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Dévotion charnelle

Dévotion charnelle
Photo par G.B. d’Allemagne Instagram gb62da et DeviantArt https://www.deviantart.com/gb62da

Dévotion charnelle

 

Telle une chandelle,

À la flamme flamboyante et rouge,

Seule, immobile et à peine mes seins bougent.

De mon corps pour toi je t’offre ma féminité si belle.

 

Féminité sacrée tel un vase pur,

Dont témoignent mes mamelons si durs,

Tout en étant appuyée sur mes genoux telle une fidèle,

À son maître lui jurera obéissance pour une vie éternelle.

 

Mon corps est un temple saint,

Dont les cloches sont ses magnifiques seins,

Et les courbes de son corps en sont remparts impénétrables,

Qui lui donnent un air à la fois si mystérieux mais tellement désirable.

 

Tête penchée loin vers l’arrière,

Yeux entièrement clos pour le repos d’une guerrière,

Mains tendues à la fois avec délicatesse et fermeté sur le sol,

J’attends avec hâte de recevoir sur moi ta semence telle une auréole.

 

Vous savez bien que j’ai pour vous une dévotion spirituelle,

Comme je sais bien que vous avez pour moi une dévotion charnelle.

Car il n’y a rien en ce monde de plus différents que le corps et la chair,

Qui de tous les temps et en de nombreuses occasions se font la guerre.

 

Triste constat en cet instant précis,

Que devant le choix à faire gens sont souvent indécis,

Que faut-il choisir entre la chair et l’esprit à chaque jour?

Sachant qu’après notre vie, de nos actes, nous répondrons pour toujours.

 

Dévotion par amour ou bien par frayeur,

Dévotion manifestée par les hymnes appris par cœur,

Dévotion transposée depuis l’éternité dans les lieux intemporels,

Dévotion partagée entre un maître merveilleux et sa flamme si belle.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Je me suis couché

 

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Photo réalisée par Priscilla Vaillancourt 17 octobre à l’U.Q.A.C.

Je me suis couché

 

Dans la vierge forêt,
J’ai fui ce monde si laid,
En y cherchant la beauté innocente,
Des contes de fées qui en mon esprit me hantent.

 

Dans la fraîcheur du petit matin,
J’y suis allé avec un coeur léger et serein,
Ne craignant guère ce que j’allais y trouver,
Écoutant les oiseaux chanter et regardant les lièvres balader.

 

Que l’air frais me faisait du bien,
Faisant surgir en moi un drôle de refrain,
« Promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas »
Voilà pourquoi j’ai continué mon chemin tranquillement par-ci et par-là.

 

Prenant plaisir de sentir les arômes des bois,
Jusqu’à une rivière où eau claire et limpide y coula,
Une soif apparut en moi, je me penchai et quelques gouttes je buvais.
Quel bonheur sublime et indescriptible en mon âme soudainement émergeait.

 

Clairière entre quelques fleurs et arbres de moi inconnus,
Lentement devant moi comme par magie à mes yeux apparue,
Me rappelant les récits de druides et de sorcellerie celte une idée naquit,
Exposer mon corps frêle aux déesses des lieux en espérant qu’il soit à jamais béni.

 

Retirant mes vêtements morceau par morceau,
Lentement et avec grâce sous le soleil de plus en plus chaud,
Désirant savourer chaque seconde de ce rituel magique improvisé,
En prononçant des formules sorties tout droit d’une kabbale imaginée.

 

Formules d’un grimoire de magie blanche,
Formules entendues par les mystiques avalanches,
Avalanches mystérieuses apportant gens courageux mais imprudents,
Vers des lieux qu’aucun mortel en ce monde a eu la chance de voir de son vivant.

 

Voulant regarder autour moi la beauté qui s’y trouvait,
Je n’ai point bougé afin d’admirer les êtres qui y vivaient,
De ces animaux sauvages aux cœurs d’or et tellement naturels,
Comme je jalousais avec douceur Dame nature d’être à la fois noble et belle.

 

Sentant venir en moi un étrange assoupissement,
Alors nu sur le sol boisé je me suis étendu calmement,
Prenant la position que j’ai connue alors que je voguais dans le néant,
Je me suis couché sans arrière-pensées pour ne jamais me réveiller assurément.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Comme une prière

La prière
Dessin par Gérard Teillot de la France

Comme une prière

 

Pluie tombante,
Journée assommante,
Face à mes douleurs lancinantes,
J’écoute l’eau perler sur la terre accueillante.

 

Pas un mot sort de ma bouche,
Alors que je plonge dans cette douche,
Qui me rafraichit tant mon corps fatigué,
Qui revigore jusqu’aux abysses de mon âme épuisée.

 

À genoux sur le sol mouillé,
Je sens chaque goutte de pluie couler,
Sur la peau fragile de mon être maintes fois abusé,
Que j’ai offert à mes amants que j’ai pourtant tant aimés.

 

Mais, aujourd’hui, je n’en peux plus.
Boire à la coupe de leurs caprices j’ai assez bu,
En ce jour, je ne désire que penser à la femme que je suis.
Comme une prière que je me fais avec les mots que j’ai appris.

 

Avec les mots que m’a enseigné ma mère,
Qu’elle adressa à un lointain et mystérieux Père,
Demandant pardon pour des fautes que j’ignorais,
D’avoir faites alors que mon beau-père m’enjôlait.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

L’été d’autrefois

L'été d'autrefois
« L’été d’autrefois » par G.B. d’Allemagne Poème par RollandJr St-Gelais

L’été d’autrefois

 

En faisant le ménage du printemps,
J’ai trouvé cette photo de ma jeunesse,
Que de beaux souvenirs et que de tristesse,
Elle a fait surgir en mon âme bien brusquement.

 

De nos vacances où nous nous sommes rencontrés,
De tes gestes de tendresse que j’avais tant appréciés,
De tes paroles de réconfort qui me réchauffèrent le coeur,
De ton attention qui m’incita à éloigner de moi bien des peurs.

 

Tu me racontas que tu étais professeur d’arts,
De tes cours tu as piqué ma curiosité comme un dard,
Comment font les modèles pour être dévêtus devant des inconnus ?
C’est alors que sans pression tu m’offris la chance de poser entièrement nue.

 

Devant ma gêne légendaire, tu as su trouver les mots pour me plaire.
C’est ainsi que derrière un buisson j’enleva tout et me retrouva les fesses à l’air,
Ressentant comme jamais la chaleur bienfaitrice du soleil sur ma tendre peau claire,
Je m’aperçus qu’être ainsi nue en ces lieux sauvages n’était certes pas pour me déplaire.

 

M’avançant prudemment sur le sable chaud,
Ce que j’avais trouvé le temps particulièrement beau,
Pendant que tu aiguisais tes crayons et préparais le tableau,
Je me dirigeas allègrement vers le sol qui embrassera ma peau.

 

Tu me fis signe de la tête de me tenir prête en ne disant pas un mot,
C’est ainsi qu’autour de nous se construisit un mystique cerceau,
Là où seuls les chants mélodieux des oiseaux environnants,
Agrémentèrent de leurs chants ce merveilleux moment.

 

Comme je voudrais tant revivre cet été des jours heureux, cet été d’autrefois.
Tant d’années sont passés depuis le jour où nous nous sommes mariés,
Nous avons fondé famille heureuse avec de nombreux enfants,
A travers lesquels je te vois quand je les regarde à chaque fois.

 

Sans cesse tu me disais que j’étais belle,
Tu répétais souvent que j’étais devenue ta muse,
Quand j’y pense, certes je peux dire que cela m’amuse.
Surtout tu me confias que ma gêne te faisait penser à une hirondelle.

 

Jamais je ne pourrai oublier cet instant précis,
Quand tu m’as demandé d’être ta compagne de vie,
Alors avec grande joie en mon coeur je t’ai répondu << oui >>,
Une réponse que je ferai de nouveau même si de toi la maladie m’a ravi.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

À la femme que je suis

Je danse

« À la femme que je suis » Photo par G.B. d’Allemagne

À la femme que je suis

 

Aujourd’hui, je vis.
Je vis en cet instant précis.
Respirant avec grande profondeur,
Afin de mon être en extirper mes peurs.

 

Seule et nue dans cette petite pièce,
Sous une musique qui me met en liesse,
Quelques notes de musique du prodigieux Mozart,
Afin de mes pas, de mes gestes en créer une oeuvre d’art.

 

Mains libres et légères,
Oubliant ma journée d’hier,
Main gauche tournée vers l’entre-jambe,
Main droite dirigée vers le sol que j’enjambe.

 

Pied droit semblable au soleil levant,
Pied gauche qui file vers droit devant,
Du mouvement de la hanche j’accouple,
L’ombre et la lumière afin d’en faire un couple.

 

Chaleureuse lumière qui ravive la profondeur de mon corps,
Ombre délicate qui rafraîchit mon être et mon âme,
Quel plaisir de sentir fraîcheur dans les flammes,
Esprit de liberté qui vaut son pesant d’or.

 

Tête légèrement penchée,
Avec le sourire d’un être comblé,
Sous les notes de piano j’ai cessé de penser,
Et de permettre à la femme que je suis de danser.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada