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Les masques

Les masques Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Samo 19 Source : https://www.deviantart.com/samo19/art/Masks-three-924805113

Les masques

 

Dans l’ensemble de toutes nos vies,

De ces « hier » comme les « aujourd’hui »,

Comme le sera certainement demain,

Et, très probablement, le destin.

 

Nous avons tôt ou tard porté un masque.

Afin de prévenir de notre futur ses frasques.

C’est souvent pour une question de pudeur,

Que nous cachons nos frayeurs et nos douleurs.

 

La société est, qu’on le veuille ou non, ainsi faite,

Que nous fuyons allègrement les images de défaite,

Mais, nous glorifions les réussites des géants de ce monde.

Même si, pour y parvenir, ils commirent des gestes immondes.

 

Ne nous y trompons pas ! Chacun porte son déguisement.

En effet, pour subsister, y faut savoir user de discernement.

Ce n’est guère faire preuve d’hypocrisie d’agir de la sorte.

Tant d’âmes innocentes ont agi autrement et en sont mortes.

 

Mais, il peut arriver à l’occasion d’être authentique.

Et d’arrêter de se raconter mille histoires épiques.

Être franc et honnête avec soi-même,

C’est là seulement que l’on s’aime.

 

Certes, il y a tant de loups près de la bergerie.

Mais, que cela ne nous empêche pas d’apprécier la vie.

L’essentiel est d’être heureux et bien dans sa peau.

Et de découvrir de ce monde ce qu’il a de beau.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Tirons les rideaux

Tirons les rideaux Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Samo19 Modèles Ana & Belem Source : https://www.deviantart.com/samo19/art/Pulling-the-courtain-921285575

Tirons les rideaux

 

Le spectacle est terminé,

Le public s’est bien amusé,

Il est maintenant plus que temps,

De faire les choses bien autrement.

 

Nous avons tellement dansé,

Pour égayer cette chaude soirée,

Nous avons retiré nos vêtements,

Avec un plaisir effréné et lentement.

 

Quelle belle exhibition que nous avons faite,

Devant cet auditoire sans jamais céder la défaite,

Les hommes rêveront à nos charmes dans leurs couches,

Et leurs épouses essaieront d’imiter les gestes de nos bouches.

 

La vie est qu’une mosaïque de songes, de désillusions,

Sur lesquelles se construit la dure réalité face aux émotions.

Maintenant que cette foule a quitté ces sinistres lieux,

C’est à nous de pécher sous le regard des cieux.

 

Tu es si magnifique ! Ne bouge surtout pas.

Tu ressembles à une gravure du kamasoutra.

Reste comme tu es, car tout en toi est si beau.

Prenons notre temps et tirons les rideaux.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Fantasmes

Fantasme Poème par Rolland Jr St-Gelais Photo par Joel Pèlerin Source : https://www.deviantart.com/charmeurindien/art/Phantasm-663531188

Fantasmes

 

Par une nuit étoilée,

Jolie femme, j’ai rencontré.

Dans sa demeure pour connaître mon avenir.

Je sais bien mes amis que cela vous fait sourire.

 

Mais, devant tant de mauvaises nouvelles qui sont télédiffusées.

Je voulais savoir mon futur et de mes inquiétudes les apaiser.

Elle attendait depuis longtemps en ce lieu mystérieux ma venue.

Une fois que je suis entré, elle me souhaita la bienvenue.

 

Par un chaste baiser et une boisson d’une recette secrète.

Par son insistance à garder le silence, j’ai reconnu ma défaite.

Elle me demanda de penser à ce qui me préoccupe.

Il allait de soi que j’étais sur mes gardes, car je ne suis pas dupe.

 

Alors que je savourais sa concoction délicieuse.

Elle a sorti de nulle part une boule de cristal mystérieuse.

« Écoute mon ami, je vois dans ma boule toutes tes pensées. »

« Ne résiste pas, mon beau ! Laisse-toi, par mes paroles, embraser. »

 

Sentant en mon corps, un engourdissement, l’envahir.

Résister était inutile, car le combattre me faisait souffrir.

Mon âme se retira de ma chair pour rejoindre celle de mon hôtesse.

Dans cette boule magique où elle m’y attendait telle une déesse.

 

Était-ce le fruit de mon imagination fébrile ?

De me retrouver en cet endroit où tout brille.

Quelle fantaisie extraordinaire de sentir son haleine !

Qui de sa chaleur réchauffait de ma verge chacune de ses veines.

 

« Écoute bien ce que je te dis, mon beau. »

« Tu seras demain à ton réveil un homme nouveau. »

Et de son savoir-faire, elle me guida dans le labyrinthe de la luxure.

Je n’avais jamais eu de ma vie autant de pensées si belles et si impures.

 

Nos corps entremêlés par une frénésie endiablée.

Nous avons atteint le plaisir par une passion effrénée.

Était-ce une chimère, une vision ou bien une folie passagère ?

Le résultat de mes obsessions refoulées par les menaces de guerre ?

 

« Attends à ton réveil ! » Elle m’a dit au creux de mon oreille.

De sa voix suave sortie de ses lèvres à la douceur du miel.

Lorsqu’elle planta ses dents dans mon cou avec puissance.

Je ne fis que constater face à une telle ardeur mon impuissance.

 

Puis, tout à coup, j’ouvris enfin les yeux.

En ma chambre régnait un silence mystérieux.

Me levant péniblement, je suis allé dans la salle de bain.

Pour y faire, devant le miroir, mes ablutions comme chaque matin.

 

J’ai porté alors mon regard vers le col de ma robe de chambre.

Un filet de sang avait séché laissant une marque de couleur ambre.

J’ai levé mes yeux embués encore une fois vers le miroir.

Un événement si étonnant que j’ai eu peine à croire.

 

Ma robe de chambre tomba subitement sur le plancher.

Alors que mon corps charnel bien lentement commençait à s’effacer.

Je me souvenais des paroles de ma défunte mère sur la luxure et ses tentations.

Que les plaisirs sans retenue de la chair peuvent entraîner l’âme vers sa perdition !

 

Oui, c’est vrai ! Je suis devenu un homme nouveau.

Mais, par ma faute, je ne verrai plus ce monde si beau.

À trop désirer, croyez-moi, on peut tout perdre de la vie.

Alors, pensez à sauver vos âmes. Mes amis, je vous en supplie.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La mère supérieure

La mère supérieure Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Rasmus-art Source : https://www.deviantart.com/rasmus-art/art/Touched-II-675918961

La mère supérieure

 

En cette journée,

Si belle et ensoleillée.

Je suis allé me confesser.

De mes mignons et tendres péchés.

 

Dans leur couvent magnifique.

Des nonnes aux doigts si féeriques.

M’ont accueilli avec leur beauté angélique.

Je saisis vite que cette confession sera fantastique.

 

Je suis arrivé à l’heure convenue.

Car être en retard en ce lieu est mal vu.

Aussitôt arrivé, la mère supérieure m’a dévêtu.

Mon intimité était, à elle et sa consœur, ainsi nue.

 

Pour une confession exemplaire, un bain chaud s’imposait.

Mère supérieure de cette tâche avec pieuse joie, s’en occupait.

Avec un soin monastique, mes parties intimes, elle rasait.

Aucun poil de cette zone, avec grande minutie, elle ne laissait.

 

Quand tout fut, à ses yeux, impeccable.

Elle essuya mon corps de manière si appréciable.

Que j’aie eu, bien malgré moi, une érection formidable.

Mais, du fait de son expérience, ce fut là, une erreur pardonnable.

 

Elle m’habilla de la tête aux pieds.

En prévision de ce moment si sacré.

Vers le confessionnal, nous nous sommes dirigés.

Pour que devant sa consœur, mes péchés soient avoués.

 

Quoi de mieux, de plus beau, de plus humble et de plus mignon ?

Le fait de caresser les pieds à mère supérieure pendant la confession.

Alors qu’un encens brûle, tel un cantique chanté à l’unisson.

Une telle quiétude apaise mon âme tel un nourrisson.

  

Après avoir lentement embrassé,

De la mère supérieure, ses jolis pieds.

Vers le lieu expiatoire, nous sommes allés.

Pour y recevoir une correction physique méritée.

 

Par un amour pur et fraternel,

Elle me sauva des flammes éternelles.

En corrigeant avec minutie ma faiblesse charnelle.

En cet instant si précieux, je vis comme elle était belle.

 

Le vénérable Bède disait : « aucune confession n’est parfaite.

Si le pécheur n’avoue guère en son fort intérieure sa défaite. »

En ma bouche ouverte, une récompense divine coula de la nymphette.

Un vin de messe allait soutenir devant les futures tentations mon âme imparfaite.

 

Ô, mère supérieure ! Mille fois merci d’avoir sauvé en ce lieu béni mon âme.

De l’avoir sauvée des griffes du diable, de l’enfer et de ses éternelles flammes.

Heureuses, êtes-vous les nonnes, d’être au sein de la création des femmes.

Même si c’est Dieu que je dois adorer, c’est avant tout vous que j’aime.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Marie Antoinette

Marie Antoinette poème par Rolland Jr St-Gelais Photo par WanderlustBoudoir Modèle : JenovaxLilith Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/Marie-Antoinette-898649094

Marie Antoinette

 

Il sera bientôt la nuit,

Je ferme les yeux et je souris,

Car une dame m’accompagnera,

Dans mes rêves et je lui ouvrirai les bras.

 

Ces bras si courts qui avec douceur la rapprocheront,

De mon cœur solitaire qui lui chantera une chanson.

Un refrain rempli de tant d’espoir avant que disparaisse le soir,

Mon âme, éprise par tant de beauté, fera face alors au désespoir.

 

Je ne veux pas de richesse ni gloires ni succès.

Mon seul désir est de reconquérir celle que j’aimais,

Avant de disparaître dans l’abîme de l’oubli que je redoutais,

Que je m’engloutisse dans le sable mouvant du passé à jamais !

 

Je revois ma bien-aimée entourée par la beauté,

De ces fleurs cueillies dans mon jardin immaculé.

Qui l’enveloppe de leur parfum si enivrant,

D’un arôme qui la caresse si tendrement.

 

Je revois mon amour éclairé par trois chandelles,

Qui divulgue à mes yeux épuisés comme elle est si belle.

Quel crime ai-je commis pour qu’elle ne soit plus dans ma vie?

Répondez-moi, je vous prie, car, au plus profond de moi, je suis détruit.

 

Ô ma belle Marie Antoinette,

Dites-moi, quelle est donc la raison de cette défaite?

Qui vous a éloignée de celui qui était prêt à tout vous donner.

Qui était prêt, par amour pour vous, à tout sacrifier, à tout partager.

 

Maintenant, je ferme les yeux afin de ne plus jamais les ouvrir.

Car, sans votre présence à mes côtés, je ne peux plus vivre.

Enfin, c’est l’heure pour moi de partir pour toujours.

Mais, pour vous, je préserverai tout mon amour.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada