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Temps modernes

Temps modernes
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Temps modernes

Lorsque j’étais enfant, je voyais le futur de manière fort différente de ce qu’il m’est présenté en ce moment. J’ai bien écrit « qu’il m’est présenté » puisque ma vision de la réalité, de ma réalité, est fort probablement au diapason de ce que plusieurs de mes congénères peuvent découvrir. Autres lieux, autres expériences de la vie, autres valeurs font de nous ce que nous sommes. C’est un fait indéniable.

Certes, je préfère vivre dans les années 2020 que de tenter de survivre à une toute autre époque pas si lointaine dans le passé. En effet, j’ai la chance d’avoir une qualité de vie confortable, d’être entouré de gens sympathiques parmi lesquels se trouvent des amis formidables et de me réaliser dans diverses activités sans oublier la possibilité de communiquer. Bien des gens n’ont pas une telle chance en ce monde. Je le sais trop bien. Voilà pourquoi je n’ai pas l’intention de me plaindre dans cet article.

Ce qui ne m’empêche guère d’être quelque peu soucieux face à tout ce qui se passe actuellement. Des soucis qui se manifestent par une série de questions lesquelles reflètent mes valeurs personnelles basées, est-ce un crime ? sur mon éducation judéo chrétienne inculquée à la fois par ma famille immédiate, les religieux et les religieuses et mes pairs. Des questions qui se résument ainsi : Que sommes-nous devenus? Qu’avons-nous fait pour remettre en question les valeurs qui ont fait de notre société sa force et sa beauté? Tout ce que nos ancêtres ont fait était-il si mauvais, parsemé d’ombre et de noirceur? Pourquoi tenter de perdre les points de repères qui nous a guidé jusqu’à maintenant? Et, l’ultime question, avons-nous besoin de jeter le bébé avec l’eau du bain?

Jeter le bébé avec l’eau du bain. Voilà ce que je peux comprendre face à tout ce qui arrive dans notre monde. À force de vouloir tout changer, tout déconstruire, tout refaire, on risque de se perdre dans le néant. Car, ne l’oublions pas, nous sommes que l’aboutissement de l’histoire en marche, en perpétuel cheminement. Mais, tel un train sur la voie ferrée, aller trop vite risque de nous faire dérailler sur les rails entraînant un résultat aux antipodes au but recherché.

Par ailleurs, une question émerge en mon esprit en rédigeant ces lignes. À qui profitent tous ces mouvements de destruction et de remises en cause de ce qui a fait de notre société ce qu’elle est? Attention! Rien a été parfait dans le passé comme rien ne le sera dans le futur. Cependant, vouloir renier, occulter et détruire les pierres sur lesquelles nous nous sommes édifiés pour les remplacer par un vide sidéral me semble être une aventure périlleuse.

C’est bien beau de parler de modernité, de vouloir faire avancer les choses, mais parfois un peu de retenu est de mise surtout si on désire laisser un futur digne de ce nom à nos descendants. C’est mon humble avis.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

La pierre noire

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Dessin par Eri Kel de la France

 

La pierre noire 

 

Bienvenue mes amis, 

Installez-vous confortablement, 

J’ai pour vous une histoire qui vous glacera le sang, 

Alors, tendez l’oreille et fermez les yeux mes tendres chéris. 

 

Je vivais jadis dans un pays africain, 

Dans un village reculé mais où tous les gens vivaient bien. 

Nous apprécions ce que nous avait offert mère nature, 

Nourriture abondante et rivière à l’eau si pure. 

 

Non loin de nous vivait une dame que l’on surnommait, 

La sorcière qui jetait mille sorts et qui nous tourmentait, 

Une femme aigrie par la vie ayant perdu enfants et mari, 

Tués par l’envahisseur blanc qui convoitait nos terres infinies. 

 

Voyant la peur habitée dans le cœur de mes frères, 

Constatant la crainte dans les yeux de mes congénères, 

J’ai pris la décision folle ou courageuse de m’offrir en tant qu’enfant, 

À cette vieille dame face à la grande solitude souffrant. 

 

Acceptant ma proposition avec gaieté, 

Elle me supplia de rester avec elle jusqu’à ma majorité, 

Voyant la sincérité de son cœur qui ne demandait qu’à être aimé, 

Avec tristesse que famille j’ai quittée et dans ses yeux la joie d’avoir accepté. 

 

Loin d’être méchante elle m’enseigna mille secrets, 

Des plantes médicinales jusqu’aux mélodies apaisantes, 

Pour guérir bien des maux et éloigner les mauvais esprits qui hantent, 

Elle me confia que seuls peuvent aimer les gens ayant leurs âmes en paix. 

 

Puis un jour ou peut-être une nuit, 

Veuillez me pardonner par mon âge un tel oubli, 

Une étrange maladie frappa le village du plus jeunes aux aînés, 

Cherchant un bouc émissaire à un tel fléau vieille sorcière était désignée. 

 

Voyant la foule en colère avancer vers notre demeure, 

J’en sortis pour affronter gens en furie malgré en moi une peur, 

Jurant que mon amie n’était point coupable de leur malheur, 

Et leur demanda d’amener vers moi leurs malades à cette heure. 

 

Concoctant recette secrète que m’enseigna maîtresse, 

Et en donnant à ces gens pour les guérir de leur mal, 

Tout en étant examinée par mon amie en aval, 

Foule conquise par cette bonté fut en liesse. 

 

Peuple qui voulait nous maudire, 

Maintenant ne faisait que de nous bénir, 

C’est alors que la sorcière nous enseigna cette parabole, 

Ô gens de cette contrée, écoutez bien cette sage parole. 

 

Ne rejeter jamais ce qui de vous est différent, 

Car il est comme vous en son âme et en dedans. 

Vous ne saurez jamais ce qu’il fera pour votre bien, 

Jusqu’à combattre à la mort le Vilain. 

 

Elle retira de son cou un mystérieux talisman, 

Un souvenir transmis de mère en fille seulement, 

Une pierre sculptée dans la nuit ! Une pierre noire ! 

C’est ce que je porte à mon cou pour vous ce soir. 

 

De 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Le loup combattant

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Le loup combattant

 

Dans la noirceur de la nuit,
Là où je me cache attendant le moment,
Tapis dans le silence glacial face au firmament,
De surgir afin d’affronter les ennemis de ma patrie.

 

Pas un son ne sortira de moi, Ô hommes!
Jusqu’à l’instant où je hurlerai à mes frères,
De m’accompagner avec fidélité dans cette noble guerre,
C’est alors que je surgirai des profondeurs de l’ombre.

 

De mes crocs acérés,
Avec force je vous déchiquetterai,
De l’aube jusqu’au soir venu en ce pays du nord,
Où nos ancêtres s’y établirent du St-Laurent à Val d’Or.

 

Je suis comme vous, Ô mes congénères.
Fier du sang qui coule dans mes veines que je vénère,
Car famille, travail et patrie furent le lot de nos aïeux,
En brandissant l’étendard honorons leurs noms impérieux.

 

Levons-nous maintenant,
Affrontons ces démons malfaisants,
Surmontons nos peurs devant ce vent,
Nous sommes un seul et même loup combattant.

 

De

 

RollandJr St-Gelais de Québec

Le clown

Le clown
Le clown

Le clown

 

Voici le clown!

Clown de cirque ou clown de la vie?

Voici le clown!

Clown qui vous fait rire pour votre survie.

 

Ce que vous ignoriez ou que vous ne vouliez pas savoir,

Ce clown n’a vraiment pas de quoi rire ou de quoi sourire.

Lui qui voulait seulement bien vivre avant de mourir.

Dans son existence précaire dans un monde si noire.

 

Ce clown est comme bien d’autres de ses congénères,

Qui vivent en meute avec un esprit grégaire.

Il vous sourit quoiqu’il pense ou qu’il ressent.

Il dit bonjour en y allant de ces pas: dix, trente ou bien cent.

 

N’ayez crainte, il ne vous juge pas car il connaît votre douleur.

N’ayez aucun doute, il compatit à vos nombreux l’heurs.

Car c’est-là votre carapace face aux coups du destin,

Vous qui avez préféré des amours sans lendemains.

 

Voici le clown au visage maquillé et au phallus coloré.

Un clown comme tous les autres et encore plus.

Un être humain qui craint toutes ces coutumes et ses us.

Un homme derrière ce masque qui chante en oubliant ses Ré.

 

Mais qui est-il vraiment? Que l’on m’arrache la langue, si je vous mens.

Ce clown est un peu de vous, un peu de moi.

Car derrière ses sourires qui vous mettent en émoi,

Se cachent des larmes plus de peine que de joie au fil des ans.

 

Non, ce clown ne sera pas au temple de la renommée.

Tant mieux car il me serait impossible de le nommer.

Il vit sur toutes les terres et bien au-delà les océans.

Il existera pour bien longtemps et malgré tous les ans.

 

Ce clown qui vous fait rire ne peut qu’en lui pleurer.

Car il voit toutes vos destinées vers le néant s’en aller.

Votre chemin est aussi, croyez-le ou non, le sien.

Voilà pourquoi, il ne veut que votre bien.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada