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Quelle opinion intéressante !

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Modèle nu ? RollandJr St-Gelais

Quelle opinion intéressante !

Je pense que malgré votre handicap, vous éprouvez le besoin de vous sentir entier et virile. C’est pour cette raison que votre sexe occupe une partie très grande dans votre travail. C’est ainsi qu’ en vous montrant, vous montrez aussi votre vulnérabilité, mais aussi votre force. Vous existez à votre façon, malgré quand même une profonde tristesse laquelle est bien enfouie. Vous vous sentez différent, même si des fois la différence n’est pas que physique.

Je pense, et je ressens, que vous avez besoin d’amour, de respect et d’une certaine reconnaissance, pas pour ce que vous êtes, mais pour qui vous êtes !! Se donner comme vous le faites, à la vue de tous et parce que les séances, dessins, photos, ça fait du monde, votre reconnaissance vous fait que vous vous accepteriez et aimez vous même beaucoup plus.

Par Anno de la France

Dans l’œil d’un artiste

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Remerciement à Jerzy Rekas pour sa permission Source : http://jrekas.deviantart.com/

Dans l’œil d’un artiste

Bonjour tout le monde,

Je profite de cet instant pour partager avec vous mon opinion, aussiDSCN0257 (2) humble soit-il, sur un aspect précis du domaine de la nudité artistique. Un aspect qui, je le crois, n’a été qu’effleuré au fil de mes nombreuses publications sur les séances auxquelles j’ai eu la chance de participer depuis que je suis devenu modèle nu pour des écoles d’arts et des ateliers où le dessin était l’outil de travail des artistes présents. Cet aspect concerne le regard de l’artiste sur son modèle. Un regard qui est, vous devez vous en douter, très différent de ce que l’on retrouve au sein des magazines et, encore plus, au sein des nombreuses publicités où le corps, notamment celui de la femme et dans une moindre mesure celui de l’homme, est utilisé pour faire mousser la vente de tel ou tel produit.

1922236_910867815619763_7444781465202693521_nQuel est donc ce regard ? Je répondrai à cette question par une vérité enseignée par les plus sages : Il y a autant de regards sur autrui qu’il y a d’individus sur terre. Ceci est bien évidemment le cas pour les artistes lesquels ont leurs propres expériences de vie, leurs valeurs, leurs degrés d’ouverture sur le monde et leurs interdits plus ou moins nombreux, ainsi que leurs préoccupations pouvant altérer leurs visions du sujet étudié. C’est un fait que les expériences de vie, et pas seulement pour les artistes, ont une influence énorme sur la manière dont tout-un-chacun perçoit le monde environnant. Par exemple, chaque lecteur d’un quotidien interprétera les nouvelles qui y sont rapportées à la lumière de ce qu’il a ou non vécu au cours de sa vie. Comme on dit si bien, tout le monde peut parler sur la guerre, mais seuls ceux qui l’ont vécu de près sont en mesure de saisir tout ce que cela comporte de cruel.

Il en est de même des valeurs personnelles. Dans le cas présent, lanew-image6 grande majorité des étudiants en arts pour qui j’ai posé nu dans le cadre de leurs formations académiques a semblé être emballée par le fait que je fus entièrement nu durant leurs séances. Je leur ai donné le meilleur de moi-même et, en contre partie, ils sont venus y puiser tout ce qu’ils pouvaient en tenant compte de leur savoir-faire. Or, certains élèves ont préféré ne pas assister aux dites séances pour des motifs qui leurs appartiennent et que les responsables des groupes se devaient de respecter. Ce qui est la moindre des choses en pareilles circonstances. N’est-ce pas ?

Le degré d’ouverture sur le monde, élément sous jacent aux valeurs personnelles en y incluant leurs interdits, peut aussi être un facteur déterminant dans la vision de l’artiste envers le modèle nu. Ici, je dois reconnaître que la quasi majorité des artistes, en incluant les élèves des écoles d’arts, ont une propension fort étonnante à découvrir le monde. Je parle bien du monde en général et non seulement du milieu environnant dans lequel ils vivent. D’ailleurs plusieurs d’entre eux ont voyagé en de nombreux pays enrichissant ainsi leur culture générale. Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ?!

New Image1Et que dire de leurs préoccupations pouvant altérer leurs visions du sujet étudié ? C’est un fait indéniable que nous sommes tous marqués par les événements qui se déroulent dans notre vie quotidienne. Des factures à payer, des soucis de travail, des rapports houleux avec l’être aimé et bien d’autres aspects qui jalonnent le parcours de notre destiné peuvent obscurcir notre vision de la vie. Bien entendu que de tels aspects influenceront les artistes dans leurs démarches. Certains d’entre eux transposeront de manière plus ou moins consciente leurs préoccupations sur la vision qu’ils en ont sur le modèle nu qui se trouve devant eux. Dis-moi ce que tu penses et tu me donneras ainsi une bonne indice de ce que tu vois. Dis-moi comment tu le vois et je te dirai la couleur de ton âme. Il en est de même pour chacun d’entre nous.

Bref, le regard de l’artiste comporte des facteurs à la fois psychologiques et psychiques qui l’amèneront à mettre sur toile sa vision d’un instant précis de sa vie. Un instant figé par quelques coups de crayons ou de pinceaux ici et là sur une toile vierge. Un moment temporel couché sur une toile blanche pour le reste de l’éternité. C’est ainsi que de voir un modèle nu sur une toile quelconque, c’est d’abord et avant tout voir la profondeur de l’âme de l’artiste. Je conclue cet article en paraphrasant une parole d’un grand sage natif de Bethléem : « Qui me voit sur toile, voit aussi mon père ! »

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une oeuvre artistique remarquable

Une oeuvre artistique remarquable

Bonjour tout le  monde, J’espère que  la température dans votre coin de pays est plus clémente que ce que l’on a  au Québec. En effet, nous avons ici dans  mon beau Québec, surnommée dans la confédération canadienne « La belle province », un été des moins ensoleillés depuis belle lurette et, entre vous et moi, cela commence à affecter mon humeur. Heureusement, il m’est loisible de partager avec vous mes réflexions, mes poèmes, mes photos réalisées lors des séances de nudité artistique auxquelles j’ai la chance de participer sans  oublier mes découvertes sur le web.

Parmi lesdites découvertes, il y a celle d’une sculpture réalisée par un artiste du nom de Guillaume Geefs et qui se trouve  actuellement dans la cathédrale St-Paul de Liège en Belgique. Ladite sculpture est particulièrement troublante puisqu’elle représente un personnage fort connu au sein même des trois religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Vous avez sans doute deviné qu’il s’agissait de l’ange déchu connu sous le nom de  Lucifer.

18787894_10154940127833462_1862696579_nOui, je reconnais d’emblée qu’il est rarissime qu’un article  soit consacré sur le sujet. Or, c’est tout le contraire. Mon article se veut être un hommage à l’artiste pour avoir réussi un tel exploit. Avouons-le ! L’imagerie populaire a sans cesse présenté cet ange, certains  diront « archange », sous de vilains traits comme si la laideur était synonyme de mauvais tandis  que la beauté signifiait bonté et pureté. L’histoire du monde a pourtant démontré que cela était loin d’être le cas en maintes occasions. Qui ne se souvient pas du régime nazi où la recherche de  la perfection a été à l’origine de centaines, voire de milliers, de massacre d’innocents dans les chambres à gaz ? D’ailleurs, que nous réserve l’avenir lorsque l’on voit d’une part, les avancés technologiques et d’autre part, la déshumanisation de plus en plus omniprésente au sein de nos sociétés actuelles. Ai-je raison de craindre le pire ? Veuillez me rassurer sur ce point.

Attention ! Je n’ai nullement l’intention de condamner la recherche de la beauté sous toutes ses formes. Bien au contraire ! Nous avons tous le besoin inaliénable de trouver de la beauté autour de nous et même chez l’Autre. Après tout, bien des couples se forment grâce à  un attrait physique qu’un coup d’œil a rendu possible. Bon ! Il n’y a juste cela. C’est vrai. Mais, dire le contraire serait faire preuve d’une certaine hypocrisie. Bref, il m’a paru bon de partager avec vous un article qui  a été partagé sur le réseau social Facebook et qui porte justement sur la statue nommée « Le Lucifer de Liège ». Un  chef-d’oeuvre extraordinaire. Désolé que ledit texte soit rédigé dans la langue de  Shakespeare.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Voici l’article : http://www.thevintagenews.com/2017/01/02/nidaros-cathedral-is-the-northernmost-medieval-cathedral-in-the-world-and-the-most-important-church-in-norway/

Un petit clin d’œil à Joséphine Baker

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Un petit clin d’œil à Joséphine Baker

Bonjour tout le monde,

df58dea340e904090e35b18df67152ce--josephine-baker-black-hairJ’ai eu l’heureuse surprise de voir un excellent reportage télévisé sur une femme extraordinaire, non seulement pour ses nombreux talents artistiques tels que la chanson et la danse mais également pour son implication dans la lutte contre d’une part, l’occupant allemand en France et d’autre part, l’émancipation des noirs américains durant les années 1960. Cette femme est devenue un symbole pour le respect de la liberté et des droits de l’Homme. Il serait bien, il s’agit de mon humble opinion personnelle, que de tels personnages reprennent le flambeau dans la lutte contre l’intolérance et la haine qui sévit actuellement un peu partout dans le monde actuel.

Toutefois, ce qui m’a le plus fasciné lors la présentation du reportageflat,1000x1000,075,f télévisé concerne le fait qu’elle a su ébranler, au sens figuré bien entendu, les bien-pensants de la haute société française à l’égard des membres de la communauté des « noirs ». Elle a accompli un tel exploit par le simple fait qu’elle a su juxtaposer la nudité artistique grâce à la danse sur scène et le sens humoristique. La grâce de ses courbes, son audace et son charme sont des éléments qui, il faut tout de même le reconnaître, lui ont été fort profitables tout au long de son parcours.

Chose remarquable ! Elle a connu ses tout premiers succès dès l’âge de dix-neuf ans. Comme quoi la jeunesse est souvent synonyme de courage et de persévérance. Je lui lève mon chapeau avec toute mon admiration.

Sincèrement !

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Se découvrir ? Pourquoi donc ?

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Par Déborah Lyra de Montréal

Se découvrir ? Pourquoi donc ?

Bonjour tout le monde,

received_1960126477551786J’espère que vous vous portez bien et que la saison estivale vous comble de ses milles petits plaisirs. De mon côté, tout va à merveille. Le soleil inonde ma vie, ma santé est impeccable et la belle humeur m’accompagne au quotidien. Bien entendu que, comme tout le monde, il m’arrive parfois de vivre des situations auxquelles il m’aurait été préférable d’éviter. Mais, bon ! La vie est ainsi faite. Mieux vaut passer à autre chose.

Vous savez que cela fait maintenant plusieurs années que je suisnew-image11 modèle nu pour des écoles d’arts et des artistes, et ce de manière occasionnelle. J’adore ce que je fais car d’une part, cela permet à un nombre impressionnant d’artistes de connaître et d’apprivoiser un corps masculin à la fois hors-normes mais possédant aussi une grande fierté tant de ses formes que de sa puissance. Un corps ayant une histoire bien particulière et une masculinité qui ferait l’envie de bien des hommes. Oui, je suis heureux dans cette profession qui possède ses lettres de noblesse depuis l’époque de l’Antiquité.

new-image3Toutefois, une question doit être résolue, et qui m’apparaît être d’une importance capitale, pour la compréhension de mes fidèles lecteurs sur ce que peut bien m’apporter le fait de poser nu. Devrais-je me contenter de composer des poèmes ou bien de réaliser des photos même si, semblerait-il, je possède un certain talent dans ces deux domaines ? D’ailleurs, ma capacité de rédaction a incité plusieurs de mes amis et connaissances de me suggérer d’écrire un livre sur ma vie. C’est certes une suggestion fort louable compte-tenu de mon parcours personnel. Cependant, et comme mon père le dit si bien, il est préférable d’admirer le beau soleil du temps présent que de ressasser les nuages sombres d’un passé habité par des chimères.

Bref, je préfère, et de loin être modèle nu que de me contenter de composer des poèmes ou faire de la photographie même si dans le premier cas je découvre le monde environnant avec les yeux de mon âme et que, dans le second cas, je le vois avec les yeux de mon corps. Mais, dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas moi qui me découvre ainsi au reste du monde.

Voilà pourquoi être modèle nu m’a permis de me « découvrir » au plusNew Image24 profond de mon âme aussi bien qu’aux yeux d’un public averti. En effet, il est impératif, c’est mon humble opinion, d’avoir une confiance absolue envers soi-même pour accepter de se dévêtir devant une tierce-personne, voire un groupe composé de gens provenant d’horizons diverses. Et pour cause, puisque ce n’est pas seulement mes vêtements que je retire en début de séance, mais bien davantage ce qui me protège des regards susceptibles d’être malsains à mon endroit.

new-image26D’ailleurs, le verbe « se découvrir » comporte à mon avis un double sens. Tout d’abord, il y a celui de « se découdre » tels de multiples tissus dans les mains imaginaires des artistes qui immortalisent notre corps sur un support physique. Les tissus qui nous ont formés jusqu’au moment fatidique où l’on se retrouve entre leurs mains sont transformés dans un magma d’où en sortira un être totalement nouveau. Ensuite, on y retrouve celui de « s’ouvrir ». C’est là un élément des plus importants dans mon analyse puisque c’est au modèle, et exclusivement à lui, que revient la tâche de se mettre à la disposition de l’autre. Et pour cela, non seulement la confiance doit être présente de façon absolue, mais il est tout aussi nécessaire, voire primordial, que l’ensemble de nos boucliers, ces derniers se retrouvent dans nos vêtements, soient levés afin d’établir un pont authentique et sans préjudices entre les participants.

En résumé, se découvrir est plus que le simple fait d’enlever ses vêtements. C’est exprimer à la fois une confiance envers soi et envers autrui, mais également de vivre en harmonie au plus profond de son âme. Avouons-le ! Avoir une telle opportunité est une en soi une denrée de plus en plus rare en ce monde où la méfiance, la suspicion et le doute semblent empoisonner de manière significative nos relations interpersonnelles. Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une présentation spéciale

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Une présentation spéciale :

Un entretien avec le modèle vivant Maria Clark

Bonjour tout le monde, J’espère que vous allez bien et que la vie soit bonne pour vous. De mon côté, tout va pour le mieux. En effet, j’ai eu la chance de visiter, une fois encore, la magnifique ville de Matane en Gaspésie. C’est l’une des régions à découvrir absolument si vous avez la chance de venir visiter mon beau coin de pays qu’est le Québec. Oui, Je suis fier de vivre au sein de cette contrée formidable où mes ancêtres ont bâti une nation forte et prospère et où il fait bon d’y vivre dans la paix et l’harmonie. Je profite de l’occasion pour souhaiter une bonne fête de la St-Jean-Baptiste à tous les Québécois sans oublier aux Canadiens-français qui célèbrent ce jour bien spécial.

Sous un autre ordre d’idées, et pour être dans la logique liée au thème central de ce blogue dédié à la nudité artistique, je vous présente une retranscription d’une interview réalisée avec le modèle nu Maria Clark. Il est important de retenir, en premier lieu, qu’un lien se trouve en bas du présent article afin de respecter le droit d’auteur et, en second lieu qu’une autorisation a préalablement faite auprès de madame Maria Clark laquelle a eu la gentillesse de l’accorder auprès de votre humble serviteur. Je lui en serai éternellement reconnaissant.

 

ENTRETIEN : « Quand je pose, je ne me montre pas. Je suis ! »

Modèle d’art professionnel, artiste, performeuse, auteure, réalisatrice et fondatrice d’association, Maria Clark se livre corps et âme sur son métier de modèle et la philosophie qui le sous-tend.

Modèle d’art. C’est ainsi que l’on nomme les muses et modèles qui posent pour des peintres, sculpteurs, photographes et autres artistes plasticiens. Il s’agit d’un métier ancestral, mystérieux, parfois méprisé, souvent fantasmé. Depuis toujours, le corps, réinventé dans l’œuvre, sublimé par la couleur, la lumière et le matériau, transmet une émotion universelle. Cette émotion puise autant son origine dans le regard de l’artiste que dans le talent du modèle à proposer, investir et garder la pose. Car malgré une apparente simplicité, poser est un art qui exige de réelles qualités physiques, mentales, artistiques et humaines. Maria Clark, modèle d’art expérimentée, et convoitée, du milieu Beaux-Arts de la Capitale, a accepté de lever le voile sur son métier, sa passion.

 

Maria, vous êtes modèle d’art depuis plus de dix ans. Pourquoi ce choix ?


J’ai commencé à poser à 23 ans pour un peintre avec lequel je vivais. Plus tard, en 1995, je suis devenue modèle pour les ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris, puis en 2006, j’en ai fait une profession. Mon parcours est très éclectique. Je suis née en Angleterre. Mes parents et moi avons déménagé en France, dans le Gard, quand j’avais six ans. J’ai fait des études d’arts plastiques au lycée. J’ai aussi étudié la danse contemporaine et le cinéma à l’université, à Paris, et la philosophie de l’art à la Sorbonne, puis j’ai suivi une petite formation en médecine traditionnelle chinoise. Cette année, je me suis réinscrite en thèse d’arts plastiques. C’est surtout la danse qui m’a amenée au métier de modèle. Le lien entre peinture et danse, c’est le souffle, le vivant. Je suis une passionnée, et derrière mon éclectisme se cache une réelle cohérence dont les fils conducteurs sont l’art et le corps.

 

Quelles sont vos affinités et préoccupations artistiques ?


J’aime ce qui a du sens, du poids dans les propositions artistiques. Longtemps, j’ai aimé la peinture expressionniste, tourmentée. L’œuvre de Bacon également. Maintenant, j’apprécie les transparences et la légèreté, ça m’apaise. J’aime aussi l’art contemporain, les installations vidéo, les performances, tout ce qui traduit l’existence et le spirituel humain. Notre civilisation est imprégnée d’une culture gréco-romaine axée sur la notion de beau, avec ses canons esthétiques. Je pense qu’il existe une autre façon d’appréhender le corps humain que la représentation du beau. Ce qui m’intéresse, c’est la représentation du vivant. L’art de la pose est une énergie censée inspirer pour créer de la vie, et non uniquement pour représenter une figure.

 

Comment se déroule une séance de pose ?


Souvent, j’arrive en avance sur le lieu de pose, chargée de ma vie quotidienne. Je pénètre dans la sphère de l’atelier comme dans une bulle, un autre espace-temps. J’ai un quart d’heure pour me changer. J’enfile mon kimono derrière un paravent. Ce n’est qu’une fois sur la sellette que je l’ôte. La sellette c’est un espace intime qui appartient au modèle, et à lui seul. Le travail est différent selon que je pose pour des élèves, ou pour un peintre en privé. Avec un peintre, nous développons une réelle collaboration. J’ai travaillé de longues années avec Daniel Riberzani par exemple. Il me donnait une piste de départ, par des mots ou des idées. Je lui faisais alors une proposition, un mouvement lent que je faisais évoluer, un peu comme du Qi qong. A un moment donné, il m’arrêtait et la pose était choisie. En réalité, les poses ne sont jamais complètement figées. Il y a toujours des micro mouvements, ne serait-ce que par la respiration. Une séance de poses n’excède pas quarante-cinq minutes. Elle est ensuite suivie d’un quart d’heure de repos légal. Puis s’enchaine une nouvelle session de quarante-cinq minutes, et cela plusieurs heures durant. Le modèle est auteur de ses poses.  Ma force de proposition doit alors être inventive. J’aime alterner des poses en tension et des poses relâchées et m’en amuser. C’est important aussi de s’amuser parfois !

 

C’est difficile de tenir la pose ?


Même si l’on vient de la danse comme moi et que l’on possède certaines qualités physiques, ce n’est pas évident. Au début, je pouvais prendre des poses compliquées, en torsion, difficiles à tenir. Les articulations trinquent. Avec l’expérience j’ai appris à mieux gérer mon temps et mon corps.  Pour éviter de se faire mal, il faut bien se connaitre. La pose la plus difficile que j’ai eu à tenir c’était dans une école : la même pose assise, quinze heures par semaine,  pendant trois mois ! J’avais terriblement mal aux ischions! Les poses longues en positions allongées sont aussi difficiles parfois, car tout le poids du corps repose sur les mêmes points sous l’effet de la gravité. Dans une pose debout, on peut plus facilement réadapter son centre de gravité, même si, sur la durée, ça fait mal à la plante des pieds. Poser nécessite un ancrage, une bonne perception de l’espace, du temps, de la lumière également.

 

Dans quel état d’esprit le modèle pose-t-il ?

 

Il faut une forme d’humilité, c’est un don de soi au profit d’un processus artistique. Il n’y a donc aucun exhibitionnisme dans mon acte. Je dois m’adapter à l’environnement,  ressentir l’ambiance générale. Quand j’entre dans une salle où l’énergie est molle ou électrique, j’ai envie, par ma façon d’être, d’apaiser et d’inspirer les élèves. A la différence de certains modèles plus « comédiens », je n’entre pas dans la peau d’un personnage. Je suis au contraire pleinement moi-même. J’oublie mon intellect pour entrer dans une sorte de cocon méditatif. Mais chaque modèle a son style, sa façon de poser ! Dans la plupart des ateliers, l’univers est bienveillant. En tant que modèle, on est plutôt bichonné. Personnellement, je suis dans l’accompagnement : de même que Socrate, en tant que philosophe, aidait les gens à accoucher de leur esprit, je suis le soutien silencieux et immobile qui aide les gens à accoucher de leur créativité. Ce qui me motive, à la base, c’est l’humain.

 

De façon paradoxale, ce métier, en apparence impudique, a traversé les siècles avec pudeur…


Le monde des ateliers d’art est un peu secret, hors du commun. Pour moi, il existe une éthique derrière l’acte de poser. D’une façon générale, je combats tous les préjugés. Quand je pose, je ne me montre pas. Quand je pose, je suis. Le tabou de la nudité, c’est juste culturel et éducatif. On vient au monde nu, la nudité c’est une chose simple ! Ceux qui considèrent ce métier comme impudique devraient essayer de dessiner d’après modèle vivant. Ils oublieraient vite la nudité. Ce que l’on voit en dessinant, c’est le corps dans l’espace, son architecture, ce sont des directions…

 

Vous parlez d’“espace hors du temps”, d’“instant plus-que-présent”. Êtes-vous portée par une spiritualité particulière ?


Dans un sens, oui. Quand j’ai suivi mon initiation en médecine traditionnelle chinoise (MTC), la pensée taoïste m’est apparue très familière, conforme à mes intuitions. J’y ai retrouvé par exemple l’idée que notre corps est notre propre pays, la correspondance entre les cinq organes et les cinq éléments, celle entre microcosme et macrocosme, la notion de méridien, donc de réseau. Quand je pose, je suis une partie du grand tout. De même que la goutte d’eau contient l’océan, mon corps, c’est le monde. Ma limite, pour adhérer vraiment à la pensée taoïste ou bouddhiste, c’est peut-être la « juste mesure », la « voie du milieu ». Je suis une femme émotionnelle, bien trop passionnée !


Vous avez créé une association de modèles. Pourquoi ?


L’histoire a commencé en 2008 avec la suppression du cornet par la Ville de Paris, qui amputait jusqu’à 20% des revenus à certains modèles. On a alors demandé une revalorisation des salaires, que l’on n’a d’ailleurs obtenu qu’en partie. Les modèles, jusqu’alors isolés, ont commencé à se parler, à se réunir. J’ai ensuite fondé la Coordination des Modèles d’art, une association qui compte pour l’instant une trentaine de membres et un réseau plus étendu de 200 modèles francophones. C’est une association collégiale et nous avons plusieurs pôles d’actions. C’est un espace de réflexion et d’engagement pour définir le modèle d’aujourd’hui, le valoriser et améliorer ses conditions de travail. Nous sommes cinq bénévoles à en assurer le collectif d’administration.

 

Vous venez de réaliser un film sur l’art de la pose. Quand sortira-t-il ?


Le DVD de mon film, Le Modèle vivant déplié, sortira en septembre prochain. En 2012,j’avais déjà publié un livre, À bras-le-corps, qui parle entre autres de mon activité de modèle.  Là, j’ai eu envie d’éclairer ce métier autrement. Il s’agit d’un documentaire d’art qui aborde des thématiques essentielles comme le temps, l’espace, le nu, l’immobilité, l’histoire, l’univers des ateliers… J’ai réalisé six interviews de modèles de profession (trois hommes, trois femmes, de 30 à 70 ans), puis j’ai intégré une dimension plus esthétique de l’image, en y incluant une relation à la pose et à la peau. Je souhaitais re-contextualiser ce métier au sein de l’Histoire et lever le voile de l’ignorance. Que les gens découvrent les valeurs existentielles de cette activité et du processus de création qui l’accompagne.

 

Pensez-vous jouer un rôle dans la sauvegarde des valeurs humaines de notre époque ?


Le rôle de l’artiste est crucial. Je considère que la condition d’artiste constitue en soi une forme de résistance, de contre-pouvoir. Je me suis impliquée dans le combat sociétal par mon travail personnel. J’ai réalisé pas mal de performances et d’installations artistiques, en particulier sur les thématiques de la frontière et de l’exclusion. Aujourd’hui, je reviens au dessin et à la peinture, et mon propos est plus axé sur l’intimité et « l’insularité » de chacun. Ma préoccupation c’est l’être humain avant tout, son épanouissement, sa liberté et son positionnement dans la communauté. Ce qui me motive, c’est finalement la quête du bonheur de chacun… Tous les moyens, tous les médias, sont bons pour prôner ces valeurs.

 

Propos recueillis
par Marlène Eliazord

Source : http://redacsante.blog.lemonde.fr/2017/06/19/quand-je-pose-je-ne-me-montre-pas-je-suis/

Une œuvre qui interpelle.

 

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« Nude » par Roger Parry (1905-1977)

 

Une œuvre qui interpelle.

Bonjour tout le monde, Comment allez-vous ? Que se passe-t-il de beau dans vos vies respectives ? Quels sont vos projets pour la saison estivale qui frappe à nos portes ? Bref, quoi de neuf ? Que de questions ! Je le sais que trop bien. Mais, voyez-vous ?, être un modèle nu c’est aussi accepter de vivre et de partager avec authenticité en s’ouvrant au monde qui nous entoure. C’est ce que je tente de faire avec vous, et ce avec un grand plaisir.

New Image 64Sous un autre ordre d’idée, je voulais absolument vous présenter cette œuvre vraiment magnifique réalisée par le photographe Roger Parry (1905-1977). Et pour cause, puisque cette photo m’interpelle au plus profond de mon être en m’amenant à me questionner sur l’être humain et sa crainte face aux autres et, surtout, face à lui-même. Comme on dit si bien, il suffit parfois de se rendre à l’étranger pour mieux se connaître soi-même. Mon séjour en Europe prouve toute la véracité de cet adage. Enfin, c’est ce que je ressens.

Cette photo semble démontrer la crainte innée chez l’être humain du jugement. Une crainte alimentée par la religion, par la société et par la famille ainsi que par cet « autre » que l’on rencontre sur la route de notre vie. Bien que parfois une telle crainte peut être salutaire puisqu’elle nous permet d’établir des comportements pouvant servir à vivre en société, n’oublions pas que l’instinct animal est aussi présent en chacun de nous, elle peut aussi être un fardeau qui empêche l’Homme d’atteindre son plein épanouissement.

Un grand philosophe du nom de Jean-Paul Sartre a dit que «… l’enfer, c’est les autres.» Et, dans une certaine mesure, on ne peut nier qu’il ait raison. Combien d’entre nous a retenu ses élans afin de voler sur des mondes qui lui étaient inconnus et ce, parce qu’on lui disait que cela lui serait impossible ? Combien d’entre nous a refusé de faire les premiers pas vers l’autre afin de lui exprimer ses sentiments amoureux davantage par la crainte des qu’en-dira-t-on que par celle du rejet ? Combien d’entre nous a peur du regard de l’autre à son endroit et, par-dessus tout, de son propre regard envers lui-même ? Oui, la crainte du regard de l’autre et de soi-même est exprimée d’une manière sans équivoque au sein de cette photo.

Je vous pose maintenant une simple question et je vous y invite à yNew Image 62 répondre dans le silence de votre cœur. Que craignez-vous dans le regard de l’autre et, encore plus important, dans votre propre regard ? Ne serait-il pas le temps de s’accepter en toute sincérité et ce, en dépit du regard des autres à notre endroit ? Et, entre vous et moi, il y aura toujours quelqu’un quelque part sur cette planète qui sera sans cesse prête à nous juger mais qui s’abstiendra de prendre notre place dans le tombeau lorsque notre heure de quitter ce monde aura sonné. C’est là un fait que l’on devrait toujours garder à l’esprit.

Il est à noter que par un souci de respect envers l’auteur de cette photo magnifique, mais aussi de la seconde qui accompagne cet article puisqu’il s’agit du même auteur, j’ai décidé de mettre un lien en annexe afin de vous diriger vers un article trouvé sur le web qui présente de manière très intéressante ce photographe. Il va de soi qu’un autre lien vous donnant les informations sur cette exposition qui a lieu à Genève est aussi mis en annexe.

Merci infiniment de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Présentation de ce photographe: https://www.photo-arago.fr/C.aspx?VP3=CMS3&VF=GPPO26_3_VForm&ERIDS=2C6NU0OBY4CR:2C6NU0OBSIV4:2C6NU0OBMJQP:2C6NU0O0XJ9F:2C6NU0ZCM3VG 

À visiter absolument: http://www.tdg.ch/culture/grob-gallery-peintres-photographes-deshabillent-corps/story/12281762