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Miroir, mon fidèle ami !

Miroir, mon fidèle ami Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/G03012-1-930220634

Miroir, mon fidèle ami !

 

Courtisane expérimentée.

Consolatrice des maris esseulés.

Bienfaitrice adorée des cœurs perdus.

Je suis celle qui a tout vu, tout entendu.

 

Certes, cette profession est à la fois si noble si exigeante,

Mais, pour bon nombre de puceaux, elle est si satisfaisante.

Des jeunes trop gênés pour conter fleurette aux demoiselles

Jusqu’aux fiancés venus voir une dernière fois comme la vie est belle.

 

Je prends mon temps et mon plaisir pour offrir un service impeccable,

À des hommes qui jouissent d’une réputation respectable.

Et que puis-je dire de leurs épouses attentionnées ?

Celles qui parfois viennent en ce lieu y travailler.

 

À dire vrai, je ne peux guère les juger de leurs actions,

Elles ont depuis longtemps tant de charnelles insatisfactions.

« L’esprit est fort et la chair est faible », a dit un grand sage.

Pourtant, c’est par la luxure que l’humanité a traversé les âges.

 

Je me souviens d’un client de jadis qui se sentait rejeté.

Il possédait des mains magiques et une étonnante virilité.

Homme si triste et en pleurs, j’ai tout fait pour le satisfaire.

De mon expérience, j’en tirais un curieux savoir-faire.

 

Je l’ai revu avec une jeune femme, bras dessus, bras dessous.

Aussitôt qu’il m’a aperçu, pas surprenant qu’il m’ait fait la moue.

Après tout, n’avait-il pas commis l’acte impur de l’infidélité ?

Alors que l’amour de sa vie était dans la chambre d’à-côté.

 

Oh ! J’ignorais qu’il est maintenant treize heures.

C’est le temps de sortir de ce lit qui fait mon bonheur.

Pour bien commencer, une seule chose amplement me suffit.

C’est d’avoir en ma main frêle mon miroir, mon fidèle ami.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Elle avait mis ses bas de nylon

Elle avait mis ses bas de nylon Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par MTL3 Source : https://www.deviantart.com/mtl3/art/Witchy-Pixie-on-the-Bed-912821492

Elle avait mis ses bas de nylon

 

Je me rappelle lundi soir,

Après une sincère confession.

Je suis allé dans un lieu de perdition.

Car il était vraiment loin d’être tard.

 

Prenant le bus pour m’y diriger.

Je me sentais un homme nouveau.

Tout frais, tout propre et tellement beau.

Je voulais terminer agréablement cette fin de soirée.

 

Arrivé à cette destination.

À ce club de la rue Lamontagne.

Une femme jolie habillée d’un pagne.

M’a accueilli avec un sourire à en perdre la raison.

 

Mais, c’est notre bon ami Rolland !

Elle m’a dit, en m’invitant, dans cette maison.

Où j’avais déjà fait de si belles fréquentations.

Des relations qui sont en ma mémoire pour longtemps.

 

Elle m’a amené vers ma salle habituelle.

En apportant sous le bras quelques serviettes.

Quelle demoiselle attentionnée ! Que cette Ginette !

Une jeune dame à qui j’aimais conter fleurette.

 

Après avoir pris une bonne douche.

En compagnie d’une femme si coquette.

Nous sommes allés vers ma chambrette.

Alors que je sentais son parfum sur sa peau douce.

 

Puis-je vous demander une faveur, cher ami ?

Je voudrais revêtir ce qui est le plus précieux.

Un porte-bonheur qui vous rendra heureux.

Je lui répondis : mais, faites ! Je vous en prie.

 

Elle enfila ses bas de nylon.

Faits de soie de la lointaine Chine.

Ce qui mit en évidence sa taille si fine.

Une beauté qui accentua notre passion.

 

Elle se coucha aussitôt sur les draps dorés.

Faisant signe de la rejoindre dans son jardin.

M’exhortant à m’abandonner entre ses expertes mains.

Me donnant ainsi une raison pour retourner me confesser.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Elle était surprise

Elle était surprise Poème de Rolland Jr St-Gelais Peinture de Noble Roro de la France

Elle était surprise

 

En ce champ de la France,

Où les fleurs parfumèrent de leur flagrance,

Je me suis longtemps promené loin de mon pays.

Le temps était si agréable qu’une idée en moi surgit.

 

Une envie folle est venue en mon esprit.

Pourquoi me gêner, car, après tout, j’ai juste une vie.

Mes vêtements, un par un, j’ai enlevé avec délicatesse.

Dévoilant ainsi à la nature mes frêles fesses.

 

Tout en poursuivant mon chemin, je vis un lac.

Sans plus attendre, je m’y jetai, en faisant flaque et flaque.

Sans avoir, au préalable, déposé mes habits au pied d’un arbre.

Un géant aux feuilles tendres, mais, en dedans, fort comme du marbre.

 

Quel bonheur de nager en cette eau si saine !

Que je n’avais point remarqué une dame un peu vilaine !

Elle me regardait avec une intention vraiment coquine.

De voler mes vêtements et de se cacher telle une fouine.

 

Le temps de la baignade passa agréablement,

Il fallait bien que je sorte de ce lac inévitablement.

Je me suis dirigé vers le gardien de mon trésor sacré.

Et de mes vêtements, recouvrir ma nudité, depuis peu dévoilée.

 

Jolie dame sortie alors de sa cachette.

Espérait-elle que j’aille lui conter fleurette ?

Quoiqu’il en soit, je me suis retrouvé nu devant elle.

Nu comme un ver prêt à se faire dévorer par une hirondelle.

 

Face à ma carrure d’homme pleinement accompli.

Dans ses yeux émerveillés de voir tant de vie,

Elle était, dans son âme, tellement éprise.

Face à ma virilité, elle était surprise.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Souvenirs d’école

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Souvenirs d’école

 

J’ai parmi mes nombreux souvenirs d’école,

Le doux visage d’une fille qui s’appelait Nicole,

Était-ce Nicole ou bien Justine ou encore Marie?

Quoiqu’il en soit, je la trouvais tellement jolie.

 

À mon âge, je commence à avoir des troubles de mémoire.

Ce qui ne m’empêche guère de me rappeler tard le soir,

Ces belles jeunes filles qui ont peuplé ma tendre enfance,

Sans oublier toutes celles qui ont éveillé mon adolescence.

 

Mais, il y en a une que je n’oublierai jamais son visage.

Car sous ses airs angéliques, elle n’était pas toujours sage.

Elle et moi aimions souvent faire l’école buissonnière,

Nous prétextâmes que nous partions à la guerre.

 

Alors qu’en réalité, nous allions nous conter fleurette.

En marchant main dans la main dans les champs de pâquerettes,

Sans dire un mot sous le ciel bleu et en entendant les oiseaux chanter,

En souhaiter de tout notre cœur que cet instant allait durer pour l’éternité.

 

Que c’est étrange de ne pas pouvoir me rappeler de son prénom,

Ah que le fait d’avancer en âge peut quelquefois faire de moi un con.

Mais jamais je n’oublierai cet instant de pure joie, de pur bonheur.

Voilà ce qui m’apaise, me rassure, face à ma dernière heure.

 

Il y a pire dans la vie que le fait de ne pas avoir vécu,

C’est de ne pas avoir aimé celle que nos yeux ont vue,

Oui, j’ai avec grande tendresse aimé cette jouvencelle.

Mais, j’étais trop prude pour lui dire comme elle était belle.

 

Le temps de vivre sera bientôt terminé,

Mes beaux souvenirs, dans le néant, j’emporterai.

Sans effort, mes yeux fatigués, à jamais je fermerai.

Seul regret : mon amour dans mon cœur, l’avoir gardé.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada