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Un aspect historique peu développé

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Cacher ce sexe que je ne saurais voir

Un aspect historique peu développé

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. De mon côté, c’est sous une canicule incroyable que je parcours le web à la recherche de sujets susceptibles d’être repris, avec mention des sources, au sein de mon blogue artistique. Une telle recherche est utile pour deux aspects précis.

En premier lieu, rendre ce blogue aussi intéressant que possible en lui accordant une diversité dans ses publications. En second lieu, il s’agit aussi d’une question d’opportunité puisque de tels articles sur la nudité artistique ne sont pas légion en ce monde. Ce qui est déplorable tenant-compte de toute la pornographie qui pollue le web. Comme quoi la noblesse est chose de plus en plus rare en ce monde où le mal a remplacé le bien et la médiocrité prit la place de l’excellence.

Une telle réflexion m’est venue à l’esprit en lisant ce texte dont le sujet est, je l’écris avec un petit sourire aux lèvres, la vision du pénis dans l’art de la Grèce antique. Une Grèce qui a influencé de manière sans équivoque le monde occidental en lui inculquant ses plus belles lettres de noblesse. Une influence qui a aussi une importance plus que considérable dans l’élaboration de la théologie catholique laquelle demeure la pierre angulaire de toutes doctrines chrétiennes dignes de ce nom.

Je vous souhaite une agréable lecture.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Pourquoi les héros des statues grecques ont-ils un si petit pénis ?

Par Marion Guyonvarch 

Source : https://www.beauxarts.com/grand-format/pourquoi-les-heros-des-statues-grecques-ont-ils-un-si-petit-penis/

Ce n’est pas la taille qui compte, certes. Il n’empêche que le contraste entre les corps musclés des héros grecs et leurs attributs nous a intrigués. Enquête, parmi les feuilles de vignes, sur une question bien plus profonde qu’il n’y paraît.

Ne mentez pas, vous vous êtes forcément déjà posé cette question. Alors que tous ces magnifiques éphèbes sculptés dans le marbre affichent une musculature impressionnante et des abdominaux en béton, alors qu’ils sont l’image même du corps parfait et de la virilité dans toute sa splendeur, ils ont tous un petit sexe (en tout cas plus petit que la moyenne). Oui tous : que ce soit le Kouros de Kroisos, qui date de l’époque archaïque vers –540, ou le Diadumène du sculpteur Polyclète réalisé au Ve siècle, les statues grecques – et leurs cousines romaines qui les ont prises pour modèle – sont invariablement dotées d’un petit zizi qui semble bien ridicule en comparaison avec leur stature d’Apollon. Aucune n’échappe à la règle. Mais pourquoi diable cette particularité physique ? Les Grecs avaient-ils alors un plus petit sexe qu’aujourd’hui ? Non, évidemment.

La réponse à cet étrange phénomène est bien plus simple : ces statues ne font qu’exprimer sous une forme idéalisée les canons de beauté de leur époque. Dans la civilisation grecque, la nudité est célébrée. « Elle est à la fois héroïque et athlétique », résume Flavien Villard, doctorant en histoire grecque à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et spécialiste des questions de sexualité dans la Grèce antique. Les Grecs font beaucoup de sport, s’entraînent nus, concourent nus. Le fait de se couvrir pour faire du sport est même vu comme une forme de barbarie. Les statues de nus, qui ne sont pas exposées dans les maisons mais en extérieur, ont vocation à célébrer ce culte du corps. « Elles montrent le corps masculin dans toute sa force et sa puissance », confirme Flavien Villard.

Le corps de ces statues est donc sublimé, idéalisé… quitte à tricher un peu ! « Si l’on observe attentivement ces sculptures, on voit par exemple qu’il y a plus d’abdominaux ou moins de côtes que dans l’anatomie réelle, poursuit Flavien Villard. C’est un corps idéal, pas réel qui est représenté. Pour le sexe, c’est la même chose, il est volontairement de plus petite taille que la moyenne et au repos. » Le petit zizi fait donc partie intégrante de l’idéal esthétique de l’époque.

Petit mais costaud

Ce goût pour les petits pénis s’explique par la vision qu’ont les Grecs de la virilité. Dans la civilisation grecque, l’homme doit être rationnel, intelligent, contrôlé, capable de dépasser son animalité. Il est la raison qui domine le désir. « Or, un pénis imposant est vu comme l’indice d’une sexualité exacerbée, d’une personnalité tournée vers le sexe, incapable de contrôler ses pulsions, raconte Flavien Villard. Pour les Grecs, cette frénésie sexuelle, cette dimension animale est un attribut féminin. L’homme, au contraire, doit être dans la maîtrise de soi. » Un sexe au repos, de petite taille, est donc le signe visible qu’on contrôle ses émotions et ses pulsions. Qu’on est un homme, un vrai, civilisé, rationnel, gouverné par son intelligence et sa sagesse et capable de s’investir pour la Cité.

À l’inverse, les gros pénis en érection – ceux-là même que notre société érigent en symbole de la puissance virile aujourd’hui – sont alors réservés aux satyres, aux créatures animales, aux barbares, aux esclaves… Bref, à tous ceux qui ne sont pas civilisés et sont gouvernés par la folie et la luxure.

Pour résumer, un petit pénis est un signe d’intelligence, de contrôle de soi et de virilité. Le dramaturge Aristophane le dit d’ailleurs sans ambages au Ve siècle avant J.-C. dans sa pièce Les Nuées : « Si tu fais ce que je te dis, et si tu y appliques ton intelligence, tu auras toujours la poitrine grasse, le teint clair, les épaules larges, la langue courte, les fesses charnues, le pénis petit. Mais si tu t’attaches à ceux du jour, tu auras tout de suite le teint pâle, les épaules petites, la poitrine resserrée, la langue longue, les fesses petites, les parties fortes, des décrets à n’en plus finir. »

Cet idéal du petit sexe va survivre aux Grecs. Exporté chez les Romains, on le retrouve ensuite à la Renaissance, quand les artistes remettent les canons de l’Antiquité au goût du jour et se réapproprient la nudité (qui avait quasiment disparue au Moyen Âge). Le célèbre David de Michel-Ange, réalisé au tout début du XVIe siècle, a lui aussi un tout petit zizi… Mais même riquiqui, pas question pour l’Église d’accepter de voir les sexes exposés. À partir de 1530, elle oblige à recouvrir d’un voile de pudeur – des feuilles de figuier ou de vigne, déjà utilisées au Moyen Âge dans certaines représentations d’Adam et Ève – les parties génitales des statues et des nus dans les tableaux. Cachez ce (petit) sexe que je ne saurais voir… 

Pour mes amis-es de la France

Pour mes amis-es de la France

Source : https://www.ladepeche.fr/article/2018/06/14/2817473-rare-dans-le-nord-est-un-atelier-modele-vivant.html 

Contact : arts.plastiques.lunion@gmail.com 

Rare dans le Nord-Est : un atelier modèle vivant

Arts plastiques

L’Association d’Arts plastiques de L’Union (AAPU) compte environ 200 adhérents qui participent aux différents ateliers, conférences, salons proposés. Parmi tous les ateliers, un est quasi unique dans le Nord-Est toulousain (au moins sous sa forme associative), il s’agit de l’atelier de «dessin de modèle vivant». Il est animé par Alain Guichard, artiste peintre, ancien professeur d’arts plastiques et vice-président de l’AAPU. Il a lieu un lundi sur deux au manoir de la Belle Hotesse.

Les modèles qui posent nus, viennent de Toulouse et posent également à l’école des Beaux-arts. Une douzaine se succède tout le long de l’année, dont deux hommes. C’est cette diversité qu’apprécie Catherine qui a plusieurs années de dessins de nu comme expérience, ainsi que «la qualité des locaux, le fait que l’on soit peu nombreux». Il y a aussi pour elle et les autres dessinateurs le fait qu’ «on est libre, on respecte chacun dans sa technique, on peut se confronter les uns les autres avec sa propre personnalité».

201806141785-fullL’animateur y est apprécié également pour son tact, ses conseils non dogmatiques car «il capte le côté artistique de chacun». Les cours commencent toujours par des poses de 5 minutes, pour se chauffer la main, au libre choix des modèles, puis on passe à 10 minutes, pour terminer sur 2 poses de 15 à 20 minutes qui permettent parfois un dessin plus abouti. La présidente de l’AAPU, Odette Paulhiac souhaite préserver cet atelier unique mais elle doit aussi s’assurer de son équilibre financier car «il faut payer le modèle qui vient de Toulouse, et pour cela il doit y avoir au moins 10 participants à l’atelier». Pour les participants actuels, il n’y a aucun doute, ils seront de nouveau là à la rentrée de septembre.

Sursaut d’énergie

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Dessin réalisé par mon ami Eri Kel de la France

« Sursaut d’énergie »

Un des nombreux chef-d’oeuvres de Eri Kel
Chef-d’oeuvre qui me fait plaisir de partager avec vous.
RollandJr St-Gelais de Québec

P.S. J’aime la représentation des courbes qui illustre bien l’énergie féminine qui transcende cette nudité à la fois noble et simple . Très intéressant ! Bravo !

Un diaporama des œuvres à Mont-Tremblant

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Un diaporama des œuvres à Mont-Tremblant

Bonjour tout le monde,

Comme j’ai précédemment affirmé dans l’article intitulé  » Un diaporama de la séance à la Factrie « , je désire réaliser en cette journée du 2 mars de réaliser trois séries de diaporama de mes prestations lors des séances de nudité artistique qui eurent lieu d’une part, au petit atelier situé à Shawinigan communément appelé  » La Factrie  » et, d’autre part, à Mont-Tremblant lequel fut réalisé le 25 février dernier.

Voici donc le deuxième diaporama qui montre de manière fort originale les dessins réalisés par les artistes présents à la séance vécue à Mont-Tremblant. Je souhaite de tout mon cœur que ce diaporama vous plaira comme il m’a plu de collaborer en tant que modèle vivant dans la création de ces petits chef-d’œuvres.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Elle adore.

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En offrande à Laeti Tya

 

Bonjour tout le monde,

C’est avec plaisir que je retransmets les propos d’une admiratrice européenne qui suit assidûment mon blogue artistique. Je tiens à la remercier chaleureusement pour son appui à ma passion. Ce dessin lui est dédié avec un profond respect.

Signé : RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

 » J’adore! On te reconnait. Par de beaux traits de crayons, on te perçoit bien. Je trouve que les dessins te ressemblent et font ressortir la profondeur de sombre de toi-même. Et par le crayon, par l’appui et en chaque représentation que j’ai pu voir, je te reconnais. C’est simplement magnifique avec ce pleins de ressentis à la fois sur le modèle et le dessinateur sans oublier l’image du résultat ! Bref, j’aime beaucoup et tu devrais plus en afficher car tout y est propre! Super et voilà …….. un talent partagé entre artiste , j’y vois ! « 

Signé : Laeti Tya de la France

Un bref aperçu

Un bref aperçu

Bonjour tout le monde,

J’espère de tout mon cœur que vous allez bien. Pour ma part, je dois avouer que ma surprise est grande ce matin puisque il m’est assez difficile de réaliser que nous sommes déjà le 1er mars. En effet, un nouveau mois commence. Ce qui signifie que d’une part, l’hiver tire à sa fin laissant entrevoir les premiers signes du printemps. Bon ! Avouons-le ! La coupe est encore loin des lèvres. Cependant, le temps d’ensoleillement rallonge petit à petit et le froid se fait de moins en moins ressentir.

20180225_110845Sous un autre ordre d’idée, j’ai décidé de vous présenter une courte vidéo réalisée lors de ma séance de nudité artistique qui a eu lieu à Mont-Tremblant dans la belle région des Laurentides. Une telle vidéo démontre de manière claire et précise tout le calme qui doit régner lors d’une telle séance. Cela est un pré requis pour la bonne marche du travail tant celui des artistes présents que celui du modèle vivant. En effet, un tel calme a pour but ultime la pleine concentration des participants à un tel atelier.

Force est d’admettre qu’un tel calme peut, dans le cadre d’un cours en arts, être interrompu par les directives du professeur en charge de la classe. Toutefois, et j’en parle par expérience, le sérieux est  présent tant chez les étudiants en arts que chez les artistes professionnels ou amateurs. Certes, le plaisir est aussi une modalité à ne jamais négliger dans ce domaine. Souvenons-nous que sans un certain plaisir dans ce que nous faisons, la raison même de le faire en est fortement ébranlée.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Dreamer by Ozzy Osbourne (Le rêveur)

 

Dreamer by Ozzy Osbourne

 

Gazing through the window at the world outside
Wondering will Mother Earth survive
Hoping that mankind will stop abusing her, sometime
After all there’s only just the two of us

 

And here we are still fighting for our lives
Watching all of history repeat itself, time after time
I’m just a dreamer, I dream my life away
I’m just a dreamer, who dreams of better days

 

I watch the sun go down like everyone of us
I’m hoping that the dawn will bring a sign
A better place for those who will come after us, this time
I’m just a dreamer, I dream my life away oh yeah

 

I’m just a dreamer, who dreams of better days
Your higher power maybe God or Jesus Christ
It doesn’t really matter much to me
Without each others help there ain’t no hope for us
I’m living in a dream of fantasy, oh yeah yeah yeah!

 

If only we could all just find serenity
It would be nice if we could live as one
When will all this anger, hate and bigotry be gone?

 

I’m just a dreamer, I dream my life away (today)
I’m just a dreamer, who dreams of better days (okay)
I’m just a dreamer, who’s searching for the way (today)
I’m just a dreamer, dreaming my life away (oh yeah yeah yeah)

 

Paroliers : Jonathan Edwards / Ian Jones / Rachel Jones
Paroles de Dreamer © Sony/ATV Music Publishing LLC, Universal Music Publishing Group

Il m’arrive parfois …

Il m’arrive parfois …

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, la vie est magnifique. En effet, j’ai eu la chance de rencontrer une personne formidable ici même à Québec qui s’est beaucoup intéressée à ma passion en tant que modèle vivant pour des écoles d’art et des ateliers un peu partout dans la belle province de Québec. Toutefois, ce qui m’a énormément surpris c’est que cette même personne connait depuis plusieurs années certaines religieuses qui se sont occupées de votre humble serviteur lorsqu’il fut placé dans une institution pour enfants déficients intellectuels dès sa naissance. Or, il a eu l’amabilité de parler à l’une d’entre elles, et dès qu’il lui décrivit ma situation elle m’a reconnu sans même qu’il lui eut fallu me nommer. Comme quoi, je n’ai vraiment guère laisser indifférent grand monde. Je le prends comme un petit velours, en toute modestie.

Sous un autre ordre d’idée, il me fait grandement plaisir de partager avec vous cette magnifique interprétation de danse nue sous un air musical de l’illustre Vivaldie. En ce qui me concerne, c’est réellement un petit chef d’œuvre non seulement pour la trame musicale mais également pour la danse, faite avec brio, par la modèle nue. C’est en découvrant une telle vidéo artistique que je peux enfin dire, et même redire, que la profession de modèle nu possède ses lettres de noblesse. Des lettres de noblesse qu’elle devra préserver de toutes souillures non seulement pour aujourd’hui, mais aussi pour les temps à venir. Bref, il m’arrive parfois de découvrir de telles œuvres pour mon plaisir et pour le vôtre.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le couple …

 

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Dessin par E.S. Hermet Modèles : Elena et Bertrand

 

 

« Le couple … »
« Couple d’amoureux ? Couple d’amants ou d’amis ? »
Par E.S. Hermet Modèles : Elena et Bertrand
Un véritable chef-d’oeuvre
Chef-d’oeuvre qui me fait plaisir de partager avec vous.
RollandJr St-Gelais de Québec

Une belle trouvaille

Une belle trouvaille :

Ils sont modèles vivants, et nous racontent : « La nudité donne de la puissance »

Par Chloé Pilorget-Rezzouk

Source : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180115.OBS0618/ils-sont-modeles-vivants-et-nous-racontent-la-nudite-donne-de-la-puissance.html

Dans le murmure des ateliers, ils offrent leur corps nu aux fusains, crayons et pastels des artistes ou étudiants en art. Paroles de modèles vivants.

Un jour, un croquis a attiré notre attention. Le modèle, une femme aux cheveux blonds flamboyants, portait sur son corps nu un simple manteau rouge tombant sur ses jambes. Une forme de puissance se dégageait de l’ensemble. On s’est demandé qui était ce modèle vivant : on aurait bien aimé le retrouver, lui poser des tas de questions.
Il suffit de lancer le sujet autour d’une table pour aiguiser la curiosité, susciter une foule d’interrogations d’apparence triviale, mais qui trahissent bien l’aura de mystère, de fascination et d’incompréhension qui enveloppe souvent le modèle vivant : « Ça ne te gêne pas de te mettre nu(e) devant tout le monde ? » ; « C’est facile comme boulot, non ? »

Coups de froid, douleurs articulaires et musculaires… Prendre – et tenir – la pose n’est en réalité pas si simple. En 2008 et en 2014, les modèles vivants avaient manifesté pour faire entendre que poser nu était un « vrai métier », demander la reconnaissance de leur statut et une amélioration de leurs conditions de travail. Professionnels ou occasionnels, ils sont aujourd’hui payés de 20 à 30 euros de l’heure.

Il y a, comme dans tout corps de métier, des modèles courus plus que d’autres, des « stars » du milieu. Il y a d’ailleurs des « bons » et des « mauvais » modèles. Comprendre des plus inspirants que d’autres. Car pour ce qui est de l’art de la pose, l’enjeu ne réside pas tant dans la beauté du corps que dans le don d’une énergie, d’une créativité – celle de proposer, d’inventer des mouvements répondant aux besoins de l’artiste.

Dans « les Yeux nus » publié en 2016, Claire de Colombel, artiste et modèle, écrivait :
« Tant que le corps devant nous ne tremble ni ne transpire, on ne se dit pas que ce qu’il vit est éprouvant. Du modèle, on se demande juste parfois ce qui lui passe par la tête. A quoi tu penses quand tu poses ? »
On leur a soufflé la question, entre autres. Paroles de modèles vivants, d’habitude fort silencieux.

Maria : « Ma façon d’être modèle est très politique »
Maria Clark, 49 ans, 1,68 m, 58 kg. Artiste-plasticienne, et modèle vivant depuis 26.

Comment j’ai eu envie de faire ça

« La première fois, c’était pour mon compagnon peintre. J’avais 23 ans. Mais mes premières poses nues en école, c’était en 1997 aux Ateliers beaux-arts de Paris. C’est par la danse contemporaine que je suis arrivée à la pose. Depuis, j’ai toujours mené en parallèle mon activité de modèle et mon activité d’artiste.

Ce que je gagne
Pendant dix ans, j’ai été modèle professionnelle. Je posais entre 30 et 35 heures par semaine, une journée type se composant de deux séances de trois heures. Je gagnais environ 20.000 euros par an, avec un complément d’allocation chômage.

L’avantage, c’est d’abord une grande souplesse de planning et la chance de pouvoir choisir avec qui on travaille. Gagner ma vie ainsi m’a permis de rester libre pour mes projets artistiques. Au fil des ans, le corps trinque un peu. J’ai décidé de ralentir le rythme pour me consacrer à mon travail personnel.

Moi et mon corps
Je suis quelqu’un de tonique. Je me sens incarnée, engagée physiquement dans mon rapport au monde ; ça me plaît. Mon corps, c’est mon outil de travail, car j’ai également une activité de performeuse.
Je l’ai toujours considéré avec bienveillance. Bien sûr, il y a des parties que je préfère comme mon cou, mes épaules, et d’autres qui me plaisent moins, comme mes fesses.
Je me sens assez libre avec la nudité. Mais en dehors de la sellette, je ne me balade pas nue dans l’atelier. Je serais mal à l’aise. La nudité, c’est mon costume, un habit de peau. On pourrait croire que le modèle nu est vulnérable, mais c’est tout l’inverse : la nudité donne de la puissance.

Quand je suis en séance
16392383Pour m’imprégner de l’ambiance de l’atelier, j’arrive en avance. Derrière le paravent, j’enfile mon kimono de travail avant de l’ôter, une fois sur l’estrade.
Une, cinq, dix, 45 minutes… Je me renseigne sur les temps de pose, car on ne tient pas les mêmes postures en fonction du temps. La douleur vient se nicher dans différents endroits, selon la pose et son mouvement. Il ne faut pas se faire mal ! Le modèle possède une certaine fierté : il ne veut pas bouger, et tenir. Je me souviens d’un travail dans un atelier de dessin : pendant trois mois, quinze heures par semaine, je devais tenir la même pose assise. Au long cours, cette position est devenue douloureuse, les points d’appui finissent par faire souffrir. Je ne le referai plus. Lors des intermèdes de quinze minutes, j’enchaîne quelques étirements. Pour permettre aux muscles et aux articulations de respirer, j’effectue des micro-mouvements intérieurs pendant la pose. Un modèle qui souffre est tendu, et les élèves le sentent.
Durant la pose, je me concentre sur ma respiration, c’est un état proche de la méditation. Je peux passer 45 minutes sans penser à rien. Si les poses sont rapides, alors je pense à la suivante juste avant de changer.
Selon les cours, on est libre de proposer des poses inventives ou amusantes. Une fois, j’ai mis ma tête dans un seau ; une autre, j’ai utilisé des branchages, car la thématique proposée par l’enseignant était la forêt.

Ce que ça m’apporte
J’ai accueilli la pose comme une démarche philosophique qui nous questionne dans16392407 notre rapport au vivant, à ce que l’on est. Quand je pose, je suis Maria, avec mes spécificités ; mais j’incarne aussi, avec humilité, une représentation de l’humanité. Ma façon d’être modèle est politique ; ce qui me plaît dans la pose, c’est que par ma présence, les élèves et artistes peuvent s’épanouir. Je pense que l’art est un espace dans lequel chacun peut devenir qui il est. Or, je crois que c’est par l’épanouissement individuel qu’une société peut aller mieux.

Le regard des autres
J’ai tellement posé pendant dix ans que l’atelier est devenu mon terreau social ! J’oublie que cela peut encore choquer ou étonner les gens d’être nu. Cela plaisait moyennement à mes parents, je crois. Peut-être une peur du qu’en-dira-t-on… Mais ils ont fini par accepter, car j’ai développé, au fil des ans, une pensée artistique et engagée autour de cette activité. »

Christophe : « C’est magique de se voir dessiné par d’autres »
Christophe, 53 ans, 1,75 m, 58 kg. Consultant en environnement, modèle occasionnel depuis cinq ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Je ne suis pas devenu modèle par hasard. Ma mère était étudiante aux Beaux-Arts de Lyon, à la fin des années 1950. A l’époque, les cours de nus n’étaient pas mixtes. Parfois, il arrivait alors que les élèves prennent la place du modèle. Dans le carton à dessins de ma mère, on trouve ainsi à la fois des croquis qu’elle a réalisés et d’autres où c’est elle qui apparaît. Ça m’a marqué. Il y a toujours eu une sensibilité artistique dans la famille, dont j’ai hérité puisque je peins un peu à l’aquarelle.

Ce que je gagne
Avant je posais une journée par mois, ça représentait presque un treizième mois sur l’année. Mais depuis cet été, j’ai perdu mon emploi. Je me suis donné pour objectif d’en vivre. Pour l’instant, je gagne environ 500 euros par mois, en posant par-ci par-là. Je commence à être connu localement, mais il faut faire face à la concurrence, il y a beaucoup de modèles.

Moi et mon corps
J’ai un physique assez mince, plutôt apprécié dans les cours ou ateliers, car mes muscles sont bien dessinés. J’ai toujours fait attention à mon alimentation et, lorsque j’étais plus jeune, je pratiquais énormément de sport de plein air. Je ne pense pas être particulièrement beau, mais je suis bien dans mon corps. Petit, j’ai fait du naturisme avec mes parents.

Quand je suis en séance
Il faut trouver des poses confortables, du moins pas trop en déséquilibre. J’essaie16392311 d’avoir au moins trois points d’appui différents pour pouvoir basculer discrètement de l’un à l’autre afin de détendre un peu les muscles et faire circuler le sang. En plein hiver, c’est assez dur : il n’est pas rare d’avoir froid, malgré le chauffage. Dès que la pause survient, j’enfile mon peignoir. Je ne pose pas toujours à poil. Je viens parfois avec un chapeau, et même avec des vêtements originaux pour les cours de croquis de personnages. Un pantalon à motif écossais ou rayé permet aux élèves de travailler le pli des vêtements en plus du mouvement du corps. Ce que ça m’apporte
Je trouve cela magique de se voir dessiné par les autres, même si cela n’est pas toujours très fidèle. J’aime particulièrement lorsque les élèves sont peu nombreux et crayonnent par terre, à mes pieds, près de la sellette. C’est génial parce que je peux voir le dessin se construire au fur et à mesure.

Le regard des autres
En en discutant avec mes amis, j’ai découvert que l’une de mes copines avait envisagé de le faire quand était étudiante pour gagner un peu sa vie. Plus j’en parle, plus j’ai l’impression que ça choque de moins en moins. »

Sheraz : « Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien »
Sheraz, 38 ans, 1,62 m, 56 kg. Travailleuse sociale, modèle vivant occasionnel depuis bientôt trois ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Depuis très jeune, je dessine des nus d’après des reproductions ou mon imagination. Je trouve ça très beau, le nu. Il y a quelque chose de gracieux, d’inspirant. J’ai toujours beaucoup admiré les modèles. L’idée venait, partait, revenait… Je me répétais : ‘Quand je serai prête.’ À 36 ans, j’ai eu le déclic : ‘Faut que je fasse les trucs dont j’ai envie, sinon je vais le regretter.’ J’ai répondu à des annonces d’artistes indépendants. C’est comme ça que j’ai commencé.

Ce que je gagne
Je ne pose pas à temps plein, ça reste de l’ordre du plaisir. Le mois où j’ai touché le plus, j’ai empoché 300 euros.

Moi et mon corps
Poser nue ne me pose pas de problème, mais je n’irai jamais sur une plage naturiste ou me mettre « topless ». En séance, je me dis parfois que j’ai un peu de ventre, qu’il faut que je fasse gaffe pour être plus à l’aise devant les autres. En fait, les gens ne sont pas là-dedans. Entre mes 15-20 ans, j’étais très forte. Puis, je me suis affinée. Devenir modèle m’a permis de me percevoir autrement, de renouer avec un côté féminin. Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien, ça valorise. On me dit que je suis harmonieuse, que je dégage de la sensualité. Avant, je me voyais moins.

Quand je suis en séance
À chaque fois, j’ai le trac. J’espère inspirer. Dès le moment où l’artiste pose ses yeux16392309 sur moi, l’appréhension s’en va. Au début, j’avais besoin d’être guidée pour les poses. Il y en a certaines à ne pas faire : à genoux sur les orteils repliés, les bras levés au-dessus de la tête… Ça fait trop mal. Quand je pose, j’essaie de penser à autre chose. Je me remémore de bons moments pour ne pas penser, justement, au fait que je ne dois pas bouger. La douleur passe et revient, mais il faut tenir. En atelier, je n’écarte jamais les jambes. Ça ne se fait pas trop. Je me le suis permis seulement avec deux artistes, je me sentais à l’aise. Certains peuvent être un peu dans la séduction. Une fois, j’ai senti le regard changer : il devenait lubrique, pervers. J’ai lâché de manière ferme : ‘Ta façon de me regarder, ça ne va pas être possible.’ Au fond, j’avais hyper peur. Je suis partie.

Ce que ça m’apporte
Le fait d’être passée de l’autre côté, c’est fort. En entrant dans l’atelier d’un artiste, j’entre dans son monde. Chacun a son univers : ça m’a ouvert à des styles ou des œuvres que je ne voyais pas auparavant. Et puis, une sorte de co-création s’opère, alors qu’en regardant un tableau on ne pense pas forcément au modèle derrière.

Le regard des autres
C’est un peu compliqué avec les hommes. Le dernier, il fallait toujours que je le rassure sur la façon dont ça s’était passé. Beaucoup ne comprennent pas que le désir est sublimé par l’art, qu’on n’est pas dans une démarche de drague. ‘C’est obligé que le mec ait envie de toi’, me disent certains. En fait, je n’en parle pas, pas même à mes amis. Quand je vais poser, c’est mon moment, mon espace à moi. »