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Cette jeune impératrice

La jeune impératrice

« Cette jeune impératrice » Photo par G.B. d’Allemagne

Cette jeune impératrice

 

Elle est resplendissante,
Elle a l’âme si réjouissante,
Elle a des envies si exaltantes,
Elle est d’une beauté si enivrante.

 

La jeune dame a connu son amant,
Sans que ne sachent ses pauvres parents,
Dans ses draps de satin elle lui a tout donné,
Elle lui a offert sur un plateau d’argent sa virginité.

 

Étant née dans une grande et noble famille,
Elle se devait d’être en tout temps bonne fille,
Toujours suivre les us et coutumes, les règles d’usage,
Même étant qu’une enfant, elle se devait d’être toujours sage.

 

Obéissante jusqu’à renier au plus profond qui elle est,
En dépit de ce qu’elle désirait, ce qu’elle souhaitait, ce qu’elle voulait.
Du jour où elle pourra de ses propres ailes s’envoler, souvent elle en rêvait,
Elle rêvait de cet homme qui l’emporterait en sa demeure pour toujours s’aimer.

 

Elle connue dans la cour royale,
Bien des hommes vraiment peu fiables,
Des hommes attentionnés par l’appât du gain,
Aux idées si sombres, si venimeuses et aux baladeuses mains.

 

Mais il y en avait un seul qui lui plaisait,
Un seul qui lui démontrait comme il l’aimait,
Un homme qui lui apportait en secret une rose du jardin,
Une rose déposée sur sa table dès l’aurore, dès le petit-matin.

 

Sans dire un mot, sans poser un geste de trop.
Simplement un homme au cœur à la fois pur et si beau,
Au fil du temps, elle devina qui était cet inconnu par le doux parfum,
Car de tous les hommes dans le palais un tel arôme ne se trouvait sur aucun.

 

C’est ainsi que par une aurore annonçant une journée ensoleillée,
Elle attendait son mystérieux visiteur afin de son corps nu l’émerveiller,
Lui offrir l’unique occasion de la connaître autrement que par les règles d’usage,
C’est avec lui seul qu’elle voulait découvrir les plaisirs de la chair car elle en avait l’âge.

 

Quel précieux instant de pouvoir partager,
Ce mielleux moment si intime avec un pur étranger,
Même si en leurs cœurs cela devait rester leur secret, ce qui est triste.
Pourtant pour une fois, elle se sentie être femme entière, cette jeune impératrice.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Pour toi mon frère Hermann

Hermann St-Gelais 1

Hermann St-Gelais 15 février 1950-11 mai 1972

 

Pour toi mon frère Hermann

 

En cette journée du mois de mai,
Brutalement, la vie te fut arrachée.
Sous le soleil printanier où tout te souriait,
Un étranger sans crier gare dans une foule te fauchait.

 

J’ai une lointaine souvenance de mon enfance de ce jour,
De ce moment, de cette pensée, qui sera en moi pour toujours,
Où tu es parti selon tes dires pour un instant pour ne jamais plus revenir,
Sans oublier les battements du cœur de notre mère qui n’a jamais fini de souffrir.

 

Je n’avais pas encore dix ans,
Que la douleur m’accabla éternellement,
Perdre son frère des mains d’un assassin ayant un nom,
Un nom qui sera gravé en ma mémoire pour toujours pour de bon.

 

Je me souviens de cette journée,
Où famille et foule nombreuse t’avaient porté,
En ta dernière demeure où mon baiser sur ta tombe j’ai déposée,
Me jurant de ne jamais t’oublier et de ton nom à jamais je commémorerai.

 

Et puis, les années passant, j’ai grandi,
J’ai connu grandes peines et milles joies : ce qu’est la vie.
Mais jamais je n’ai oublié celui qui trop tôt m’a quitté, est parti.
Aussi longtemps que je vivrai, son nom sera dit maintenant et à l’infini.

 

Un homme m’a enlevé mon grand frère,
Comme s’ils étaient partis se faire la guerre,
Un inconnu aigri fonça dans cette énorme foule,
Faisant ainsi que mon enfance bien innocente s’écroule.

 

À toi mon frère, j’ai composé cet humble poème.
Afin que tu saches là où tu es, où tu te trouves, que je t’aime.
Et que ton nom ne soit jamais oublié aussi longtemps que je vivrai,
Car c’est ainsi que ma raison de vivre et d’exister enfin je trouverai.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Mon corps comme seul langage

Mon seul langage
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Mon corps comme seul langage

 

Bonsoir mon cher ami,
Vous rentrez bien tard cette nuit,
J’espère que vous me reconnaissez,
Nous avons pris quelques verres dans un café.

 

Nous avions discuté de nos chemins de vie,
Et, bien souvent, de votre sourire j’en étais ébahie.
Que pouvais-je faire de la douceur de votre accent étranger ?
Au fil de nos rencontres, à vous je me suis finalement attachée.

 

Mais dernièrement une idée m’est apparue,
Sans faire de bruit, je vous ai suivi dans les rues.
Afin de savoir où je pourrais vous faire cette belle surprise,
Même si je savais qu’une autre femme au loin était de vous éprise.

 

Mais, comment pouvais-je m’empêcher de vous aimer ?
Comment de votre charme aurais-je pu un seul instant y résister ?
Sans ainsi que, ayant pris ma décision, par cette fraîche nuit d’automne.
J’ai décidé de faire de moi votre maîtresse et que vous seriez mon homme.

 

Il est vrai que tant de choses nous séparent pour toujours,
Voilà la raison d’être de mon malheur et de ma souffrance en cet amour.
Tant de vos mots et de vos expressions me sont inconnus sans oublier nos âges,
C’est ainsi que j’ai choisi de vous prouver ma passion par mon corps comme seul langage.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Pourquoi me regarde-t-il ?

 

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Dessin réalisé par Eri Kel de la France

 

 

Pourquoi me regarde-t-il ?

 

Marchand calmement dans un magnifique jardin,

Je déambulais  parmi ces humbles gens tels des pantins,

Voyant au loin un modeste banc blanc esseulé qui m’attendit,

Comme on attend avec hâte un être cher, un parent, un vieil ami.

 

Quelques pas amplement me suffirent,

Pour m’y rendre avec gaité et avec le sourire,

Confortablement assis tel un César avec ses lauriers,

Mes pensées me firent plonger dans les songes des lointains étés.

 

De ces temps où féminité et coquetteries,

Allèrent si bien avec virilité et nobles galanteries,

Quel plaisir de courtiser jeunes dames afin d’être leurs élus,

Et de les accompagner dans ce lieu interdit où nous étions nus.

 

Soleil généreux de ses rayons,

Fit couvrir quelques têtes de chapeaux melons,

C’est alors que vinrent à moi les notes d’un piano jouées,

Qui ont voyagé par la douce brise d’un bistro et ses arômes de café.

 

De ces saveurs veloutées,

Et parfois corsées que je savourais,

Au lit avec celle que j’admirais et que j’aimais,

Ah ! Ce que nous étions heureux en ces temps reculés.

 

Perdu dans mes coupables pensées,

Je n’avais point vu l’étranger assis devant moi,

Me fixant du regard en silence et sans geste tel un roi,

Je voulais aller le trouver simplement pour parler, pour discuter.

 

Allais-je le déranger, l’importuner, le blesser ?

Car une simple parole peut parfois guérir ou  bien tuer,

Mais, au fait,  que me veut- il ? Pourquoi diable me regarde-t-il ?

C’est alors que glissa sur sa joue une larme de ses yeux tels des îles.

 

Point de mots pour exprimer ses douleurs,

Point de sons pour décrire la vie et ses couleurs,

Parfois l’instant saisi suffit à deux âmes pour communier,

Pour partager mille bonheurs qu’on ne peut ni nier ni oublier.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

En plein coeur de la nuit!

En plein coeur de la nuit

En plein cœur de la nuit 

 

En plein cœur de la nuit, le sang bouille en moi. 

Que m’arrive-t-il? Je ne me reconnais plus. 

Qui suis-je? Où suis-je? Dites-le moi car je n’en peux plus. 

L’étranger qui est dans le miroir me demande « Qui es-tu, toi? Homme en émoi. » 

 

Je suis l’ombre de moi-même. 

Un corps sans âme et sans espoir! 

Une ombre qui passe dans la nuit la plus noire. 

Que Dieu m’en soit témoin, je me languis de cette dame que j’aime. 

 

Que puis-je faire? Que puis-je dire? Que dois-je accomplir? 

Pour simplement lui prouver qu’elle est dans mes pensées. 

Peut importe les saisons; en hiver comme en été! 

Je n’aurai jamais de répit dans ce corps qui soupir. 

 

Bientôt le jour se lèvera! 

Les hommes de mon pays seront salués par le soleil, 

Tandis que d’autres iront se balader sur cette terre aux mille merveilles. 

Et moi, mon seul bonheur sera d’attendre qui n’est pas… 

 

Une journée à admirer les couleurs de l’automne, 

À contempler la magnificence de la nature, 

Pour un instant sachant que rien éternellement ne dure. 

Sauf mon admiration pour cette dame dont sa voix en moi résonne. 

 

Peut importe le temps qu’il fera en cette journée, 

Tout ce qui compte à mes yeux est de te savoir heureuse et comblée. 

Oui, mon bonheur c’est toi qui illumine ma vie, 

Aucune dame en ce monde est comme toi, reste comme tu es chère amie.

De

Rolland St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Je ne suis pas à vendre.

No-namE

No-NamE

Je ne suis pas à vendre.

 

D’un corps de femme! D’un corps ayant une âme.

Vous tous écoutez si vous voulez réellement m’entendre.

Je ne suis, retenez bien ceci, ni à prendre ni à vendre.

Je m’offrirai à celui qui saura raviver ma flamme.

 

Ma bouche voluptueuse sera pour celui que j’aimerai.

Ma poitrine généreuse sera pour celui à qui je le réserverai.

Ma chair sera pour celui qui sur les vagues de la passion je naviguerai.

Mon lit d’amour sera pour celui qui saura de son affection me prouver.

 

Nulle somme d’argent ne peut acheter mon corps.

Nulle richesse ne peut égaler la valeur de mon précieux or.

Nul vil commerce ne peut acheter mon désir,

Ni de me céder à un quelconque étranger qui soupir.

 

De vos yeux qui avec avidité me dévisagent,

Je vous répondrai par la foudre de ma rage.

De vos mains volages et sans respect à mon égard,

Je m’enfuirai très loin sans me retourner de votre air hagard.

 

Oui je sais aimer et cajoler l’élu de mon cœur,

Et faire avec lui des gestes que je ne peux décrire ici par pudeur.

Je suis femme d’hier et d’aujourd’hui comme de demain,

Mais jamais votre objet de plaisir je serai ainsi j’en ai décidé de mon destin.

 

Je suis un être qui veut en toute liberté me donner.

M’abandonner à celui qui m’aimera tendrement.

Lui offrir mon jardin secret sans aucune retenue,

Devant lui seul, je pourrai me mettre entièrement nue.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada