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Par un bon matin

Par un bon matin Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Pajunen Source : https://www.deviantart.com/pajunen/art/May-914942263

Par un bon matin

 

En ce temps-là, nous pouvions aimer.

Toutes les femmes que nous admirions.

Que nos regards portaient jusqu’à la vénération.

Être un homme authentique était loin d’être un péché.

 

Nous ne nous posions jamais mille questions.

Pas de réseaux sociaux peuplés de gens asociaux.

Qui ont plaisir à juger ceux qui font quoi de beau.

La vie, avec sa simplicité et sa beauté, nous la vivions.

 

Nous prenions les journées comme elles venaient.

Un jour mauvais ? Ce sera mieux demain ! Voilà le secret.

On se disait, avec raison, à quoi bon craindre mille regrets.

On s’arrangeait comme l’on pouvait avec ce que l’on avait.

 

Il y avait certes des reportages sur les conflits armés.

Mais, on savait fort bien quoi faire pour s’en défaire.

On éteignait la télévision et on partait prendre de l’air.

Aujourd’hui, on a les cellulaires pour être à l’affût de l’actualité.

 

Ne vous demandez pas pourquoi tant de gens marchent au Ritalin.

Tout porte à croire qu’il est interdit d’être simplement heureux.

Pourtant, les mers font encore de belles vagues sous le ciel bleu.

Et que tout soit possible si nous prenions entre nos mains notre destin.

 

Reviendra-t-il un jour, ce temps de l’amour sans chagrin ?

Cet âge où nous nous baladions dans le jardin de l’innocence.

En ce temps-là, il était permis respecter le droit au silence.

Je rêve tant me réveiller dans cette époque par un bon matin.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Je suis une autre victime

Je suis une autre victime Poème de Rolland Jr St-Gelais Réalisation photo par Mariannnalnsomnia Source : https://www.deviantart.com/mariannainsomnia/art/Victims-914440195

Je suis une autre victime

 

Je me suis levée.

En pensant à mon amoureux.

Je voulais tant que nous soyons heureux.

Voilà pourquoi je m’étais mise toute en beauté.

 

Cette journée allait être si particulière.

J’en avais tellement parlé avec ma tendre mère.

Ses yeux brillèrent en entendant mes mots de bonheur.

Qu’en mon cœur je croyais que loin de moi était le malheur.

 

Puis le jour, que j’imaginais béni, arriva.

Celui pour lequel pour toujours tout s’arrêta.

Je me suis rendue chez lui alors qu’il tenait une bouteille à sa main.

Un verre puis un autre et un autre allaient sceller à jamais mon destin.

 

Ses paroles douces comme du miel,

Se changèrent en propos aigres comme du fiel.

Puis les questions absurdes firent place à des actes de violence.

Dès cet instant disparurent dans les limbes mes rêves d’innocence.

 

J’ai supplié, maintes fois, d’arrêter de me frapper.

Moi, qui étais venue, tout mon amour, lui témoigner.

Ma joie de vivre se transforma en détresse indescriptible.

Doux Jésus ! Je ne pouvais pas croire qu’existait une chose si horrible.

 

J’ai senti le sang couler lentement sur mon visage.

En quelques secondes, je fus transportée vers un autre âge.

J’ai tout de même pu écrire, avant de rendre l’âme, ces mots en rime.

Car, devant la fureur de certains hommes, je suis une autre victime.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

De sa fenêtre

De sa fenêtre Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par MTL3 Source : https://www.deviantart.com/mtl3/art/Bedroom-Window-907237199

De sa fenêtre

 

Parmi mes souvenirs,

De ma lointaine adolescence,

Période qui nous tire de l’innocence,

Il y en a un qui me fait particulièrement sourire.

 

Une de mes voisines.

Qui, je crois, s’appelait Françoise.

Avec sa chevelure parfumée à la framboise.

Elle suscitait en moi mes premières pensées coquines.

 

N’allez pas douter que je lui aurais manqué de respect.

Bien au contraire, mes yeux étaient ébahis par sa beauté.

Celle d’une jeune femme, qui, de mon regard, avait tant attiré.

De bonnes éducations, aucun affront envers elle, je lui aurais fait.

 

En silence, devant sa fenêtre, souvent, elle se trouvait.

Elle s’y découvrait dès l’instant où elle sortait de sa douche.

Prenant grand soin à se badigeonner d’une crème sur sa peau douce.

Une vision qui certes peupla mes songes lorsque dans mes draps je m’y glissais.

 

Ce que j’aurais donné pour avoir été plus âgé !

Adolescence ! Le temps où tant de rêves sont irréalistes.

Ô, vieillesse pour laquelle le passé, ne pouvoir le rejoindre est si triste.

Ainsi en est-il pour tous les êtres humains de leur ultime destinée !

 

Je dois reconnaître sans aucun regret mes amis.

Que j’ai fait plus tard la rencontre de femmes magnifiques !

Avec qui, j’ai vécu bien des moments semblables à des contes magiques.

C’est Françoise pourtant qui m’a fait découvrir ce qu’une dame pouvait être jolie.

 

De la fenêtre de sa chambre, elle tira avec lenteur le rideau.

Y laissant pénétrer, avec parcimonie, la lumière tamisée du ciel étoilé.

C’est avec ma voisine que mon premier grand amour allait l’accompagner.

Sans le savoir, j’étais épris de passion en ces jours de jeunesse où tout était beau.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Elle avait mis ses bas de nylon

Elle avait mis ses bas de nylon Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par MTL3 Source : https://www.deviantart.com/mtl3/art/Witchy-Pixie-on-the-Bed-912821492

Elle avait mis ses bas de nylon

 

Je me rappelle lundi soir,

Après une sincère confession.

Je suis allé dans un lieu de perdition.

Car il était vraiment loin d’être tard.

 

Prenant le bus pour m’y diriger.

Je me sentais un homme nouveau.

Tout frais, tout propre et tellement beau.

Je voulais terminer agréablement cette fin de soirée.

 

Arrivé à cette destination.

À ce club de la rue Lamontagne.

Une femme jolie habillée d’un pagne.

M’a accueilli avec un sourire à en perdre la raison.

 

Mais, c’est notre bon ami Rolland !

Elle m’a dit, en m’invitant, dans cette maison.

Où j’avais déjà fait de si belles fréquentations.

Des relations qui sont en ma mémoire pour longtemps.

 

Elle m’a amené vers ma salle habituelle.

En apportant sous le bras quelques serviettes.

Quelle demoiselle attentionnée ! Que cette Ginette !

Une jeune dame à qui j’aimais conter fleurette.

 

Après avoir pris une bonne douche.

En compagnie d’une femme si coquette.

Nous sommes allés vers ma chambrette.

Alors que je sentais son parfum sur sa peau douce.

 

Puis-je vous demander une faveur, cher ami ?

Je voudrais revêtir ce qui est le plus précieux.

Un porte-bonheur qui vous rendra heureux.

Je lui répondis : mais, faites ! Je vous en prie.

 

Elle enfila ses bas de nylon.

Faits de soie de la lointaine Chine.

Ce qui mit en évidence sa taille si fine.

Une beauté qui accentua notre passion.

 

Elle se coucha aussitôt sur les draps dorés.

Faisant signe de la rejoindre dans son jardin.

M’exhortant à m’abandonner entre ses expertes mains.

Me donnant ainsi une raison pour retourner me confesser.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le noir te va si bien

Le noir te va si bien Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par rasmus-art Source : https://www.deviantart.com/rasmus-art/art/It-s-Clean-911570014

Le noir te va si bien

 

Il y a de ces femmes que jamais je n’oublierai.

Ces dames belles et fraîches comme le mois de mai.

Mais, il y en a une qui a gravé sa beauté en mon esprit.

Une qui m’a enchanté par son visage et par son corps si jolis.

 

Une femme de Paris, ville lumière de la douce France.

Et sa joyeuse java, un air qui chaque fois me déhanche.

Nous nous étions fixé depuis longtemps notre rendez-vous.

Dans un de ces clubs où l’on danse comme des fous.

 

Je m’étais soigneusement préparé pour passer une agréable soirée.

Propre comme sou neuf, habillé tel un prince et légèrement parfumé.

J’avais si hâte de te revoir en ce haut lieu où se rendait le Tout-Paris.

J’avais en mon intérieur une petite idée que j’allais être surpris.

 

Je savais, depuis tout ce temps que je te connais, la galerie, tu allais étonner.

Depuis le jour, où à tes parents, ton désir d’être modèle nu, tu leur as entonné.

Puis, j’ai attendu une voiture, de couleur sombre vêtue, rouler à toute allure.

Sur la route de cette ville vouée aux plaisirs, aux vices et à la désinvolture.

 

Elle ralentit doucement afin de préserver la beauté de sa passagère.

Qui arriva sur les bords du chemin tel un vaisseau venu d’une autre ère.

Dès ton arrivée et sans attendre, en un temps, trois mouvements, tu descendis.

Offrant à mes yeux un spectacle si extraordinaire qui m’a longuement ébloui.

 

Je n’avais jamais connu une femme si libre de toute ma vie.

Cette liberté si rarissime, tu la transpires chaque fois que tu me souris.

Ô, mon amour ! Si tu le veux, tu seras « mienne » comme je serai « tien ».

Ô, ma chérie ! Je dois te dire une chose : comme le noir te va si bien.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada