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Avant d’en arriver là

Avant d’en arriver là Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par VW1956 Source : https://www.deviantart.com/vw1956/art/another-place-945724937

Avant d’en arriver là

 

Je suis allé me promener,

Dans un cimetière, au risque vous déplaire.

Au beau milieu d’une nuit éclairée par une lune souriante.

Ce qui peut vous paraître une chose tout à fait surprenante.

 

À dire vrai, je me posais mille questions,

À propos de la vie pour éviter de perdre sa raison.

Quoi de plus propice qu’un tel endroit pour comprendre ?

Ce que nous attendons de notre existence sans nous y méprendre ?

 

Combien de ces gens ont-ils cherché l’amour en vain ?

Quel nombre parmi eux a eu la chance de boire du bon vin ?

Alors que d’autres se contentèrent du peu que leur offrait la destinée.

Cuillère de bois, ou argentée, peut tanguer l’équilibre du nouveau-né.

 

J’entends le vent souffler dans la cime des feuillus.

Et qui me fait penser à la respiration de ces chers disparus.

De ces inconnus qui jalonnèrent les rues de tant de villes peuplées,

D’individus qui occupent des emplois souvent mal payés.

 

Je perçois les murmures de ceux qui avaient tant de rêves à accomplir.

Des projets merveilleux qu’ils n’ont pas pu réaliser avant de partir.

D’autres ont fait des exploits formidables dans un silence absolu.

Des riches et des pauvres qui sont désormais, de leur état, dépourvu.

 

J’observe les arbres qui couvrent les pierres tombales de leurs ramures.

Ils les protègent contre l’usure du temps avec une volonté si pure.

Car, il n’y a rien de plus terrible en ce monde voué à la matérialité.

Que d’assister à l’érosion de toutes les formes de spiritualité.

 

Je distingue des mots d’amour qui n’ont jamais été dits,

 Par ces âmes alors qu’elles avaient l’opportunité d’être en vie.

Pourtant, n’est-ce pas ce qui donne aux humains un motif d’exister ?

Quelle tristesse de voir que tant de peuples se sont entretués !

 

Je lis les noms inscrits sur les sépultures,

De ces témoins qui ignorent la crainte de notre futur.

 Ont-ils pu embrasser les êtres qui étaient chers à leurs yeux ?

Est-ce important de le savoir alors qu’ils furent rappelés par les cieux ?

 

Quelle leçon ai-je apprise en cette période d’obscurité ?

Qu’il est impératif de vivre dans la lumière en toute vérité !

Voilà pourquoi mon cœur exulte dès que l’aurore est devant moi.

Ne craignons donc pas de dire notre amour avant d’en arriver là.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le soleil m’aime

Le soleil m’aime Poème de RollandJr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/The-sun-loves-me-919251786

Le soleil m’aime

 

Aujourd’hui,

Un homme m’a dit,

Que j’avais l’air d’être heureux,

Je lui ai répondu en le regardant dans les yeux.

 

Que si cette journée est ma dernière,

Que je passerai en être libre sur cette terre,

Je ferai en sorte de toujours garder le sourire,

C’est bien ma plus grande raison de vivre.

 

Pourquoi rêver d’être riche comme Crésus ?

Il faut voir les choses avec un esprit juste.

Apprendre à se contenter de ce que l’on a.

Notre futur, jamais rien, on ne le saura.

 

Avoir la chance de serrer dans ses bras.

Les êtres chers qui en secret furent là.

Ces gens qui ont jalonné notre vie,

Qui ont agrémenté notre jardin fleuri.

 

Pourquoi se tourner inlassablement vers le passé ?

Alors qu’il nous suffit de discerner le sentier illuminé.

Qui nous invite à le découvrir en chantant un refrain joyeux.

Oui, le soleil m’aime, je sais bien à tel point je suis chanceux.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Un monde paradoxal

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Un monde paradoxal

 

Bonjour mon ami.

Écoute-moi, je t’en prie.

J’ai quelque chose à te dire.

Un secret qui me fait tellement languir.

 

Crois-moi, j’ai longuement réfléchi.

À tout ce que je vois maintenant dans cette vie.

Je n’aurais jamais cru que cela aurait pu se produire.

J’éprouve tellement de douleur que j’en ai perdu le goût de vivre.

 

Devrais-je adresser une prière à un saint, à un ange ou même à Dieu ?

Je suis loin d’avoir au plus profond de moi un cœur dévolu et pieux.

Tant de questions demeurent en suspense telles des gouttes d’eau.

Que s’est-il passé en ce monde, que je croyais en mon âme, si beau ?

 

Une multitude de gens ont tant voulu la paix pour tous les humains.

Tant d’êtres chers ont sacrifié leur belle jeunesse. Mais, en vain !

Tant de fois, j’ouvre la télévision pour ne voir qu’un tragique destin.

Un monde qui pleure sur leurs rêves brisés, submergé par tant de chagrin.

 

Quel monde paradoxal situé entre le rêve et la réalité !

Tant de gens souffrant de la faim ou ayant mangé à satiété.

Quelle perte de temps entre les luttes pour le respect et les défaites !

Tant de gens exploités par des riches à croire que les choses sont ainsi faites.

 

Ce que j’aimerais vivre l’époque de mes parents.

Je les voyais rêver d’un avenir meilleur dès le soleil levant.

Ils m’ont conçue d’une passion véritable dès l’astre se couchant.

En échangeant des gestes d’affection qui les transportaient dans le vent.

 

Mais, quel monde paradoxal dans lequel je tente de survivre !

Il y a tant de gens à la recherche de l’amour, qui ne cessent de souffrir.

Quel monde cruel dans lequel je cherche sans arrêt la sortie !

Aide-moi, mon ami ! Où est-elle ? Dis-moi ! Je t’en supplie !

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Un simple sourire aurait suffi

Un simple sourire aurait suffi Peinture de Maryse Veysseyre Poème de Rolland Jr St-Gelais

Un simple sourire aurait suffi

 

Je me souviens d’un tramway,

Que chaque jour, je prenais.

Pour aller à mon boulot,

Le matin assez tôt.

 

Un jour, j’y ai vu un vieillard.

Un homme au visage ravagé par la misère,

Qui avait jadis tant aimé père et mère et ses frères,

Des êtres qui lui étaient chers lentement effacés de sa mémoire.

 

 

Il ne disait point un mot et ne dérangeait pas trop,

Assis bien sagement, il regardait les gens de ses yeux si beaux.

Cherchant quelqu’un avec qui échanger sans vouloir l’importuner,

Il offrit son sourire à l’âme qui le lui aurait rendu avec bonté.

 

 

Il n’a jamais demandé la charité,

Même s’il vivait dans une grande précarité.

Les gens, à ses sourires, répondirent avec indifférence.

Voilà l’un de mes plus vieux souvenirs de ma belle France.

 

 

Les jours, les semaines, les mois et les années

Sans répit, ni relâche, ont inlassablement passé.

Et puis, un jour, sans crier gare, il a subitement disparu.

C’est en lisant le journal du soir qu’une photo de lui, j’ai vue.

 

 

Dans la rubrique de la nécrologie,

Homme qui avait combattu pour la mère-patrie,

Homme qui pour son courage avait été maintes fois décoré,

Mais que ses souffrances lui avaient enlevé la possibilité de parler.

 

 

Je me souviens par un matin où j’allais travailler,

Il m’avait fait un sourire avec ses yeux émerveillés,

Un sourire que malheureusement je ne lui ai pas rendu,

Croyez-moi les amis ! Comme en cet instant je m’en suis voulu.

 

 

De

 

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Masque improvisé

Masque improvisé poème de RollandJr St-Gelais Photo de Gfriedberg Source: https://www.deviantart.com/gfriedberg/art/Improvised-mask-863352583

Masque improvisé

 

Quelle époque vivons-nous?

Où pour survivre nous devons être à genoux,

Où pour exister, il faut savoir bien se camoufler.

Où pour survivre contre vent et marée, on doit se dissimuler.

 

On nous oblige à porter un masque pour nous protéger,

Mais, pour ne pas être jugés, un masque nous devons en porter.

On a simplement ajouté un masque d’étoffe sur notre masque de chair,

Un masque qui nous coupe de nos frères et nos sœurs et de tous nos pairs.

 

Que reste-t-il de la pure vérité?

Que reste-t-il de notre authenticité?

Dans ce monde où tout doit être aseptisé,

Dans ce monde où toute accolade est à jamais condamnée.

 

On a remplacé les poignées de mains,

Par des rendez-vous virtuels sans lendemains,

On a remplacé les relations intimes par des écrans cathodiques,

Usant nos mains à faire cet acte tant jugé par la morale catholique.

 

Vous trouvez vraiment qu’en écrivant ceci j’exagère?

Ne croyiez-vous pas plutôt que nous sommes en guerre?

Contre un ennemi peut-être plus imaginaire que réel,

Car avant cette pandémie, on ne savait que faire des dames vieilles.

 

De ces hommes abandonnés à leur triste sort,

Que l’on avait entreposé en attendant leur mort,

Mais, il a suffi d’un tout petit être invisible à l’œil nu,

Pour que de nos illusions édifiées, nous en tombions des nues.

 

De ces illusions où tout allait bien,

Dans ce monde qui n’est pourtant pas si lointain.

Mais par un étrange virus venant de l’Empire du Milieu,

Nous a fait saisir comme par magie que tout n’allait pas pour le mieux.

 

Que nos masques de chair nous firent perdre la réalité,

Que pour nos êtres si chers, tout n’était pas que beauté,

Après avoir affronté de la mer du destin vagues fortes et bourrasques,

Nous les avons placés en portant sur notre conscience un beau masque.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada