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Le plus beau des présents

Le plus beau des présents Poème de Rolland Jr St-Gelais Dessin par Yves Deniaud

Le plus beau des présents

 

Bonsoir madame,

Vous êtes bien à l’heure,

Pour notre plus grand bonheur,

Mettez-vous près du foyer où dansent les flammes.

 

Ne soyez pas gênée,

Enlevez vos vêtements,

Nous en aurons pour longtemps

Rassurez-vous, cela sera fait en toute intimité.

 

Puis-je vous offrir un verre?

Quelque chose pour vous réchauffer,

Afin que vous soyez détendue en cette soirée,

Une soirée qui étrangement me fait penser à l’hiver.

 

Ah ? Je vois que vous avez choisi votre pose.

Une pose qui démontre en mes talents une certitude,

Une pose bien simple qui respecte votre style bien prude.

Permettez-moi que j’installe mon corps fatigué de porter ses os.

 

Ce corps qui en a vu du pays,

Qui a parcouru des paysages variés,

En toutes saisons en hiver comme en été,

Et ces yeux qui ont découvert tant d’horizons infinis.

 

Je me souviens d’être allé déjà au pays du soleil levant,

Y avoir découvert des valeurs bien différentes des nôtres,

Celles dont j’ai appris à apprivoiser même si ce sont les vôtres,

Ces valeurs qui dureront encore très longtemps assurément.

 

Je n’ai jamais eu la chance de dessiner une femme de cette région,

Pourquoi donc? Me suis-je à quelques reprises questionné.

Peut-être parce que l’occasion ne s’était jamais présentée.

Quoiqu’il en soit, il y a tant d’autres questions.

 

Je vous regarde en cet instant,

Veuillez, de grâce, ne plus bouger,

Car je veux immortaliser votre beauté,

Votre corps magnifique est le plus beau des présents.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Otohimé

Otohimé Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Alain Modèle par Atsuko Poème inspiré de la mythologie nippone

Otohimé

 

Lorsque j’étais enfant,

J’adorais lire des histoires,

De ces récits jusqu’à tard le soir,

De ces légendes sur les mers et sur les océans.

 

Il y en a une parmi celles-ci,

Qui est restée en ma mémoire,

Et qui, parfois, reflète en moi, tel un miroir.

Qui en des temps de solitude me vient à l’esprit.

 

Une déesse vivait jadis dans les profondeurs des eaux,

Ayant pour compagnes de nobles créatures remplies de bonté,

Une d’entre elles fut, par un pêcheur, de son filet, libérée.

Elle s’en alla raconter à Otohimé à propos de ce geste si beau.

 

Sachant cela, Otohimé invita celui-ci dans son palais.

Où il pourrait rester aussi longtemps qu’il le voudra,

Homme modeste, y être pour quelque temps, il accepta.

Car sa femme et ses enfants seuls à ses yeux comptaient.

 

D’une âme si belle en un être humain, Otohimé s’étonna.

Après avoir vécu dans son palais sept jours et sept nuits,

Il demanda à la déesse l’autorisation de retourner chez lui.

Elle lui offrit un cadeau avant qu’en sa maison il retournât

 

« Prends cette boîte mon ami,

Ouvre-là seulement lorsque ton cœur,

Lorsque ton âme sera envahie par la tristesse et la peur,

Dès l’instant que tu l’auras ouverte, loin de toi seront tes soucis. »

 

Après avoir fait ses adieux,

Il monta à bord de son embarcation,

Il navigua vers une ancienne destination,

Une terre qui lui sera étrangère et sous de nouveaux cieux.

 

Aussitôt qu’il a mis les pieds à terre,

Tout lui était étrange, tant les êtres et les lieux.

Qu’était-il donc arrivé à ses amis, les jeunes et les vieux?

Point de quai de pêcheurs en son village devenu maintenant un enfer.

 

Il se demanda où était sa famille,

Qu’étaient devenus son épouse et ses enfants?

Tous le fuyaient en le dévisageant sans ménagement,

Ne savaient-ils pas qu’il avait navigué sans arrêt des milles?

 

Rempli d’une grande tristesse,

Il s’assit avec prudence sur le bord de la grève,

Se souvenant des paroles d’Otohimé comme dans un rêve,

Sortant alors la boîte de son sac avec une minutieuse délicatesse.

 

Il se rappela alors ces belles paroles,

Ouvrir cette boîte lorsque son âme et son cœur,

Tous les deux feront face à la désolation et à la frayeur,

Une fois ouverte, une nuée entoura l’homme telle une auréole.

 

Aux nouvelles télévisées,

On annonça la découverte d’un corps,

Un inconnu qui était depuis longtemps mort,

Fait étrange ! Il portait des vêtements de sept siècles passés.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Es-tu Ève ?

