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« V » comme victoire

« V » comme victoire Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Alain et modèle nu Atsuko

« V » comme victoire

 

Ô beauté étrangère,

Mets-toi près des étagères,

Penche-toi un peu vers l’arrière,

Sois prête telle une guerrière.

 

Ne sois pas, avec moi, gênée.

Car jamais je n’ai vu telle beauté,

Un corps si parfait dans ce monde effronté,

Qui ignore ce qu’est la chance que peut offrir la destinée.

 

Belles courbes qui jalonnent ce corps.

Ces courbes semblables à une toison d’or,

Et de cette zone interdite qui me porte à bon port,

Sois sans crainte, charmante dame, je ne te ferai aucun tors.

 

Je saurai transposer votre douceur sur ce papier,

Sur ce papier où avec grande précaution je naviguerai,

Je voguerai sur une houle aussi chaude que l’été,

De cette saison qui passe, hélas, trop vite en cette cité.

 

Plus j’admire votre corps magnifique,

Plus je suis possédé par votre charme authentique,

Mais, sans vouloir être insolent, ce qui me semble presque féérique.

C’est cet endroit si ténébreux que je qualifierais de magique.

 

Hypnotisé par les poils de ton pubis,

Je sens monter en moi une irrésistible envie,

Celle de les caresser afin d’en saisir toute la vie,

Mais, par respect pour vous, je garderai mes distances ainsi.

 

Poils pubiens ! Votre disposition évoque une page de l’histoire.

Celle d’un homme avec un verre d’alcool et qui veillait tard le soir,

Car grande est sa valeur pour avoir combattu des forces noires,

C’est en faisant le « V » qui galvanisait son peuple pour la victoire.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Une page de trop dans vos vies et dans la mienne

Votre humble serviteur Rolland Jr St-Gelais

Une page de trop dans vos vies et dans la mienne

Bonjour tout le monde

J’espère de tout cœur que vous allez bien et que vous pouvez profiter du soleil qui brille de tous ses feux et qui nous réchauffe. Pour les personnes qui trouvent qu’il fait trop chaud, dites-vous bien que vous allez dire qu’il fait trop froid d’ici quelques mois. Soyez juste patients, ça va venir assez vite.

Sous un autre ordre d’idée, j’ai appris dernièrement que le reportage relatant les tristes événements du 10 mai 1972, événements dans lesquels mon frère aîné Hermann St-Gelais a perdu la vie, a pris fin au courant du weekend dernier. Un tel reportage a très certainement rappelé des moments très douloureux chez les gens qui ont accepté de participer à la conclusion de ce film. Les membres de ma famille sont les premiers concernés. Vous l’auriez sans doute deviné.

Plusieurs personnes qui ont participé à cette dernière séquence du film, une séquence qui relate la fin tragique de la vie de mon frère aîné Hermann St-Gelais, se sont possiblement demandé pourquoi mon absence. Une question bien légitime dans les circonstances.

Je peux répondre ceci : tout simplement parce que j’avais pris la ferme résolution de tourner la page sur les évènements qui ont le plus marqué mon enfance et mon adolescence sans oublier ma jeune vie d’adulte. J’ai pris ladite résolution dès mon arrivée à Québec le 1er juillet 1998. Et j’ai tenu ma résolution jusqu’à maintenant.

Soyez rassurés! J’ai de très beaux souvenirs qui ont parcouru mon existence. Des souvenirs qui me font parfois sourire, parfois rire et qui font en sorte que j’oublie les moins beaux.

Toutefois, j’avais pris ma résolution justement pour me donner un nouveau départ dans la vie. Un départ basé non pas sur le passé, mais sur le présent. Un présent dans lequel se trouvent des hauts et des bas comme pour le commun des mortels. Un présent qui se vit au quotidien sans pour autant ignorer le futur.

Pour se faire, je ne regarde pas en arrière, ou du moins j’essaie le plus possible d’éviter de le faire.

Il m’est arrivé à quelques occasions de fouiller dans la page Facebook des cinéastes qui réalisent ce reportage pour savoir ce qu’ils auraient pu trouver d’intéressant. C’est mon droit le plus stricte car c’est tout de même une partie importante de l’histoire de ma famille.

Ce que j’y aie découvert dernièrement m’a fait revivre exactement ce que je ne veux plus revivre en pensées. En effet, revoir « La une » d’un journal à sensation sur laquelle se trouve la photo de celui qui a enlevé la vie de mon frère aîné Hermann St-Gelais, sans oublier la multitude de gens qui ont été blessés, est loin d’être drôle pour moi. Chose à retenir! C’est le même journal à sensation dans lequel j’ai apparu un peu plus d’un an après la perte de mon frère aîné. En effet, ce journal avait fait un reportage de bas niveau sur moi en lien avec la cause de ma situation physique, sans avoir eu au préalable l’accord de mes parents. (Mais ça, c’est une autre histoire.)

Bref, je crois bien que le fait d’avoir pris la ferme résolution de tourner la page sur les parties les plus sombres de ma vie a été pour moi plus que bénéfique. Et croyez-moi sur parole que j’en ai eu beaucoup. À titre d’exemple, ma triste expérience vécue en 1984 où j’ai subi une grave injustice à mon endroit.

Cependant, il est important de retenir que je comprends parfaitement que certaines personnes, dont les membres de ma famille, aient ressenti le besoin de commémorer les évènements du 10 mai 1972, et surtout de mettre en premier plan le fait que mon défunt frère aîné Hermann St-Gelais n’était pas un manifestant syndiqué. Il était tout simplement une personne qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, comme bien d’autres personnes. J’espère sincèrement que le fait d’avoir pu vivre cette expérience de ce dernier weekend a pu vous permettre de tourner cette page. Une page de trop dans vos vies et dans la mienne.

Sincèrement!

Rolland Jr St-Gelais de Québec au Canada

Notre album-souvenir

Notre album-souvenir par Rolland Jr St-Gelais photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/Bedtime-reading-2-878499624

Notre album-souvenir

 

Ô mon tendre et unique amour,

Mon cœur sera à toi pour toujours,

Cela fait maintenant trois jours que tu es parti,

Je me demande sans cesse ce qu’il m’a prise d’avoir agi ainsi.

 

Chaque jour, tu me réveillais en m’offrant un café chaud.

En me disant au creux de l’oreille des mots tendres et beaux.

Quelques brioches finement assaisonnées que tu aimais préparer,

Que je goûtais sous ton regard attentif et de tes yeux tout émerveillés.

 

Que puis-je dire de nos voyages et de nos randonnées?

Que nous ayons fait chaque hiver et parfois même en été.

De tous ces pays que nous avons découverts d’un seul cœur,

Ces contrées où nous étions ébahis à chaque instant, à chaque heure.

 

Et de ta présence tellement chaleureuse pour essuyer mes pleurs.

Sans oublier ta main bienfaitrice qui me rassurait face à mes peurs.

Que puis-je faire pour reprendre vie au plus profond de ton cœur?

Je sais bien en mon âme que tout ça était somme toute qu’un leurre.

 

Mais, maintenant, que me reste-t-il de ce temps passé?

De ce temps ou toi et moi faisions l’amour tels des passionnés,

Passionnés de la vie, du plaisir et de la chair à en perdre la raison.

Jusqu’au jour où nous avons décidé de fonder notre foyer, notre maison.

 

Pourquoi ai-je succombé à mes pulsions face à cet inconnu?

Cet homme que j’avais rencontré loin de toi et à ton insu.

Faute avouée est à demi pardonnée, dit un vieil adage?

Savoir garder le silence est à mes yeux encore plus sage.

 

Presque nue sur notre lit conjugal, je me remémore nos souvenirs.

Au fil des pages que je tourne inlassablement, je sens mon âme se ternir.

S’obscurcir d’un noir ténébreux à chaque page que mes doigts ont viré,

Me rappelant telle une triste mélodie comme nous nous étions aimés.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Tout est une question de goûts

« Le Déjeuner sur l’herbe » par Édouard Manet (1832-1883)

Tout est une question de goûts

Bonjour tout le monde,

Je désire tout d’abord à remercier mon amie Ghislaine L. qui m’a fait connaître cette œuvre magistrale réalisée par Édouard Manet (1832-1883) lors d’une de nos nombreuses discussions empreintes d’un respect mutuel. Comme vous le savez sans aucun doute, je suis passionné par la nudité artistique depuis quelques années déjà. Une passion qui est devenue la pierre angulaire dans la construction de ce blogue tout en y insérant des publications liées à la poésie, à la photographie et à des réflexions personnelles sur divers aspects de la vie.

Ensuite, comme j’en ai fait mention précédemment, notre discussion m’a permis de connaître à la fois cette œuvre grandiose et son auteur tout en comprenant l’importance de la variété des regards sur une œuvre où la nudité est présente. Oui, c’est un fait indéniable que chaque personne possède ses goûts dans le domaine artistique et ce, que ce soit dans le monde de la musique, celui du cinéma, celui des belles-lettres et, dans le cas présent, celui de la peinture. Notons ici que contrairement à l’adage que les goûts ne se discutent pas, je réponds avec plaisir ceci : les goûts peuvent tout à fait se discuter, mais ne peuvent en aucun temps s’imposer.

Mais, qui suis-je réellement pour exprimer mon goût personnel à propos d’une telle œuvre ? Étant qu’un simple amateur dans ce domaine, j’ai préféré laisser la parole à un illustre personnage de la littérature française qui a su avec adresse lui rendre justice. Selon Émile Zola (1840-1902), « Le Déjeuner sur l’herbe » est la plus grande toile d’Édouard Manet, celle où il a réalisé le rêve que font tous les peintres : mettre des figures grandeur nature dans un paysage. On sait avec quelle puissance il a vaincu cette difficulté. Il y a là quelques feuillages, quelques troncs d’arbres, et, au fond, une rivière dans laquelle se baigne une femme en chemise ; sur le premier plan, deux jeunes gens sont assis en face d’une seconde femme qui vient de sortir de l’eau et qui sèche sa peau nue au grand air.» Or, c’est justement la présence de cette femme nue qui a fait scandale auprès du public de l’époque à tel point qu’on le qualifia de voyeur. Une épithète peu élogieuse à son endroit en dépit du fait qu’il se trouvait à la même époque plus d’une cinquantaine de tableaux où présentés au musée du Louvre dans une mixité des personnages nus et d’autres habillés.

Or, l’œuvre de Manet avait tout de même ceci de particulier. À savoir son intention d’une part, d’obtenir des contrastes intenses et, d’autre part, de trouver des réalités authentiques pour mener à bien un tel tableau. Il est cependant fort à parier qu’une telle perspective était hors d’atteinte pour le grand public.

Que faut-il donc discerner dans « Le déjeuner sur l’herbe »? La réponse est sans équivoque : absolument tout. Comme l’écrivain et journaliste Émile Zola l’avait affirmé d’une manière que je qualifierais de poétique dans son analyse : « c’est le paysage entier, avec ses vigueurs et ses finesses, avec ses premiers plans si larges, si solides, et ses fonds d’une délicatesse si légère. Et de poursuivre, « c’est cette chair ferme modelée à grands pans de lumière, ces étoffes souples et fortes, et surtout cette délicieuse silhouette de femme en chemise qui fait dans le fond, une adorable tache blanche au milieu des feuilles vertes, mais, et c’est mon humble avis, ce dernier élément qui est le plus important, « c’est enfin cet ensemble vaste, plein d’air, ce coin de la nature rendu avec une simplicité si juste, toute cette page admirable dans laquelle un artiste a mis tous les éléments particuliers et rares qui étaient en lui. »

En ce qui me concerne, j’aime bien ce style de peinture où la nudité est présentée à la fois simple et authentique. Bien entendu, le fait qu’une femme nue se retrouve devant deux hommes habillés peut inciter à une interrogation d’ordre moral. À vrai dire, y a-t-il là matière à scandale? Je ne le crois pas puisqu’il faut, comme Émile Zola l’a bien fait remarquer dans son analyse, voir l’ensemble du tableau. Un ensemble qui décrit à la perfection la beauté de la nature. Une nature que l’on a peut-être mise au rencart depuis le début du XXIe siècle au nom du progrès économique, mais qui reprend ses droits depuis la prise de conscience d’une partie importante de la population, notamment depuis le début des années 2000. L’impact majeur du mouvement amorcé par Greta Thunberg qui a occasionné des marches dans plusieurs pays pour la défense de la nature, et notamment pour dénoncer le réchauffement climatique, est un élément incontestable d’une telle prise de conscience.

Seule ombre au tableau, c’est la femme qui se retrouve nue devant les hommes. Pourquoi l’inverse ne serait-il pas possible, voire souhaitable? Ce à quoi je répondrai, ceci: autres temps, autres mœurs. J’irais même jusqu’à dire, autres temps et autres façons de voir la réalité. Car, ne l’oublions pas, chacun d’entre nous a sa propre vision de ce qui l’entoure. Ce qui est encore plus vrai que l’on soit un homme ou que l’on soit une femme.

Je terminerai donc ce présent exposé sur une note bien personnelle sachant fort bien que certaines personnes ne partageront pas mon opinion sur le sujet. Et, je l’avoue qu’elles en aient parfaitement le droit. Pourquoi l’inverse n’existerait-il pas? À savoir un homme nu se retrouvant des femmes habillées. Ce à quoi je répondrai avec tout mon respect envers la femme, tout simplement parce qu’il n’y a rien de plus noble, de plus divin et de plus admirable que la nudité féminine. C’est tout à votre honneur. Croyez-moi sur parole!

Merci de votre attention.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Mes références au présent texte viennent de : Le Déjeuner sur l’herbe — Wikipédia (wikipedia.org)

Je n’y suis pour rien

Je n’y suis pour rien. Poème de RollandJr St-Gelais Photo et modèle : gfriedberg

Je n’y suis pour rien

 

Appuyé sur le cadre de la fenêtre,

Je ressens en moi tout mon mal-être,

Un profond mal-être qui n’en finit plus,

Étouffé par mes vêtements alors que je suis nu.

 

Regardant au loin pour y trouver refuge,

Loin de ce frère qui n’avait pas compris et qui me juge,

Alors que je voulais protéger le repos de notre mère,

La prémunir de revivre de nouveau ce véritable enfer.

 

Pourquoi tourner le fer rouge dans nos plaies?

Rappeler en pensées ce drame si horrible, si laid?

Ouvrir des livres écrits à l’encre si sombre, si noire?

De ces livres longtemps enfouis dans nos mémoires.

 

Méritais-je de me faire traiter de Juda?

Alors que je souhaitais garder ce triste souvenir,

Cet événement qui arracha à jamais mon plus beau sourire,

Pour toujours loin de mon âme, de mon être, de mon corps, de moi.

 

Je n’y suis pour rien dans toute cette histoire,

Qu’on me laisse tranquille tant mon esprit avant que vienne le soir,

J’ai depuis longtemps tourné la page de cette période de mon enfance,

Pour être franc, puisque tu n’as pas compris, maintenant je m’en balance.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada