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Il pleut et je pleure

Il pleut et je pleure

Il pleut et je pleure Poème par RollandJr St-Gelais Modèle : JenovaxLilith Photographe : Courtnee Severin Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/rain-on-me-846664591

Il pleut et je pleure

 

Par un matin ensoleillé d’automne,

Je vaquais ici et là en pensant à mon homme,

Enrôlé bon gré mal gré contre un pays si éloigné,

Qu’il m’avait fallu un globe terrestre pour le trouver.

 

Voilà déjà plus d’un an qu’il est parti avec ses frères d’armes,

Fils de mères et de pères ayant à leurs départs verser des larmes.

Courageux du fond de leurs âmes et fiers combattants pour la patrie,

Souhaitant ardemment revenir dans les bras de leurs épouses chéries.

 

Écoutant chaque nouvelle assidument,

Tout en tenant en ma main un chapelet religieusement,

Que m’avait offert grand-mère avec bonté pour testament,

Même si j’ignorais toutes ces prières bien malheureusement.

 

Qu’à cela ne tienne, je le tenais fermement.

Tel un pentacle protecteur un magnifique talisman,

Pendant que j’imaginais un de ces combats décrits à la radio,

Je sentais mon bien-aimé se faire trouer par les balles ennemies sa peau.

 

 Haletant sans cesse ma respiration,

Afin de lui sauver la vie en une spirituelle communion,

Je ressentis à travers mon esprit la vie le quitter dès cet instant,

Avais-je rêvé ? Je le souhaitais plus que tout désespérément.

 

Les jours passèrent comme de raison,

Même si dans le fond de mon cœur j’avais ce pressentiment,

Que le Ciel m’avait préparé à affronter une missive courageusement.

Jusqu’à ce matin d’automne où l’on frappa chez-moi sans trop de façon.

 

Ouvrant la porte à deux visiteurs,

Ressemblant étrangement à des inquisiteurs,

Apportant avec eux nuages sombres et temps si lourd,

Que jamais de ma vie je n’en avais vus de tels jusqu’à ce jour.

 

Journée de soleil se transformant en journée de pluie,

Dès que cette missive j’ouvris de cet émissaire me tendit,

Tournant prestement leurs dos sans m’avoir un seul mot dit.

Dès les toutes premières lignes, j’avais tout saisi et tout compris.

 

J’avais accompagné mon seul amour dans son dernier combat,

Où nous avons eu la chance inouïe qu’il rende l’âme dans mes bras,

Voyant par la fenêtre les cascades tomber du ciel en cette triste heure,

Pendant que mes pensées sont imbibées d’encre noir il pleut et je pleure.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Mon cœur de tristesse

Laissez-le venir
« Mon cœur de tristesse » réalisation photographique par G.B. d’Allemagne Instagram gb62da

Mon cœur de tristesse

 

En ces jours de printemps,

Je tente de prendre tout le temps,

Le temps de ne point m’en faire face à ce désert,

Désert de tous ces gens qui craignent ce virus venant de l’enfer.

 

Bien beau d’entendre ta voix sur le combiné,

La voix de celle qui est à mes yeux ma tendre aimée,

De t’écrire à chaque moment de ces drôles de journées,

Car rien de plus joyeux d’admirer ta beauté en pleine réalité.

 

Mon ultime souhait est d’être près de toi,

Que tu sois collé jour et nuit tout contre moi,

Que je te réchauffe dans le creux de mes bras meurtris,

Meurtris par les horreurs de la guerre vécue au cours de ma vie.

 

Nous nous sommes connus sur le bord de la mer,

Sous un ciel bleu, d’un bleu si pur, d’un bleu si clair.

Tu avais deviné mon désarroi dans mes yeux remplis d’effroi,

Tu avais compris quoi me dire au bon moment au bon endroit.

 

Jour après jour, nous avons appris à nous connaître,

Jour après jour, tu m’as permis tel le Phoenix à renaître.

À renaître des cendres semées par le souvenir de mes êtres chers,

Mes frères d’armes qui sont maintenant libres comme l’air.

 

En ces jours si étranges si bizarres,

Émergeant de cette calamité sans crier gare!

Je ne peux aller te rejoindre pour t’offrir mes caresses,

Pour qu’à mon tour te rassurer, ce qui remplit mon cœur de tristesse.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le retour

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Photo réalisée par Phylactère à l’occasion de la séance photo du 2 décembre 2019

Le retour

(Poème dédié à Victoria)

 

 

Bonsoir ! Bonsoir mon trésor,

Je suis vraiment désolé pour mon retard,

Je t’avais promis de partir pour quelques temps,

Mais la guerre si lointaine en a voulu autrement.

 

Aussitôt arrivé au camp,

On nous a mis à l’entraînement,

Mis aux ordres des pas cadencés donnés,

Plutôt criés par des généraux face à leurs vies désabusés.

 

Une fois rendus obéissants comme il se doit,

Armés jusqu’aux dents et prêts au grand combat,

Nous traversâmes mer houleuse évitant les sous-marins ennemis,

Ces sous-marins tant redoutés par tous les convois amis.

 

Arrivés sur la terre de la divine Albion,

On nous rappela que la force est celle où réside l’union,

Mais pour trouver en moi la vraie flamme du courage,

J’ai pensée à celle que j’aime depuis mon jeune âge.

 

Et par un bon matin d’une journée qu’on ne s’y attendais pas,

On nous ordonna de monter à bord de ces navires de guerre,

Crois-moi ! Je m’en souviens comme si c’était hier.

Ces navires nous amenèrent tout près là-bas.

 

Débarqués sur la plage d’une mer abreuvée de sang,

J’ai vu bien de mes frères d’armes tombés rapidement,

Avançant avec tête baissée tout en maintenant ma fierté,

Car il en allait tant de mon honneur ainsi que de ma loyauté.

 

Aux champs d’honneur, je suis allé sans jamais tomber.

Dans mon foyer, c’est là où je voulais y retourner.

Tu me trouves courageux ? Tu le penses vraiment ?

Devant cette souffrance je devais l’être sûrement.

 

J’ai avec mes confrères libéré bien des pays occupés,

Mais, toi seule occupa toutes mes belles pensées.

La noblesse qui réside dans le coeur du soldat,

Est celle vers qui sa bien-aimée l’emmènera.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Esprit combattant

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Magnifique dessin par mon ami Eri Kel de la France

Esprit combattant

 

Je suis descendant,

Des grands guerriers d’antan,

Fier de coeur et de corps émergés des flammes,

Des flammes de la guerre et amoureux de bien des femmes.

 

Homme avec armes aux poings,

Ne craignant jamais la route de son destin,

Ayant versé son sang pour la liberté de ses terres,

En offrant sa divine semence à son épouse qui devint mère.

 

Courage au fond de moi,

Affrontant de nombreux rois,

Qui voulaient asservir ce peuple qui est le mien,

Avec mes frères d’armes, je les ai rejetés tels des vauriens,

 

Au plus profond des mers, nous les avons pour toujours expédiés,

Au fond des abîmes, nous les avons précipités pour le reste de l’éternité.

En n’épargnant aucun pour servir d’exemples à ceux qui voudraient nous détruire,

Pour ceux qui dans lointain avenir rêveraient de nous effacer et de nous envahir.

 

Je suis de ces hommes fiers,

Fiers de défendre nos pères et mères,

Fiers de protéger nos descendants si innocents,

Fiers de donner une terre préservée de toute souillure à nos enfants.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Insondable regard

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Dessin réalisé par mon ami et collaborateur Eri Kel de la France

 

Insondable regard

 

Dès l’instant de ma conception,

Où père et mère s’aimèrent avec tendre passion,

De leurs gestes de noble sentiment où aucun mot ne peut tout exprimer,

Si ce n’est que par le plus beau verbe de la langue de Molière et c’est celui d’aimer.

 

Puis vint ce jour où je naquis dans ce monde,

Où existent des âmes tantôt heureuses, tantôt moribondes.

Parcourant nombreux pays pour s’y établir ou bien pour s’y enfuir,

Espérant trouver terres propices en soignant plaies secrètes afin d’en guérir.

 

On me regarda avec curiosité dès mes tout premiers pas,

Petits pas devinrent de plus en plus grands avec le temps qui passera,

Où je grandis tellement vite que l’on ne pouvait compter les trois pommes,

Que fredonna avec délice Jean Gabin dans sa chanson où il devenait homme.

 

Tout comme lui, je ne le sais toujours pas avec chagrin.

Quelle est cette question posée dès l’aurore, dès le petit matin ?

Que devrais-je savoir ? Que devrais-je comprendre ? Que devrais-je saisir ?

Quel divin secret dois-je deviner afin de pouvoir jouer l’instrument divin qu’est la lire ?

 

Puis vint le temps d’une douleur vive où je devins prud’homme,

Ce moment où l’on m’enrôla peut-être de gré ou encore de force,

Au sein d’une armée de hardis gaillards et des poilus aux cœurs féroces,

De cette garnison courageuse jetée devant fil-de-fer barbelé face à la Somme.

 

Que de visages ternes ai-je vus !

Que de frères d’armes ai-je secourus !

Toujours suppliant de recevoir derniers sacrements,

Après avoir déposé les armes mais avant de rendre l’âme assurément.

 

Maintenant que je suis devant vous et si vieux,

Et même si mon heure de partir à mon tour n’est pas encore venu,

Je ne peux revenir en arrière afin de prévenir ceux avec qui j’ai combattu.

Ne cherchez donc pas à comprendre cet insondable regard perdu sous de sombres cieux.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada