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Par un bon matin

Par un bon matin Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Pajunen Source : https://www.deviantart.com/pajunen/art/May-914942263

Par un bon matin

 

En ce temps-là, nous pouvions aimer.

Toutes les femmes que nous admirions.

Que nos regards portaient jusqu’à la vénération.

Être un homme authentique était loin d’être un péché.

 

Nous ne nous posions jamais mille questions.

Pas de réseaux sociaux peuplés de gens asociaux.

Qui ont plaisir à juger ceux qui font quoi de beau.

La vie, avec sa simplicité et sa beauté, nous la vivions.

 

Nous prenions les journées comme elles venaient.

Un jour mauvais ? Ce sera mieux demain ! Voilà le secret.

On se disait, avec raison, à quoi bon craindre mille regrets.

On s’arrangeait comme l’on pouvait avec ce que l’on avait.

 

Il y avait certes des reportages sur les conflits armés.

Mais, on savait fort bien quoi faire pour s’en défaire.

On éteignait la télévision et on partait prendre de l’air.

Aujourd’hui, on a les cellulaires pour être à l’affût de l’actualité.

 

Ne vous demandez pas pourquoi tant de gens marchent au Ritalin.

Tout porte à croire qu’il est interdit d’être simplement heureux.

Pourtant, les mers font encore de belles vagues sous le ciel bleu.

Et que tout soit possible si nous prenions entre nos mains notre destin.

 

Reviendra-t-il un jour, ce temps de l’amour sans chagrin ?

Cet âge où nous nous baladions dans le jardin de l’innocence.

En ce temps-là, il était permis respecter le droit au silence.

Je rêve tant me réveiller dans cette époque par un bon matin.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Il se sentait comme porté par la dame des mers

Il se sentait comme porter par la dame des mers Poème de Rolland Jr St-Gelais Dessin par Noble Roro de la France

Il se sentait comme porté par la dame des mers

 

Par un beau matin d’été,

Parti à la mer, il s’en est allé.

Maître à bord de son chalutier,

Il leva l’ancre pour rejoindre vent et marée.

 

Pêcheur de génération en génération,

Il avait entendu ces contes, ces légendes à profusion.

Des récits de navires fantômes naviguant sur les voies de perdition.

Des âmes égarées emportées par une mer déchaînée par une malédiction.

 

Il a jeté ancre et filet à l’endroit d’une pêche abondante, il a espéré.

En bon chrétien, il fit en premier une prière afin de tout mal être préservé.

En cette mer de Normandie, le temps passa inlassablement sous le soleil ardent.

En son cœur, il pensa à son épouse tant aimée qui lui avait donné de beaux enfants.

 

Des nuages sombres comme une nuit sans lune se formèrent sournoisement.

Des nuages gorgés de pluie vers son embarcation avancèrent implacablement.

Les vagues grossissaient sans cesse et à vue d’œil immanquablement.

En l’esprit de cet humble pécheur, une peur l’envahit prestement.

 

Le vent se lança sans pitié vers son chalutier.

Que pouvait-il, en cette mer survoltée, bien espérer?

Que pouvait-il faire, pour cette mer déchaînée, la calmer?

Quel saint devait-il invoquer face à une telle fureur en être protéger?

 

Il se sentait comme porté par la dame des mers.

Il se rappelait alors une prière que lui avait enseignée sa mère.

Une sainte femme comme bien d’autres en sa Normandie si chère.

Une incantation si forte qu’elle peut précipiter le diable lui-même en enfer.

 

« Ô Dame des mers! Tu as été façonnée par la volonté de Dieu. »

« Ô Dame des mers! Tu ne peux point faire tout ce que tu veux. »

« Ô Dame des mers! Obéis à cette incantation venue des cieux »

« Calme ta furie! Je t’en conjure par les saints et les bienheureux. »

 

« Ô Dame des mers! Par le Précieux Sang du Christ-Roi, fais silence. »

« Ô Dame des mers! Par l’épée de l’archange Michel, je t’ordonne de faire pénitence. »

« Ô Dame des mers! Par les saints de la Normandie, écoute cette remontrance. »

« Ne crains-tu pas la colère de Dieu, qui envers ces créatures, a tant de patience? »

 

Aussitôt cette prière prononcée,

Une mer d’huile remplaça cette mer jadis agitée.

La dame des mers avait obéi à ces paroles si sacrées.

Une prière que lui avait enseignée sa défunte mère bien-aimée.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

À la plage

À la plage Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/Ba3fa415f2f7-897431597

À la plage

 

À la plage,

Nous étions allés,

Par une belle journée,

Sous un ciel sans l’ombre d’un nuage.

 

Un jour de vacances,

Loin des cités et de leur vacarme,

Sous le soleil vint l’occasion d’admirer son charme,

Et d’entendre le vent murmurer des mots de romance.

 

Ayant les idées un peu coquines,

J’avais lancé le ballon loin sur les vagues,

Car, chaque fois que je voyais sa silhouette, je divague.

Comment aurais-je pu faire autrement devant ces lignes si fines?

 

J’ai profité de cette occasion,

Pour en cet instant précis la photographier,

Car, ce moment de bonheur, je voulais l’immortaliser.

Le perpétuer, puisqu’un jour je serai vieux comme de raison.

 

En effet, bien malgré nous la vie nous a séparés,

Elle poursuivit des études alors que je fus sous les drapeaux,

Elle a fait carrière en médecine pour soulager sur la terre bien des maux,

De mon côté, lors d’une expédition, sur une mine, mon camion a sauté.

 

Quelque temps après, j’ai été soigné puis en ma patrie ramené.

Homme inapte aux combats du service militaire on me retira,

Comment un soldat peut-il servir alors qu’aveugle, il vivra?

Tout au plus, pour le restant de ses jours, il sera interné.

 

Coup du destin, un médecin fraîchement diplômé s’occupa de moi.

Une de ces femmes qui ont bousculé les multiples conventions,

Ces anges qui ont soulagé tant de souffrance au sein des nations,

Mais, celle-ci avait un je-ne-sais-quoi, si ce n’était sa voix.

 

Les jours sont inévitablement passés,

Elle m’avait juré, la vue j’allais recouvrer,

Je crois certes aux miracles, il ne faut pas exagérer.

Car, des morceaux d’acier, dans mes yeux, ont traversé.

 

Avec une attention particulière,

Elle me prodigua de minutieuses opérations,

De ses mains, elle veilla à réaliser la meilleure réparation.

Lui étais-je familier ou bien un héros d’une guerre étrangère?

 

Puis, vint un grand jour, le jour « J ».

Un terme que j’avais appris dans l’armée.

Une armée qui avait formé mon caractère et ma destinée,

Ce jour, je l’espérais, allait être le début d’une nouvelle vie.

 

La docteure voulait elle-même retirer le bandage,

Qui recouvrait mes yeux laissant y entrer une lueur,

De sa voix étrangement connue, elle calma ma peur.

Avec délicatesse, j’ouvrais les paupières sur un nouvel âge.

 

Cet ange de lumière se pencha vers son miraculé,

J’ai reconnu aussitôt un doux lointain souvenir d’été,

Alors que j’ignorais quoi dire quoi faire pour la gratifier,

Elle me remercia d’avoir ce moment de bonheur conservé.

 

Elle avait pris cette belle photo.

Que j’avais faite d’elle un peu à son insu,

Elle aimait bien être en ma présence entièrement nue,

Voilà pourquoi elle me l’avait dérobée dès que je fus appelé sous les drapeaux.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Danse au soleil

Danse Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo & modèle : JenovaxLilith

Danse au soleil

 

Danse ma belle,

Danse sur les vagues,

Danse sur les vertes algues,

Danse sur l’air comme une tourterelle.

 

En ce dernier matin d’été,

Que je puisse encore t’admirer,

Que je puisse à ma guise te contempler,

Puisses-tu rassasier mon âme de ta beauté.

 

Sur les vagues si calmes de la mer,

Sur les vagues loin de la rigueur de l’hiver,

Sur les vagues qui avancent aux rimes de mes vers,

Sur les vagues qui recouvreront tes pieds fragiles comme du verre.

 

Que ta beauté resplendit pour toujours,

Que la grâce de ta féminité illumine mes jours,

Que tes mouvements donnent vie à mon cœur si lourd.

Qu’aux chants des oiseaux, tu fais mille pas et sans détour.

 

Je t’en prie, reine de beauté.

Je t’en supplie, superbe divinité.

Je t’en conjure, ô, gracieuse majesté.

Que par ta présence, mon esprit soit apaisé.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Mauvais roman

Mauvais roman Poème par Rolland Jr St-Gelais Photo par Rick B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/rickb500/art/Bad-Romance-868419125

Mauvais roman

 

Ma vie est comme un mauvais roman,

Je n’ai connu que des mauvais garnements,

Des mauvais garçons qui me mentaient allègrement,

Mais qui savaient jouer de leurs mains et de leurs langues divinement.

 

Ma vie de maîtresse est digne des plus belles histoires,

Des contes, des récits remplis de passion de rencontres d’un soir.

Je suis une courtisane parmi tant d’autres, mais qui n’a pas son pareille,

Car par mon savoir-faire, je sais rendre les hommes au septième ciel.

 

Je préfère la nuit sombre auréolée de ses mystères,

Au soleil qui les dévoile par la force de sa lumière,

Car rien n’est plus agréable que les plaisirs de la chair,

Et de son parfum qui vogue sur les vagues de l’air.

 

L’ombre fraîche qui recouvre mon corps,

De mon corps de femme caressé par ces doigts en or,

Qui me font haleter sans cesse de plus en plus fort,

Jusqu’à cet instant précis où j’atteins la petite mort.

 

J’adore ma vie de volupté et de luxure,

Car chaque soir, je m’enivre de cette eau pure.

Qui abreuve tous mes désirs à la recherche d’une cure,

Même si je sais qu’au plus profond de moi je désire rester impure.

 

Je suis la plus grande des pécheresses,

Mais jamais de la vie, je me priverais de caresses.

De ces caresses qui parcourent mon dos jusqu’aux fesses,

M’en priver ? Voilà ce qui causerait ma seule détresse.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada