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Le nu selon Mireille Darc

Le nu selon Mireille Darc

Bonjour tout le monde,

Certaines personnes m’ont déjà reproché d’avoir la fâcheuse manie deMireille Darc 3 me fixer sur un sujet lorsque ce dernier envahit mon esprit. C’est possible. Toutefois, il peut arriver qu’une telle fixation se trouve légitimer par l’intérêt qu’il peut susciter aux plans artistique, sociologique, historique et même, dans nombre de cas, politique sans omettre la spiritualité. C’est ainsi que je me suis permis de réaliser une dernière publication afin de rendre hommage à cette femme extraordinaire qu’a été madame Mireille Darc.

PMireille Darc 4ourquoi donc vouloir rédiger un tel article sur la nudité artistique vue sous le regard de cette femme ? C’est justement parce que c’est elle, et seulement elle, qui a choisi son modèle en tenant compte à la fois de ses critères personnels et de ses objectifs photographiques. Ses critères et ses objectifs lui sont-ils réservés par le simple fait qu’elle soit une femme ? Je ne le crois pas. Bien au contraire ! C’est d’abord et avant toute chose en tant qu’actrice, de surcroît de renommée internationale dans le monde de la francophonie, qu’elle a su développer un esprit critique dans ses choix tant du modèle que des poses nues élaborées au fil de ses séances. Comme quoi avoir passé du temps devant la lentille peut être utile lorsque le moment d’être dernière celle-ci soit venue.

Mireille Darc 2Personnellement, je suis impressionné par la qualité photographique de l’ensemble des oeuvres de Mireille Darc. Elle a su démontrer avec brio que l’on peut apprécier la nudité artistique, avec un soupçon de sensualité dans certains cas, même si on est membre de la gente féminine. Je dirais même qu’elle possède un coup d’œil, ce coup d’œil tant convoité par le milieu de la photo, qui capte l’instant unique qui rend le résultat final réellement hors de l’ordinaire. Oui, c’est le moins que l’on peut dire. En effet, après avoir admiré quelques-unes des photos faites par cette femme sur son modèle, qui est d’une grande beauté, la chose à retenir est ceci : Tout y est parfait. Il va de soi, faut-il être surpris ?, que l’utilisation du « noir et blanc » a été un choix judicieux en pareille matière.

Merci Madame Mireille Darc pour ce leg que vous avez fait à l’ensemble de la communauté de la francophonie. Je vous souhaite de continuer avec amour cette oeuvre grandiose là où vous êtes maintenant. Merci à mon amie et collaboratrice Idéelle pour sa permission d’utiliser ses photos. Ceci a rendu possible la rédaction du présent article

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Source photographique : https://ideelle.wordpress.com/2017/08/29/de-lautre-cote-de-lobjectif/

Être modèle vivant… (Savoir vivre de sa spiritualité)

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Être modèle vivant…

(Savoir vivre de sa spiritualité)

Bonjour tout le monde,

Comment a été votre journée ? Pour ma part, elle a été magnifique : magasinage, rencontres, repas au restaurant. Ces quelques activités m’ont amené à me poser cette question: Quelle place la spiritualité occupe-t-elle dans ma vie ? Je vous dirais qu’il m’est inconcevable de vivre sans avoir une vie spirituelle, et sans pratiquer ma foi chrétienne laquelle est de tradition catholique. En effet, être modèle vivant, c’est savoir se nourrir non seulement au plan physique mais aussi au plan intérieur.

D’ailleurs, saviez-vous que je ressens la main de la Vierge-Marie se poser sur mon corps à chacune de mes prestances de nudité artistique ? Une main qui me rassure, me réconforte et me guide à chacune de mes séances. Un peu comme si, de par sa présence, elle sacralisait chacune de mes prestations. D’ailleurs, ne dit-on pas dans les saintes écritures que le corps est le temple de l’Esprit Saint ? Vivre de pain est essentielle pour notre corps, mais vivre de spiritualité est primordiale dans notre parcours sur cette terre.

Que la Paix du Christ soit avec vous !

De

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La lecture et la nudité artistique

La lecture et la nudité artistique

Bonjour tout le monde,

New Image72Il me fait plaisir de partager avec vous mon opinion concernant l’importance de la lecture dans le domaine de la nudité artistique. En effet, cela fait plusieurs mois que le désir de développer un tel sujet au sein de mon blogue artistique s’est incrusté en mon esprit. Pourquoi donc ?, me diriez-vous. C’est que je m’aperçois après mûres réflexions que les publications à propos de la lecture étaient loin de faire légion. En effet, j’y aborde divers angles de la nudité artistique mais rarement sous celui de la lecture.

Et pourtant, comment peut-on un seul instant élever notre âme sans l’abreuver de lecture enrichissante lui permettant ainsi de le soustraire à l’ignorance ou, pire encore, à toutes ces nombreuses propagandes mensongères qui étendent leurs tentacules, telle une pieuvre géante, au sein de notre société actuelle ? Il est certes impératif de nourrir notre corps et d’en prendre soin car il est notre véhicule qui nous a été dédié par le Créateur, oui, je suis croyant, afin d’entrer en relation avec nos frères et sœurs dans l’humanité.

Mais, il est d’autant plus important de nourrir notre âme avec le plusNew Image 3 riche des mets qui ont lieu en ce monde, c’est-à-dire des ouvrages qui traitent de spiritualité. Vous devez sans aucun doute vous douter, mais je suis un fervent catholique et je fréquente l’église à chaque dimanche. Or, il m’arrive parfois de ne pouvoir y assister lors de mes déplacements en lien avec mon travail de modèle nu. Qu’à cela ne tienne puisque je puise mes forces spirituelles aux sources que sont les célébrations eucharistiques télévisées et les ouvrages qui traitent de la foi. Ces deux sources sont pour votre humble serviteur comme une eau vive qui m’abreuvent à chacune de mes séances de nudité artistique qui ont lieu très souvent devant des groupes très nombreux.

18787894_10154940127833462_1862696579_nJ’imagine, pardonnez-moi cette image quelque peu présomptueuse, être le Christ qui s’offre à chacune des célébrations eucharistiques à ses disciples. C’est un fait que je ne peux guère nier. À chaque fois que je suis nu devant un groupe de gens soucieux d’apprendre sur les diverses manifestations de la vie, c’est comme si je leur offrais à la fois ma nudité et mon corps lesquels témoignent non pas de ma fragilité mais de la force divine présente en moi et en chacun de nous. Il m’arrive en quelques occasions de prier pendant les séances. Des prières qui sont avant toute chose des actions de grâce notamment pour m’avoir donné la chance de réaliser un tel exploit. Il faut le reconnaître que de poser nu devant des inconnus même s’ils sont plein de bonnes intentions est loin d’être facile pour le commun des mortels.

Certaines situations liées à la spiritualité vécue durant lesdites séances m’ont fait vivre des expériences que je qualifierais de « mystiques ». J’aborderai un tel sujet prochainement. C’est promis.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

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Pourquoi le mal existe-t-il ?

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Photo: Jérôme Bertrand

 

Bonjour tout le monde,

Comment allez-vous ? Qu’avez-vous fait de bon aujourd’hui ? Que se passe-t-il d’intéressant dans votre vie ? Avez-vous pu profiter du beau temps ensoleillé ou bien faire des activités que ce soit en famille ou entre amis ? De mon côté, je vais vraiment très bien avec les hauts et les bas de la vie. Rien n’est parfait en ce monde. L’essentiel est de garder foi en la vie et de croire au Bien malgré tout le mal qui semble régner en force dans le monde actuel.

Pourquoi le mal existe-t-il ?

J’ai décidé d’écrire un texte sur cette problématique fondamentale : Pourquoi le mal existe-t-il ? C’est là une question que bon nombre de philosophes et de théologiens ont tenté d’y répondre au meilleur de leurs connaissances. Soyez rassurés ! Nul n’est mon intention de me situer au même rang de ces gens de hauts savoirs. Toutefois, il me paraît utile dans le cadre de cette exposition de donner mon humble avis sur la raison d’être du mal. Autrement dit, pourquoi le mal existe-t-il ?

Nous sommes tous témoins de scènes d’horreur, d’injustice, d’exploitation, de crimes et d’actes répréhensibles notamment commis à l’endroit des plus faibles de la société. Regarder, lire ou bien écouter les nouvelles peut devenir une véritable torture psychologique lorsqu’il y est présenté des cas de ce genre. Oui, je l’avoue d’emblée. Nul ne peut rester insensible. C’est un fait.

J’ose donner trois explications plausibles à l’origine du Mal. N’ayez crainte, loin de moi l’idée d’attribuer la cause originelle en une entité précise même si je crois fermement qu’une telle entité existe bel et bien. Cependant, les trois explications résideraient davantage à ce qu’est l’être humain. Un être qui agit souvent plus par le côté irrationnel, voire ici les émotions à l’état brut que par le côté de la raison pure. En effet, cette irrationalité a amené les hommes à suivre des voies les menant vers, pour reprendre le concept de la « guerre des étoiles », le côté obscur de la spiritualité. Oui, c’est démontré que la spiritualité possède un côté lumineux et un côté obscur. Le premier l’amenant vers le bonheur et la paix tandis que le second le précipite vers le malheur et la crainte. Le bonheur qui est une conséquence directe de voir le monde, non pas comme il est, mais comme il pourrait être. Il va de soi que la paix intérieure accompagne chacun des pas de tous les hommes de bonne volonté. 

Outre le facteur psychologique propre à l’Homme, il y a celui la volonté mal dirigée de la survie. L’Homme souhaite survivre, et c’est son droit le plus stricte, en dépit des nombreuses menaces qui l’entourent. Bien évidemment, il devra y faire face tôt ou tard. Son désir de survie peut l’amener à poser des actes peu louables et même dans certains cas immoraux. Qui d’entre vous se souvient de la notion d’espace vitale, des politiques d’exterminations des indésirables allant jusqu’à celles des « indignes de vivre » et de bien d’autres actions perpétrées au nom du bien commun, et ce sous différents régimes politiques qu’ils soient dictatoriaux et même, bien que dans une moindre mesure, des sociétés dites « démocratiques » ? La survie est tout à fait légitime mais elle doit se faire avec celui qui nous tend la main car, qui sait ? il sera peut-être celui qui nous sauvera à son tour.

La dernière explication se rapporte à la perte d’estime de soi. Une telle perte nous fait perdre le sens même de la dignité inhérente à chacun d’entre nous. Perdre foi en ses capacités, en ses moyens, en son potentiel de devenir ce que l’on a toujours été, amène de manière inexorable à agir contre l’autre. Cet autre qui ne demande que la même chose que tout le monde. C’est-à-dire aimer et … être aimé. Oui, aimer et être aimé sont la base où réside le remède face au Mal. Le Mal qui ronge l’humanité depuis bien des siècles. Fort heureusement, certains personnages ont donné à l’Homme des armes pour le combattre. C’est à nous à les découvrir, et parfois à les redécouvrir, afin d’être paré comme il se doit.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

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Une soirée au concert … fin

 

Une soirée au concert … fin

Bonjour de nouveau,

Il est plutôt rare que je publie deux vidéos de suite sur mon blogue artistique. À vrai dire, c’est aussi très rarissime que je réalise des vidéos sur des prestations musicales tout comme cela n’est pas dans mes habitudes d’assister à un concert en plein cœur d’une cathédrale. Mais, force est de reconnaître que de pouvoir assister à un tel concert n’est pas donner à tout le monde. À vrai dire, votre humble serviteur peut se considérer chanceux d’avoir vécu une si belle soirée.

DSCN3297Une soirée où l’harmonie, la douceur et la tranquillité des lieux contrastent avec tout ce que notre société moderne semble faire vivre à bon nombre de citadins. Qui plus est ! La spiritualité semble, c’est mon avis tout simplement, avoir été bannie de la sphère publique. Oui, être croyant et vivre sa foi au quotidien, en respectant la laïcité des lieux communs, relèvent être un non-sens pour plusieurs de nos pairs . Et pourtant, c’est justement grâce et par l’entremise de la spiritualité que les plus belles œuvres musicales ont été composées.

Bien entendu, et je ne le nierai jamais, que bien des œuvres musicales grandioses furent aussi composées sous les thèmes de l’amour, du patriotisme et la beauté de la nature ainsi que plusieurs autres. Quoiqu’il en soit, on peut dire avec raison que la musique est la langage de l’âme. Puisse votre âme être illuminée par la lumière divine et la splendeur de la Création ! Je vous le souhaite de tout mon cœur.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

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Une présentation spéciale

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Une présentation spéciale :

Un entretien avec le modèle vivant Maria Clark

Bonjour tout le monde, J’espère que vous allez bien et que la vie soit bonne pour vous. De mon côté, tout va pour le mieux. En effet, j’ai eu la chance de visiter, une fois encore, la magnifique ville de Matane en Gaspésie. C’est l’une des régions à découvrir absolument si vous avez la chance de venir visiter mon beau coin de pays qu’est le Québec. Oui, Je suis fier de vivre au sein de cette contrée formidable où mes ancêtres ont bâti une nation forte et prospère et où il fait bon d’y vivre dans la paix et l’harmonie. Je profite de l’occasion pour souhaiter une bonne fête de la St-Jean-Baptiste à tous les Québécois sans oublier aux Canadiens-français qui célèbrent ce jour bien spécial.

Sous un autre ordre d’idées, et pour être dans la logique liée au thème central de ce blogue dédié à la nudité artistique, je vous présente une retranscription d’une interview réalisée avec le modèle nu Maria Clark. Il est important de retenir, en premier lieu, qu’un lien se trouve en bas du présent article afin de respecter le droit d’auteur et, en second lieu qu’une autorisation a préalablement faite auprès de madame Maria Clark laquelle a eu la gentillesse de l’accorder auprès de votre humble serviteur. Je lui en serai éternellement reconnaissant.

 

ENTRETIEN : « Quand je pose, je ne me montre pas. Je suis ! »

Modèle d’art professionnel, artiste, performeuse, auteure, réalisatrice et fondatrice d’association, Maria Clark se livre corps et âme sur son métier de modèle et la philosophie qui le sous-tend.

Modèle d’art. C’est ainsi que l’on nomme les muses et modèles qui posent pour des peintres, sculpteurs, photographes et autres artistes plasticiens. Il s’agit d’un métier ancestral, mystérieux, parfois méprisé, souvent fantasmé. Depuis toujours, le corps, réinventé dans l’œuvre, sublimé par la couleur, la lumière et le matériau, transmet une émotion universelle. Cette émotion puise autant son origine dans le regard de l’artiste que dans le talent du modèle à proposer, investir et garder la pose. Car malgré une apparente simplicité, poser est un art qui exige de réelles qualités physiques, mentales, artistiques et humaines. Maria Clark, modèle d’art expérimentée, et convoitée, du milieu Beaux-Arts de la Capitale, a accepté de lever le voile sur son métier, sa passion.

 

Maria, vous êtes modèle d’art depuis plus de dix ans. Pourquoi ce choix ?


J’ai commencé à poser à 23 ans pour un peintre avec lequel je vivais. Plus tard, en 1995, je suis devenue modèle pour les ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris, puis en 2006, j’en ai fait une profession. Mon parcours est très éclectique. Je suis née en Angleterre. Mes parents et moi avons déménagé en France, dans le Gard, quand j’avais six ans. J’ai fait des études d’arts plastiques au lycée. J’ai aussi étudié la danse contemporaine et le cinéma à l’université, à Paris, et la philosophie de l’art à la Sorbonne, puis j’ai suivi une petite formation en médecine traditionnelle chinoise. Cette année, je me suis réinscrite en thèse d’arts plastiques. C’est surtout la danse qui m’a amenée au métier de modèle. Le lien entre peinture et danse, c’est le souffle, le vivant. Je suis une passionnée, et derrière mon éclectisme se cache une réelle cohérence dont les fils conducteurs sont l’art et le corps.

 

Quelles sont vos affinités et préoccupations artistiques ?


J’aime ce qui a du sens, du poids dans les propositions artistiques. Longtemps, j’ai aimé la peinture expressionniste, tourmentée. L’œuvre de Bacon également. Maintenant, j’apprécie les transparences et la légèreté, ça m’apaise. J’aime aussi l’art contemporain, les installations vidéo, les performances, tout ce qui traduit l’existence et le spirituel humain. Notre civilisation est imprégnée d’une culture gréco-romaine axée sur la notion de beau, avec ses canons esthétiques. Je pense qu’il existe une autre façon d’appréhender le corps humain que la représentation du beau. Ce qui m’intéresse, c’est la représentation du vivant. L’art de la pose est une énergie censée inspirer pour créer de la vie, et non uniquement pour représenter une figure.

 

Comment se déroule une séance de pose ?


Souvent, j’arrive en avance sur le lieu de pose, chargée de ma vie quotidienne. Je pénètre dans la sphère de l’atelier comme dans une bulle, un autre espace-temps. J’ai un quart d’heure pour me changer. J’enfile mon kimono derrière un paravent. Ce n’est qu’une fois sur la sellette que je l’ôte. La sellette c’est un espace intime qui appartient au modèle, et à lui seul. Le travail est différent selon que je pose pour des élèves, ou pour un peintre en privé. Avec un peintre, nous développons une réelle collaboration. J’ai travaillé de longues années avec Daniel Riberzani par exemple. Il me donnait une piste de départ, par des mots ou des idées. Je lui faisais alors une proposition, un mouvement lent que je faisais évoluer, un peu comme du Qi qong. A un moment donné, il m’arrêtait et la pose était choisie. En réalité, les poses ne sont jamais complètement figées. Il y a toujours des micro mouvements, ne serait-ce que par la respiration. Une séance de poses n’excède pas quarante-cinq minutes. Elle est ensuite suivie d’un quart d’heure de repos légal. Puis s’enchaine une nouvelle session de quarante-cinq minutes, et cela plusieurs heures durant. Le modèle est auteur de ses poses.  Ma force de proposition doit alors être inventive. J’aime alterner des poses en tension et des poses relâchées et m’en amuser. C’est important aussi de s’amuser parfois !

 

C’est difficile de tenir la pose ?


Même si l’on vient de la danse comme moi et que l’on possède certaines qualités physiques, ce n’est pas évident. Au début, je pouvais prendre des poses compliquées, en torsion, difficiles à tenir. Les articulations trinquent. Avec l’expérience j’ai appris à mieux gérer mon temps et mon corps.  Pour éviter de se faire mal, il faut bien se connaitre. La pose la plus difficile que j’ai eu à tenir c’était dans une école : la même pose assise, quinze heures par semaine,  pendant trois mois ! J’avais terriblement mal aux ischions! Les poses longues en positions allongées sont aussi difficiles parfois, car tout le poids du corps repose sur les mêmes points sous l’effet de la gravité. Dans une pose debout, on peut plus facilement réadapter son centre de gravité, même si, sur la durée, ça fait mal à la plante des pieds. Poser nécessite un ancrage, une bonne perception de l’espace, du temps, de la lumière également.

 

Dans quel état d’esprit le modèle pose-t-il ?

 

Il faut une forme d’humilité, c’est un don de soi au profit d’un processus artistique. Il n’y a donc aucun exhibitionnisme dans mon acte. Je dois m’adapter à l’environnement,  ressentir l’ambiance générale. Quand j’entre dans une salle où l’énergie est molle ou électrique, j’ai envie, par ma façon d’être, d’apaiser et d’inspirer les élèves. A la différence de certains modèles plus « comédiens », je n’entre pas dans la peau d’un personnage. Je suis au contraire pleinement moi-même. J’oublie mon intellect pour entrer dans une sorte de cocon méditatif. Mais chaque modèle a son style, sa façon de poser ! Dans la plupart des ateliers, l’univers est bienveillant. En tant que modèle, on est plutôt bichonné. Personnellement, je suis dans l’accompagnement : de même que Socrate, en tant que philosophe, aidait les gens à accoucher de leur esprit, je suis le soutien silencieux et immobile qui aide les gens à accoucher de leur créativité. Ce qui me motive, à la base, c’est l’humain.

 

De façon paradoxale, ce métier, en apparence impudique, a traversé les siècles avec pudeur…


Le monde des ateliers d’art est un peu secret, hors du commun. Pour moi, il existe une éthique derrière l’acte de poser. D’une façon générale, je combats tous les préjugés. Quand je pose, je ne me montre pas. Quand je pose, je suis. Le tabou de la nudité, c’est juste culturel et éducatif. On vient au monde nu, la nudité c’est une chose simple ! Ceux qui considèrent ce métier comme impudique devraient essayer de dessiner d’après modèle vivant. Ils oublieraient vite la nudité. Ce que l’on voit en dessinant, c’est le corps dans l’espace, son architecture, ce sont des directions…

 

Vous parlez d’“espace hors du temps”, d’“instant plus-que-présent”. Êtes-vous portée par une spiritualité particulière ?


Dans un sens, oui. Quand j’ai suivi mon initiation en médecine traditionnelle chinoise (MTC), la pensée taoïste m’est apparue très familière, conforme à mes intuitions. J’y ai retrouvé par exemple l’idée que notre corps est notre propre pays, la correspondance entre les cinq organes et les cinq éléments, celle entre microcosme et macrocosme, la notion de méridien, donc de réseau. Quand je pose, je suis une partie du grand tout. De même que la goutte d’eau contient l’océan, mon corps, c’est le monde. Ma limite, pour adhérer vraiment à la pensée taoïste ou bouddhiste, c’est peut-être la « juste mesure », la « voie du milieu ». Je suis une femme émotionnelle, bien trop passionnée !


Vous avez créé une association de modèles. Pourquoi ?


L’histoire a commencé en 2008 avec la suppression du cornet par la Ville de Paris, qui amputait jusqu’à 20% des revenus à certains modèles. On a alors demandé une revalorisation des salaires, que l’on n’a d’ailleurs obtenu qu’en partie. Les modèles, jusqu’alors isolés, ont commencé à se parler, à se réunir. J’ai ensuite fondé la Coordination des Modèles d’art, une association qui compte pour l’instant une trentaine de membres et un réseau plus étendu de 200 modèles francophones. C’est une association collégiale et nous avons plusieurs pôles d’actions. C’est un espace de réflexion et d’engagement pour définir le modèle d’aujourd’hui, le valoriser et améliorer ses conditions de travail. Nous sommes cinq bénévoles à en assurer le collectif d’administration.

 

Vous venez de réaliser un film sur l’art de la pose. Quand sortira-t-il ?


Le DVD de mon film, Le Modèle vivant déplié, sortira en septembre prochain. En 2012,j’avais déjà publié un livre, À bras-le-corps, qui parle entre autres de mon activité de modèle.  Là, j’ai eu envie d’éclairer ce métier autrement. Il s’agit d’un documentaire d’art qui aborde des thématiques essentielles comme le temps, l’espace, le nu, l’immobilité, l’histoire, l’univers des ateliers… J’ai réalisé six interviews de modèles de profession (trois hommes, trois femmes, de 30 à 70 ans), puis j’ai intégré une dimension plus esthétique de l’image, en y incluant une relation à la pose et à la peau. Je souhaitais re-contextualiser ce métier au sein de l’Histoire et lever le voile de l’ignorance. Que les gens découvrent les valeurs existentielles de cette activité et du processus de création qui l’accompagne.

 

Pensez-vous jouer un rôle dans la sauvegarde des valeurs humaines de notre époque ?


Le rôle de l’artiste est crucial. Je considère que la condition d’artiste constitue en soi une forme de résistance, de contre-pouvoir. Je me suis impliquée dans le combat sociétal par mon travail personnel. J’ai réalisé pas mal de performances et d’installations artistiques, en particulier sur les thématiques de la frontière et de l’exclusion. Aujourd’hui, je reviens au dessin et à la peinture, et mon propos est plus axé sur l’intimité et « l’insularité » de chacun. Ma préoccupation c’est l’être humain avant tout, son épanouissement, sa liberté et son positionnement dans la communauté. Ce qui me motive, c’est finalement la quête du bonheur de chacun… Tous les moyens, tous les médias, sont bons pour prôner ces valeurs.

 

Propos recueillis
par Marlène Eliazord

Source : http://redacsante.blog.lemonde.fr/2017/06/19/quand-je-pose-je-ne-me-montre-pas-je-suis/

Une séance d’exception

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Clocher d’une église vu à partir du quartier italo-canadien appelé « La Petite Italie » à Montréal

Une séance d’exception

Bonjour tout le monde,

J’ai décidé de rédiger quelques articles suite à la réception des photos réalisées par Phylactère à l’occasion de la séance de nu artistique qui a eu lieu lundi dernier,New Image3 c’est-à-dire le 8 août 2016, dans la métropole du Québec qu’est Montréal. Une séance qui m’a fait redécouvrir, et ce en tenant compte de ce que cette formidable photographe m’a dit lors de nos échanges, que ce domaine est pour moi l’un des moyens que j’ai pour à la fois m’ouvrir aux autres et pour m’exprimer. Oui, le verbe peut être une arme redoutable si il est entre de mauvaises mains, mais il peut aussi être un ferment de liberté lorsqu’il est utilisé à bon escient. Il en est ainsi du corps puisqu’il est le vecteur de communication par excellence. Rappelez-vous que l’on ne peut jamais ne pas communiquer avec autrui du simple fait de notre existence corporelle. (1) Nous existons donc nous communiquons qu’on le veuille ou non. C’est aussi simple que deux et deux font quatre.

Que puis-je dire de la séance de nu artistique avec Phylactère? Tout d’abord, j’ai cropped-roland.jpgadoré vivre une telle intimité avec une photographe d’envergure internationale. Une intimité qui m’a permis de transcender les rapports hommes-femmes que l’on préconise dans notre société actuelle. Là où tout doit être aseptisé et où il est plus ou moins interdit de ne dévier ni à gauche, ni à droite des pseudo règles d’égalité imaginaire entre les sexes. Autrement dit, j’ai adoré être authentique et vrai en tout temps.

Il va de soi que le fait d’être capable de poser nu dénote chez le modèle une pleine et entière acceptation de son physique. Une telle acceptation ne peut se réaliser que par New Image1un long cheminement tant spirituel que psychologique. Une spiritualité qui implique une connexion du corps et de l’esprit de sa personne et ce, en dépit des pressions sociales susceptibles de la contrecarrer ou du moins de la ralentir dans son cheminement. Ici, ce qui m’a plu particulièrement durant la séance de nu artistique, c’est le fait que plusieurs atomes crochus nous imbriquèrent l’un à l’autre. Spiritualité, amour de la connaissance, voyages et bien d’autres éléments découverts au fil de nos discussions nous permirent de se rendre compte que bien des sujets nous lièrent l’un à l’autre pendant ladite séance. Serait-ce l’une des pierres angulaires du succès de notre séance? Sans aucun doute!

C’est un fait! J’ai eu une confiance absolue envers cette photographe de renom tant au plan national qu’international. Et pourquoi en aurait-il été autrement? Vous le savez très certainement, j’ai été photographié à maintes reprises depuis ma plus tendre enfance. Ce fut plus souvent qu’autrement pour des causes nobles telle que, à titre d’exemple, pour sensibiliser les gens à être généreux pour la fondation d’une aile pédiatrique au sein d’une institution spécialisée dans la réadaptation des enfants nées avec un handicap physique. Oui, un événement malheureux a tout de même eu lieu dans un lointain passé. Un passé qui me parait être tout à fait inutile de revivre ne fut-ce qu’une seule seconde, selon moi.

New Image44Or, tout a été clair et limpide entre la photographe et votre humble serviteur bien avant notre rencontre. C’est-à-dire de ne jamais mettre l’emphase sur mon handicap physique mais plutôt de tenter d’y trouver sa pleine humanité. Un travail qui se transforma avec la rapidité de l’éclair en un moment de pur plaisir pour votre humble serviteur. Un serviteur comblé par la vie. Et une vie très fertile, riche et variée en expériences diverses. Croyez-moi sur parole !

Plaisir ! Plaisir ! Plaisir ! Voilà les trois objectifs que je m’étais fixé en tout début de notre séance. Plaisir de faire la rencontre de cette artiste au talent extraordinaire. Plaisir de partager avec elle une partie de mon intimité tout en respectant les règles de base de tout comportement adéquat en pareille situation.(2) Plaisir d’attendre de recevoir lesdites photos dans leur résultat final. Un plaisir sans cesse multiplié à l’approche du jour J et où l’apothéose fut à son comble dès leur réception.

En résumé, cette séance a été pour moi une expérience formidable à tous les points de vue. D’une part, cela m’a donné la chance d’approfondir mon cheminement dans ce domaine qui, vous vous en doutez bien, me passionne au plus haut point. D’autre part, connaitre la vision d’un photographe de sexe féminin sur mon corps nu est réellement fort intéressant. Est-il utile de vous rappeler que les femmes occupent une place significative dans le milieu des modèles nus et que les hommes n’y sont guère légion? À cela peut s’ajouter le fait que je sois le seul modèle nu masculin vivant avec un handicap physique dit « apparent » qui a posé entièrement nu pour cette photographe au talent formidable. Savez-vous quoi? J’en suis vraiment heureux.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

(1) C’est du moins ce que j’ai appris lors de ma formation en communication publique à l’université Laval de Québec.
(2) Aucun acte jugé être déplacé ou offensant n’est pas toléré en société? Il en va ainsi lors d’une séance de nu artistique. Point final à la discussion!