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Le retour

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Photo réalisée par Phylactère à l’occasion de la séance photo du 2 décembre 2019

Le retour

(Poème dédié à Victoria)

 

 

Bonsoir ! Bonsoir mon trésor,

Je suis vraiment désolé pour mon retard,

Je t’avais promis de partir pour quelques temps,

Mais la guerre si lointaine en a voulu autrement.

 

Aussitôt arrivé au camp,

On nous a mis à l’entraînement,

Mis aux ordres des pas cadencés donnés,

Plutôt criés par des généraux face à leurs vies désabusés.

 

Une fois rendus obéissants comme il se doit,

Armés jusqu’aux dents et prêts au grand combat,

Nous traversâmes mer houleuse évitant les sous-marins ennemis,

Ces sous-marins tant redoutés par tous les convois amis.

 

Arrivés sur la terre de la divine Albion,

On nous rappela que la force est celle où réside l’union,

Mais pour trouver en moi la vraie flamme du courage,

J’ai pensée à celle que j’aime depuis mon jeune âge.

 

Et par un bon matin d’une journée qu’on ne s’y attendais pas,

On nous ordonna de monter à bord de ces navires de guerre,

Crois-moi ! Je m’en souviens comme si c’était hier.

Ces navires nous amenèrent tout près là-bas.

 

Débarqués sur la plage d’une mer abreuvée de sang,

J’ai vu bien de mes frères d’armes tombés rapidement,

Avançant avec tête baissée tout en maintenant ma fierté,

Car il en allait tant de mon honneur ainsi que de ma loyauté.

 

Aux champs d’honneur, je suis allé sans jamais tomber.

Dans mon foyer, c’est là où je voulais y retourner.

Tu me trouves courageux ? Tu le penses vraiment ?

Devant cette souffrance je devais l’être sûrement.

 

J’ai avec mes confrères libéré bien des pays occupés,

Mais, toi seule occupa toutes mes belles pensées.

La noblesse qui réside dans le coeur du soldat,

Est celle vers qui sa bien-aimée l’emmènera.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Esprit combattant

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Magnifique dessin par mon ami Eri Kel de la France

Esprit combattant

 

Je suis descendant,

Des grands guerriers d’antan,

Fier de coeur et de corps émergés des flammes,

Des flammes de la guerre et amoureux de bien des femmes.

 

Homme avec armes aux poings,

Ne craignant jamais la route de son destin,

Ayant versé son sang pour la liberté de ses terres,

En offrant sa divine semence à son épouse qui devint mère.

 

Courage au fond de moi,

Affrontant de nombreux rois,

Qui voulaient asservir ce peuple qui est le mien,

Avec mes frères d’armes, je les ai rejetés tels des vauriens,

 

Au plus profond des mers, nous les avons pour toujours expédiés,

Au fond des abîmes, nous les avons précipités pour le reste de l’éternité.

En n’épargnant aucun pour servir d’exemples à ceux qui voudraient nous détruire,

Pour ceux qui dans lointain avenir rêveraient de nous effacer et de nous envahir.

 

Je suis de ces hommes fiers,

Fiers de défendre nos pères et mères,

Fiers de protéger nos descendants si innocents,

Fiers de donner une terre préservée de toute souillure à nos enfants.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Insondable regard

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Dessin réalisé par mon ami et collaborateur Eri Kel de la France

 

Insondable regard

 

Dès l’instant de ma conception,

Où père et mère s’aimèrent avec tendre passion,

De leurs gestes de noble sentiment où aucun mot ne peut tout exprimer,

Si ce n’est que par le plus beau verbe de la langue de Molière et c’est celui d’aimer.

 

Puis vint ce jour où je naquis dans ce monde,

Où existent des âmes tantôt heureuses, tantôt moribondes.

Parcourant nombreux pays pour s’y établir ou bien pour s’y enfuir,

Espérant trouver terres propices en soignant plaies secrètes afin d’en guérir.

 

On me regarda avec curiosité dès mes tout premiers pas,

Petits pas devinrent de plus en plus grands avec le temps qui passera,

Où je grandis tellement vite que l’on ne pouvait compter les trois pommes,

Que fredonna avec délice Jean Gabin dans sa chanson où il devenait homme.

 

Tout comme lui, je ne le sais toujours pas avec chagrin.

Quelle est cette question posée dès l’aurore, dès le petit matin ?

Que devrais-je savoir ? Que devrais-je comprendre ? Que devrais-je saisir ?

Quel divin secret dois-je deviner afin de pouvoir jouer l’instrument divin qu’est la lire ?

 

Puis vint le temps d’une douleur vive où je devins prud’homme,

Ce moment où l’on m’enrôla peut-être de gré ou encore de force,

Au sein d’une armée de hardis gaillards et des poilus aux cœurs féroces,

De cette garnison courageuse jetée devant fil-de-fer barbelé face à la Somme.

 

Que de visages ternes ai-je vus !

Que de frères d’armes ai-je secourus !

Toujours suppliant de recevoir derniers sacrements,

Après avoir déposé les armes mais avant de rendre l’âme assurément.

 

Maintenant que je suis devant vous et si vieux,

Et même si mon heure de partir à mon tour n’est pas encore venu,

Je ne peux revenir en arrière afin de prévenir ceux avec qui j’ai combattu.

Ne cherchez donc pas à comprendre cet insondable regard perdu sous de sombres cieux.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Plume noire! Plume blanche!

 

soldat

 

Plume noire! Plume blanche!

 

Sous mes doigts fragiles grugés par les affres du temps,

Se glisse une plume prête à raconter le récit de ma vie.

Une histoire peu banale que je désire partager avec vous mes amis.

Une existence éphémère qui disparaîtra bientôt sous le vent.

 

Quelle plume devrais-je choisir pour vous raconter?

Quelle plume devrais-je apprivoiser pour un tel partage?

Plume noire ou plume blanche pour une histoire qui n’a pas d’âge?

Pour vous léguer mon vécu avant de vous quitter vers l’Éternité.

 

De mes pensées de cette enfance perdue dans mes lointains souvenirs,

Là où résident des magnifiques et tendres sourires.

De mes frivolités de mon innocente jeunesse

Jusqu’à cette soirée d’été où tu as aimé mes suaves caresses.

 

De cette journée où je fus appelé pour défendre la mère-patrie,

Alors que tu m’offris le plus beau des présents en cet être tout petit,

Je partais déjà rejoindre mes frères d’armes combattre l’infâme ennemi.

Et donner à notre enfant, un avenir meilleur de ce que j’ai eu jusqu’ici.

 

Sous le sifflement des balles et les coups assourdissant des mortiers,

Je vous gardais bien au chaud dans mon cœur sans répit.

Souvent nous affrontions le regard de la mort avec dépit,

En remerciant le Ciel, le soir venu, pour être encore vivants et en entiers.

 

Temps de guerre dura qu’un moment et fit place à une paix durement acquise.

Retournant auprès des miens, tu te jetas dans mes bras telle une marquise.

Tu me présentas alors notre unique fils, notre fierté, né de l’union de notre sang.

Il avait la dorure rutilante de tes cheveux et les yeux étincelants de mes parents.

 

Je le vis grandir à tes côtés avec sagesse et grande force,

Devenir un homme digne de ses ancêtres et rempli de promesses pour l’avenir.

Il sera, j’en suis convaincu, épris de liberté et devant l’adversité ne jamais faiblir.

Il ne saura que faire des tyrans à la gueule féroce.

 

Sous mes doigts mièvres soustraits aux plaisirs de la vie petits ou grands,

Se tourne et retourne une plume parée à révéler ce que je ressens pour mon enfant,

Quelle plume devrais-je préférer pour vous avouer candidement?

Que je suis heureux d’avoir versé sur les fronts ma sueur et un peu de mon sang.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Poème composé à la mémoire des combattants de la Grande guerre (1914-1918)