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Être sceptique

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Être sceptique

Il est bon d’être sceptique face à tout ce qui nous entoure. Je ne dis pas de ne croire en rien mais simplement d’être prudent. Être sceptique nous suscite à se questionner sur certains faits qui nous paraissent soit illogiques, soit trop beaux pour être vrais ou bien qu’il y a anguille sous roche. Cela concerne tous les aspects de la vie.

En effet, nous faisons face à des situations dans lesquelles nous devons tôt ou tard faire des choix. Certains peuvent être plus difficiles à faire que d’autres soit parce que cela nous vient chercher émotionnellement, soit parce que les informations peuvent être insuffisantes mais que le temps est compté pour nous ou pour nos proches. Accepter telle ou telle proposition est certes chose aisée de manière générale surtout si les conséquences négatives sont peu importantes ou quasi inexistantes. Ce qui est loin d’être le cas où la qualité de notre vie immédiate ou future est mise en jeu.

Être sceptique reflète une intelligence chez la personne qui veut bien croire, mais non pas aveuglément même si elle voit le fait exposé devant ses yeux. Un peu à l’image de l’apôtre Thomas qui refusait de croire en ce Jésus ressuscité lequel se tenait debout devant lui à moins de mettre son doigt dans ses plaies. Le Christ lui-même ne l’a pas condamné pour son scepticisme. Bien au contraire! Il l’invita à toucher ses plaies lui permettant ainsi de vivre une expérience que nul disciple n’avait vécue avant lui. C’est-à-dire de toucher le Ressuscité et non pas le voir simplement.

Être sceptique est une preuve indéniable de toute la richesse qui est contenue dans les vertus cardinales que sont la sagesse, la prudence, la tempérance et le courage. En effet, c’est par la sagesse que l’être humain manifestera un certain scepticisme face ce qui verra. C’est aussi par la prudence liée de près au scepticisme qu’il prendra les décisions qui s’imposeront. Mais, c’est également par la tempérance de ses sources d’information, c’est-à-dire de choisir celles qui sont reconnues comme les dignes de mentions, que le sceptique en arrivera à départager les faussetés des vérités. Enfin, il faut avoir une certaine dose de courage pour manifester son scepticisme dans le monde actuel. Un monde où tout semble  être dirigé vers une seule direction qui est celle d’une force obscure.

Vous trouvez que j’exagère? Regardez ce qui arrive depuis les vingt dernières années et surtout faites vos propres recherches, toujours en suivant les quatre vertus cardinales précédemment décrits, et vous constaterez à tel point il est plus que nécessaire d’être sceptique à notre époque.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

 

Quelques larmes

Quelques larmes Poème de RollandJr St-Gelais Photo choisie par Appetive-Soul Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/tumblr-pdm5ufvFVl1tm2gavo1-1280-856415813

Quelques larmes

 

Je suis seule dans cette chambre,

Une chambre remplie de photos à la couleur d’ambre,

J’entends les appels de mes voisines confinées,

Qui sont tout autant que moi isolées.

 

Nous sommes déjà en après-midi,

Il n’y a pas grand-chose à faire aujourd’hui,

À part ces quelques rares magazines à feuilleter,

Qui racontent bien des nouvelles des mois passés.

 

Portant les yeux sur le mur,

Je fixe une photo à la teinte mûre,

Reconnaissant ce temps de pur bonheur,

Loin de cette vieillesse qui constate bien des malheurs.

 

Une photo prise par mon amoureux,

À une époque où en ma mémoire nous étions heureux,

Simplement heureux comme des frivoles jeunes tourtereaux,

Ne vivant que pour faire l’amour en écoutant chanter les oiseaux.

 

 

Sur une plage de sable fin,

Ignorant ce que pouvait être le destin,

Profitant tout simplement du moment présent,

De l’entre-deux guerres et si loin de nos parents.

 

Nous étions amoureux fous,

Quoi de plus normal en ces années vingt?

De ces années folles où tout allait avec joie et entrain,

Avant la crise, avant la guerre, où bien des hommes plièrent genoux.

 

Un seul souvenir il désirait conserver,

De ce temps de folies, de ce temps lumineux,

Où nous marchions bien lentement tous les deux,

Face aux vagues, il me demanda de me déshabiller.

 

Par son regard de tendresse, je ne pouvais refuser.

Prenant alors son appareil, il me fit signe d’avancer.

Vers les vagues qui continuèrent doucement de monter,

Une fois les pieds mouillés, vers lui je me suis retournée.

 

Me souriant de ses belles dents,

Je fis de même sans hésitation assurément.

En un seul clic, il immortalisa cet état de félicité.

Un état que j’aurais aimé vivre pour toute l’éternité.

 

Les jours, les mois et les années ont passé,

La crise et la guerre ont à jamais tout changé,

Enrôlé comme bien des hommes dans les armées,

Il fut lors d’un débarquement par une rafale de balles tué.

 

Mais avant de partir, il me lassa cette photo,

Afin de me rappeler qu’à cette époque tout était beau.

Je ne me suis jamais mariée car pour lui mon cœur était réservé.

Ce qui ne m’a pas empêché de faire ma vie avec grande gaité.

 

Veuillez pardonner à la vieille dame que je suis devenue,

J’aimerais bien me reposer un peu avant le soir venu,

Penser à l’élu de mon cœur mort dans un fait d’armes,

Me fait verser, malgré moi, quelques larmes.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

 

Le sacrifice

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Le sacrifice

(Version officielle)

Prologue

Ne pouvant pas aller voir mon père en cette période de restriction dans nos déplacements, restriction imposée par les autorités gouvernementales face à la pandémie du coronavirus, j’ai décidé d’aller passer une semaine dans un chalet situé dans la belle région de Portneuf. Région située tout près de la belle ville de Québec où je vis depuis plus de 22 ans.

Je m’étais arrangé avec quelques copains pour faire un aller-retour de Québec au chalet où j’allais passer la semaine en vacances. Des vacances bien méritées vu le début d’année difficile par lequel bon nombre de Québécois durent traverser. Être confinés dans nos demeures en plein hiver est loin d’être drôle pour le commun des mortels. Bref, je m’étais préparé pour une semaine qui se devait d’être agréable. Or, contre toute attente, cela n’allait pas être le cas.

Dès mon arrivée, mes copains eurent la gentillesse d’installer tout ce dont j’allais utiliser pour mon séjour dans les pièces mises à ma disposition tel que, à titre d’exemples, mes valises dans ma chambre et mes victuailles dans le garde-manger et la nourriture dans le réfrigérateur. Nourriture préparée à l’avance, vêtements de rechange propres et tout le nécessaire était au rendez-vous.

La première journée se passa sans incident. La piscine et le spa étaient à ma disposition et le soleil me réchauffait allègrement. Que pouvais-je demander de plus? Un bon vin? Être près d’un feu ou bien la présence de deux jolies femmes? Pourquoi pas! Mais, comme l’affirme le dicton : Il faut faire attention à ce que l’on désire car cela peut très bien se réaliser. Ce que j’allais découvrir dans les heures qui suivirent le soir venu.

Ayant pris mon repas du soir peu après le crépuscule, je me détendis auprès d’un bon feu. Buvant avec délice un vin rouge capiteux tout en fumant un joint, chose rarissime dans ma vie, je profita de ce moment de pur bonheur. Ne me doutant point que tout allait basculer de manière inattendue dans les heures qui allaient suivre.

Les douces brebis

Screenshot_20200806-220202M’étant assoupi devant le feu, deux belles jeunes dames vinrent à ma rencontre et me réveillèrent en s’excusant de me déranger. Elles se présentèrent chacune avec un sourire radieux qui illuminèrent leurs visages angéliques. Comment pouvais-je leur en vouloir de m’avoir réveillé en cette première soirée de vacances? Et puis, ma passion pour la beauté féminine était plus que comblée par leur présence. Peut-on me le reprocher?

La première se prénommait Victoria. Une belle grande blonde avec des yeux d’une douceur que je qualifierais de mystérieuse. Son accent particulier me fit comprendre qu’elle était d’origine slave. Fait étonnant puisque les gens d’une telle origine sont loin d’être légion en cette région du Québec. Pour ce qui est de la seconde, elle se présenta sous le prénom d’Eider et semblait, pour sa part, d’origine germanique puisque son accent ressemblait quelque peu à de l’allemand ou à du néerlandais. Il est possible que je me trompe, mais bon.  Un peu moins grande que la première, noiraude mais possédant un regard d’une vivacité fort étonnante tout en ayant un physique trahissant une vie de travail sur les terres. Deux femmes à la fois aux styles différents et complémentaires. Différents mais tout aussi jolis et agréables à regarder. Et, je l’avoue d’emblée, un petit quelque chose me plaisait chez chacun d’elles.

Quoi de mieux qu’une belle discussion sous le ciel étoilé117195660_10157732357622523_7571057464347432306_n (2) en dégustant quelques verres de vin autour d’un foyer pour nouer une relation somme toute amicale, sinon courtoise? Une discussion qui alla prendre un chemin auquel je ne m’y attendais vraiment pas. Un chemin qui alla me précipiter dans un rituel que je croyais faire partie du folklore ou du mythe en cette période où la science, du moins à première vue, a la prédominance sur la superstition. Deux femmes sachant user de leurs charmes pour mieux attendrir un homme en manque d’affection, et ce par un doux baiser accompagné d’un verre de vin dans lequel l’une des deux comparses aurait versé un somnifère. Comme quoi, l’homme est en soi un être bien faible devant l’élégance féminin.

Quelques gorgées de cet élixir suffirent pour amenerScreenshot_20200806-220202 (2) votre humble serviteur dans les bras tendres et réconfortants de Morphée. Dans quel état serais-je réveillé? Que m’arrivera-t-il? Et, le plus important, me réveillerais-je? Et, surtout, qui sont véritablement ses femmes? Étaient-elles si innocentes que je pouvais le croire au début de notre rencontre? Oui, sous une peau de brebis se cache parfois une louve aux dents acérés et à l’imagination pour infliger les pires des souffrances à ses victimes.  C’est ce que j’ai appris à mes dépends à mon réveil.

Les louves se dévoilent

Ne sachant ni où je me trouvais, ni avec qui et, le pire des questions qui venaient en mon esprit, qui j’étais, j’ouvris les yeux avec grande difficulté. Ne distinguant que des ombres qui allèrent et vinrent en tous lieux, je m’aperçois de ma nudité que de manière graduelle au fil du temps où l’élixir perdit de son efficacité.

À vrai dire, j’avais pour seuls vêtements qu’un ensemble de je-ne-sais-quoi. En effet, j’étais entrelacé à la fois par des cordes et un costume sorti tout droit de l’imagination d’un être que l’on pourrait qualifier de totalement pervers. Bref, je ne pouvais à peine bouger et respirer.

Une voix retentit derrière moi. J’ai deviné par l’accent germanique qu’il s’agissait de la grande femme aux cheveux blonds. « Nous sommes ma copine et moi les protectrices de la nature et ce, peu importe l’endroit où nous voyageons. Nous punissons les hommes qui osent, à nos yeux, maltraiter la terre-mère depuis maintenant bon nombre d’années. Mais, jamais, nous ne nous en prenons ni aux femmes, ni aux enfants. Ces premières étant nos sœurs et ces derniers ayant encore l’âme pure de l’innocence. Toutefois, nous ne nous gênons pas pour corriger l’homme qui par hasard se trouve sur notre chemin surtout si ce dernier tire sa fortune de l’exploitation de la forêt. »

« Moi? Tirer fortune de l’exploitation de la forêt? Vous faites une grave erreur. » J’ai eu droit pour seule réponse qu’une série de baffes que je me rappellerai toute ma vie. Si je parviens à me tirer de cette posture, bien entendu.

« Nous allons t’apprendre ce qu’est que de souffrir à en mourir tel que tes semblables et toi faites à mère-nature depuis toujours. Tu serviras d’exemple aux hommes de ce pays. De cette terre que tes ancêtres ont volée aux premières nations. À celles qui, pour une fois, vivaient avec la nature en parfaite communion. » Murmura à mon oreille celle qui, semblait-il, étaient l’instigatrice de ce jeu sordide et cruel.

117242481_304324773976265_7023739626019018469_n (2)C’est alors que dans un geste inattendu, elles me prirent et m’installèrent face à un mur situé près de l’une des portes d’entrée du chalet. Sans dire un mot de plus, un mot de trop, sous l’ordre de l’instigatrice, la cadette empoigna son fouet et me lacéra le haut de mon dos. Un dos qui était à leur merci pour combler leur besoin de me châtier pour un crime que, selon elles, j’ai commis par le simple fait d’être un homme. Un vulgaire homme, de surcroit blanc et chrétien. Coupable de tous les maux de la terre.

Me sachant être à la merci de ces dames à la fois si116587558_2839047452992286_1068193292499587332_n (3) splendides et si féroces, j’en éprouvais de manière assez curieuse et à ma grande surprise un certain plaisir, une certaine jouissance. Était-ce un fantasme inavoué longtemps enfoui au profond de mon subconscient? Étais-je en mon fort intérieur un masochiste qui s’ignorait? Chaque coup de fouet exorcisait-il en moi toute la souffrance accumulée au fil des ans? Comme dit si bien le proverbe : « Dieu seul le sait et le diable s’en doute. » Et puis? L’âme ne cache pas en elle tous les secrets de l’être qu’elle anime? Des secrets qui seraient souvent bien de ne jamais être dévoilés au grand jour.

Encore, encore et encore! Chaque coup me fit prendre conscience de ma fragilité, de mon humanité et du caractère éphémère de mon existence. Une existence qui était tenue entre les mains de mes tortionnaires. Tel un animal devant l’abattoir, je me suis résolu à mon sort. Un sort qui ne dépendait en aucune façon de ma volonté. Une volonté qui allait être mise à rude épreuve dans les heures qui allèrent se poursuivre au sein de ce rituel expiatoire.  Mais d’ici là, advienne que pourra.

Entre les mains de mes tortionnaires

La nuit arrivée à son apogée, mes tortionnaires allumèrent un feu de foyer près de mon chalet. Un feu de foyer paraissant à première vue bien banal n’eut été la présence de signes étranges gravés sur quelques-uns des arbres entourant ce lieu. Un lieu qui devait être au départ un endroit de repos, de quiétude et de pur bonheur. Des signes qui me firent penser à ces époques où les légendes de sorcières pullulèrent sur le vieux-Continent.

Par trois fois, ces mots résonnèrent à travers bois et forêt : “ Mutter Natur! Mutter Erde! Wir stehen vor dir. Nimm diese Opfergabe an, die wir dir als Sühne für unsere Sünden anbieten.

117037698_311716220185671_2894995238239918260_n (3)Laissant entrevoir le pire des cauchemars chez votre humble serviteur. Des mots répétés par les voix à la fois enchanteresses et diaboliques de ces femmes revêtues d’habits d’un autre âge. Rouge et noir pour celle qui allait m’offrir tel un holocauste. Marron et pourpre pour sa servante.  Deux comparses qui savaient si bien manipuler le fouet et le couteau. Instruments de souffrance et de libération. Souffrance pour la chair. Libération pour l’âme.

La servante se dirigea vers moi et me tendit une coupe de vin en m’ordonnant de la boire jusqu’à la dernière goutte. Une coupe de vin dans laquelle elle eut versé au préalable une mixture ayant pour but de rendre chez-moi impossible toute volonté de révolte. Tel un esclave résigné face à son destin, j’avala d’un trait cette potion au goût amer.

« Bien mon esclave ! Tu as obéi à moi grande prêtresse de cette terre et à sa fidèle compagne gardienne des secrets anciens. Tu auras ta récompense le moment venu. Une fois que tu auras de plein gré avoué tes crimes à l’égard de mère-nature, de notre mère sacrée. » Me dit-elle avec un calme déconcertant.

Que devais-je avouer? Lui répondis-je cherchant ma115950034_10157718913677523_6827048223825567104_o respiration avec peine et misère. Qu’à l’instar de l’humanité, j’ai abusé, exploité et détruit les richesses dont mère nature était la seule tributaire? Qu’à la suite de mes semblables j’ai tellement pollué la terre que j’en ai hypothéqué les générations à venir? Que par les guerres et les conflits mondiaux, une quantité incroyable de produits chimiques a été déversée dans des contrées les rendant ainsi invivables pour les populations? Que l’avidité de l’homme a détruit la terre dans ses moindres recoins?

Mais, à bien y penser, elle n’avait pas tout à fait tort. De tous les êtres vivants sur la terre, aucun d’entre eux n’a posé de gestes aussi destructeurs que l’homme. En effet, il sème tôt ou tard la destruction partout où il passe et ce, au détriment de mère nature. L’histoire est remplie d’exemples qui prouvent une telle affirmation.

Étais-je atteint du syndrome de Stockholm? Voilà maintenant que je commençais à raisonner comme mes agresseurs. Jusqu’où mon adhésion à leur philosophie allait m’amener? Étais-je prêt à sacrifier mon corps en guise d’holocauste pour le pardon des péchés de l’homme? Une sensation de folie envahit alors mon esprit.

Le rituel

117037698_311716220185671_2894995238239918260_nLa grande prêtresse s’avança vers moi et me dit : « Tu as enfin compris combien grandes sont tes fautes par le simple fait que tu sois un homme. » Chose étonnante, elle me parla ainsi d’une voix tellement douce que je n’ai pas su comment réagir. De toute façon, je dois reconnaître qu’il m’était impossible de faire quoique ce soit vu la position peu enviable dans laquelle je me trouvais. Ligoté, nu, battu et fouetté tel un supplicié d’une époque que je croyais être révolue depuis longtemps.

Elle tendit à sa comparse un long couteau en lui117037698_311716220185671_2894995238239918260_n (4) ordonnant de faire son devoir. Le saisissant sans discuter, elle vint en ma direction. Son visage caché par un masque que je qualifierais de loufoque dans les circonstances, je vis ses yeux me regardant des pieds à la tête tout en s’arrêtant prestement sur mes parties intimes. Aurais-je été accusé de tous les maux de l’humanité sans celles-ci? Sûrement pas!

Puis sans crier gare, elle se pencha vers mon pied gauche et le sectionna d’un coup sec. Quelle douleur atroce je ressentis dès l’instant où la lame pénétra la chair. Le froid de la lame fit place à la brulure de la chair lacérée de part en part. Toutefois, et à mon plus grand regret, je ne perdis point conscience.

J’ai compris en voyant le sourire machiavélique de la grande prêtresse qu’il ne peut y avoir d’expiation absolue sans une souffrance à la hauteur de mes crimes. Des mes crimes commis par le seul fait que je suis un homme et, de surcroît, blanc, occidental et, comble de l’horreur, chrétien. Me vidant de mon sang, je sentais le peu de mes forces fondre comme la neige au printemps. Voyant mon heure venir, je tendis mon cou à celle qui allait me donner le coup de grâce et qui alla mettre fin à mon agonie.

VictoriaDuhaime 6.pngMon souhait, aussi abominable puisse-t-il être, a été réalisé de manière somme toute rapide. Deux pas vers l’arbre où j’étais attaché suffirent à l’exécutrice pour être près de mon torse. Se penchant avec réserve sur celui-ci, elle saisit mon cou, y appuya avec force la lame et d’un geste rapide comme l’éclair, elle le fit glisser en permettant au peu de sang qui se trouvait encore dans mon corps de gicler au rythme du battement de mon cœur. Un rythme qui alla en diminuant jusqu’à disparaître dans un silence. Un silence issu de la profondeur du néant.

Constatant avec stupeur la rapidité de mon décès, les116916291_298902014502757_8629429313539979300_n deux comparses mirent mon corps, du moins ce qu’il en restait, dans un sac de plastique afin de l’enterrer avant l’aube. L’enterrer aussi profondément que possible afin de pouvoir être au loin lorsque l’on alla remarquer ma disparition. Après tout, cela paraitra étrange pour mes amis et mes connaissances de ne pas recevoir de mes nouvelles de ma part. Moi qui aime bien dire quelques mots sur les réseaux sociaux. Un tel comportement finira bien par alerter quelques-uns d’entre eux.

Cependant, il m’est impossible d’où je suis de savoir ce qui adviendra de la suite des choses. Il fait d’ailleurs si noir et si froid là où je suis. Comment puis-je même affirmer que je suis alors que je ne suis tout simplement plus. Mon âme vague ici et là cherchant un lieu sacré où dormir, entendre une prière pour son repos éternel. Oui, elle sait que ses désirs, les seuls qui lui restent, se concrétiseront un jour ou l’autre. Mais d’ici là, elle a que ce noir et ce froid pour compagnons.

Épilogue

Entouré par cette noirceur glaciale, je vois défiler devant mes yeux le déroulement de ma vie, de mes insouciances et de mes illusions. Une vie en apparence qui était tout à fait ordinaire comme bien des hommes qui vivent sur cette terre.

Vivre? Ce que je donnerai pour sortir de ce lieu et pouvoir vivre, oui j’ai bien écrit vivre, de nouveau. Vivre avec moins d’indifférence à l’égard de tout ce que me donnera mère nature en évitant l’erreur de croire que tout m’est dû par l’idée trompeuse que je suis un homme.

Combien de fois ai-je haussé les épaules en regardant les nouvelles télévisées lorsque l’on y annonça tel ou tel cataclysme écologique en me répétant que cela ne me concernait guère? Oui, cela me concernait et concerne encore plus de nos jours tous les êtres qui liront ce témoignage venu d’outre-tombe.

117305767_1091071384641629_1246651039427814578_n (2)La terre nous en offre tant et nous oublions souvent, trop souvent hélas, comme il est bon d’y vivre. Cessons d’être dupes ! Jamais, nous découvrirons une planète semblable à la nôtre dans tout l’univers. Aucune n’offre autant que celle-ci pour notre bonheur et ce, en demandant en retour qu’un simple respect de notre part.

C’est sur cette terre et seulement sur celle-ci que nos ancêtres y ont vécu et que nos descendants pourront à leur tour y vivre. Or, c’est aux hommes de notre temps que revient la tâche de prendre les choses en mains afin d’en inverser l’ordre. Demain, il sera trop tard. Peut-être l’est-il maintenant?.

Mais en terminant cette missive, je vous exhorte mes amis de prier pour mon âme. J’ai tellement froid dans cette noirceur qui m’entoure. Prier pour moi, je vous le demande. Que je vois enfin la lumière et sa chaleur bienfaisante.

Feu RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Temps modernes

Temps modernes
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Temps modernes

Lorsque j’étais enfant, je voyais le futur de manière fort différente de ce qu’il m’est présenté en ce moment. J’ai bien écrit « qu’il m’est présenté » puisque ma vision de la réalité, de ma réalité, est fort probablement au diapason de ce que plusieurs de mes congénères peuvent découvrir. Autres lieux, autres expériences de la vie, autres valeurs font de nous ce que nous sommes. C’est un fait indéniable.

Certes, je préfère vivre dans les années 2020 que de tenter de survivre à une toute autre époque pas si lointaine dans le passé. En effet, j’ai la chance d’avoir une qualité de vie confortable, d’être entouré de gens sympathiques parmi lesquels se trouvent des amis formidables et de me réaliser dans diverses activités sans oublier la possibilité de communiquer. Bien des gens n’ont pas une telle chance en ce monde. Je le sais trop bien. Voilà pourquoi je n’ai pas l’intention de me plaindre dans cet article.

Ce qui ne m’empêche guère d’être quelque peu soucieux face à tout ce qui se passe actuellement. Des soucis qui se manifestent par une série de questions lesquelles reflètent mes valeurs personnelles basées, est-ce un crime ? sur mon éducation judéo chrétienne inculquée à la fois par ma famille immédiate, les religieux et les religieuses et mes pairs. Des questions qui se résument ainsi : Que sommes-nous devenus? Qu’avons-nous fait pour remettre en question les valeurs qui ont fait de notre société sa force et sa beauté? Tout ce que nos ancêtres ont fait était-il si mauvais, parsemé d’ombre et de noirceur? Pourquoi tenter de perdre les points de repères qui nous a guidé jusqu’à maintenant? Et, l’ultime question, avons-nous besoin de jeter le bébé avec l’eau du bain?

Jeter le bébé avec l’eau du bain. Voilà ce que je peux comprendre face à tout ce qui arrive dans notre monde. À force de vouloir tout changer, tout déconstruire, tout refaire, on risque de se perdre dans le néant. Car, ne l’oublions pas, nous sommes que l’aboutissement de l’histoire en marche, en perpétuel cheminement. Mais, tel un train sur la voie ferrée, aller trop vite risque de nous faire dérailler sur les rails entraînant un résultat aux antipodes au but recherché.

Par ailleurs, une question émerge en mon esprit en rédigeant ces lignes. À qui profitent tous ces mouvements de destruction et de remises en cause de ce qui a fait de notre société ce qu’elle est? Attention! Rien a été parfait dans le passé comme rien ne le sera dans le futur. Cependant, vouloir renier, occulter et détruire les pierres sur lesquelles nous nous sommes édifiés pour les remplacer par un vide sidéral me semble être une aventure périlleuse.

C’est bien beau de parler de modernité, de vouloir faire avancer les choses, mais parfois un peu de retenu est de mise surtout si on désire laisser un futur digne de ce nom à nos descendants. C’est mon humble avis.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Grande harmonie

Grande harmonie
Grande harmonie Critique par RollandJr St-Gelais Photo par Maksim alias mchuprin Source : https://www.deviantart.com/mchuprin/art/5566-846527197

Grande harmonie

Bonjour tout le monde,

J’espère de tout mon cœur que vous allez bien et que la saison estivale se poursuit allègrement selon vos désirs. Pour ma part, tout va pour le mieux et je profite du temps radieux pour me balader dans l’un des plus beaux parcs de la ville de Québec. Quoi de mieux pour se revigorer après ces quelques semaines de confinement?

Ceci n’empêche pas votre humble serviteur de publier des articles dans lesquels la beauté de la nudité artistique est présentée de manière à la fois respectueuse et noble. En effet, le respect et la noblesse sont les éléments de base au sein de mes publications. C’est d’ailleurs pourquoi je tente par tous les moyens mis à ma disposition de trouver l’œuvre, cette œuvre unique, qui à mes yeux mériterait de se retrouver au sein de mon blogue. Il va de soi que je demande toujours la permission de l’auteur avant de procéder à une publication et ce, en tenant compte de ses demandes avenant le cas où il accepte de répondre positivement à ma requête. Il s’agit là d’un respect à l’égard de son travail.

Or, c’est en parcourant le site DeviantArt que j’ai découvert une œuvre photographique tout à fait extraordinaire. En effet, je n’ai pas pu m’empêcher de demander la permission à son auteur d’utiliser celle-ci afin de rédiger un article, sous forme de critique artistique bien que je ne sois pas un critique d’art au sens propre du terme. Enfin bref, j’ai noté trois aspects qui m’ont incité dans mon choix d’écrire le présent article.

En premier lieu, l’angle d’approche d’une telle réalisation. En effet, il est tout à fait original que le modèle nu soit placé entre deux statues évoquant ainsi le côté artistique de cette forme de nudité. Bon ! Je reconnais que la beauté exceptionnelle du modèle en question est un élément important dans la présentation laquelle est, vous en conviendrez, réussie avec brio.

En deuxième lieu, la pose du modèle féminin démontre à la perfection un savoir-faire indéniable. Je dirais même un savoir digne digne des plus grands classiques dans le domaine du nu. En effet, plusieurs éléments corroborent mes propos. Je prends, à titre d’exemples, la manière dont elle se place notamment le bras gauche appuyé délicatement sur la statue, la main qui se laisse pendre dans le vide laissant deviner une maîtrise absolue de la situation, le bras droit qui semble posséder à son tour une telle maîtrise et le corps légèrement tourné et qui laisse admirer, admirer dans le sens de regarder avec admiration et loin de toutes idées malsaines, l’harmonie de sa féminité.

En dernier lieu, il se trouve des éléments qui laisse entrevoir certains clins d’œil face à notre époque. Je pense entre autres à deux éléments précis lesquels ne sont pas si visibles que ça si on n’y prête guère d’attention. Primo, les tatouages sur le corps de ce modèle trahissent l’époque dans laquelle cette femme fort jolie vit. Il est possible que je me trompe dans mes propos mais je ne crois pas qu’il était d’usage que les femmes qui posèrent nues dans les facultés d’arts ou chez des particuliers possédaient des tatouages. Secundo, le port du masque, qui est très joli soi-dit en passant, est-il un clin d’œil à ce qui se passe actuellement dans la grande majorité des pays? En effet, c’est la question que je me suis posé dès que je l’ai vu. Toutefois, et c’est là un point positif, un tel port a donné un cachet particulier au résultat final. J’ignore qui en a eu l’idée mais je le félicite d’y avoir pensé.

En résumé, une telle réalisation photographique mérite bien d’avoir un article le concernant non seulement pour l’excellence de cette présentation mais aussi pour l’agencement entre d’une part, le corps modèle et d’autre part, le cadre ambiant. Excellent travail !

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada