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La simplicité avant toute chose

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« Be ! There and now » picture by my friend Rick B. from Germany

 

Réalisation photo : Rick B.

Lien artistique : https://rickb500.deviantart.com/art/Sensual-740819941

La simplicité avant toute chose

« Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme? »

Matthieu 16:26

La simplicité avant toute chose

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, j’ai choisi de mettre du soleil dans ma tête étant donné son absence prolongée dans le ciel du Québec et ce, depuis quelques jours. À vrai dire, selon les données du service météorologique canadien, nous n’avons pas connu un printemps aussi, excusez-moi pour le terme utilisé, exécrable depuis les 75 dernières années. Bah ! L’essentiel est de conserver la chaleur dans notre cœur, le sourire aux lèvres et quelques mots réconfortants pour ceux et celles qui en ont besoin. Et, croyez-moi sur parole, il y en a à profusion au sein de notre monde actuel.

Personnellement, j’ai choisi de vivre au jour le jour afin de ne point me faire subjuguer par tout ce qui arrive actuellement sur notre planète. Vivre au jour le jour ! Être là tout simplement parce que c’est la seule chose qui me soit possible de réaliser au quotidien. Oui, j’aimerais bien changer le monde mais je ne suis qu’un être mortel, destiné à le quitter à un moment où fort probablement je ne m’y attendrai pas et bien limité dans le temps et l’espace.

J’ai donc choisi la simplicité avant toute chose à la1523921046040 suite d’un moment de réflexion. Hé bien oui ! Il m’arrive de réfléchir. Chose rarissime pour un homme. N’est-ce pas ?! Une réflexion qui m’a incité à répondre à une interrogation existentielle : Ai-je réalisé quelque chose de valable au cours de ma vie ? C’est sans équivoque que je peux répondre à une telle question. Cependant, ce que j’ai accompli ne relève ni d’un exploit militaire, ni d’une action politique d’envergure et encore moins la réalisation d’une découverte médicale.

Qu’ai-je donc fait de si particulier ? Tout simplement d’être là. De m’avoir accompli en dépit des « non-dits » à mon endroit. D’avoir réussi à déjouer les plus sombres pronostics médicaux face à ce corps. D’avoir persévéré là ou bien des gens auraient baissé les bras alors que cela n’avait jamais effleuré l’esprit. Certes, je n’ai pas eu la chance ou l’opportunité de me réaliser dans un travail rémunéré au quotidien, mais ce que je fais en tant que modèle vivant, je l’accompli avec dignité et passion. Mais avant toute chose, je le fais dans un objectif absolu : la simplicité avant toute chose.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Poser nu dans la neige

Poser nu dans la neige

Bon début de semaine tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, la vie estMaker:S,Date:2017-12-23,Ver:6,Lens:Kan03,Act:Lar02,E-Y fantastique. En effet, je m’aperçois de la chance de vivre dans un si beau pays qu’est le mien. Un pays où abondent les multiples beautés des quatre saisons. Il va de soi que chacune d’entre elles possède un charme qui est propre. Que puis-je dire de plus de la splendeur des quatre saisons en vous mentionnant ces quelques exemples ? En effet, l’on a qu’à songer au printemps où semble renaître le sol endormi dans les profondeurs du froid boréal, à la chaleur réconfortante des rayons du soleil de l’été et des arbres au feuillage rougeâtre de l’automne annonçant le doux repos hivernal où dame nature sera recouverte d’un beau manteau blanc.

IMG_20180408_101118Ceci me fait penser à une possibilité de création artistique qui se mijote actuellement entre une photographe du Québec et votre humble serviteur. Une création de nudité artistique qui devrait être réalisée dans un proche avenir et ce, à l’extérieur d’un studio. Ce ne sera pas la première fois qu’une telle séance aura lieu pour moi. C’est un fait qu’une telle séance a déjà été vécue, je devrais plutôt écrire expérimentée, dans la région du Saguenay voilà déjà deux ans. Une séance qui se déroula en deux temps: soit lors d’une récitation de poésie pour un public averti et par la suite à l’occasion d’une série de clichés faite par une poète de Saguenay laquelle voulait donner un sens particulier à l’ensemencement du sol.

Certes, j’ai adoré vivre une telle expérience même si cela fut fait dans un cadre plus ou moins formel. Et pour cause puisque cela m’avait permis de découvrir cette ville fort jolie qu’est la ville de Saguenay situés dans la région du même nom. Une ville à l’accent particulier et berceau d’une famille au patronyme le plus commun au Québec.

Quoiqu’il en soit, je souhaite ardemment revivre uneIMG_20180408_131431_715 telle expérience mais avec une photographe professionnelle. Pour quelles raisons me demandez-vous ? Les réponses sont de trois ordres. En premier lieu, le regard féminin possède un potentiel tout à fait différent de celui de la gente masculine. Qu’on le veuille ou non, et ce n’est pas un défaut, les regards portés sur l’autre est souvent influencé par le fait que nous sommes un homme ou bien une femme. Enfin bref, c’est ce que mon expérience de modèle nu m’a permis de découvrir au fil des ans. En deuxième lieu, poser nu à l’extérieur offre une possibilité incroyable de relever des défis auxquels il serait pratiquement impensable d’y songer ne serait-ce qu’une seule fois si cela n’avait pas lieu. En dernier lieu, poser nu en période hivernal, en autant que la température le permet, donnera un cachet de nordicité au résultat final.

Certes, le Québec peut être perçu comme une terre où l’hiver règne presque en maître absolu pendant une période plus ou moins longue. Ce qui provoque en quelques occasions des moments de dépression chez certains de mes concitoyens. Personnellement, je me dis : Voilà une raison de plus de profiter de ce temps pour faire reculer les barrières de créativité. Alors mes amis et amies ! Soyons prêts et prêtes à relever les défis et à se réaliser pleinement beau temps, mauvais temps. Été comme hiver, printemps comme automne. Car qui dit saisons dit la splendeur de la vie.

Merci infiniment de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Voici… un homme.

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Magnifique réalisation par mon ami Eri Kel de la France

« Voici … un homme »  

Réalisation de Eri Kel de la France

Chef-d’oeuvre qui me fait plaisir de partager avec vous.

 » L’homme a le droit inaliénable d’être simplement qui il est. Ni plus, ni moins, sans gloire, ni honte. « 

Le rôle de l’homme est de plus en plus difficile à définir au sein de nos sociétés post industrielles supposément dites «modernes». En effet, qui est-il réellement ? Dans certains cas, on le définit comme un guichet automatique. En d’autres situations, on l’accuse des pires fléaux de l’humanité. On le veut féminisé, castré, honteux même d’être ce qu’il est, voire à le fondre dans le moule aseptisé du politiquement correct d’où il en sortira semblable à un magma sans odeur, sans saveur ni identité. Et pourtant, l’homme doit être accepté dans sa pleine humanité, son identité sexuelle, ses composantes psychologiques et psychiques. Il y en va pour le plus grand bien du genre humain.

Signé : RollandJr St-Gelais de Québec

Faire abstraction des regards

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Magnifique dessin par mon ami Eri Kel de la France

« Faire abstraction des regards »

Réalisation de Eri Kel de la France 

Chef-d’oeuvre qui me fait plaisir de partager avec vous.
RollandJr St-Gelais de Québec

Je reconnais que ce dessin m’interpelle au plus profond de ma personne, et ce pour trois raisons. Lesdites raisons sont inhérentes à mon expérience de vie, parfois drôle, parfois cocasse mais aussi, parfois triste. D’ailleurs, qui d’entre nous peut se vanter de connaître que joie de vivre ou exclusivement de traverser une mer d’épreuves. Nous avons tous nos cheminements de vie. C’est, vous en conviendrez avec votre humble serviteur, ce qui nous permet d’évoluer selon nos capacités. Capacités souvent mises à rude épreuve.

En premier lieu, le regard des autres est souvent le poids le plus lourd à supporter. Peur du jugement d’autrui sur notre corps ? Crainte d’être perçu selon des critères de normalité que je qualifierais de « hors-normes » ? Enfin, comment se perçoit-on face à nos petits défauts physiques et, corollairement, à notre nudité ? Ce sont-là des éléments qui composent notre expérience de vie.

En deuxième lieu, et j’en parle en connaissance de cause, il est souvent plus aisé de poser entièrement nu puisque c’est l’ensemble de notre corps qui est présenté au public. Un public averti tout de même. Alors que le fait de poser habillé peut susciter certaines appréhensions chez le modèle vivant. Je me souviens d’avoir ressenti un certain malaise lors d’une séance où un artiste-peintre, fort courtois et sympathique, devait réaliser un tableau à son kiosque situé à quelques pas du château Frontenac de Québec. Le résultat a été bien au de-là de mes attentes. Je lui en serai toujours reconnaissant.

En dernier lieu, l’évolution de mon regard sur mon corps a été formidable depuis les 20 dernières années. Toutefois, c’est à partir de ma passion en tant que modèle nu que je me suis senti pleinement masculin, authentiquement homme et fondamentalement humain. Et non plus, comme un objet de foire lequel a permis à certains avocats de s’enrichir à mes dépends grâce à la crédulité de mes parents.

Merci de m’avoir lu !

Signé : RollandJr St-Gelais de Québec (Canada)

La blessure

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Séance de Shiwarie (habillé) avec l’aide de Dea Kaizoku

La blessure

 

Tu sais ma tendre bien-aimée,

Mon cœur est sans cesse brisé et torturé,

D’être en ce monde seulement qu’un homme,

Qui se voulait être courageux contre les vents et son ombre.

 

Mais, que puis-je faire contre le destin ?

Qui m’accable de ses maux à travers ses mains ?

Ce que je t’aime ! Tu ne pourras jamais te l’imaginer.

Mers et mondes auraient été à toi si puissant j’étais né.

 

Mon cœur saigne dans d’atroces douleurs,

Mon âme languit dans d’inlassables torpeurs,

Mon corps s’endorlorie sous les cordes de la souffrance,

Et mon esprit se précipite dans le fossé profond de la démence.

 

Profonde et vilaine blessure !

Pourquoi viens-tu grafigner mon cœur pur ?

Ne vois-tu pas que j’aime de tout mon cœur ?

Est-ce là le prix de la passion celle qui est mon bonheur ?

 

La blessure infernale,

Celle qui me fait ressentir ce mal,

Mal d’aimer vraiment malgré mon âge,

Est-ce le lot pour devenir tel un vénérable sage ?

 

De

 

RollandJr St-Gelais de Québec Canada

Quelle peine as-tu eu ?

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Homme libre ! Homme heureux !

Quelle peine as-tu eu ?

 

Ô tendre mère,

Terre de mon corps,

Façonné avec la pureté de l’or,

Existant par-delà cieux et lointaines mers.

 

Peine et souffrance,

Depuis le jour de ma naissance,

Avec quelques beaux moments de répit,

Que tu as tellement aimé et souvent bien rit.

 

Rire de bon cœur

Afin d’oublier tes craintes et tes peurs,

De ne savoir comment allais-je accepter ma situation.

Ne vois-tu pas combien le temps est pour moi si doux et si bon ?

 

Homme viril et plein de vie,

Qui l’aurait pensé ? Qui l’aurait cru ?

Fils d’Adam échappé de son Paradis perdu,

Vivant l’instant présent qui perdure vers l’infini.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Mon corps, c’est mon histoire.

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Mon corps, c’est mon histoire.

 

Corps de sang et de chair

Qui connu amour et guerre,

Qui vécu bonheur et parfois malheur,

En cette vie ! En ces jours ! En ces nuits ! En ces heures !

 

C’est le mien.

Sera-t-il un jour le tiens?

Pourquoi pas ?! Si tu sais l’apprivoiser.

Avec tendresse et soumission et de suaves baisers.

 

C’est mon humble corps,

Crois-moi qu’il vaut son pesant d’or.

Blessures et force en ont fait arme redoutable,

Mais expérience de vie lui confère âme vénérable.

 

C’est mon histoire.

Récit d’un homme qui veut voir,

Admirer dames blanches nues aux dents d’ivoire,

Les emporter aux pays merveilleux et des mille espoirs.

 

Leur faire l’amour en les entendant gémir,

Gémir de plaisir ! Gémir de jouir à en plus finir.

De les satisfaire en parcourant cet endroit interdit,

Tant adulé par Marquis de Sade et ces grands génies.

 

C’est ma chair et mon sang,

Qui sera de ce monde encore longtemps,

Il est le temps de le découvrir de l’immortaliser,

À coups de pinceaux ou  à coups de crayons aiguisés.

 

Devenir immortel !

Tel est son seul désir !

Sur vierge papier il le deviendra,

Pour la postérité, peut-être il le sera.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

À coups de crayons

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Séance au Mont-Tremblant (région des Laurentides) 25 février 2018

À coups de crayons

 

Dans un pays de neige,

Que dire ? Le pourrais-je ?

Que faire devant cet inconnu,

Qui se retrouve là complètement nu ?

 

Nu comme un jour de naissance,

Il prend pose avec tellement d’assurance,

Une pose après l’autre dès les premiers instants,

Il semble prendre plaisir tel un enfant innocent.

 

Comment puis-je le décrire ?

Comment immortaliser ce sourire ?

Corps singulier avec ses formes si particulières,

Et pourtant homme à la joie de vivre avec ses prières.

 

Ô quel grand dilemme !

De le dessiner avec toute cette flegme.

Aucune gêne dans tous ses mouvements,

Car il est heureux depuis fort longtemps.

 

Oui, maintenant c’est décidé.

Sur cette blanche feuille il sera dessiné,

Sortira de mon imagination cet être de plomb,

Que je ferai naître de ma main et à coups de crayons.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Femme de feu

 

Femme de feu

Gracieuseté de mon amie Paule Jean de la France

 

Femme de feu

 

Femme de ce temps,

Femme d’hier et d’aujourd’hui,

Femme qui donne l’existence par la vie,

Femme à aimer pour une nuit de pluie et de vent.

 

Ouvre-moi tes bras,

Laisse-moi t’enlacer avec ardeur,

Laisse-moi te combler avec grande douceur,

Ouvre-toi avec confiance comme si j’étais ton roi.

 

Embrasser l’auréole de tes seins,

À en faire damner les anges et les saints,

À en faire tourner les têtes les moines des monastères,

Qui ne connurent que les seins de leurs tendres mères.

 

Que je ressentes la chaleur de ta peau,

Lorsque je serai en ton intimité avec des mots suaves,

Tu connaitras ces plaisirs car je serai ton esclave,

Jamais homme n’a su te satisfaire en évitant ces maux.

 

Car bien des mouvements profonds,

Saccadés dans les instants où nous nous unissions,

Peuvent être brutaux si nous l’oublions par notre passion,

De ces gestes inavouables par la pudeur comme de la raison.

 

Femme rouge de désir,

Femme qui boira de mon blanc elixir,

Qui assouvira ton besoin d’amour et de volupté,

En attendant la prochaine nuit où tu me dévoileras ta nudité.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une belle trouvaille

Une belle trouvaille :

Ils sont modèles vivants, et nous racontent : « La nudité donne de la puissance »

Par Chloé Pilorget-Rezzouk

Source : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180115.OBS0618/ils-sont-modeles-vivants-et-nous-racontent-la-nudite-donne-de-la-puissance.html

Dans le murmure des ateliers, ils offrent leur corps nu aux fusains, crayons et pastels des artistes ou étudiants en art. Paroles de modèles vivants.

Un jour, un croquis a attiré notre attention. Le modèle, une femme aux cheveux blonds flamboyants, portait sur son corps nu un simple manteau rouge tombant sur ses jambes. Une forme de puissance se dégageait de l’ensemble. On s’est demandé qui était ce modèle vivant : on aurait bien aimé le retrouver, lui poser des tas de questions.
Il suffit de lancer le sujet autour d’une table pour aiguiser la curiosité, susciter une foule d’interrogations d’apparence triviale, mais qui trahissent bien l’aura de mystère, de fascination et d’incompréhension qui enveloppe souvent le modèle vivant : « Ça ne te gêne pas de te mettre nu(e) devant tout le monde ? » ; « C’est facile comme boulot, non ? »

Coups de froid, douleurs articulaires et musculaires… Prendre – et tenir – la pose n’est en réalité pas si simple. En 2008 et en 2014, les modèles vivants avaient manifesté pour faire entendre que poser nu était un « vrai métier », demander la reconnaissance de leur statut et une amélioration de leurs conditions de travail. Professionnels ou occasionnels, ils sont aujourd’hui payés de 20 à 30 euros de l’heure.

Il y a, comme dans tout corps de métier, des modèles courus plus que d’autres, des « stars » du milieu. Il y a d’ailleurs des « bons » et des « mauvais » modèles. Comprendre des plus inspirants que d’autres. Car pour ce qui est de l’art de la pose, l’enjeu ne réside pas tant dans la beauté du corps que dans le don d’une énergie, d’une créativité – celle de proposer, d’inventer des mouvements répondant aux besoins de l’artiste.

Dans « les Yeux nus » publié en 2016, Claire de Colombel, artiste et modèle, écrivait :
« Tant que le corps devant nous ne tremble ni ne transpire, on ne se dit pas que ce qu’il vit est éprouvant. Du modèle, on se demande juste parfois ce qui lui passe par la tête. A quoi tu penses quand tu poses ? »
On leur a soufflé la question, entre autres. Paroles de modèles vivants, d’habitude fort silencieux.

Maria : « Ma façon d’être modèle est très politique »
Maria Clark, 49 ans, 1,68 m, 58 kg. Artiste-plasticienne, et modèle vivant depuis 26.

Comment j’ai eu envie de faire ça

« La première fois, c’était pour mon compagnon peintre. J’avais 23 ans. Mais mes premières poses nues en école, c’était en 1997 aux Ateliers beaux-arts de Paris. C’est par la danse contemporaine que je suis arrivée à la pose. Depuis, j’ai toujours mené en parallèle mon activité de modèle et mon activité d’artiste.

Ce que je gagne
Pendant dix ans, j’ai été modèle professionnelle. Je posais entre 30 et 35 heures par semaine, une journée type se composant de deux séances de trois heures. Je gagnais environ 20.000 euros par an, avec un complément d’allocation chômage.

L’avantage, c’est d’abord une grande souplesse de planning et la chance de pouvoir choisir avec qui on travaille. Gagner ma vie ainsi m’a permis de rester libre pour mes projets artistiques. Au fil des ans, le corps trinque un peu. J’ai décidé de ralentir le rythme pour me consacrer à mon travail personnel.

Moi et mon corps
Je suis quelqu’un de tonique. Je me sens incarnée, engagée physiquement dans mon rapport au monde ; ça me plaît. Mon corps, c’est mon outil de travail, car j’ai également une activité de performeuse.
Je l’ai toujours considéré avec bienveillance. Bien sûr, il y a des parties que je préfère comme mon cou, mes épaules, et d’autres qui me plaisent moins, comme mes fesses.
Je me sens assez libre avec la nudité. Mais en dehors de la sellette, je ne me balade pas nue dans l’atelier. Je serais mal à l’aise. La nudité, c’est mon costume, un habit de peau. On pourrait croire que le modèle nu est vulnérable, mais c’est tout l’inverse : la nudité donne de la puissance.

Quand je suis en séance
16392383Pour m’imprégner de l’ambiance de l’atelier, j’arrive en avance. Derrière le paravent, j’enfile mon kimono de travail avant de l’ôter, une fois sur l’estrade.
Une, cinq, dix, 45 minutes… Je me renseigne sur les temps de pose, car on ne tient pas les mêmes postures en fonction du temps. La douleur vient se nicher dans différents endroits, selon la pose et son mouvement. Il ne faut pas se faire mal ! Le modèle possède une certaine fierté : il ne veut pas bouger, et tenir. Je me souviens d’un travail dans un atelier de dessin : pendant trois mois, quinze heures par semaine, je devais tenir la même pose assise. Au long cours, cette position est devenue douloureuse, les points d’appui finissent par faire souffrir. Je ne le referai plus. Lors des intermèdes de quinze minutes, j’enchaîne quelques étirements. Pour permettre aux muscles et aux articulations de respirer, j’effectue des micro-mouvements intérieurs pendant la pose. Un modèle qui souffre est tendu, et les élèves le sentent.
Durant la pose, je me concentre sur ma respiration, c’est un état proche de la méditation. Je peux passer 45 minutes sans penser à rien. Si les poses sont rapides, alors je pense à la suivante juste avant de changer.
Selon les cours, on est libre de proposer des poses inventives ou amusantes. Une fois, j’ai mis ma tête dans un seau ; une autre, j’ai utilisé des branchages, car la thématique proposée par l’enseignant était la forêt.

Ce que ça m’apporte
J’ai accueilli la pose comme une démarche philosophique qui nous questionne dans16392407 notre rapport au vivant, à ce que l’on est. Quand je pose, je suis Maria, avec mes spécificités ; mais j’incarne aussi, avec humilité, une représentation de l’humanité. Ma façon d’être modèle est politique ; ce qui me plaît dans la pose, c’est que par ma présence, les élèves et artistes peuvent s’épanouir. Je pense que l’art est un espace dans lequel chacun peut devenir qui il est. Or, je crois que c’est par l’épanouissement individuel qu’une société peut aller mieux.

Le regard des autres
J’ai tellement posé pendant dix ans que l’atelier est devenu mon terreau social ! J’oublie que cela peut encore choquer ou étonner les gens d’être nu. Cela plaisait moyennement à mes parents, je crois. Peut-être une peur du qu’en-dira-t-on… Mais ils ont fini par accepter, car j’ai développé, au fil des ans, une pensée artistique et engagée autour de cette activité. »

Christophe : « C’est magique de se voir dessiné par d’autres »
Christophe, 53 ans, 1,75 m, 58 kg. Consultant en environnement, modèle occasionnel depuis cinq ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Je ne suis pas devenu modèle par hasard. Ma mère était étudiante aux Beaux-Arts de Lyon, à la fin des années 1950. A l’époque, les cours de nus n’étaient pas mixtes. Parfois, il arrivait alors que les élèves prennent la place du modèle. Dans le carton à dessins de ma mère, on trouve ainsi à la fois des croquis qu’elle a réalisés et d’autres où c’est elle qui apparaît. Ça m’a marqué. Il y a toujours eu une sensibilité artistique dans la famille, dont j’ai hérité puisque je peins un peu à l’aquarelle.

Ce que je gagne
Avant je posais une journée par mois, ça représentait presque un treizième mois sur l’année. Mais depuis cet été, j’ai perdu mon emploi. Je me suis donné pour objectif d’en vivre. Pour l’instant, je gagne environ 500 euros par mois, en posant par-ci par-là. Je commence à être connu localement, mais il faut faire face à la concurrence, il y a beaucoup de modèles.

Moi et mon corps
J’ai un physique assez mince, plutôt apprécié dans les cours ou ateliers, car mes muscles sont bien dessinés. J’ai toujours fait attention à mon alimentation et, lorsque j’étais plus jeune, je pratiquais énormément de sport de plein air. Je ne pense pas être particulièrement beau, mais je suis bien dans mon corps. Petit, j’ai fait du naturisme avec mes parents.

Quand je suis en séance
Il faut trouver des poses confortables, du moins pas trop en déséquilibre. J’essaie16392311 d’avoir au moins trois points d’appui différents pour pouvoir basculer discrètement de l’un à l’autre afin de détendre un peu les muscles et faire circuler le sang. En plein hiver, c’est assez dur : il n’est pas rare d’avoir froid, malgré le chauffage. Dès que la pause survient, j’enfile mon peignoir. Je ne pose pas toujours à poil. Je viens parfois avec un chapeau, et même avec des vêtements originaux pour les cours de croquis de personnages. Un pantalon à motif écossais ou rayé permet aux élèves de travailler le pli des vêtements en plus du mouvement du corps. Ce que ça m’apporte
Je trouve cela magique de se voir dessiné par les autres, même si cela n’est pas toujours très fidèle. J’aime particulièrement lorsque les élèves sont peu nombreux et crayonnent par terre, à mes pieds, près de la sellette. C’est génial parce que je peux voir le dessin se construire au fur et à mesure.

Le regard des autres
En en discutant avec mes amis, j’ai découvert que l’une de mes copines avait envisagé de le faire quand était étudiante pour gagner un peu sa vie. Plus j’en parle, plus j’ai l’impression que ça choque de moins en moins. »

Sheraz : « Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien »
Sheraz, 38 ans, 1,62 m, 56 kg. Travailleuse sociale, modèle vivant occasionnel depuis bientôt trois ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Depuis très jeune, je dessine des nus d’après des reproductions ou mon imagination. Je trouve ça très beau, le nu. Il y a quelque chose de gracieux, d’inspirant. J’ai toujours beaucoup admiré les modèles. L’idée venait, partait, revenait… Je me répétais : ‘Quand je serai prête.’ À 36 ans, j’ai eu le déclic : ‘Faut que je fasse les trucs dont j’ai envie, sinon je vais le regretter.’ J’ai répondu à des annonces d’artistes indépendants. C’est comme ça que j’ai commencé.

Ce que je gagne
Je ne pose pas à temps plein, ça reste de l’ordre du plaisir. Le mois où j’ai touché le plus, j’ai empoché 300 euros.

Moi et mon corps
Poser nue ne me pose pas de problème, mais je n’irai jamais sur une plage naturiste ou me mettre « topless ». En séance, je me dis parfois que j’ai un peu de ventre, qu’il faut que je fasse gaffe pour être plus à l’aise devant les autres. En fait, les gens ne sont pas là-dedans. Entre mes 15-20 ans, j’étais très forte. Puis, je me suis affinée. Devenir modèle m’a permis de me percevoir autrement, de renouer avec un côté féminin. Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien, ça valorise. On me dit que je suis harmonieuse, que je dégage de la sensualité. Avant, je me voyais moins.

Quand je suis en séance
À chaque fois, j’ai le trac. J’espère inspirer. Dès le moment où l’artiste pose ses yeux16392309 sur moi, l’appréhension s’en va. Au début, j’avais besoin d’être guidée pour les poses. Il y en a certaines à ne pas faire : à genoux sur les orteils repliés, les bras levés au-dessus de la tête… Ça fait trop mal. Quand je pose, j’essaie de penser à autre chose. Je me remémore de bons moments pour ne pas penser, justement, au fait que je ne dois pas bouger. La douleur passe et revient, mais il faut tenir. En atelier, je n’écarte jamais les jambes. Ça ne se fait pas trop. Je me le suis permis seulement avec deux artistes, je me sentais à l’aise. Certains peuvent être un peu dans la séduction. Une fois, j’ai senti le regard changer : il devenait lubrique, pervers. J’ai lâché de manière ferme : ‘Ta façon de me regarder, ça ne va pas être possible.’ Au fond, j’avais hyper peur. Je suis partie.

Ce que ça m’apporte
Le fait d’être passée de l’autre côté, c’est fort. En entrant dans l’atelier d’un artiste, j’entre dans son monde. Chacun a son univers : ça m’a ouvert à des styles ou des œuvres que je ne voyais pas auparavant. Et puis, une sorte de co-création s’opère, alors qu’en regardant un tableau on ne pense pas forcément au modèle derrière.

Le regard des autres
C’est un peu compliqué avec les hommes. Le dernier, il fallait toujours que je le rassure sur la façon dont ça s’était passé. Beaucoup ne comprennent pas que le désir est sublimé par l’art, qu’on n’est pas dans une démarche de drague. ‘C’est obligé que le mec ait envie de toi’, me disent certains. En fait, je n’en parle pas, pas même à mes amis. Quand je vais poser, c’est mon moment, mon espace à moi. »