Es-tu Ève ? Poème par Rolland Jr St-Gelais Photo par JREKAS Source : https://www.deviantart.com/jrekas/art/and-I-used-to-be-Eve-887473422

Es-tu Ève ?

 

Écoute-moi, ô femme étrangère.

Entends ma supplique, mon humble prière.

Réponds-moi, je t’en conjure, ô ma très chère.

Viens-tu d’une contrée de paix ou d’un pays en guerre ?

 

Rarement, mes yeux ont vu un corps si menu.

Tu es belle comme un ange descendu des cieux.

Je n’ai jamais eu la chance d’admirer une telle beauté,

D’une femme qui possède une silhouette si bien sculptée.

 

Es-tu le fruit de mon incontrôlable imagination ?

Es-tu l’une de mes nombreuses hallucinations ?

Pourquoi as-tu franchi les terres de toutes ces nations ?

Serait-ce pour semer en mon esprit une telle confusion ?

 

Tu me rappelles Ève et son bien étrange récit,

La source de tous nos malheurs et de nos maladies,

Depuis le jour où elle fit manger à Adam le fruit interdit,

Qui acquiesça à sa demande, car ébloui par sa beauté infinie.

 

Toi que je vois en cet instant précis,

Toi, qui en mes songes, je suis à ta merci,

Toi, pour qui l’espace d’un souffle, je perds l’esprit

Laisse-moi te prendre dans mes bras, je t’en prie.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Que puis-je dire?

 

Que puis-je dire? Poème par Rolland Jr St-Gelais Photo par JREKAS Source : https://www.deviantart.com/jrekas/art/Two-female-artists-in-the-evening-881221624

Que puis-je dire?

 

Que puis-je dire?

Que puis-je choisir?

Qui puis-je au fond élire?

Qui puis-je entre les deux chérir?

 

Deux beautés faites d’os et de chair,

Deux beautés dont leur parfum embaume l’air,

Deux déesses dans lesquelles coule un sang pur comme naguère,

Deux beautés avec qui je ferai l’amour, jamais la guerre.

 

De leurs regards, je suis pétrifié.

De leurs regards, je suis devenu envoûté.

De leurs regards, je suis devenu ensorcelé.

De leurs regards, je suis devenu à jamais possédé.

 

De leur charme, chaque nuit, je crois y voir une illusion.

De leur charme, chaque jour, elles vivent à l’unisson.

De leur charme, chaque heure, elles le donnent à profusion.

De leur charme, pour toujours, je suis à sa soumission.

 

Et que dire de leurs seins?

De ces seins que je caresserai à pleines mains,

De ces seins bénis des cieux, de Dieu et de tous les saints,

De ces seins qui un jour allaiteront un enfant pour lui offrir un lendemain.

 

Deux beautés européennes,

Deux beautés des contrées de Rimbaud et de Verlaine,

Deux beautés des pays nordiques et leurs manteaux de laine,

Deux beautés des gens du Midi au sang chaud coulant dans leurs veines.

 

Quel exploit devrais-je accomplir pour passer une seule nuit?

Une nuit d’amour, une nuit de tendresse sous la lune qui reluit,

Quel exploit devrais-je réaliser pour qu’elles me disent oui?

Un oui qui comblera mon cœur à cet instant et à l’infini.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le monde est en décombres

Le monde est en décombres Photo par Gb62da Poème par Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/World-in-ruins-886071671

Le monde est en décombres

 

Ô ma chérie,

Oui toi, ma jolie.

La source de ma vie,

Celle pour qui mon cœur est pris.

 

Ne crois pas tout ce que l’on raconte,

Certes, la vie n’est pas toujours un beau conte.

Un conte de fées avec des rois, des reines et des comtes,

Malgré ce qui peut arriver de nos jours, seul l’amour compte.

 

Ici, des guerres. Là, des famines. Et puis là, des malheurs.

Était-ce écrit depuis toujours, depuis des heures ?

Existent-ils des moments de pur bonheur ?

Un instant de plaisir est-il qu’un leurre ?

 

Pour moi, tout ce qui me rend heureux.

C’est d’être avec toi sous le regard des cieux,

De ces chimères, de ces génies et de ces dieux,

Inventés par les hommes face à la mort qui les émeut.

 

Oui, mon amour, le monde est en décombres.

Tout semble qu’un épais brouillard parsemé d’ombres.

Mais, souviens-toi, de cette pluie fraîche et fine dans la pénombre.

Qui fit place au soleil quand nos cœurs s’unirent malgré leur surnombre.

 

Prends-moi par la main et poursuivons notre chemin.

Il y a pour toi et moi sûrement un meilleur destin.

Mon amour, n’attends pas jusqu’à demain.

Crois-moi, nos vies sont entre nos mains.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada