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Est-elle bien aiguisée ?

Est-elle bien aiguisée
Superbe photo par Tastethewine

Est-elle bien aiguisée ?

 

Pièce maitresse que m’a jadis donnée ma mère,
Qui m’a appris que la vie peut être parfois douce, parfois amère.
Que rien ne peut être plus sacré que son corps qui véhicule son âme,
Un corps auquel on se doit de respecter quelle une divine flamme.

 

Arme mortelle forgée par les bras de mon père,
Qui l’avait fabriquée pour combattre les ennemis à nos frontières,
Ces hommes venus détruire nos forêts vierges et exploiter nos trésors,
Nos forêts denses regorgeant de fruits divers et nos mines de diamants et d’or.

 

Soucieuse de respecter nos mœurs et coutumes,
J’ai enlevé sur moi bijoux variés, parures soyeuses et riche costume.
Afin d’affûter cette lame selon les rîtes que m’ont transmis mes ascendants,
Lesquels ont gardé tel un mystérieux secret les mots à prononcer par leurs parents.

 

Mots qui sortirent tel un psaume de ma bouche,
De ma bouche ayant auparavant goûté boisson capiteuse,
Que je portai à mes lèvres la coupe me donnant l’allure de la mante religieuse.
Buvant chaque goute de ce nectar rouge au risque de paraître un peu louche.

 

Prenant avec fermeté mon arme ancestral,
Je l’affûtai avec une pierre sacrée d’en amont en aval,
Avec persévérance jusqu’à ce que le feu sur cette lame se soit manifesté,
Répondant sans équivoque à cet énigme souveraine : est-elle bien aiguisée ?

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Ma France

Ma France

de Jean Ferrat ( un petit clin d’oeil à mes amis-es de la France)

 

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France