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Je suis l’ultime gardien

Je suis l’ultime gardien Photo & poème de Rolland Jr St-Gelais de Québec au Canada Source : Ghost The Watcher by lequebecois1962 on DeviantArt 

 

Je suis l’ultime gardien

 

Je suis l’ultime gardien,

De cette demeure qui est mon jardin.

Je veille sur ce lieu de jour comme de nuit.

J’ai été tiré des profondeurs des enfers parmi de puissants esprits.

 

Incantations mainte fois répétées !

Que mon maître a sans cesse mentionné !

Par ma désignation ineffable, il m’a invoqué avec ardeur.

Celui que l’on craint depuis ma chute infernale avec tant de frayeur.

 

Qui profère ma dénomination satanique connaîtra ma fureur.

Je suis celui qui dompta Cerbère dans les flammes de la torpeur.

Je ne redoute rien en ce monde, y compris les pauvres êtres humains.

Leurs œuvres perverses les approchent irrémédiablement de leur destin.

 

D’une cape d’un noir lugubre, je suis entièrement vêtu.

Croyez-moi ! De toute votre vie, jamais vous n’avez vu.

De mon regard diabolique, je terrorise tous les étrangers.

Ces individus qui osent, en ce domicile prohibé, y être entrés.

 

Je veillerai jusqu’au trépas de mon mystérieux invocateur.

Je le protégerai contre tout ce qui peut lui faire peur.

Au jour final, je lui tendrai alors ma main invisible.

Afin de l’amener dans mon monde si imperceptible.

 

Mais, prenez bien garde, insensés, de ne jamais le troubler.

Contre tous les dangers, avec des sorts, je le préserverai.

La connaissance des formules ensorcelées est mon savoir.

Au plus profond de moi se trouvent les forces de la magie noire.

 

En ces temps durs et incertains, ne me cherchez pas !

Il est mon seul et unique maître, car il est tout pour moi.

Je suis parmi les derniers des plus grands archanges déchus.

Soyez convaincus ! Une telle force, vous n’avez jamais vu.

 

Je reste bien sagement pour le jour qui n’est pas encore venu.

Où, en ce lieu qui est si précieux, y pénétrera un pur inconnu.

Je déclencherai alors toute la puissance de ma colère.

Celle que je retiens depuis ma sortie des enfers.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Pyramide

Pyramide Réflexion par Rolland Jr St-Gelais Photo par mtlstefd Source : https://www.deviantart.com/mtlstefd/art/Pyramide-941660529

Pyramide

Bonjour tout le monde,

J’ai décidé de rédiger un petit texte de réflexion en ce jeudi 22 décembre 2022. En effet, j’ai vécu quelques péripéties au cours de cette année qui se terminera dans quelques jours. Je suis passé, pour dire vrai, par une gemme d’émotions allant d’un état de bien-être à celui de douleurs indescriptibles, et même d’un désaccord à l’égard de certains évènements qui ont amené une multitude de remises en question fort importantes chez votre humble serviteur.

Ceci m’a fait comprendre que la vie est semblable à une pyramide sur laquelle chaque être humain doit atteindre le sommet. J’ai bel et bien choisi un tel monument au lieu de la montagne pour mettre en lumière mon propos. En effet, la première reflète davantage la recherche de la spiritualité puisqu’elle illustre à elle seule le désir de l’immortalité chez les pharaons de l’Égypte de l’antiquité. Pour la seconde, elle fait référence, à mon humble avis, à la prospection intérieure face aux aléas de l’existence.

Qui ne rêve pas de vivre éternellement ? Ce désir est souvent accompagné par celui de la beauté pure et sans tache et d’une santé sans lacunes. Est-ce à une pure utopie ? Serait-ce plutôt une illusion que l’on se façonne devant l’inévitable, qui est la finitude de notre être ? Il est légitime de vouloir répondre à de telles questions existentielles.

Pour ma part, et après avoir assisté au départ de mon défunt père, je vois les choses de manière contrastée. En effet, il m’est apparu comme une évidence que la vie est composée par une série d’étapes que nous devrions surmonter, sans pour autant subir puisque nous sommes tout de même responsables de nos choix et de nos actions, afin d’être aptes à passer à autre chose ? Un peu à l’image d’une personne qui traverse les phases naturelles de l’existence humaine. Elle développera sa propre vision à l’égard de sa réalité.

Pour être franc avec vous, je m’aperçois que l’absence de mon père me pousse à me poser cette question : quel sens je dois maintenant donner aux jours qui me restent et ultimement qu’en sera-t-il de mon départ, le moment venu? Ce à quoi je réponds, après une réflexion bien sommaire, que l’on doit toujours viser plus haut que soi. Autrement dit, malgré le fait que nous soyons faits de chair, de sang, de qualités et de défauts, nous devons garder à l’esprit qu’il est impératif de gravir avec sérénité les marches qui composent notre vie. La fuite n’a jamais rien arrangé.

Rien n’est facile en cet univers matériel. Heureusement qu’il y a aussi un autre que je qualifierais de parallèle pour illustrer mon idée et qui est susceptible de nous élever sur le plan spirituel. Existe-t-il des êtres célestes qui nous sont assignés afin de nous appuyer sur nos chemins ?* Je songe ici au merveilleux récit de Tobie escorté par l’Archange Raphaël. Un des plus beaux livres de l’Ancien Testament. Il est à retenir qu’il fait partie des recueils dits deutérocanoniques. Une fois encore, l’influence de la philosophie grecque joua un rôle majeur dans l’évolution de la pensée chrétienne.

Toutefois, un autre personnage jadis angélique, dont le nom signifie « Celui qui porte la lumière », a peut-être allumé en moi le brasier ardent de la connaissance. Vous avez sans aucun doute deviné que je fais référence à Lucifer. Un peu à l’instar de Prométhée qui donna la flamme aux hommes, Lucifer insuffla en mon être une toute nouvelle quête du sens à la vie. Après tout, il est permis de refuser de croire que nous sommes que des pantins devant affronter sans dire un mot leur destin.

Qui suis-je? Je suis un être qui escalade du mieux qu’il le peut les pierres qui façonnent sa pyramide en souhaitant qu’un jour l’étoile du matin brillera de tous ses feux.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

* On doit y voir une allégorie dans mes propos. 

Illusion

Illusion Poème de Rolland Jr St-Gelais Modèle JenovaxLilith Photo par Minds/Oscure Source : https://www.deviantart.com/lilithjenovax/art/illusions-855332928

Illusion

 

Je me promenais,

En me demandant où j’allais.

Car, la vie est tellement sinueuse,

Et, devant nos questions, silencieuse.

 

Bien des femmes en secret, j’ai aimé.

Pour certaines d’entre elles, j’ai pleuré.

Quelques-unes m’ont quand même fait rire.

Par leurs souvenirs, je peux encore sourire. 

 

Qui a dit que l’existence est facile ?

Alors que nos premiers souffles sont difficiles.

Apprendre à marcher depuis notre tout jeune âge,

Pour qu’un jour, nous portions en terre un père si sage.

 

Notre première bougie sur notre gâteau d’anniversaire,

Deviendra un vague rappel que nous quitterons cette terre.

Voilà à quoi je pense en longeant cette rivière magnifique,

Dont le nom ressemble à un conte de fées et d’êtres magiques.

 

Il y a toutefois en moi une idée qui me rassure,

Quelque chose qui semble, à mon regard, si pur.

Un secret dévoilé par les cieux quelquefois cléments,

Une révélation écrite dans mon cœur tendrement.

 

Que nous avons besoin de vivre des sensations,

Quitte à perdre pour un instant notre raison.

Quel malheur que je sois un simple mortel,

Surtout lorsque la vie peut être à sa guise belle.

 

Ce que j’adorerais tellement ne jamais connaître la fin !

Devrais-je implorer celui que l’on appelle l’étoile du matin ?

Afin de faire l’amour avec dames si jolies lorsqu’elles sont nues.

Quelle invocation furtive devrais-je prononcer à l’ange déchu ? 

 

Pour que je puisse rêver de richesse, de pouvoir et de coupable tendresse.

Que Méphistophélès, par l’une de ses œuvres, m’extirpe de cette détresse.

Qu’enfin je trouve, en mon existence éphémère, une réelle raison.

Quitte à me bercer de cette chaleur, de cette agréable illusion.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Femme d’orient

Femme d’orient Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo de la collection de Appetitive-Soul Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/5-168b-939629647

Femme d’orient

 

Je suis celui qui vogue sur les vents.

Un ange déchu parcourant les terres sales.

Ne sachant où je pourrais étancher ma soif abyssale.

Voilà ce que ma désobéissance m’a amené pour châtiment.

 

J’étais jadis au sein des cieux un être de lumière,

Fière de mes connaissances et du don des sciences.

Aux hommes, je leur enseignais l’art de la survivance,

Et ce, aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerres.

 

La splendeur de mes ailes faisait ma renommée.

Bien haut, de ma main gauche, je portais avec fierté le feu.

Que j’avais dérobé à ces faux dieux, si fourbes et si pernicieux.

Par leur jalousie et leur colère, à errer sur terre, je fus condamné.

 

Mes ailes blanches devinrent sombres.

Sans pour autant altérer ma beauté éternelle.

De ma main droite, j’ai gardé l’épée pouvant fendre le ciel.

Mais, chaque chose en son temps, je resterai d’ici là dans la pénombre.

 

J’ai parcouru mille chemins,

Construisant ici et là des dynasties incroyables,

Formant en elles des armées d’une force incommensurable.

J’ai, par mon savoir, chez les hommes influencé leurs destins.

 

Je suis parfois adoré, souvent craint.

Certains me vénèrent pour mes pouvoirs.

Quelques-uns m’invoquent lorsque vint le soir

Souvent, je tiens leurs désirs dans le creux de mes mains.

 

Mes pouvoirs existent depuis l’aube de la création.

Souvent, on m’accuse d’être à l’origine de tous les maux.

Alors que c’est dans l’âme des êtres humains où tout est faux.

Ils sont les seuls responsables de leur bonheur et de leur perdition.

 

Je dois subir inlassablement ma perpétuelle expulsion.

Épée dans la main, et la flamme ardente pour diadème !

Devrais-je en finir et supplier leur grâce ? Quel dilemme !

Jamais ! Car, au fond de moi, je sais quelle est la raison.

 

Je dois avouer, à vous, âmes esseulées, un grand secret.

J’ai connu en de vastes contrées des femmes si magnifiques.

Elles m’ont fait un accueil si charnel digne des contes féériques.

En leurs seins, j’ai déposé tout l’amour que je possédais.

 

Parmi celles-ci, il y en a une que je n’oublierai jamais.

Une femme du lointain orient aux seins parfaitement dévoilés.

Un être fait de chair et de sang qui, de ma triste solitude, m’a consolé.

Quel plaisir de lui avoir fait l’amour et de lui dire comme je l’aimais.

 

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada