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Les trois grâces perdues

Les trois grâces perdues Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Joël Pélerin Source : The Three Graces by charmeurindien on DeviantArt

Les trois grâces perdues

 

Nous sommes les trois grâces,

Trois grâces qui apportent dans les cœurs,

Des hommes et des femmes peu importe leurs couleurs,

La flamme qui jamais dans la nuit ne s’éteint, dans le temps ne passe.

 

Je suis la première d’entre les trois et qui est la vie,

Celle qui est éphémère mais que l’on souhaite être infinie,

La plus précieuse car c’est par moi que tout commence que tout fini,

Que tout tire son existence, que tout émerge du néant, du vide indéfini.

 

Je suis la deuxième d’entre les trois et qui est l’être,

Qui te donne la pensée, les formes et le paraître,

La pensée qui fait de toi un être absolument divin,

Les formes et le paraître qui font de toi un être humain.

 

Je suis la dernière des trois et qui est le libre-arbitre,

Véritable don maintes et maintes fois expliqué par la voie scholastique,

Capacité à choisir son chemin par le fruit défendu du Jardin d’Eden,

 De ce flot intarissable du libre-choix qui coule dans tes veines.

 

Les trois grâces formant une trinité mystique,

Trinité représentée par ces corps si magnifiques,

Corps de femmes aux visages cachés de ces regards impudiques,

Car seuls les sages de l’Antiquité ont su prononcer le mot magique.

 

Le mot que l’on doit connaître,

Pour de nos cendres, nous en faire renaître.

Existe-t-il un seul en ce monde égaré et perdu,

Qui mérite de contempler à la fois nos corps et nos visages nus?

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Pourquoi craindre la mort?

Thanateros II par ClovisCorax
Pourquoi craindre la mort ? Texte de RollandJr St-Gelais Photo par ClovisCorax Source : https://www.deviantart.com/cloviscorax/art/Lady-A-Thanateros-II-849559722

Pourquoi craindre la mort?

 

Voici une grande question,

Qui relève de morale et de la religion,

De ces bizarreries qui envoyèrent bien des gens à la pendaison,

Et de leurs réflexions firent perdre à bien des sages toute leur raison.

 

Fait étonnant car elles furent les principaux vecteurs,

De cette grande vérité de la vie, la cause de toutes nos peurs.

Une question à laquelle nous devons y faire face un jour ou l’autre.

Bref, pourquoi craindre la mort puisqu’elle sera notre hôte?

 

Les dernières années de ma vie m’ont amené à réfléchir,

Sur le sens de la vie par-delà la mort, et ce sans trop en souffrir.

Puisque cette étape de l’existence n’est pas la plus importante qui soit,

Quel sens donner à sa vie? Voilà la réflexion à faire de bon droit.

 

C’est un fait que nous devrons tous y passer notre tour venu,

La faucheuse est celle dont la notion de justice la plus aiguisée,

Elle sait déjà quand elle surviendra dès l’instant où nous sommes nés,

Dès l’âge du berceau, elle nous regarde avec une certaine retenue.

 

J’ai vu bon nombre des personnes qui m’étaient chères,

Traverser le chemin de l’inconnu sans pouvoir regarder en arrière,

Pour ne pas me questionner à savoir d’où vient cette étrange frayeur

Envers la grande dame qu’est la faucheuse à chaque heure.

 

Certes, il y avait parmi celles-ci des gens d’un âge avancé,

D’autres dans la fleur de l’âge avançant au fil du temps et des années,

D’autres encore sont partis aussitôt être entrés en ce monde

Telle situation à la fois incompréhensible et immonde.

 

Ce qui m’a amené à me questionner,

À savoir si c’est la faucheuse que l’on devrait redouter,

Et non pas d’avoir vécu sa vie au lieu de la subir jour après jour,

Bien triste est le sort de celui qui ayant raté sa vie s’en ira pour toujours.

 

De se conformer aux normes de la société,

À plier l’échine en évitant autant que possible de s’interroger,

Si tout ceci a du sens avant de passer l’âme à trépas,

Se contentant de faire en bon esclave les cent pas.

 

Est-il si difficile de vivre en accord avec ses propres valeurs?

D’accomplir ses désirs et ses souhaits les plus chers sans avoir peur?

De vivre une vie dans la vérité et en étant authentique?

Et non pas de vivre dans le mensonge, une vie hypocrite?

 

Très peu d’individus ont eu cette possibilité de vivre une telle vie,

De vivre et non pas simplement d’exister avant que tout ça soit fini,

Mais c’est à chacun de trouver sa voie et son chemin,

Qui le comblera sur ses nombreux lendemains.

 

Permettez-moi de dire cette chose vraie,

Ne jamais regarder notre passé avec les yeux du regret.

Assumer en tout temps et à chaque instant ce que l’on a dit ou fait.

Surtout, si l’on a fait de notre mieux, voilà ce qu’il en est.

 

Non, je ne crains certes pas la mort,

Peut-être, je le reconnais, ai-je là tout à fait tort?

Cependant une chose est sûre, je crois bien avoir fait mon possible.

Et devant Dieu et les hommes, nul n’est tenu d’accomplir l’impossible.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Tu avais deviné

Tu avais deviné
« Tu avais deviné » Poème de RollandJr St-Gelais Photo par Joël Pèlerin

Tu avais deviné

 

En ce dimanche sacré,

Tu t’es silencieusement levée,

Sans faire de bruit, tu as fait le petit-déjeuner,

Déjà je sentais un arôme qui m’étais familier, une senteur de café.

 

J’entendais tes pas légers,

Allant ici et là librement sur le plancher,

De tes pas qui m’ont fait penser la fois où je t’ai rencontrée,

Sur la piste de danse où jusque tard dans la nuit nous avons dansé.

 

En ce dimanche de confinement,

Où nous devons rester sages comme des enfants,

Comment pouvons-nous être sages alors que nous nous aimons follement?

Et de passer nos journées, nos nuits, à nous enlacer tendrement.

 

Je revoyais en pensées ce collier doré,

Que je t’avais offert pour souligner toutes ces années,

Où toi et moi nous avons traversées contre vents et marées,

Main dans la main, vers le destin nos yeux ensembles tournés.

 

J’ai une drôle de sensation comme si tu avais deviné,

Ce qu’il m’aurait réellement fait plaisir en cette matinée,

De porter à ton cou ce collier en ce dimanche du Ressuscité,

Quelle belle surprise de le voir à ton cou dès le rideau de chambre tiré.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Figé dans le temps

 

Par Huggo Rosso 1
Figé dans le temps ! Avec la permission de par Ugo Rosso

Figé dans le temps

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien et que vous profitez de cette période rarissime dans l’histoire pour vous ressourcer et profiter du temps qui passe lentement. Avouons-le ! C’est un fait plutôt inhabituel d’avoir la chance de suivre le temps et non pas de courir après celui-ci. Une telle opportunité n’arrive pas très souvent au sein de notre société axée sur la productivité, la consommation à outrance et la satisfaction de nos désirs par l’instantanéité. Le temps a pris tout son sens et tous ses droits.

Le temps est notre meilleur allié face à tout ce qui sePar Huggo Rosso 3 passe actuellement. Le temps de se connaître et de connaître nos proches avec lesquels nous avons négligés pour la raison que nous n’avions pas le temps de le faire. Le temps d’être et non pas de paraître. Être ce que nous sommes vraiment et non pas ce que les pressions sociales dictées par les supposés besoins économiques nous forcent à devenir. Le temps de suivre le temps.

Il est 6 heures du matin ? Vraiment ? C’est d’accord. Avoir le choix de se lever et de prendre le temps de déjeuner, c’est-à-dire de briser le temps du jeûne. De savourer ce que nous mangeons. Le temps d’écouter l’autre qui nous accompagne et non pas seulement de l’entendre ou bien de s’écouter ou d’écouter le silence.

Par Huggo Rosso 2Ce silence qui nous fait souvent si peur mais qui est notre plus grand allié face à tout ce qui nous entoure et nous agresse constamment. Un silence qui a accompagné bien des sages avant qu’ils laissent leurs marques dans l’histoire. Un silence bienfaiteur ! Un silence que seul le temps nous offre de manière tout à fait gratuite. Le silence et le temps font très souvent un excellent couple qui témoigne de la futilité de nos craintes et de nos doutes lesquels sont des constructions de notre psyché, de notre subconscient, des relents laissés par nos lointains ancêtres qui devaient faire face à des situations pires que ce que nous traversons de nos jours. N’oublions pas que nos ancêtres avaient des connaissances scientifiques plus ou moins limitées. Or, c’est grâce au temps que les connaissances se sont accrues et que nos moyens de survie et de vivre sont apparues.

Être figé dans le temps, c’est un tremplin fantastique pour se préparer à aller vers l’avant. Être figé dans le temps, c’est se ressourcer, se refaire des forces, se guérir de nos blessures accumulées par la vie trépidante de la surconsommation. Peut-on appeler cela une vie ? Permettez-moi de prendre le temps d’en douter. Être figé dans le temps ! Se laisser envahir, se laisser submerger, voir devenir un avec lui. Accepter de plein gré de s’en faire un allié formidable. À vrai dire, s’en faire notre meilleur ami. Un ami qui pourra nous suivre une fois que cette crise sera devenue une page de l’histoire de l’humanité. Une page parmi tant d’autres.

Merci d’avoir pris le temps de lire ce texte de réflexion.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Silence

Silence
Photographer: Matt McGee Model is JenovaxLilith on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/silent-816327603

Silence

Parfois, il ne suffit de pas grand-chose. Un moment de solitude, d’être avec soi-même, d’être ici et maintenant. Autrement dit tout simplement être. Être pour soi et en soi.

Chose certes de plus en plus difficile à réaliser de nos jours où le temps file et défile tel un tapis roulant nous amenant vers un lieu inconnu. Un tapis roulant d’où l’on voit passer à grande vitesse les étapes de la vie. Celles que la vie elle-même nous a imposées, celles que la société a exigées à chacun d’entre nous et celles, plus rarement, que nous avons choisies. Que nous avons choisies selon notre connaissance du moment et que nous aurions choisies autrement en d’autres circonstances.

Être pour soi est devenu synonyme de tares, d’insanités, nous condamnant de manière quasi automatique aux portes des enfers. Et pourtant, qui n’a jamais ressenti le besoin de se retrouver en lui-même? C’est-à-dire de se trouver de nouveau et ce, bien au de-là de ce que les normes sociales lui ont imposées et qui ont contribué de manière insidieuse à effacer son individualité en l’agglomérant dans un tout informe, inodore et sans saveur.

Certains vont choisir la fuite dans des plaisirs à la fois éphémères et potentiellement destructeurs. Et le choix de tels plaisirs est fort étonnant. L’on a qu’à penser à la consommation effrénée de l’alcool, à la drogue laquelle est de plus en plus forte comme bien d’autres substances plus ou moins illicites afin de camoufler le mal-être qui est de plus en plus présent chez eux qui sont devenus leurs esclaves. Je pourrais davantage élaborer sur tout ce qui touche aux dépendances plus subtiles mais de plus en plus présentes au sein de la société. La dépendance au travail, à l’amour et au sexe en sont des exemples parfaits.

Pourtant, il suffirait d’un peu de silence à la fois autour de nous et en nous. Un silence qui jouerait le rôle de bouclier face à toutes les lances qui nous assaillent tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous-mêmes. Oui, toutes les lances qui transpercent inlassablement parfois jusqu’au plus profond de notre être nous laissant à peine respirer et qui, une fois après que nous ayons repris conscience, recommencent leur jeu avec un plaisir malicieux indescriptible.

Nous sommes tous des humains et par le fait même nous avons tous besoin de connaître, de ressentir et d’expérimenter le silence à des moments propres à chacun d’entre nous. L’enfant à naître n’a-t-il pas connu le silence dans le sein de sa mère lorsqu’il était qu’aux stades de sa formation? Et c’est seulement qu’une fois qu’il est formé qu’il devient apte, j’en conviens de manière graduelle, à affronter le monde lequel lui brise le silence authentique et ce à tout jamais. Un silence dont bien des sages et des êtres ayant une grande spiritualité tentent avec plus ou moins de succès de retrouver à des instants bien spécifiques de leurs existences terrestres.

Bienheureux sont ceux qui ont su communier avec un tel silence même si cela a eu lieu pour un bref moment. Un moment qui les a incités à aller au-devant leurs contemporains afin de les inviter à communier à leur tour avec une telle lumière susceptible d’éclairer toute la noirceur qui assombrisse leur univers. Je souhaite ardemment que vous aviez lu cet article avec un silence bienfaiteur dans les trois sphères qui composent votre être que sont l’âme, l’esprit et le corps.

Merci pour votre lecture !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada