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Proximité

Proximité
Superbe photo réalisée par James Fraser Voir son site sur https://www.deviantart.com/mtl3

Poème inspiré d’un fait vécu

Proximité

 

Depuis trop longtemps,

J’attendais ce merveilleux instant,

Où toi et moi, nous nous serions enfin retrouvées.

Depuis ce jour où par désespoir nous avons été séparées.

 

À une époque où par fausse pudeur,

Être mère célibataire faisait tellement peur,

De notre si jeune mère telle une criminelle notoire,

Qui alla nous céder tel une offrande à des femmes habillées en noir.

 

Je fus heureusement adoptée,

Par un couple qui chercha une fillette à aimer,

Et qui me prit sous son aile comme leur propre enfant,

En me prodiguant bonne éducation tout en m’aimant tendrement.

 

L’adolescence bientôt venue,

Ma différence avec eux se voyait à l’œil nu.

Différente en dehors mais si semblable en dedans,

Car avec reconnaissance, je les appelais cher papa et chère maman.

 

N’étant ni populaire, ni très fortunés,

Ils m’ont donné un bien que j’ai toujours estimé,

Des études pour un travail par lequel je serai autonome,

Dans une profession par laquelle je ne dépendrai pas d’un homme.

 

Les années se sont écoulées avec pour chacune de nous sa destinée,

Par grande chance, un beau et gentil homme j’ai rencontré,

Et comme il me trouva bien de son goût, il m’a épousée.

Si heureuse, que j’ai avec lui grande famille fondée.

 

Puis un jour, nombreuses questions en mon esprit apparurent.

Questions auxquelles réponses n’étaient point une parure.

 Qui était donc cette femme que je n’avais jamais connue?

Était-elle qu’une futile illusion tombée des nues?

 

Dans les journaux est apparu un avis de recherche,

En souhaitant ardemment voir celle que je cherche,

Bien des laudes et des vêpres allègrement chantèrent,

En accompagnant au Ciel chacune de mes nombreuses prières.

 

Puis, un jour que je ne m’y attendais pas.

Mon vieil téléphone tel un ami de longue date sonna,

Une douce voix de femme m’annonça cette grande nouvelle,

Était-elle celle que je recherchais car elle fut aussi séparée de sa mère si belle.

 

Éloignée de son unique sœur dès sa naissance,

Car on espérait ainsi qu’elles ignoraient l’une de l’autre son existence,

Elle me demanda avec trémolo dans la voix si je voulais bien la rencontrer,

L’instant d’un déjeuner? L’instant d’un dîner? L’instant d’un bon souper?

 

J’ai accepté avec toi de partager un bon repas,

Afin de bien commencer cette rencontre comme il se doit.

Le moment venu, mon cœur palpita tellement j’étais touchée.

De voir celle qui m’a été enlevée, celle que je n’ai jamais près de moi serrée.

 

Mais quelle fut notre surprise lorsque nous nous sommes aperçues en ce lieu,

Que nos prières, telle une seule voix, ont été entendues par les cieux,

Et qu’avec grand étonnement, en se regardant droit dans les yeux,

Que toi et moi, nous avions déjà vécu des moments si heureux.

 

À chaque début de journée de travail nous nous saluons,

À chaque fin de journée de travail chez soi nous retournions

Dans cette usine, où à chaque pause, avec toi j’aimais discuter.

Qui nous aurait dit que malgré notre destin nous vivions une telle proximité?

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Temps de solitude

Temps de solitude

Photo par G.B. d’Allemagne Instagram gb62da et DeviantArt https://www.deviantart.com/gb62da

Temps de solitude

 

Sous un air d’allegro,

Je contemple la neige pure,

Tomber sur le lac au couleur d’azur,

Comme tout est calme et tout est beau.

 

Je revois en pensées,

Cette nuit que nous avons passée,

À nous écouter, à nous explorer et à nous aimer,

Avec des mots d’amour que je t’ai dit ma toute beauté.

 

Déjà nous sommes à quelques jours de ce magnifique Noël,

Un temps de paix, un temps de joie, de chansons et de ribambelles.

Paix aux hommes de bonne volonté ! Dit-on en cette occasion.

Échanges de bons vœux et accolades données à profusion.

 

Mais, comment pourrais-je être réellement heureux?

Comme pourrais-je en ce temps de réjouissance être joyeux?

Alors que je devrais me retirer loin de ton regard et toi du mien,

Ne crois pas que cela me fait plaisir car il en n’est vraiment rien.

 

Qu’il est difficile d’être des amants de nos jours,

De pouvoir avec grande liberté manifester notre amour,

De pouvoir vivre sous les cieux ce que nous sommes en vérité,

Mais voilà pour deux adultères le prix qu’ils doivent hélas payer.

 

Ô solitude ! Triste et lourde solitude !

Que tu es si lourde à supporter et ta main si rude,

De cette liaison immorale, j’en subis toute la servitude.

Immoral, je le suis! Et d’’autant plus grave que jadis j’étais garçon si prude.

 

Mais, je suis entré dans ta vie de femme tel un fantôme.

Et toi dans ma vie d’homme tant par ton charme que ton arôme.

Que je devinais en humant avec prudence ton léger parfum de rose,

Alors que nous prenions l’un à côté de l’autre quelques instants de répit à la pause.

 

En plein été et entre deux cours de dessin au fusain,

De mes dessins, de mes croquis réalisés avec mes mains,

Qui tremblèrent par la crainte indescriptible de ne pas rendre justice,

À la grâce de ton corps témoignant de tes origines aux mille épices.

 

En cette journée de fin d’année

Très loin est de moi l’envie de fêter

Même si je ne sais pas comment ni le dire, ni l’avouer,

Je désire te serrer dans mes bras et de mon amour t’exprimer.

 

De

 

RollandJr St Gelais

Québec (Québec)

Canada

Liens

Liens
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Liens

 

Depuis que je suis née,

Ainsi on m’a élevée, éduquée,

À toujours obéir aux ordres donnés,

Céder aux caprices même ceux que je ne peux nommer.

 

Déjà toute petite,

Je croyais être maudite,

Car au lieu de jouer et de m’amuser,

Je devais sans cesse, encore et toujours travailler.

 

Devenue adolescente,

Cet âge où mon corps pouvait engendrer,

Alors que mon âme est presque celle d’un nouveau-né,

Les maîtres de ma mère me firent connaître aux enfers la descente.

 

En me vendant à un pervers,

À qui je devais en tout temps plaire,

Pour venir en moi, cela ne le gênait guère,

Beau temps, mauvais temps, printemps, été, automne et hiver.

 

Voyant que je ne pouvais lui fournir marchandise à vendre,

Il me vendit à une famille possédant grande propriété,

Sur laquelle je devais récolter le maïs et le blé,

Au-moins, jamais on n’y toucha mon ventre.

 

Je suis devenue aussi forte et robuste qu’un chêne,

Car sous le soleil des champs cultivés, j’ai connu que les chaînes.

Les chaînes mises au corps sont certes très lourdes à supporter,

Mais celles érigées à notre âme sont les plus ardues à briser.

 

J’en parle en connaissance de causes,

Car pour avoir osé élever la voix cette fois,

Pour mettre défendue contre cette unique voie,

Celle de toujours obéir sans prendre aucune pause.

 

Les vigiles m’ont attachée à ce poteau,

Afin d’y recevoir le fouet qui arrachera ma peau,

Jambes écartées et torse nue, j’entends déjà rire ces écorcheurs,

Qu’un ange vient défaire ces liens! Voilà la prière que je fais avec cœur.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Lili pose

Lily pose
Dessin réalisé par Noble Roro de la France

Lili pose

 

Lili pose

Juste pour moi

Juste pour cette fois

Alors que c’est l’heure de la pause

 

Elle a mis une serviette rouge

Autour de sa taille sans qu’elle bouge

Pour cacher son ventre de femme expérimentée

Qui a connu tant d’amants et d’hommes esseulés

 

Femme tellement libérée

Qu’elle a préféré garder sa liberté

Lili la rebelle voilà comment elle est appelée

Depuis ma lointaine jeunesse où je l’ai rencontrée

 

Jeune adolescente, elle ne se laissait pas imposer

Elle aimait s’amuser mais adorait avant tout boxer

Son attitude combattante se cachait un être blessé

Blessé par la vie et par ses rêves souvent brisés

 

Ô ma chère Lili ce que je t’aimais

Te l’avouer, chose que je craignais

Car toi et moi venions de milieux si différents

Que je redoutais ta réponse très certainement

 

De

 

RollandJr St Gelais

Québec (Québec)

Canada

En cette après-midi

En cette après-midi
Photo réalisée par mon ami Joel Pèlerin

En cette après-midi

 

Combien de fois encore aurai-je besoin de le dire?
Sans à avoir à sans cesse et toujours vous le redire?
Que je suis en période de repos en somme une pause,
Quelques minutes où je prends le temps de bien faire cette pose.

 

J’écoute les moindres parcelles de ma peau qui me supplient,
De prendre tout le temps afin de leur accorder un bon répit,
Un doux instant en cette journée d’un automne vraiment grisonnant,
Où je me suis étendue dans le lit cherchant à oublier l’hiver envahissant.

 

Il est presque trois heures déjà et la pénombre de la nuit annonce sa venue,
À la femme nue que je suis, à celle qui chercha refuge en une terre de bienvenue,
Sur une terre étrangère peuplée de gens différents en apparence mais si semblables en vérité,
Des gens qui ont connu ce qu’est l’amour et la douleur tout comme l’espoir devra arriver.

 

En cette après-midi, je demande qu’un peu de temps à me consacrer,
Que je puisse me dorloter, me satisfaire en rêvant à ces hommes qui me font pécher,
En pensées osées, en paroles inaudibles, par actions délicieuses et par omission effrontée.
Il est l’heure de retourner au boulot en ce fin de jour même si bientôt le nuit sera tombée.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada