ai décidé d’agir ainsi afin d’une part, rendre mon blogue davantage agréable à découvrir et, d’autre part, de vous permettre de connaître davantage votre humble serviteur.

Un être humain comme tout le monde avec ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts mais qui a avant toute chose une véritable passion dans son domaine de prédilection qui est celui de modèle vivant. À cela s’ajoutent, bien entendu,  la poésie et la photographie.

Portez-vous bien !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Rétrospective professionnelle en tant que modèle vivant (nu)

Rétrospective professionnelle en tant que modèle vivant (nu)

« Il était pour moi un besoin absolu d’acquérir un plein droit sur mon corps et de le faire découvrir aussi bien en tant qu’oeuvre d’art remarquable que d’être un homme vivant et pleinement masculin. » RollandJr St-Gelais

Prologue

Bonjour tout le monde,

20171122_183524J’espère que vous allez bien et que vous avez passé une période des fêtes des plus agréables. De mon côté, tout est s’est passé à merveille surtout que mon bon ami Daniel et son chat, un gros matou du nom de Merlin, est venu réveillonné chez-moi en compagnie de ma belle Plume. Il est vrai que j’aurais bien aimé faire une visite-surprise à mon père mais étant donné son âge vénérable et la distance entre nos deux villes respectives, et ce en pleine saison hivernale où les routes sont glacées, il valait mieux redoubler de prudence. Bref, j’ai décidé de rester à Québec pour la période des fêtes. Après tout il restera une année complète pour rendre visite en toute sécurité. N’est-ce pas ?!

Sous un autre ordre d’idées, j’ai décidé de réaliser une rétrospective de20171129_131004_HDR mon expérience professionnelle en tant que modèle vivant (nu intégrale) afin de faire une mise-au-point explicative sur d’un côté, ma passion proprement dite et, d’un autre côté, sur les visions que mes plus grands amis et mes plus intimes connaissances ont accepté de me faire part. Pour ce faire, je leur ai écrit via le service de messagerie de Facebook avec le plus grand soin afin de ne jamais les indisposer d’une quelconque manière. Le respect est toujours de mise , et ce en tout temps.

En réalité, ma rétrospective concerne deux aspects indissociables l’un de l’autre. En premier lieu, le fait d’être tout simplement modèle nu. Je fais référence dans ce cas-ci à la nudité qui certes n’a aucun tabou ni de fausse-pudeur mais qui respecte en tout temps les principes de base du domaine de la nudité artistique. En second lieu, le fait d’être un modèle nu vivant avec un handicap physique apparent mais avec une autonomie, avouons-le franchement, impressionnante pour bon nombre des gens, artistes ou étudiants, devant lesquels j’offre mon talent.

Certes, peu de gens accepteraient de poser nu devant un groupe d’artistes, qu’ils soient professionnels ou amateurs ou bien des étudiants en arts.  Ce qui est davantage le cas lorsqu’on est atteint d’une situation physique, disons-le en toute honnêteté sans y mettre trop d’emphase, atypique. Mais, attention ! Ma joie de vivre a toujours été l’une des pierres angulaires à chacune de mes prestations devant un groupe. Être nu, c’est d’abord et avant toute chose être authentique. Et comme ma joie de vivre fait partie intégrante de ma personne. 

Qui plus est ! Une telle rétrospective a pour lointain début une soirée de nudité artistique qui a eu lieu un soir d’été dans la belle ville de Montréal, en compagnie d’une amie extraordinaire en la personne de Marie-Pier Auger et d’un artiste formidable de réputation internationale du nom de Michel T. Desroches. En effet, le début de mon aventure dans ce domaine a belle et bien eu lieu grâce à leurs aides. À cela s’ajoute des réalisations de type « underground » menées par mains de maître par une équipe formidable sous la direction de Patrick Audinet et de Marie Laroque. D’ailleurs, l’une de ces réalisations a eu lieu dans un bar situé dans le centre-ville de Montréal. Ce fut là une expérience qui m’a beaucoup plu. Je serai toujours reconnaissant à ces personnes d’être le prélude à mon expérience de modèle vivant.

20171122_181530Une expérience qui alla propulser votre humble serviteur vers une certaine reconnaissance internationale par le biais d’articles publiés au sein de magazines et de journaux lesquels ont passé presque sous silence, et j’en suis très heureux, la cause de ma situation physique préférant, et de loin, mettre l’accent sur ma démarche artistique. Il faut reconnaître que les médias ont largement fait leur choux-gras de la raison d’être de mon corps atypique, et bien souvent, à mon grand détriment.

Pour mener à bien ma rétrospective professionnelle, j’ai cru utile de demander l’opinion à plusieurs de mes amis-es et connaissances qui partagent avec moi la passion de la nudité artistique. À cela s’ajoutent d’autres personnes avec qui j’entretiens de bons liens amicaux mais qui n’ont pas nécessairement une telle passion qu’a votre humble serviteur. La majorité des gens interrogés sont membres des divers réseaux sociaux sur lesquels je suis inscrit, notamment celui de Facebook et sur Twitter. Il va de soi qu’ils vivent, pour un nombre important d’entre eux, au sein de pays situés à des milliers de kilomètres les uns des autres.

240_F_136903558_P7hdS45I1yWZO64q4aZR7DYsEGZoXemmTout ceci a eu pour conséquence une variété de réponses à ces questions à la fois simples et concises : En premier lieu, que pensez-vous de mon cheminement dans le domaine de la nudité artistique depuis que vous ayez appris que je suis modèle vivant ? En deuxième lieu, comment avez-vous réagit lorsque vous l’avez su et surtout comment l’avez appris ? En dernier lieu, que pensez-vous du fait que je sois modèle vivant (nu intégral) pour des écoles d’arts et des ateliers ? Trois questions dont les réponses allaient certainement m’interpeler. C’est ce que nous allons voir dans ce qui suit. Il va de soi que je présente mes remerciements les plus chaleureuses à toutes les personnes qui ont bien voulu répondre à ma requête de participer à un tel travail de réflexion.

Cependant, une chose doit être clarifiée une fois pour toutes. Je suis26111977_1148399801957187_1581026775816250166_n parfaitement conscient que mon choix de carrière, aussi inhabituel qu’étrange pour plusieurs d’entre vous, a certainement été une source incroyable d’interrogations, voire d’une certaine  façon de scandales, pour ceux et celles qui ne s’y attendaient pas. Vous comprendrez sans aucun doute que mon cheminement de vie y est pour beaucoup dans un tel choix. Subir les regards inquisiteurs tout au long de mon enfance et de mon adolescence, être présenté telle une bête de foire en première page d’un journal à sensation dont les plus hautes autorités de la presse canadienne durent réagir avec véhémence. À cela vient s’y ajouter une utilisation à la fois abusive et immorale de la part d’avocats plus soucieux de se faire du capital à la fois professionnel et financier que d’agir dans mes intérêts légaux. Et, croyez-moi sur parole, cela m’a pris plus de 30 ans à pouvoir m’en remettre. Bref, il était pour moi un besoin absolu d’acquérir un plein droit sur mon corps et de le faire découvrir aussi bien en tant qu’oeuvre d’art remarquable que le faitd’être un homme vivant et pleinement masculin.

Une des réponses qui résume assez bien l’ensemble de celles reçues jusqu’à maintenant me vient de mon grand ami de la France, lui-même artiste, et j’ai nommé Eri Kel. Voici ci-dessous sa réponse laquelle est accompagnée d’une de ses magnifiques réalisations.

25395740_10156112349148919_4536219284649750328_n » Bonjour Rolland, Je l’ai découvert un peu par hasard car depuis des années, je me passionne pour tout ce qui touche au modèle vivant et à la démarche de ceux qui posent. J’ai d’ailleurs écrit une étude à ce sujet il y a plusieurs années, après une enquête auprès d’une centaine de modèles. Après, je suppose que les algorithmes utilisés par Facebook pour analyser nos centres d’intérêt fait que je me vois régulièrement proposé des profils de modèles d’art. Pour le fait de poser avec un handicap physique, je trouve cela très courageux tant les gens ont déjà des a priori sur le corps et la nudité. J’anime un atelier de modèles vivants et je peux observer les réactions des uns ou des autres quand un(e) modèle est déjà hors des standards (très maigre ou très fort). Mais je n’en tiens pas compte en me disant qu’il faut accepter le corps dans toutes ses différences, et fais venir les modèles que j’ai envie de faire venir. »

20171129_153219-1Plusieurs mots doivent être soulignés dans un tel témoignage ; acceptations du corps, différences, courage, préjugés sur  la nudité du corps. C’est un fait indéniable que j’accepte mon corps non pas parce qu’il est différent mais tout simplement parce qu’il est le mien et que je ne pourrai jamais le remplacer. Il en est de même pour chacun d’entre nous. Ce qui ne signifie pas que nous devons accepter un quelconque laisser-aller qui risquerait de mettre en péril une bonne santé, mais plutôt d’être conscients que nos particularités physiques font de nous des gens uniques. Une unicité qui relie les différentes composantes de l’être humain telles que la spiritualité, les attributs physiques et intellectuels, les capacités émotionnelles ainsi que notre parcours de vie avec nos erreurs et nos belles réalisations. Dans un tel cas, notre unicité devrait devenir une source extraordinaire de force. N’est-ce pas ?!

Pour ce qui est du courage qui m’a à la fois aidé et incité à traverser bien des obstacles et à briser bien des préjugés, force est d’admettre que mes parents sans oublier les membres de ma famille et mes amis les plus proches ont été un appui incommensurable dans mon cheminement. À cela, je dois mentionner l’aîné des frères qui a été assassiné dans des circonstances horribles lors de la grève du front commun de 1972 à Sept-Îles. Que serais-je sans leur apport ? Bien malin celui qui pourrait le deviner.

Parmi les personnes qui ont répondu à mon appel sur les réseaux sociaux, une ressorte du lot. En effet, l’ancienne petite amie de mon défunt frère, celui qui a été assassiné en mai 1972, a bien voulu me donner son opinion dont il me fait plaisir de partager avec vous. En effet, elle affirme que «… si c’est le chemin que tu as choisi pour évoluer et répondre à la quête de l’actualisation de ton être, c’est bien pour toi! Nous avons tous en tant qu’être humain un tracé de vie afin d’acquérir l’évolution pour laquelle nous sommes ici. » À vrai dire, jamais de ma vie, je n’ai pu trouver chaussure à mon pied en ce qui concerne mon épanouissement tant émotionnel que spirituel. En effet, je suis dans l’impossibilité de vous décrire les émotions et de sentiments d’intériorité vécus à chacune de mes prestations de nudité artistique tellement tout ceci a été ressenti avec intensité, mais aussi avec un immense plaisir.

Capture 7Parmi mes plus profondes émotions vécues en tant que modèle vivant, la gratification de la part de certains magazines européens spécialisés dans le domaine de la nudité artistique ou bien dans des domaines connexes a certainement été la plus valorisante pour votre humble serviteur. J’ai bien écrit « humble serviteur » puisque je reconnais que sans l’apport des personnes qui ont cru en mon potentiel en tant que modèle vivant, et ce au tout début de mes balbutiements dans ce domaine, une telle expérience aurait été tout simplement impossible. Or, comme l’affirme si bien le proverbe :  » Impossible n’est pas français ». Parmi ces magazines, il y en a un qui a réalisé un reportage tout à fait exceptionnel sur ma passion dans un numéro publié en 2015 dans  » La Vie au Soleil « . Et, je dois avouer avec un plaisir immense que l’on a pris grand soin d’éviter de mettre l’emphase sur la cause de ma situation physique. Un sujet tellement rapporté dans certains médias canadiens et souvent à mon détriment. Autre fait intéressant à retenir, j’ai tout fait en mon pouvoir afin de ne pas être utilisé d’une quelconque manière que ce soit dans une procédure légale qui a été réalisée contre les instances fédérales considérant que j’ai fait plus que ma part dans un passé pas si lointain. D’autres médias du Québec se sont aussi intéressés à ma passion tout en passant sous silence le drame de la thalidomide. Après tout, ma vie est loin d’être dramatique. N’est-ce pas ?!

Ce qui comprends, et ce à ma grande surprise, ma séance de nudité000000810012 érotique. Une telle séance a été chaudement saluée par la directrice de l’association canadienne des victimes de la thalidomide, madame Mercedes Benegbi, pour le fait d’avoir osé, avec un souci indéniable de respect et de bon goût, aborder un aspect méconnu, voire tabou au sein de la société actuelle. C’est-à-dire la sexualité des personnes vivant avec une situation de handicap. Il va de soi que le tout a été réalisé d’un point-de-vue jusque-là innovateur dans les annales du modèle nu.

20171129_153032Que serait mon expérience de modèle vivant sans la participation active de certaines personnes de la gente féminine ? J’ai eu la chance extraordinaire de vivre quelques séances de nudité artistique non seulement en compagnie de femmes qui agissaient jusque-là comme des aides lors desdites séances, mais aussi comme collègue lors de poses nues en duo. Je tiens tout d’abord à souligner la présence d’une amie originaire de la région de la Mauricie qui m’a accompagné à la séance qui a eu lieu le 29 novembre dernier au local de la Factrie situé dans la ville de Shawinigan. Sa présence fut appréciée non seulement par votre humble serviteur mais aussi par tous les artistes présents à cette occasion. Merci à ma belle Lysandre pour sa participation. Ensuite, je désire souligner avec un immense plaisir la participation de mon amie de Montréal20171122_210257 Mélia N., qui a accepté d’être non seulement mon aide mais aussi mon accompagnatrice au sein de la séance qui se déroula au LiveArt de Montréal le 22 novembre dernier. Une séance qui en fit sourire quelques-uns pour une situation à laquelle votre humble serviteur ne s’y attendait absolument pas. Soyez rassurés fidèles lecteurs et lectrices, cela ne concerne en rien une quelconque forme de vulgarité même si la pose était faite avec une grande intimité. je vous l’assure !

Certes, j’avais déjà vécu ici même à Québec une autre expérience de nudité artistique en duo avec une femme. Toutefois, cela a été fait dans un cadre d’un essai de type exploratoire en tenant compte du caractère néophyte à la fois de votre humble serviteur et de la dame en question. Par un souci de respecter sa vie privée, il me parait être utile de conserver son anonymat. Là encore, notre séance fut réalisée selon les règles de l’art.

Une chose doit être dite concernant l’utilisation de certaines des photos à la fois de ma personne en tant que modèle nu que des dessins réalisés en ateliers ou en classe. D’ailleurs, vous avez eu la chance de voir plusieurs desdites photos prises durant les cours d’arts, notamment à la faculté des arts visuels sous la direction de madame Samuelle D.-H. de Montréal, pour vous faire une idée de mon professionnalisme.

C’est un fait. J’utilise abondamment les photos pour d’une part, être20171129_132432 une source d’inspiration dans la composition de mes poèmes et, d’autre part, pour décrire le déroulement des séances concernées. Cela a un double objectif. Primo, vous faire ressentir dans la mesure du possible l’ambiance dans laquelle les gens et moi-même avons vécu la séance proprement dite. Secundo, démontrer dans la mesure du possible qu’être un modèle nu est une activité qui se vit tant avec son corps qu’avec ses émotions.

Il va de soi que je n’aurai pas assez d’un seul article pour décrire toute la joie que m’a procuré d’être modèle vivant (nu intégral). Cependant, il vous est permis de parcourir l’ensemble de mon blogue pour vous en donner une petite idée. Une idée qui vous fera découvrir la noblesse de cette profession. Comme l’a souligné ma correspondante de la France et elle-même modèle vivant, madame Pascale Nicolas, « … les modèles ont compris que la nudité dans l’histoire de l’art c’est la transmission du vivant à travers les cultures et les générations. »

Épilogue

En guise d’épilogue, le mot qu’a bien voulu me faire part ma tendre amie de la Finlande, du nom de Élisa Ramos, décrit à la perfection l’ensemble des propos recueillis dans mon investigation. En effet, elle a simplifié de manière agréable ce que les gens pensent de ma démarche en se prononçant ainsi :  » Je trouve ça super, car tu assumes ta différence. De plus, ça permet aux élèves de travailler sur différents types de modèles, pas seulement sur des corps « classiques ». Les nombreuses invitations faites par les écoles d’arts et les ateliers lorsqu’elles apprennent ma candidature, parfois de bouche à oreilles, prouvent de manière sans équivoque une telle affirmation.  

dscn1567Toutefois, et après mûres réflexions, j’ai décidé de laisser parler deux des artistes avec qui j’ai connu un succès inattendu au sein des médias artistiques du Québec. En effet, leurs témoignages résument à la perfection la valeur même de ma passion mais aussi mon professionnalisme grandement reconnu par mes pairs. Mon cher ami et photographe Jérôme Bertrand a témoigné de ceci :  » Tu as la passion de l’art et l’amour des artistes. Ton combat est celui de nous tous en cette ère de l’image et tu braves les foules et les lentilles tel un chevalier. Je te souhaite de belles rencontres et plusieurs projets dans les années à venir mon ami! « 

Et pour ce qui est de l’artiste-peintre de réputation internationale duseance_artistique_6_by_lequebecois1962-d4tm7zg nom de Michel T. Desroches, son mot conclue très bien l’ensemble de mon parcours dans le domaine de la nudité artistique, et ce en ces termes :  » Tu es un très bon modèle. Quand tu l’as été pour moi, tu débutais et tu n’étais pas encore en pleine confiance…mais j’imagine que l’expérience que tu as acquise depuis ce temps fait de toi un modèle expérimenté… Félicitations pour ton courage et l’acceptation de ton corps atypique… Bravo !!!  » Sache mon cher ami que mon expérience a fait de moi un homme comblé par la vie et que ma passion pour ce domaine est la  pierre angulaire de ce blogue dédié à la fois à la nudité artistique, à la photographie et à la poésie. 

Et, je vous promet que c’est loin d’être fini. Si Dieu le veut !

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Ma prothèse

 

Ma prothèse

Bonjour tout le monde,

J’entre directement dans le vif du sujet. Je vous ai mentionné dans un précédent article de ma vision de ma prothèse, ou si vous préférez ma jambe artificielle, sans laquelle ma qualité de vie serait fort différente. En effet, je peux me considérer chanceux de pouvoir non seulement vaquer à mes occupations mais avant toute chose à établir des liens avec autrui.

C’est bien beau de parler et d’écrire afin d’exprimer20171122_181530 nos idées et nos sentiments. Cependant rien en ce monde n’a autant d’importance que d’aller à la rencontre de notre prochain. Et quand j’affirme d’aller à sa rencontre, cela fait référence aux premiers pas dirigés vers cet « autre » qui passera de manière graduelle de « étranger » à connaissance, à collègue et, si l’occasion le permet, à ami ou bien même à âme-sœur.

20171122_202348Pourquoi donc parler de ma prothèse dans un tel article ? Je vous réponds tout simplement par ce qui suit: elle fait partie intégrante de mon corps et ce, au même titre que mes yeux, mon nez, ma bouche, mes bras et tout le reste. Force est de constater, et je sais très bien de quoi je parle, que bon nombre de personnes vivant avec un handicap physique dit « apparent » ressentent une certaine animosité envers leurs prothèses, appelées aussi membres artificiels, puisqu’elles leur rappellent leur différence à l’égard des autres. Il est aisé de comprendre qu’une telle situation peut s’expliquer par un choc émotionnel ou bien par une éducation plus ou moins malsaine face à l’handicap. Après tout, chaque cas est vécu de manière très différente d’une personne à une autre.

En ce qui me concerne, j’ai appris très tôt à vivre avec ma prothèse et à y voir comme un moyen parmi d’autres pour mon épanouissement. Que de sports! Que de sorties entre amis! Que de bons coups et de moins bons ai-je fait grâce à ma prothèse!

Voilà pourquoi c’est avec un plaisir indescriptible que20171122_184455 j’accepte de poser nu avec ou sans ma prothèse lors de mes prestations de nudité artistique. Mais attention! Mon identité ne se base aucunement sur celle-ci. Je suis autre chose que ma prothèse : je suis modèle nu, poète, photographe amateur, grand amant de la nature, amoureux de la vie. Je suis comme vous : un être humain.

Merci de m’avoir lu!

RollandJr St Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une séance de nudité artistique : C’est quoi ?

Une séance de nudité artistique : C’est quoi ?

Bonjour tout le monde,

J’espère de tout mon cœur que vous allez bien et que l’automne vous apporte dans son royaume de mille couleurs. En effet, il faut bien reconnaître que cette saison possède un charme tout à fait indéniable qui la rende tout simplement magnifique. Que de rouge ! Que de jaune ! Que de teintes orangées ! Que de jeux de lumière et d’ombre ! Toutes ces facettes font de cette saison une source d’inspiration pour toutes les personnes sensibles à la moindre parcelle de beauté au sein de la création. Et que dire de la chance de m’en rendre-compte une fois de plus en parcourant en bus le trajet Québec-Sept-Îles, mais aussi l’inverse lors du retour vers ma demeure, à l’occasion de ma dernière prestation artistique en ma terre natale ? C’est un fait ! J’adore l’automne.

IMG_20170929_114643_033Sous un autre ordre d’idée, j’ai été invité à collaborer en tant que modèle nu pour une séance de nudité artistique au sein du C.É.G.E.P. de Sept-Îles par madame Laurence Boulay, professeure de dessin et d’arts. Une invitation à laquelle j’ai bien entendu accepté avec grand plaisir malgré la distance incroyable qui sépare Québec de Sept-Îles et du fait que j’y étais déjà allé en début du mois d’octobre dernier. Mais, me rappelant la belle humeur, la complicité entre ces élèves et votre humble serviteur et sans oublier le professionnalisme indéniable de madame Laurence Boulay en tant qu’enseignante ainsi que mon amour pour ma terre d’origine, il m’était un devoir d’y répondre par l’affirmatif.

Toutefois, une question se posa dans ma tête. À quoi peut bien ressembler une séance de nudité artistique vue dans les yeux du commun des mortels ? J’aurais tout simplement pu vous faire un résumé plus ou moins explicatif d’une telle séance. Mais, voulant rendre la chose plus intéressante tout en me rappelant le dicton voulant qu’« une image vaut mille mots », il m’a semblé être davantage utile de vous présenter une vidéo réalisée lors d’une des poses nues que votre humble serviteur a accomplies pendant ladite séance. Une telle vidéo a été faite grâce à l’aide indispensable de madame Laurence Boulay.

20171110_100908En terminant cette missive, je désire vous informer sur les trois éléments que je qualifierais d’une extrême importance lors d’une séance de nudité artistique. Tout d’abord, le silence est requis tout au long des poses à l’exception des directives énoncées de manière brève par la professeure à ses élèves. Ensuite, et cela relève de mon éthique personnelle au sein de ma profession, je me dois de demander aux élèves présents en salle de cours de m’informer si la pose que j’ai choisie les indispose dès les premières secondes afin d’éviter un quelconque inconfort parmi ces derniers. Enfin, je me fais un devoir de dialoguer tant avant les poses et pendant les moments de répits et à la fin de chaque séance afin d’établir et de conserver un lien véritablement humain entre les élèves et moi-même. Après tout, il s’agit d’un être humain vivant, c’est-à-dire le modèle, qui offre sa nudité à d’autres êtres humains bien vivants, en l’occurrence les élèves dans le cadre de la découverte de l’autre et un peu de soi.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Une facette méconnue de la nudité artistique : Être une modèle nue enceinte (Pratique du yoga)

Une facette méconnue de la nudité artistique :
Être une modèle nue enceinte (Pratique du yoga)

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. De mon côté, je suis fier de vous annoncer17904232_1925292107701890_6493016918687049643_n que j’ai fait une très longue promenade au cours de cette après-midi. Raison pour laquelle je n’ai pas rédigé, ni  publié d’article pour aujourd’hui. Profiter du soleil, admirer les différentes beautés féminines et rencontrer des gens intéressants est une denrée rare en ce monde où la possibilité de vivre pleinement sa vie au quotidien n’est pas donnée à tout le monde. Bref, je remercie le ciel pour être né dans un si beau pays qu’est le Canada et de vivre sur ma tendre patrie qu’est le Québec. Je sais bien que je me répète mais, avouons-le, vivre et non pas survivre est une opportunité incroyable de nos jours.

new-image-15À cela s’ajoute la possibilité de vivre une prochaine expérience de modèle nu pour les quatre mois à venir au sein d’un département universitaire qui  se trouve dans la belle ville de Trois-Rivières. Croyez-moi sur parole ! J’ai vraiment hâte de travailler avec tous ces gens, jeunes et moins jeunes, qui tenteront de parfaire leurs connaissances dans le domaine des arts visuels. Toutefois, je dois reconnaître qu’une question est apparue au fil de mes réflexions en cette journée ensoleillée. Hé bien oui, je réfléchis souvent au cours de mes aventures quotidiennes sur les sujets qui pourraient potentiellement vous intéresser. Bref, voici la question : Doit-on avoir un corps parfait pour être modèle nu ou une telle profession est-elle réservées aux personnes ayant un physique impeccable ? Je pourrais aisément partager mon expérience personnelle afin d’infirmer une telle hypothèse. Or, il n’en est rien.

Au lieu de cela, j’ai préféré vous présenter, encore une fois, une vidéo dans laquelle une yogi démontre tout son savoir-faire dans le yoga. Cette yogi a ceci de particulier; elle est enceinte de plusieurs semaines. Son corps transporte deux vies. En premier lieu, la sienne qui nous transmet, entre autre sa passion pour le yoga, et une certaine joie de vivre qui lui est propre. Passion et joie de vivre constituent les fondements majeurs dans ma conception de ce qu’un modèle nu doit posséder. En second lieu, la vie d’un être en devenir qui prend peu à peu forme dans le sein de sa mère. N’est-ce pas ce que les artistes réalisent lorsqu’ils captent sur leurs supports l’instantanéité de la pose ? Mettre sur support de manière à la fois graduelle et avec une grande attention leurs êtres en devenir, leurs progénitures, leurs … enfants en quelque sorte.

Une petite remarque que je dois vous dire avant de vous laisser regarder cette vidéo. J’ai fait quelques recherches sur différents moteurs de recherche sur le web dans le but de trouver des images de modèles nues féminins, notamment enceintes. Malheureusement, les seules photos que j’ai trouvées étaient loin de se qualifier dans le champs artistique. À vrai dire, elles se situent aux antipodes de ce que je voulais découvrir. Inutile de vous expliquer dans tel domaine elles se retrouvent sur le web. N’est-ce pas ?! Dommage car, une fois encore, la nudité est reléguée à la sexualité débridée. 

muse_summoning_artist_to_work_by_jrekas-daih6fqMais, Dieu merci, grâce à la collaboration de mes nombreuses connaissances dans le milieu de la nudité artistique, j’ai pu déniché quelques oeuvres d’arts de qualité tout à fait remarquable. De véritables petits chef-d’oeuvres dignes de mention tellement la recherche de l’excellence y est un point central. J’ai donc décidé de vous en montrer au moins une afin d’étayer mes dires (1). Comme quoi, le concept de la nudité est davantage honorable dans les yeux d’un artiste que ce dont on peut trouver sur le web. C’est là un élément qui me redonne foi en l’être humain. 

Merci infiniment de votre visite.

Bon vendredi !

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

(1) http://jrekas.deviantart.com/art/Muse-summoning-artist-to-work-635696342

Une grande dame, une artiste accomplie et une amie formidable.

Une grande dame, une artiste accomplie et une amie formidable.

Bonjour tout le monde,

Je vous présente un interview qu’une de mes amies a réalisé ces derniers jours. Un interview dans laquelle elle nous témoigne de sa passion artistique.  J’ai eu la chance d’assister à quelques-uns de ses spectacles et même, croyez-le ou non, d’être interrogé à mon tour par cette dame extraordinaire. Vous trouverez le lien en annexe menant à l’entrevue originale, et ce dans un souci de respecter les droits d’auteurs.

Merci de votre assiduité à suivre mes publications !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec) Canada

N.B. J’ai obtenu au préalable la permission de cette artiste avant de publier cet article et ce pour une question de respect à son égard.

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Odile Dupont – « J’ai le fort désir de créer jusqu’à ma mort »

par

Aurore-Québec

Aujourd’hui, on vous présente l’artiste Isabelle Lapointe, alias Odile Dupont. ​Odile a créé un concept d’hybridation artistique entre la musique et le théâtre.  La forme et l’atmosphère classiques d’un concert de chansonnettes sont revisitées pour transporter les spectateurs dans un univers théâtral éclaté. Elle s’inspire du cabaret berlinois, des cafés-concerts parisiens, des déconstructions  musicales et théâtrales contemporaines, et surtout, de l’expressivité particulière de chant-actrices.

​Nous avons posé à Isabelle quelques questions sensibles qui offrent une perspective afin de mieux comprendre ce qui habite cet artiste.

Quels sont vos objectifs à long terme en tant qu’artiste?

J’ai le fort désir de créer jusqu’à ma mort et de trouver les chemins pour y arriver. À travers les années qui passent, je veux rester fidèle à moi-même, à ce qui me compose, à mes racines, à mon cœur, et ce, tout en restant sensible à ce qui se passe dans le monde des arts. J’espère rejoindre les gens qui se reconnaissent dans ma proposition, à petite-moyenne-grande échelle et à court-moyen-long terme. J’espère continuer d’échanger avec des amis(es) artistes qui m’inspirent et qui font leur art sans compromis, dans le plus grand Amour de leur public.

Quelle est votre vision par rapport à votre art?

Mon art est hétérogène parce que mon cœur l’est aussi. Et c’est assez spontané comme expression. J’écris des chansons, des poèmes et du théâtre. Je fais de la marionnette et je joue parfois à l’interprète-chanteuse. J’ai une pratique éclatée. Je vais là où ma pulsion créatrice me mène. Pourtant, une chose unit le tout dans ma pratique: le discours en soit, ma parole. Ce que je dis est, pour moi, un cri du cœur, un peu comme le Cri du Munch, mais avec de la douceur, du rose et de la « mignonnerie ». Je veux questionner notre époque et sa décadence. Je veux comprendre la perte de sens. Je veux comprendre cette séparation qui grandit entre les groupes d’individus. J’ai fondamentalement un mal de vivre intense quand je réfléchis à ce qui se passe. Et c’est là que j’ai besoin de créer. Parfois ça fait mal. Mais tout le temps, ça finit par faire du bien.

Comment percevez-vous le milieu artistique musical?

J’ai de la difficulté à me positionner quant à cette question. La question est très large. Et selon moi, il y a DES milieux. À Québec? Au Québec? On inclut les institutions, les organismes? Je me restreindrai donc à ma pratique personnelle. Pour ma part, j’ai plutôt l’impression d’être en contact avec des gens de façon individuelle parce que je ne fais pas partie d’une maison de disque, d’une gang d’amis(es) musiciens(nes) ou d’un collectif quelconque. Je n’ai pas étudié avec des artistes de la musique… Je ne connais donc pas le milieu, même si je gravite parfois autour. Ma relation avec ce milieu, c’est surtout une personne à la fois. De toute façon, je suis timide. Quand je pense à des projets qui ont à voir avec la musique, je trouve toujours des collaborateurs généreux et talentueux. Je trouve aussi un milieu aidant, entre autre grâce à l’apport de l’Ampli de Québec. Là où je suis déçue, c’est qu’il n’y a pas un gros milieu pour la Chanson. J’ai l’impression qu’on est dans une époque plus musicale que textuelle. J’aimerais bien que le milieu s’ouvre à ce genre et qu’il lui offre une tribune plus grande. Il faut dire que je trouve qu’on diffuse trop de chansons faciles et qu’on passe à côté du renouvellement du genre. Des auteurs écrivent des bijoux de chanson, autant dans la forme que dans le fond, et on ne les entend pas assez.

Quelles sont vos sources d’inspiration artistiques?

En chanson: Félix Leclerc, Pauline Julien, Fréhel, La Bolduc, Diane Dufresne, Edith Piaf, Boris Vian, Patsy Cline, Jacques Brel, Aristide Bruant, Kurt Weill, Marlene Dietrich. Il y a la chansonnette, le cabaret et la chanson à répondre qui m’obsèdent aussi! Et j’ai un faible pour la chanson country! Ma mère en chantait tellement. Donc, ma mère est une grande inspiration!

Selon vous, comment l’art influence-t-il l’être humain?

Selon moi, l’art n’influence pas l’être humain. C’est l’être humain qui influence l’art. L’art est souvent un écho à ce qui se passe dans le monde et une occasion de communication authentique. Si c’est le contraire, je pense que l’art est dévié de sa fonction qui me semble presque sacrée. Je m’arrête donc en disant que l’usage que j’apprécie le plus de l’art en général, c’est celui de « liant » social. Quand des gens de milieux de vie différents, de villes/pays différents, de langues différentes, de planètes différentes, d’âges différents (etc.) s’associent pour vivre ensemble un moment d’art et se regardent avec un sourire dans les yeux, je pense que là, il se passe quelque chose que seul l’art peut créer.

Source : http://www.aurore.quebec/blogue/odile-dupont-jai-le-fort-desir-de-creer-jusqua-ma-mort

Un article à lire absolument !

Un article à lire absolument !

Bonjour tout le monde,

19601516_1964311793799921_4920796799856431853_nJ’espère que vous allez bien et que la chaleur estivale ne vaut accable pas trop. Ici, au Québec, il fait un temps tout à fait magnifique depuis maintenant plusieurs jours. Que cela fait du bien au moral de pouvoir admirer la beauté de la nature durant les chaudes journées d’été. Bien entendu que mon désir de poursuivre mes publications d’articles concernant mes passions de la nudité artistique, la photographie et la poésie se poursuit de plus belle. Quoi de mieux de profiter d’un peu de fraîcheur tout en poursuivant la rédaction d’articles au sein de mon blogue ? Est-il nécessaire de vous dire que ce dernier est devenu au fil du temps mon enfant chéri ?

Ceci écrit, je vous présente la retranscription d’un article paru au sein d’un magazine français. Un tel article porte justement sur la passion de poser nu dans le cadre d’activités culturelles et artistiques. J’ai cru bon pour mes fidels lecteurs et fidèles lectrices de retranscrire ledit texte afin de partager avec vous le point-de-vue d’un modèle vivant, de surcroît féminin, sur la noblesse de sa profession. Veuillez noter qu’un lien menant à la source est mis en annexe de cet article. Ceci est évidemment pour respecter le droit d’auteur.

Capture 1En terminant cette introduction, j’ai l’honneur de vous informer que mes services en tant que modèle nu ont été requis par un prestigieux département d’enseignement de l’art au Québec, et ce pour les quatre prochains mois. Il s’agit d’un département d’enseignement de niveau universitaire. J’ai eu la confirmation aujourd’hui même. Il va de soi que mes services seront aussi mis à la disposition d’autres écoles d’arts selon leurs besoins.

Ce qui ne m’empêchera guère de m’impliquer au sein de divers associations lesquelles sont soit politiques ou bien caritatives auxquelles je suis membre. En effet, j’ignore si vous le saviez, mais je suis très politisé, et ce depuis mon adolescence. Bref, vous verrez au cours des prochains mois certaines publications en lien direct avec les séances de nudité artistique qui auront lieu devant des étudiants et étudiantes en arts. Les mois à venir seront fort probablement très enrichissants en activités.

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture.

Sincèrement

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

“Poser nue, c’est mieux qu’une crème de beauté”

Selon Stéphanie Laurent

Que se passe-t-il dans la tête et dans le corps d’un modèle lorsqu’il pose nu devant un peintre, un photographe, un sculpteur ou un dessinateur ? Le métier de modèle de nu est-il aussi simple que l’idée véhiculée par certains magazines féminins ? Modèle vivant, le spectacle seule-en scène de Stéphanie Mathieu aborde ces questions sans fard.
Créé il y a un an, il se joue au Théâtre de Dix-Heures. L’auteure et interprète de 50 ans, blonde aux cheveux longs et élégante, a voulu partager son expérience depuis quatorze ans, en décrivant « l’état méditatif dans lequel on rentre naturellement pendant les séances de pose ». Celle qui est aussi une ancienne danseuse de revue espère contribuer à en finir avec les idées préconçues autour du métier de modèle de nu.

Quel souvenir gardez-vous de votre expérience de modèle ?

J’ai commencé à poser pour des raisons financières, histoire d’arrondir mes fins de mois de comédienne. La première fois, c’était il y a quatorze ans et j’avais 36 ans. Je me suis retrouvée dans la fermette du Jardin d’acclimatation au milieu des poules, des canards et des oies à poser pour un atelier associatif de dessin composé de dames élégantes de la bonne société. J’y suis allée avec tous les complexes que j’avais par rapport à mon corps et je me suis demandé si j’en serais vraiment capable. Depuis que je fais ce métier, je n’ai connu que des moments heureux. Car le regard de la personne qui dessine est toujours bienveillant et rassurant. Il n’y a aucun jugement, juste l’envie de retranscrire une forme de grâce, de valoriser son modèle… Aujourd’hui poser nue, c’est beaucoup mieux qu’une crème de beauté.

Quelles sont les contraintes liées à ce métier ?

Il me semble qu’elles sont essentiellement physiques : par exemple, le plus compliqué est souvent de gérer la douleur liée à l’immobilité. Selon les poses, cela peut être très pénible de rester sans bouger. Et puis, il y a la contrainte du temps, il faut être disponible.

Comment se gère la nudité, au départ ?

Il y a juste une forme de curiosité à avoir, comme un espèce de défi à vouloir relever. La société interdit de se mettre nu devant les gens, surtout si ça doit rapporter de l’argent. C’est très vite associé à de la prostitution. Donc tout est dans le désir de briser une forme de tabou.

Après, les choses se font naturellement pendant la pose, on finit par oublier qu’on est nue, la gêne du début se dissipe… Car, en face, vous avez des gens qui ne font que dessiner et qui rament d’ailleurs, parce que c’est très difficile de dessiner un être humain. Les tracas de l’autre vous désexualise et cela protège tout le monde. A la fin de la séance, le dessinateur peut être aussi fatigué que le modèle.

Bizarrement, c’est en société que c’est plus compliqué à gérer. Les gens détournent du regard quand le sujet est abordé. Contrairement à l’idée qui est véhiculée dans les magazines féminins, on passe toujours un peu pour une pauvre fille quand on veut parler de son métier de modèle de nu. Pourtant, il s’agit d’un formidable espace de liberté. Je vis ce travail comme une forme de thérapie. J’ai pu me débarrasser d’un grand nombre de mes complexes. La nudité m‘a donné de la force et de la confiance, et m’a davantage ouverte sur l’humain.

Peut-on vivre de ce métier ?

Pour moi, c’est plus un complément à mon travail de comédienne. Les salaires ne sont certes pas énormes, en moyenne 20 euros de l’heure. Mais beaucoup parviennent à en vivre, notamment ceux qui ne font que ça. Il y a d’ailleurs de plus en plus de modèles de nu à Paris :  je suppose que c’est parce qu’on peut arriver à y trouver son compte.

Pourquoi partager votre expérience de modèle à travers un spectacle ?

Je considère ce show comme militant et féministe. J’ai voulu que mon écriture corresponde à mes pensées, à mes sensations physiques, mentales pendant les poses, à mes souvenirs. En creux, il encourage à se débarrasser des carcans qu’impose la dictature de la minceur. On est superbe telle que l’on est.

Source : http://www.telerama.fr/sortir/poser-nue-c-est-mieux-qu-une-creme-de-beaute,161208.php