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Que peut bien être un modèle nu ?

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Un être humain avant tout Photo par John K. des États-Unis Source : https://www.deviantart.com/cable9tuba/art/Catch-It-If-You-Can-798585243

Que peut bien être un modèle nu ?

Bon début du mois de mai tout le monde,

J’espère que ce début du mois de mai débute selon vos attentes. Oui, je le sais trop bien, les jours que nous traversons sont possiblement pénibles pour la majorité d’entre vous. Des jours qui peuvent être source d’angoisse et de crainte face à l’avenir. Certains d’entre vous peuvent faire de mauvais rêves à répétition nuisant ainsi à votre bien-être intérieur. Mais, ne vous en faites pas pour ce qui arrive, l’humanité a traversé des épreuves bien plus terribles que ce que nous subissons de nos jours. Il faut ajouter à cela la multitude de moyens de communication mis à notre disposition. Moyens qui peuvent être une aide incroyable pour briser notre isolement et pour garder des liens avec nos proches.

Soyez rassurés ! La crainte, l’angoisse tout comme le besoin d’entrer en liaison avec nos pairs font partis de ce que l’être humain est. L’être humain est un animal fondamentalement grégaire. Qu’il le veuille ou non, le besoin de l’autre, de ces autres à la fois si semblables et si différents, est ancré dans ses gênes. Parfois pour meilleur ! Parfois pour le pire ! Reconnaissons-le! Aucune société aurait pu exister sans un tel besoin.

Or qui dit humanité, dit forcément homme et femme lesquels possèdent un vécu qui est propre à chacun. Un vécu qui a formé le caractère, a fait apparaître des comportements, a construit une personnalité et a établi un système de valeurs au sein de la personne. Il va de soi que l’évolution à la fois sociale, économique et politique a marqué la mentalité même de chaque individu qui compose la société et ce, de manière significative. C’est ainsi qu’essayer, ne serait-ce qu’un court laps de temps, de voir le monde actuel avec les yeux d’une personne vivant, à titre d’exemple, au XVIIe siècle lui ferait un anachronisme frôlant la schizophrénie à un stade extrême.

Il en est de même dans le monde de la nudité artistique. En effet, à chaque époque correspond un système à la fois social, économique et politique qui forme, et parfois transforme, la société dans laquelle vit l’individu.1 C’est ainsi que l’image de la nudité artistique a pu évoluer à son tour. En effet, ne l’oublions pas, on ne voit plus la nudité de la même façon qu’on la voyait dans le passé. Il est inutile d’aller bien loin dans le temps pour comprendre une telle réalité.

Or, qui dit nudité artistique dit aussi le modèle nu lequel est sans contredit l’acteur principal sans pour autant diminuer le rôle de l’artiste qui requiert ses services. Comme chacun d’entre nous, le modèle nu est avant tout un être humain témoin de son époque dans lequel il se trouve. Une époque qui le façonne souvent plus qu’il peut lui-même imaginer mais, fait étonnant, il le façonne à son tour. L’histoire des noirs américains est sans contredit le meilleur exemple que je puisse ici utiliser surtout si l’on regarde la photo que j’ai choisi dans le cadre de la semaine consacrée aux modèles nus masculins de couleurs.

C’est un fait indéniable qu’une telle réalisation photographique a soulevé en moi une question rarement abordée au sein de mon blogue consacré à la nudité artistique, à la photographie et à la poésie ainsi que, dans le cas présent, des réflexions personnelles. Une question qui se résume en ces mots : Quelles peuvent être les valeurs, les croyances et les visions de la vie chez tout modèle vivant? La réponse est d’une simplicité déconcertante puisqu’il est tributaire de son époque. Une époque qui l’a façonné à sa manière et qui continuera sans aucun doute à le construire jusqu’à son dernier souffle. Or, comme le jeu de la balançoire, il façonnera à son tour celle-ci jusqu’à ce qu’il y trouve un équilibre.

Voilà ce qu’est un modèle nu, c’est-à-dire un être humain qui tout comme ses pairs cherche à trouver l’équilibre entre d’une part, ce qu’il est au plus profond de lui-même et, d’autre part, le leg historique laissé par ceux et celles qui ont contribué à son existence. Et, souvent, un tel leg peut être grandiose.

Merci infiniment pour votre fidélité.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

  1. Certes, l’individu influence à son tour la société et ce, par ses diverses manifestations parfois pacifiques, souvent d’une violence inouïe. Une telle influence rend impossible tout retour vers l’arrière.

Le bien-être

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Le bien-être

Bonjour tout le monde,

IMG_20200107_172246J’avais demandé à mes connaissances sur le réseau social Facebook de me proposer une série de sujets que je pourrais développer au fil de mes publications sous forme de proses au sein de mon blogue dédié à la nudité artistique, à la poésie et à la photographie ainsi que dans une moindre mesure à des réflexions personnelles. La dernière catégorie d’articles me semble être de plus en plus importante dans le présent blogue. En effet, il existe tant de réalités auxquelles chaque être humain doit faire face au cours de sa vie qu’il est impératif de ne point garder le silence. Mais, attention! Je ne prétends nullement avoir la connaissance absolue ni posséder la sagesse des Anciens. À vrai dire, votre humble serviteur est un homme parmi tant d’autres avec ses forces, ses faiblesses, ses espoirs, ses rêves et ses désillusions.

Toutefois, et en dépit de ces évidences nommées ci-dessus, une seule caractéristique propre au genre humain rend possible son désir d’aller toujours vers l’avant. Soyez rassurés ! Il n’est absolument pas question de trouver l’âme-sœur, de gagner à la loterie et encore moins de réaliser des exploits hors du commun même cela peut être des éléments importants à son bien-être.

Cependant, je parle ici du bien-être tout simplement.IMG_20191217_102116 C’est-à-dire d’être « bien » dans son « être », dans le plus profond de soi, là même où personne ne peut ni pénétrer, ni conquérir, ni accéder et encore moins voler ce « bien » le plus précieux. Oui, il s’agit du seul bien qu’aucune richesse ne peut acheter, ni aucune contrée aussi belle soit-elle en ce monde ne peut vous offrir et qu’aucun grand amour ne peut combler. Bon! Je reconnais qu’avoir richesse, belle contrée et grand amour aide énormément à apprécier la vie. Mais, est-ce là où réside le véritable bien-être quel que je l’entends dans ce présent article? Je réponds à cette question par un non catégorique.

IMG_20191230_161859Mais quel est donc cet état de bien-être, d’être bien dans son être, dans ce présent article ? Je vous dirais tout simplement de lâcher-prise, d’accepter ce qui est, ce qui dépend de soi et de prendre conscience de ce qui ne l’est pas. Ce qui implique la pleine et entière reconnaissance de nos erreurs, de nos fautes et de les assumer sans pour autant tourner le fer dans la plaie. Ce qui engage chez l’individu d’éviter la sempiternelle phrase : « L’avoir su, j’aurais agi autrement ». Quelle phrase à la fois vide de sens et inutile. Vide de sens puisque l’on ne peut pas toujours prévoir les conséquences de nos actions lesquelles dépendent souvent de facteurs extérieurs à notre volonté. Inutile puisque ce qui est fait est fait et ne peut être, sauf dans de rares cas, défait. Accepter une telle vérité est à mes yeux la pierre angulaire du « bien-être », c’est-à-dire d’être bien dans son for intérieur.

C’est plus facile à dire qu’à faire? Me diriez-vous ! Je suis d’accord avec vous mais en partie seulement. J’ai, à titre d’exemple, mes parents qui ont dû faire face à des situations hors de leur contrôle. Certes, je fais référence à ma mon handicap physique causé par les comprimés de thalidomide que mon père avait ramené de la pharmacie. Ce dernier pouvait-il savoir les effets qu’ils allèrent avoir sur mon développement embryonnaire? Ma mère pouvait-elle se douter un seul instant des conséquences sur ma vie en prenant ces comprimés? Bien sûr que non! Toutefois, ils ont su se relever les manches et affronter la vie comme elle se présentait. C’est-là l’un des nombreux exemples qui me sont venus à l’esprit.

Soyez convaincus d’une chose! J’ai rarement vu desIMG_20191211_185253 gens avoir eu un tel état de bien-être malgré les embûches qu’ils ont été obligés d’affronter depuis ma venue au monde. Ai-je hérité de cette capacité de résilience? C’est possible. Une telle capacité est-elle présente chez les êtres humains? C’est possiblement le cas puisque sans elle, les êtres humains auraient été dans l’incapacité de faire face aux aléas de la nature, de l’histoire et de l’existence. Autrement dit, de la vie!

En terminant, je mentionne cette citation qui résume à la perfection l’ensemble de mes propos contenus dans cet article. Une citation d’un certain Nouredine Meftah qui décrit en ces termes une noble vérité : « Le bien-être est l’harmonie de notre for intérieur ». Que puis-je vous souhaiter de mieux que votre for intérieur soit en totale harmonie afin que vous puissiez être bien en vous-même?

Merci infiniment de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Une séance photo vraiment agréable à vivre

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Réalisation photographique par Priscilla Vaillancourt

Une séance photo vraiment agréable à vivre

Bonjour tout le monde,

IMG_0690J’espère que vous avez passé une belle semaine. Pour ma part, je dois avouer que j’ai été étonné de voir un hiver assez précoce. Qu’à cela ne tienne, l’hiver possède un charme insoupçonné qui enrichissent à la fois nos forêts et, dans une certaine mesure, nos cités et villes. Quoi de mieux qu’une bise légère se frottant sur nos joues pour nous vivifier? Quoi de plus agréable à voir qu’un beau manteau blanc qui recouvre le paysage? Un peu à la manière d’un linceul annonçant un repos bien mérité jusqu’à la résurrection printanière. Et, surtout, quelle chance incroyable d’avoir une saison qui nous incite à prendre notre temps de vivre le temps présent. En effet, le ralentissement momentané au sein de nos activités régulières est en soi une occasion unique de prendre conscience qu’en dépit de tout ce que nous faisons seul le temps a une importance intrinsèque à notre existence. D’ailleurs, il est intéressant de noter que nous revenons à l’heure dite « normale », en reculant montres et horloges d’une heure.

C’est un peu une telle réalité que j’ai ressentie en monIMG_0726 fort intérieur à l’occasion de la séance photo de nudité artistique réalisée sous l’œil vigilant de Priscilla Vaillancourt en ce jour de dimanche 17 octobre dernier dans la belle ville de Saguenay, secteur de Chicoutimi, plus précisément sur le campus universitaire de l’endroit. Une telle séance se déroula dans une salle spécialement conçue pour les prises photos dans le cadre d’études en arts visuels. Est-il utile de vous informer que le tout a été fait dans un cadre strictement artistique empreint de respect mutuel et de recherche de l’excellence? Une recherche partagée tant par votre humble serviteur que par Priscilla Vaillancourt.

C’est ainsi que plusieurs photos ont été faites dans ledit local par une journée grise en dehors mais tellement ensoleillée en dedans. Après les présentations d’usage et avoir brisé la glace, votre serviteur et l’étudiante en arts se mirent au travail afin d’accomplir une séance digne d’être qualifiée à la fois sérieuse et de bon goût. Vêtements retirés pour ma part, ajustements des appareils pour sa part ! Tout est prêt? Alors, allons-y !

IMG_0709Que de photos furent prises ! Que d’angles furent travaillés ! Que de poses furent accomplies ! Que de mouvements furent effectués afin de trouver la pierre précieuse ! Celle qui saura se tirer de toutes les autres et qui donnera à cette séance toute sa raison d’être. À vrai dire, et après avoir reçu l’ensemble des photos prises par Priscilla Vaillancourt, il m’est permis d’affirmer avec une grande fierté que cette séance est l’une des plus enrichissantes vécues jusqu’à maintenant en tant que modèle nu. Certes, j’ai eu l’opportunité de poser pour des photographes de renommé internationale, notamment pour une femme dont la seule mention de son nom résonne dans le firmament du nu artistique. Toutefois, poser nu pour une étudiante dans le cadre d’un projet universitaire est à mes yeux une preuve indéniable qu’il existe une confiance à la fois envers moi mais aussi à l’égard de mon professionnalisme.

C’est ce que je vous ferai découvrir dans mes prochaines publications au sein de ce blogue consacré à ma passion pour la nudité artistique, la poésie et la photo ainsi que de mes réflexions personnelles.

Je vous remercie de votre fidélité.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Présenter le corps hors norme

Bonjour tout le monde,

Il y a de ces jours où la vie nous réserve de belles surprises. Vous savez? De ces surprises qui vous aident à poursuivre votre chemin, à aller plus loin dans ce que vous faites, à outrepasser les qu’en-dira-t-on et surtout à vivre sa vie selon nos propres valeurs. C’est exactement une de ces surprises que j’ai reçue dans ma boîte de messagerie Facebook. En effet, une de mes amies de logue date a écrit ce billet à mon intention. Un billet pour lequel je la remercie infiniment de tout mon cœur.

Je dois reconnaître que j’ai littéralement savouré avec délice et passion son texte. La raison en est simple: elle a trouvé les mots qui décrivent à la perfection l’ensemble de ma démarche artistique, en particulier celle qui a trait à mes dernières publications de nature, disons-le franchement, plus érotique sur mon blogue.

C’est donc avec le plus grand des plaisirs que je le partage avec vous. 

Ma chère Binah, je te remercie infiniment à la fois pour ton texte et pour ton support moral. Cela me va droit au cœur. Crois-moi!

Texte de mon amie Binah de la France:

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Une collaboratrice extraordinaire et une amie formidable: Binah de la France

Présenter le corps hors norme

Au départ de la démarche, il y a probablement juste l’envie de ne pas se laisser spontanément dicter ce qui est okay. Le corps normé est à la fois partout, silencieux et despotique.  Les premiers commentaires qu’on entend ou perçoit le concerne et l’organise. Ensuite, on choisit selon lui comment et où se tenir et puis, il y a ses activités. Un corps dispose et révèle. Sans réellement poser la question, il se fait orienter vers les quelques filières communautaires qui lui correspondent. Tout en haut il y a la tête qui suit, des fois mais pas toujours. C’est (peut-être) seulement lorsqu’on choisit de vraiment se montrer qu’on réalise ce qui a été construit autour du corps et de ses membres. Il y a différentes manières de reprendre le contrôle de son corps avec des pensées qui ne correspondent pas tout-à-fait ce que le corps a appris.

000000820005Pour moi, une forme primitive de ce ré apprentissage est passé par le maquillage. A l’aube de l’adolescence je souffrais de ma timidité. La frontière de ma chair laissait immédiatement paraître mes troubles par le phénotype, un peu niais, de rougeurs incontrôlables. Des situations maintes et moult révélaient mon éternel sentiment d’inconfort et, présageaient  une posture de faiblesse fatale. Je me suis mise à me tartiner de luxueux cosmétiques. Ça m’a un peu protégée de ce qu’il y avait de l’autre côté de ma peau.  En tout cas, c’était une présentation de moi-même, que j’avais choisie. Un peu plus loin dans le raffinement des images, j’ai découvert les photos et leur diffusion. Ce fut une grande révélation que de pouvoir contrôler un petit segment de réalité, suivant l’angle que je choisissais. Au de-là de l’image il y a la réflexion qui est initiée par la pratique. Un peu comme Rolland je me suis projetée en tant que modèle, dans une moindre mesure, évidemment.

Il y a eu une première époque où j’ai découvert l’action que je pouvais avoir sur ma 000000820014propre perception de mon corps puis, une seconde où je choisissais de le montrer aux autres d’une certaine manière. Étant une fille si blanche, je cumule des privilèges qui ne m’ont pas rendu le travail trop complexe, ni les réactions très perplexes. Le travail de Rolland entreprend quelque chose de plus subtil. Il y a dans son exposition intime une certaine attitude du corps qui entend la norme puis, la digère. En passant par le biais spécifique de sa subjectivité sexuelle il touche plusieurs questions. J’en identifie deux majoritaires. D’abord quels corps peuvent être montrer ? Et puis comment ?

000000820019La nudité et la sexualité héritent d’un stigmate esthétique affreusement contraignant. Lorsqu’un individu au corps hors norme se présente comme un être sexué, il effectue un glissement engagé dans la toile des conformités. Comme le maquillage que je me suis répandu sur le visage, il projette une vision calculée de lui-même. Et puis, il décide également de dispenser cet engagement. Cette décision lui appartient et le constitue mais pas seulement. Elle montre que c’est une attitude envisageable, globalement. Justement, pour les autres corps qui ont des chairs qui ne correspondent pas parfaitement à des normes ubiquistes et universellement oppressantes. Le corps particulier de Rolland est travaillé et véhiculé comme le récit d’une existence sexuelle. Elle ne se complaît pas dans une unique sphère d’invalidité. Ses membres sont examinés et exhibés pour leurs irrégularités, ce choix les fait sortir de leur assignation immédiate au domaine d’analyse. Ils deviennent ainsi un nouvel objet d’étude, déconnecté du champ référentiel de l’anomalie. La vie sexuelle du corps de Rolland énonce artistiquement sa pleine légitimité d’exister.

Par cette inscription dans l’art, et les réflexions personnelles qui lui succèdent, je 000000820031pense que Rolland récupère la signification de son corps. Ce travail, à la fois risqué et important, devrait être compris comme une démarche intellectuelle et une posture politique nécessaire. Les significations qui acculent le corps sommairement peuvent être contrariées par plusieurs stratégies. Les dispositions que prend Rolland pour s’émanciper m’apparaissent comme un effort d’une grande noblesse pour que son corps singulier soit une effigie. Effigie subversive qui témoigne de la possibilité de vivre dans son corps selon une discipline personnelle, par opposition aux préjugés sociaux occultes.

Signé: Binah de la France (collaboration spéciale)