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Avis aux dames !

Avis aux dames !

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, je vais mieux. Vous devez certainement vous questionner sur la raison d’être de tels propos. Je tiens à vous rassurer : rien de grave m’est arrivé. C’est simplement un problème occasionné par ma prothèse qui me procurait à la fois un inconfort et des blessures à mon moignon de la jambe gauche. Vous comprendrez que je ne désire en aucun cas m’étendre sur le sujet. Mon blogue n’a pas été créé dans le but de discuter de mon handicap physique. Cependant il m’a paru nécessaire de vous mentionner ce fait pour vous amener sur un thème assez inhabituel au sein de  mes publications, c’est-à-dire la possibilité de l’humour dans l’interprétation de la nudité artistique. Une interprétation qui apparaît dans un contexte tout à fait inusité.

C’est ainsi que j’ai découvert une oeuvre d’art dans le hall d’entrée de l’Institut en Réadaptation Physique de Québec (I.R.D.P.Q.) en ce 27 novembre 2018. Une oeuvre d’art qui se veut représentative de la capacité de tout travailleur accidenté à reprendre le collier du travail et de devenir un acteur productif au sein de la société. N’oubliez pas que cet établissement a été fondé à l’origine dans une telle optique et ce, suite à de nombreuses recommandations présentées tant par des syndicats que par des organismes voués au bien-être des accidentés du travail. Fait amusant à noter ! Mon père y est allé deux fois à l’occasion de deux accidents de travail dont le premier avait failli lui enlever la vie en 1971.

Bref, j’ai découvert le monument présenté dans ce court vidéo en début de cet article. Toutefois, ce qui m’a fait sourire c’est le petit écriteau qui se trouve en bas et sur lequel est écrit : « Oeuvre d’art! Prière de ne pas toucher! » J’ignore pourquoi, mais j’ai tout de suite pensé à certaines jeunes dames que je connais. Allez savoir pourquoi ?!

Je vous souhaite une bonne continuité de semaine.

En espérant vous avoir fait sourire à mon tour.

Je vous aime.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Quelques-unes des raisons de mon bonheur

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Quelques-unes des raisons de mon bonheur

Bonjour tout le monde,

J’espère de tout mon cœur que vous allez bien. Pour ma part, je dois dire que ma vie est tout simplement formidable. En effet, tous pleins d’activités s’offrent  à moi depuis le début de l’automne. Je pense notamment aux matchs de hockey de mon équipe junior-majeure de Québec, aux nombreuses projections cinématographiques auxquelles j’assiste de manière presque hebdomadaire et aux activités en tant que membre d’une organisation à la fois catholique et patriotique.

ScreenshotIl va de soi que mon assiduité à rédiger des articles sur mon expérience de modèle vivant, des poèmes réalisés avec grand soin et des photos souvent commentées sont des éléments importants dans mon bonheur actuel. Chose étonnante, si vous avez bien remarqué le caractère triade de mon blogue, il m’apparaît que le chiffre trois possède une puissance des plus bénéfiques non seulement sur la raison d’être de mon blogue mais également sur ma vie en général.

C’est un fait. Trois choses me suffisent pour être amplement heureux. Je vous explique en quelques mots de quoi il en est. J’ai bien écrit « en quelques mots » car je n’ai nulle intention d’alourdir mon présent texte.

Tout d’abord, c’est d’être capable de vivre l’instantimg_20180918_091308_6231923804225088095065.jpg présent. C’est là une denrée de plus en plus rare de nos jours où bon nombre de gens ont la capacité d’être ici et maintenant. Bon ! Je ne dis pas qu’il faut ignorer ce qu’il ne doit jamais l’être. Cependant, il est bon à la fois pour sa santé mentale et physique de se contenter d’être tout simplement là et en ce moment précis.

Ensuite, ne jamais craindre le lendemain. Chose étonnante, le mot lendemain pourrait être divisé en deux parties distinctes, « lende » et « mains ». Bref, tu auras entre tes mains ce qui sera en ce moment-là.  Pourquoi alors s’en faire pour ce que l’inconnu nous réserve ? Là-encore, la prévoyance est toujours de mise. Mais, parfois, on ne peut prévoir l’imprévisible. D’où la haute symbolique de la prière dite  » De la Sérénité « .

IMG_0070_1_editedEnfin, ne jamais cesser d’avoir l’esprit libre. J’entends par esprit libre, cette attitude à s’ouvrir à ce qui est différent, à ce qui peut nous enrichir, à ce qui peut faciliter la remisse en cause de préjugés souvent tenaces dans la société. Attention ! Il est bon de toujours garder en mémoire nos racines, nos valeurs, nos traditions et nos croyances surtout si elles nous ont permis à obtenir une base solide sur laquelle nous pouvons nous appuyer. En résumé, le fait de vivre l’instant présent tout en ayant une confiance que je qualifierais de « prudente » et la présence d’une ouverture d’esprit constituent certes la pierre angulaire sur laquelle repose mon bien-être actuel et, je le souhaite ardemment, pour mon futur.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

J’aime la nuit

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J’aime la nuit

 

 

J’aime la nuit,

Car c’est à ce moment,

Où j’affronte mes tourments,

Sans détours et rempli d’énergie.

 

De la nuit, je tire mes forces.

Alors c’est là où enfin je deviens féroce.

Pour régler mes comptes et reconnaître mes peurs,

Même si parfois tristes souvenirs m’envahissent et je pleurs.

 

J’aime cette noirceur,

Car point de lumière, ni d’ombre,

Point d’endroit où il fait si sombre,

Point de mensonge et encore moins de leurre.

 

De la nuit où se repose la vie,

De ces êtres fragiles qui soupirent,

En cette vie où en eux ils peuvent ressentir,

Même si rien ne dure, rien n’est éternel face à l’infini.

 

J’aime cette tranquillité,

Où je peux enfin vivre en vérité,

Être authentique, chose rare en société.

Car c’est dans la nuit où on peut vivre son humanité.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Hommage à madame Samuelle Ducrocq-Henry 

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Madame Samuelle Ducrocq-Henry

Hommage à madame Samuelle Ducrocq-Henry 

Bonjour tout le monde, 

Hé oui ! Le mois de août tire bientôt à sa fin. Par le fait même la saison estivale ira vers d’autres cieux laissant ainsi sa place à l’automne et à ses couleurs mirifiques. Pour ma part, la saison automnale est le début de la reprise de ma participation en tant que modèle vivant pour les écoles d’arts et les divers ateliers qui offriront une telle activité auprès de leurs membres. 

Pour être franc avec vous, j’ai hâte de pouvoir revivre de telles expériences qui agrémentent ma vie. En effet, être modèle vivant pour des institutions d’enseignement de rang académique supérieur est un privilège que la vie accorde à un nombre restreint de personnes au sein de la société. Ce qui est d’autant plus remarquable réside dans le fait que je sois l’un des rares, peut-être même le seul, modèles vivants avec un handicap physique au Canada. Vous devez sans doute deviner qu’il s’agit d’un véritable honneur pour votre humble serviteur. 

Toutefois, un tel honneur réside avant toute chose à la confiance que les responsables des groupes d’étudiantes et d’étudiantes ont envers moi et à mon sens professionnel dans ce domaine qui me passionne au plus haut point. À propos desdits responsables, L’une d’entre eux ressorte du lot tant par sa gentillesse à mon égard et par grande disponibilité tout au long de mes participations que par sa personnalité extraordinaire. 

Madame Samuelle Ducrocq-Henry est parmi les professionnels les plus compétentes que je connais dans le domaine artistique. Professeure chevronnée dans la transmission de son savoir, pédagogue attentionnée pour le succès de ses élèves, femme avide de connaissance et passionnée par le monde équestre, elle a tout pour impressionner celles et ceux qui la connaissent. 

En ce qui me concerne, j’ai eu la chance de travailler en tant que modèle vivant en de nombreuses occasions lors de ses cours offerts à Montréal. Je dois dire qu’elle a su me mettre à l’aise devant le groupe pour qui je posais dans mon plus simple apparat et ce, dès les premiers instants. Bon ! Il faut tout de même avouer que notre sens de l’humour, notre joie de vivre et une confiance mutuelle constituent un ensemble d’une importance cruciale dans le cadre d’une telle activité.

Cependant, un élément doit être dit une fois pour toutes afin de vous expliquer la raison majeure de ma passion en tant que modèle vivant, c’est-à-dire nudité intégrale, depuis plus de six ans. C’est justement grâce à la rencontre de gens tels que madame Samuelle Ducrocq-Henry que la confiance en ma capacité de réaliser un tel métier n’a eu de cesse de grandir. Grandir au point d’être devenu une de mes plus grandes passions avec, bien entendu, la poésie et la photographie. 

Sincères remerciements à vous madame Samuelle Ducrocq-Henry pour votre confiance et pour la femme que vous êtes. 

Avec grand respect à votre égard ! 

De 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Dans un monde si seul

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Dans un monde si seul

 

Où est donc passée la foule?

Que sont devenus les admirateurs?

Pourquoi tant de voleurs d’âmes et de vulgaires menteurs?

Est-ce là ce qui de notre pauvre société en constitue le moule?

 

Dans le fond de nos multiples réalités,

Celles qu’on nous a depuis notre naissance imposées,

Des mensonges cousues allègrement de fil blanc,

Mais qui nous ont si bien arrangé avec le temps.

 

Avec le temps vient cette découverte si terrible,

Une condamnation maintes fois relevée dans le sainte Bible,

Que malgré sa grande richesse ou son extrême pauvreté,

L’homme ne connaîtra qu’un seul chemin et unique destiné.

 

Voilà pourquoi je n’ai fait qu’un choix,

Un choix qui est devenu au fil des jours ma force de loi,

Celui d’être en tous temps et contre vent un de ces épicuriens,

Afin d’échapper à ces donneurs de leçons hypocrites et à ces vauriens.

 

Oui, je suis tellement bien dans la nature et nu.

Car cela me rappelle qu’il n’est pas nécessaire de toujours être vu,

Être vu pour se sentir exister par une société qui en a rien à faire de nous,

Une société violentée par tant de futilités et brassée par de nombreux remous.

 

Oui, je suis parti en ce lieu lointain.

Pour me reprendre longuement en main,

Sur le bord d’une rivière si belle et si vivante,

En cette forêt boréale aux milles odeurs enivrantes.

 

Reconnaissons-le d’emblée,

Clameurs du peuple et éphémère popularité,

Ne nous feront pas échapper à cet ultime moment où nous serons seuls,

Seuls et bien seuls dès l’instant où l’on nous mettra dans un linceul.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Prendre pause dans la pose

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Excellent dessin réalisé par mon ami Eri Kel de la France

Prendre pause dans la pose

Une des particularités la plus appréciée du modèle nu est certainement la capacité à prendre un moment de méditation face aux gens qui l’entourent. Ces gens peuvent être peu nombreux comme ils peuvent composer une véritable foule. Cela semble être facile pour le commun des mortels, mais en réalité il s’agit là d’une qualité exceptionnelle que tout modèle nu se doit de développer au fil de son expérience.

Pour ma part, je profite du temps de pose nu pour devenir ce que je suis vraiment. En effet, le fait de poser nu sans avoir à porter ma jambe artificielle, ni mon orthèse et sans vêtements favorise mon plein épanouissement physique, psychique et spirituel.

Épanouissement physique puisque les barrières imposées par la société face à la masculinité sont mises au rencard de manière momentanée. Épanouissement psychique puisque les frontières entre la réalité et l’imagination sont levées permettant ainsi la créativité des poses réalisées devant un groupe de personnes ayant une passion commune qui est le nu artistique. Épanouissement spirituel puisque la liberté des entraves liées au port des vêtements favorise d’une manière sans équivoque le rapprochement avec l’être divin. J’attends ici par être divin l’esprit qui habite en chacun de nous et qui nous pousse vers le bien, le bon et le beau.

Cela est mon humble opinion sur le sujet. Merci de m’avoir donné la chance de m’exprimer sur un sujet qui m’intéresse au plus haut point.

RollandJr St Gelais

Matane (Québec)

Canada

En cette journée internationale de la femme

En cette journée internationale de la femme

Bonjour tout le monde,

J’ai eu l’idée de laisser la parole à une grande artiste du Québec spécialisée dans le domaine du nu artistique notamment en lien avec la représentation du corps féminin. Son expertise, son savoir-faire, son goût pour cet art magnifique et son professionnalisme font de cette artiste une, et c’est-là un titre qui lui convient à la perfection, véritable icône au Québec. Toutefois, je désire non seulement vous présenter quelques-uns des tableaux qu’elle a réalisés au cours des derniers mois, mais également de retranscrire avec une fidélité impeccable l’ensemble de ses propos à l’occasion de la journée internationale de la femme.

Je termine cette brève missive en souhaitant à toutes les femmes, amies, connaissances et abonnées de mon blogue, une joyeuse journée. Une journée qui vous est dédiée à juste titre.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

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Œuvres réalisées par Josée St-Amant de St-Lazare (Québec)

Bonne journée internationale de la femme!

Femmes fortes, femmes debout! À hauteur de femme…

« La nudité me force à la réflexion. Je crois essayer humblement de redonner une place divine à mes modèles. Comme dans l’Antiquité, je m’applique à effacer toute forme de sexualité dans ce choix. Je nourris profondément la conviction que cette forme d’art qu’est le nu apportera le respect de la femme dans toute société. Rendre à la femme sa liberté, le libre choix de l’utilisation de son corps, voilà mon souhait! Je crois qu’il est impérieux que nous puissions voir, côtoyer et humaniser la nudité. Le respect du corps de la femme passe par son acceptation et par sa libre représentation. »

Propos de Josée St-Amant artiste

Quelques coups de crayons

 

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Modèle nue ? Une amie du Québec

 

 

Quelques coups de crayons

 

Chère amie, devant tous ces yeux si émerveillés

De ces gens ayant en mains crayons de toutes les couleurs,

Tu y a pris ta place avec un peu de gêne et beaucoup de pudeur,

Première expérience de vie réservée à une élite au sein de la société.

 

Te voilà maintenant dans la cours des grands,

De cette terre que seuls peuvent fréquenter les géants,

Tu as offert ta splendide nudité avec crainte et avec amour,

Afin qu’elle soit sur cette toile immortalisée pour toujours.

 

Modestement, tu te plaças !

Simplement à cet endroit, juste-là.

Cachant ta superbe poitrine par délicatesse,

Comme le ferait la plus belle de toutes les déesses.

 

Oui, tu étais nue.

Mais quelle belle retenue.

Et que puis-je dire de ta réelle beauté ?

Que tu es bénie des dieux qui ont su s’y manifester ?

 

Quelques minutes ont été prises de ton temps,

Quelques secondes ont été volées dans cet instant,

Quelques bref regards et peut-être des doux sourires,

Quelques coups de crayons ont suffi pour à jamais te faire grandir.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une belle trouvaille

Une belle trouvaille :

Ils sont modèles vivants, et nous racontent : « La nudité donne de la puissance »

Par Chloé Pilorget-Rezzouk

Source : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180115.OBS0618/ils-sont-modeles-vivants-et-nous-racontent-la-nudite-donne-de-la-puissance.html

Dans le murmure des ateliers, ils offrent leur corps nu aux fusains, crayons et pastels des artistes ou étudiants en art. Paroles de modèles vivants.

Un jour, un croquis a attiré notre attention. Le modèle, une femme aux cheveux blonds flamboyants, portait sur son corps nu un simple manteau rouge tombant sur ses jambes. Une forme de puissance se dégageait de l’ensemble. On s’est demandé qui était ce modèle vivant : on aurait bien aimé le retrouver, lui poser des tas de questions.
Il suffit de lancer le sujet autour d’une table pour aiguiser la curiosité, susciter une foule d’interrogations d’apparence triviale, mais qui trahissent bien l’aura de mystère, de fascination et d’incompréhension qui enveloppe souvent le modèle vivant : « Ça ne te gêne pas de te mettre nu(e) devant tout le monde ? » ; « C’est facile comme boulot, non ? »

Coups de froid, douleurs articulaires et musculaires… Prendre – et tenir – la pose n’est en réalité pas si simple. En 2008 et en 2014, les modèles vivants avaient manifesté pour faire entendre que poser nu était un « vrai métier », demander la reconnaissance de leur statut et une amélioration de leurs conditions de travail. Professionnels ou occasionnels, ils sont aujourd’hui payés de 20 à 30 euros de l’heure.

Il y a, comme dans tout corps de métier, des modèles courus plus que d’autres, des « stars » du milieu. Il y a d’ailleurs des « bons » et des « mauvais » modèles. Comprendre des plus inspirants que d’autres. Car pour ce qui est de l’art de la pose, l’enjeu ne réside pas tant dans la beauté du corps que dans le don d’une énergie, d’une créativité – celle de proposer, d’inventer des mouvements répondant aux besoins de l’artiste.

Dans « les Yeux nus » publié en 2016, Claire de Colombel, artiste et modèle, écrivait :
« Tant que le corps devant nous ne tremble ni ne transpire, on ne se dit pas que ce qu’il vit est éprouvant. Du modèle, on se demande juste parfois ce qui lui passe par la tête. A quoi tu penses quand tu poses ? »
On leur a soufflé la question, entre autres. Paroles de modèles vivants, d’habitude fort silencieux.

Maria : « Ma façon d’être modèle est très politique »
Maria Clark, 49 ans, 1,68 m, 58 kg. Artiste-plasticienne, et modèle vivant depuis 26.

Comment j’ai eu envie de faire ça

« La première fois, c’était pour mon compagnon peintre. J’avais 23 ans. Mais mes premières poses nues en école, c’était en 1997 aux Ateliers beaux-arts de Paris. C’est par la danse contemporaine que je suis arrivée à la pose. Depuis, j’ai toujours mené en parallèle mon activité de modèle et mon activité d’artiste.

Ce que je gagne
Pendant dix ans, j’ai été modèle professionnelle. Je posais entre 30 et 35 heures par semaine, une journée type se composant de deux séances de trois heures. Je gagnais environ 20.000 euros par an, avec un complément d’allocation chômage.

L’avantage, c’est d’abord une grande souplesse de planning et la chance de pouvoir choisir avec qui on travaille. Gagner ma vie ainsi m’a permis de rester libre pour mes projets artistiques. Au fil des ans, le corps trinque un peu. J’ai décidé de ralentir le rythme pour me consacrer à mon travail personnel.

Moi et mon corps
Je suis quelqu’un de tonique. Je me sens incarnée, engagée physiquement dans mon rapport au monde ; ça me plaît. Mon corps, c’est mon outil de travail, car j’ai également une activité de performeuse.
Je l’ai toujours considéré avec bienveillance. Bien sûr, il y a des parties que je préfère comme mon cou, mes épaules, et d’autres qui me plaisent moins, comme mes fesses.
Je me sens assez libre avec la nudité. Mais en dehors de la sellette, je ne me balade pas nue dans l’atelier. Je serais mal à l’aise. La nudité, c’est mon costume, un habit de peau. On pourrait croire que le modèle nu est vulnérable, mais c’est tout l’inverse : la nudité donne de la puissance.

Quand je suis en séance
16392383Pour m’imprégner de l’ambiance de l’atelier, j’arrive en avance. Derrière le paravent, j’enfile mon kimono de travail avant de l’ôter, une fois sur l’estrade.
Une, cinq, dix, 45 minutes… Je me renseigne sur les temps de pose, car on ne tient pas les mêmes postures en fonction du temps. La douleur vient se nicher dans différents endroits, selon la pose et son mouvement. Il ne faut pas se faire mal ! Le modèle possède une certaine fierté : il ne veut pas bouger, et tenir. Je me souviens d’un travail dans un atelier de dessin : pendant trois mois, quinze heures par semaine, je devais tenir la même pose assise. Au long cours, cette position est devenue douloureuse, les points d’appui finissent par faire souffrir. Je ne le referai plus. Lors des intermèdes de quinze minutes, j’enchaîne quelques étirements. Pour permettre aux muscles et aux articulations de respirer, j’effectue des micro-mouvements intérieurs pendant la pose. Un modèle qui souffre est tendu, et les élèves le sentent.
Durant la pose, je me concentre sur ma respiration, c’est un état proche de la méditation. Je peux passer 45 minutes sans penser à rien. Si les poses sont rapides, alors je pense à la suivante juste avant de changer.
Selon les cours, on est libre de proposer des poses inventives ou amusantes. Une fois, j’ai mis ma tête dans un seau ; une autre, j’ai utilisé des branchages, car la thématique proposée par l’enseignant était la forêt.

Ce que ça m’apporte
J’ai accueilli la pose comme une démarche philosophique qui nous questionne dans16392407 notre rapport au vivant, à ce que l’on est. Quand je pose, je suis Maria, avec mes spécificités ; mais j’incarne aussi, avec humilité, une représentation de l’humanité. Ma façon d’être modèle est politique ; ce qui me plaît dans la pose, c’est que par ma présence, les élèves et artistes peuvent s’épanouir. Je pense que l’art est un espace dans lequel chacun peut devenir qui il est. Or, je crois que c’est par l’épanouissement individuel qu’une société peut aller mieux.

Le regard des autres
J’ai tellement posé pendant dix ans que l’atelier est devenu mon terreau social ! J’oublie que cela peut encore choquer ou étonner les gens d’être nu. Cela plaisait moyennement à mes parents, je crois. Peut-être une peur du qu’en-dira-t-on… Mais ils ont fini par accepter, car j’ai développé, au fil des ans, une pensée artistique et engagée autour de cette activité. »

Christophe : « C’est magique de se voir dessiné par d’autres »
Christophe, 53 ans, 1,75 m, 58 kg. Consultant en environnement, modèle occasionnel depuis cinq ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Je ne suis pas devenu modèle par hasard. Ma mère était étudiante aux Beaux-Arts de Lyon, à la fin des années 1950. A l’époque, les cours de nus n’étaient pas mixtes. Parfois, il arrivait alors que les élèves prennent la place du modèle. Dans le carton à dessins de ma mère, on trouve ainsi à la fois des croquis qu’elle a réalisés et d’autres où c’est elle qui apparaît. Ça m’a marqué. Il y a toujours eu une sensibilité artistique dans la famille, dont j’ai hérité puisque je peins un peu à l’aquarelle.

Ce que je gagne
Avant je posais une journée par mois, ça représentait presque un treizième mois sur l’année. Mais depuis cet été, j’ai perdu mon emploi. Je me suis donné pour objectif d’en vivre. Pour l’instant, je gagne environ 500 euros par mois, en posant par-ci par-là. Je commence à être connu localement, mais il faut faire face à la concurrence, il y a beaucoup de modèles.

Moi et mon corps
J’ai un physique assez mince, plutôt apprécié dans les cours ou ateliers, car mes muscles sont bien dessinés. J’ai toujours fait attention à mon alimentation et, lorsque j’étais plus jeune, je pratiquais énormément de sport de plein air. Je ne pense pas être particulièrement beau, mais je suis bien dans mon corps. Petit, j’ai fait du naturisme avec mes parents.

Quand je suis en séance
Il faut trouver des poses confortables, du moins pas trop en déséquilibre. J’essaie16392311 d’avoir au moins trois points d’appui différents pour pouvoir basculer discrètement de l’un à l’autre afin de détendre un peu les muscles et faire circuler le sang. En plein hiver, c’est assez dur : il n’est pas rare d’avoir froid, malgré le chauffage. Dès que la pause survient, j’enfile mon peignoir. Je ne pose pas toujours à poil. Je viens parfois avec un chapeau, et même avec des vêtements originaux pour les cours de croquis de personnages. Un pantalon à motif écossais ou rayé permet aux élèves de travailler le pli des vêtements en plus du mouvement du corps. Ce que ça m’apporte
Je trouve cela magique de se voir dessiné par les autres, même si cela n’est pas toujours très fidèle. J’aime particulièrement lorsque les élèves sont peu nombreux et crayonnent par terre, à mes pieds, près de la sellette. C’est génial parce que je peux voir le dessin se construire au fur et à mesure.

Le regard des autres
En en discutant avec mes amis, j’ai découvert que l’une de mes copines avait envisagé de le faire quand était étudiante pour gagner un peu sa vie. Plus j’en parle, plus j’ai l’impression que ça choque de moins en moins. »

Sheraz : « Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien »
Sheraz, 38 ans, 1,62 m, 56 kg. Travailleuse sociale, modèle vivant occasionnel depuis bientôt trois ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Depuis très jeune, je dessine des nus d’après des reproductions ou mon imagination. Je trouve ça très beau, le nu. Il y a quelque chose de gracieux, d’inspirant. J’ai toujours beaucoup admiré les modèles. L’idée venait, partait, revenait… Je me répétais : ‘Quand je serai prête.’ À 36 ans, j’ai eu le déclic : ‘Faut que je fasse les trucs dont j’ai envie, sinon je vais le regretter.’ J’ai répondu à des annonces d’artistes indépendants. C’est comme ça que j’ai commencé.

Ce que je gagne
Je ne pose pas à temps plein, ça reste de l’ordre du plaisir. Le mois où j’ai touché le plus, j’ai empoché 300 euros.

Moi et mon corps
Poser nue ne me pose pas de problème, mais je n’irai jamais sur une plage naturiste ou me mettre « topless ». En séance, je me dis parfois que j’ai un peu de ventre, qu’il faut que je fasse gaffe pour être plus à l’aise devant les autres. En fait, les gens ne sont pas là-dedans. Entre mes 15-20 ans, j’étais très forte. Puis, je me suis affinée. Devenir modèle m’a permis de me percevoir autrement, de renouer avec un côté féminin. Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien, ça valorise. On me dit que je suis harmonieuse, que je dégage de la sensualité. Avant, je me voyais moins.

Quand je suis en séance
À chaque fois, j’ai le trac. J’espère inspirer. Dès le moment où l’artiste pose ses yeux16392309 sur moi, l’appréhension s’en va. Au début, j’avais besoin d’être guidée pour les poses. Il y en a certaines à ne pas faire : à genoux sur les orteils repliés, les bras levés au-dessus de la tête… Ça fait trop mal. Quand je pose, j’essaie de penser à autre chose. Je me remémore de bons moments pour ne pas penser, justement, au fait que je ne dois pas bouger. La douleur passe et revient, mais il faut tenir. En atelier, je n’écarte jamais les jambes. Ça ne se fait pas trop. Je me le suis permis seulement avec deux artistes, je me sentais à l’aise. Certains peuvent être un peu dans la séduction. Une fois, j’ai senti le regard changer : il devenait lubrique, pervers. J’ai lâché de manière ferme : ‘Ta façon de me regarder, ça ne va pas être possible.’ Au fond, j’avais hyper peur. Je suis partie.

Ce que ça m’apporte
Le fait d’être passée de l’autre côté, c’est fort. En entrant dans l’atelier d’un artiste, j’entre dans son monde. Chacun a son univers : ça m’a ouvert à des styles ou des œuvres que je ne voyais pas auparavant. Et puis, une sorte de co-création s’opère, alors qu’en regardant un tableau on ne pense pas forcément au modèle derrière.

Le regard des autres
C’est un peu compliqué avec les hommes. Le dernier, il fallait toujours que je le rassure sur la façon dont ça s’était passé. Beaucoup ne comprennent pas que le désir est sublimé par l’art, qu’on n’est pas dans une démarche de drague. ‘C’est obligé que le mec ait envie de toi’, me disent certains. En fait, je n’en parle pas, pas même à mes amis. Quand je vais poser, c’est mon moment, mon espace à moi. »

Réflexion sur mon enfance

 

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Un souvenir du  » Belgo  » de Montréal 

 

Réflexion sur mon enfance

Certes, je me voyais différent de tous les enfants lorsque je fréquentais la petite école. Non pas du fait des moqueries venant de quelques-uns de mes camarades de classe au sein de l’école que je fréquentais à cet âge dit « de l’innocence », mais bien plutôt des commentaires venant de certains parents craignant de voir leurs enfants-chéris s’amuser avec un je-ne-sais-quoi au risque d’en être marqués au fer rouge pour le reste de leurs vies. Et pourtant, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai participé à toutes les activités scolaires et parascolaires et où les mêmes camarades de classe m’encouragèrent à me surpasser.

Ce qui ne m’a pas empêché de me questionner sur certains aspects de mon corps. Pourquoi devais-je subir autant d’opérations chirurgicales lesquelles étaient accompagnées de porter toute une gamme de prothèses inconfortables dont l’utilité est, avec une réflexion de recul, à discuter ? Devais-je réellement me conformer aux critères établis par la société en ce qui concerne la normalité des caractéristiques physiques ? Oui, mon corps est différent mais l’âme qui y habite, et qui s’y trouve toujours, est belle et bien humaine et tire sa source de l’Être Suprême. Étais-je si dérangeant ? Aurais-je une place au sein de la société ? Ma vision de mon corps allait de pairs avec l’ensemble des interrogations. J’aurais certes pu me révolter mais l’amour de ma famille et le support de mes amis et amies compensèrent la rareté des réponses satisfaisantes à mes questions existentielles, du moins pour mon enfance.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada