Archives de tags | belle dame

Gustave le mangeur de saucisse

Gustave le mangeur de saucisse Poème de Rolland Jr St-Gelais Peinture par Noble Roro de la France

Gustave le mangeur de saucisse

 

Ce week-end, je suis allé en un coin de l’Allemagne.

Un de ces pays qui formaient jadis un véritable empire.

Une de ces régions où l’on aime bien boire et bien vivre.

Un empire fondé par mon ancêtre, l’empereur Charlemagne.

 

Dans un joli petit village de Bavière,

Je suis arrêté pour y déguster une bonne choucroute.

En savourer dans une auberge, peu importe ce que cela me coûte.

Il va de soi qu’en cette région tout s’accompagne d’une bonne bière.

 

Aussitôt entré dans un lieu quelque peu étranger.

Une belle dame aux yeux bleus et aux cheveux blonds,

Est venue à ma table de fleurs décorée en quelques bonds.

Elle me demanda, avec grand sourire, ce que je désirais manger.

 

Bien que je parle très bien la langue de Martin Luther,

Je lui montrai sur le menu une bonne choucroute appétissante,

En lui indiquant une bière de cette région fort étonnante.

Ô, mon Dieu, que ce petit péché ne m’amène point en enfer.

 

Mais, au fait, j’ai oublié de me présenter, mes amis.

Je m’appelle Gustave, originaire de l’Alsace et de la Lorraine.

Une région de la France où j’ai rencontré la belle Helen.

Une femme, avec grand amour, j’ai marié pour la vie.

 

Nous parlions tant la langue de Goethe que celle de Molière.

Nous nous disions des mots d’amour et de tendresse,

Hélas, nous n’avions pas d’enfant à notre détresse.

Toutefois, elle était une excellente cuisinière.

 

Oui, je parle bel et bien au temps passé.

Car, il y a de cela quelque temps, elle est partie.

Rejoindre un lieu que l’on appelle avec affection le paradis.

Ô, si vous saviez comme je l’ai aimée, voire adorée.

 

Heureusement, elle me faisait cuire sa grande spécialité.

Je suis le seul, et l’unique, Gustave le mangeur de saucisse.

Je l’avoue d’emblée, la gourmandise est mon humble vice.

Quel bonheur de pouvoir déguster de la saucisse bien apprêtée !

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Un jour, vous serez là

Un jour, vous serez là Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/Untitled-899608721

Un jour, vous serez là

 

Ô belle dame, nous le savons bien.

À l’heure fatale, face à vous, nous n’y pourrons rien.

Soyez sans crainte, je sais que vous êtes loin d’être méchante.

Même si l’instant de votre arrivée toujours trop tôt nous hante.

 

Parfois, on vous accuse de tous les maux.

Alors que vous faites que votre travail sans dire un mot.

On craint souvent votre venue, car un être cher, souvent vous emporter.

Parfois, on vous remercie de mettre fin à la souffrance d’un être que l’on a tant aimé.

 

Nul ne sait où vous nous amenez,

Vers un autre monde, l’on nous a enseigné.

Parmi les sages qui ont apprivoisé cette crainte insensée,

St François d’Assise est le premier à vous avoir appelé notre sœur bien-aimée.

 

Nul ne peut à votre présence inéluctable se défiler sans violence.

La vie est ainsi faite que c’est grâce à vous qu’elle prend toute son importance.

Belle dame à la chevelure argentée et à la peau blanche comme du lait.

Puis-je vous demander une modeste faveur, une humble requête, s’il vous plaît?

 

Laissez-nous encore notre merveilleux père,

Ne serait-ce que le Temps des fêtes sur terre,

Que nous puissions lui dire comme nous l’aimons,

Car c’est par son exemple, cette vie nous adorons.

 

Lorsque le jour de son départ sera arrivé,

Emportez-le avec le plus doux des baisers.

Il est comme tous les humains tout à fait imparfaits.

Mais, que son amour envers nous est plus que parfait!

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Veuillez m’accorder cette faveur

Veuillez m’accorder cette faveur. Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/473e494e54d2-895276534

Veuillez m’accorder cette faveur

 

En cette nuit étrange,

Appartenant à un ancien archange,

Nuit maudite peuplée d’âmes damnées,

Sortis des enfers pour en cette terre y vagabonder.

 

J’étais un pirate qui avait écumé les sept mers,

Au grand désarroi de ma fiancée et de ma sainte mère,

J’ai ragé avec force des navires battant tous les pavillons,

Pillant et tuant çà et là, à en perdre à la fois l’âme et la raison.

 

Des femmes belles comme des fleurs, j’ai usé de leurs charmes.

Des soldats de tous les royaumes, je n’ai pas craint d’affronter leurs armes.

La peur m’était étrangère en ces contrés ravagées par la famine et la guerre,

Car, de leur foi et de leurs lois, je n’en avais quoi en penser, quoi faire.

 

Un jour ou une nuit, je ne m’en souviens plus.

Des gardes armés jusqu’aux dents pour me capturer sont venus,

Sans forme de procès, avec précipitations et sans défense, on m’a condamné.

Au bout d’une corde au gibet, je me suis balancé, jusqu’à ma mort soit prononcée.

 

Dans les flammes de l’enfer, je me suis retrouvé pour l’éternité.

Une bonne action, que jadis j’avais faite, mes juges s’étaient rappelés.

Un seul vœu ils m’ont alors accordé de prononcer lors de leur sentence,

Qu’œuvre de chair je puisse accomplir une fois l’an pour éviter la démence.

 

Ayant longuement délibéré entre eux,

Ils m’accordèrent le privilège de réaliser ce vœu.

S’il vous plaît, belle dame, veuillez m’accorder cette faveur.

De déguster votre intimité et d’emporter en mon cœur sa douce saveur.

 

En cette nuit si belle et si magique,

Où règnent tous les êtres extraordinaires et féériques,

Ce que je donnerais afin de sauver mon âme et refaire ma vie,

Mais, je ne regretterai jamais les femmes avec qui j’ai partagé mon lit.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

En lui donnant cette originalité

En lui donnant cette originalité Poème de RollandJr St-Gelais, Photo par Alain, Modèle par Atsuko

En lui donnant cette originalité

 

Je me souviens de ces années,

De ce temps où nous pouvions aimer,

De cette période où nous pouvions espérer,

De ces années où pouvions sans cesse rêver.

 

Je commençais à peine à dessiner,

Cela a toujours été mon rêve depuis que je suis né,

Rien de plus normal, car par des parents-artistes j’ai été élevé.

Entre mes lèvres passèrent tant le sein maternel que les crayons à colorer.

 

Fils unique d’une famille aux mœurs inhabituelles,

Amoureux de cette musique de ces années si belles,

Curiosité sans cesse aiguisée par de jolies ribambelles,

D’un esprit égayé par le charme de la campagne et des hirondelles.

 

J’ai bien malgré moi vieilli,

Et, comme tout le monde, j’ai dû quitter le nid.

Le nid familial où mon père et ma mère s’aimèrent chaque nuit,

Pour aller vivre dans une cité lointaine afin d’y poursuivre ma vie.

 

Jeune homme libre d’esprit et ouvert à la nouveauté,

Amant des arts de toutes tendances et là où il y a la beauté,

J’ai placé une petite annonce dans le journal de cette localité;

Artiste en herbe cherche jeune dame, pour une peinture de nudité.

 

Peu de temps, à ma porte, est venue sonner,

Une belle dame aux allures et à l’accent étrangers,

Comme il se doit, je l’ai invitée poliment d’entrer,

En m’excusant d’avoir quelques joints fumés.

 

Sans plus attendre, elle entra dans ma modeste demeure.

Sa beauté était telle que j’en avais oublié le jour et l’heure,

Elle m’a dit que de poser nue, cela la comblerait de bonheur.

Car dans son pays, cela ne pouvait pas se faire sous peine de malheur.

 

 Sans plus attendre, elle enleva ses vêtements.

Elle prit la pose tout bien naturellement,

Pendant je me suis installé calmement,

En me roulant un joint minutieusement.

 

J’ai laissé aller mon imagination sans retenue,

Afin de dessiner cette femme si belle et nue,

D’une beauté comme je n’en avais jamais vu,

Quelle chance! La vie m’a permis d’avoir eu.

 

Mes doigts naviguèrent sur le papier,

Comme sur une mer agitée au mois de mai,

À chaque coup de crayon, j’en avais le souffle coupé.

Car mon seul désir était de votre beauté, l’immortaliser.

 

La rendre immortelle en lui donnant cette originalité,

D’être dessinée avec ces couleurs qui représentent ces années,

Où l’on pouvait vivre nos passions avec une entière liberté,

Et faire l’amour loin de toute cette hypocrite moralité.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La leçon de guitare

La leçon de guitare Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Mic-Ardant Source : https://www.deviantart.com/mic-ardant/art/The-Guitar-Lesson-Scene-de-Genre-888071207

La leçon de guitare

 

En une chaude soirée d’été.

À une étrange leçon, je suis allé.

Une leçon de guitare bien particulière,

Dans un décor modeste et une faible lumière.

 

Aussitôt mon arrivée en ce lieu assez inusité,

Une belle dame m’invita d’y entrer avec gaieté,

Modeste appartement meublé d’objets ici et là mêlées,

D’une simple table de bois sur laquelle une guitare était déposée.

 

Table revêtue d’une couverture chaude et d’un rouge corail,

Accueillant cette guitare, telle une enfant retournant au bercail.

Assise avec aplomb sur la chaise prête à me donner la leçon,

Elle m’invita à me placer sur ses jambes avec belle façon.

 

Glissant ses doigts avec délicatesse sur mon corps de déesse,

Afin d’harmoniser les cordes de mon être avec tendresse.

Je la laissai accomplir avec confiance son introduction,

À ce qui allait devenir ma toute première leçon.

 

Sentant surgir au plus profond de mon intimité,

Un liquide qui allait avec candeur me faire soupirer.

Un soupir d’un immense bien-être en réponse à un tel savoir-faire,

En ce lieu secret où nous étions sereines et libres comme l’air.

 

Sur un air des années de paix et d’amour,

Une chanson de cette époque révolue pour toujours,

J’ai compris que les vibrations des cordes avaient de l’importance,

Puisqu’en elles émanent leurs plus belles romances.

 

Index et majeur sont sur mon nombril légèrement appuyés.

Cherchant de son autre main ma forteresse avec belle agilité.

Câlinant avec profusion de ses doigts ce lieu de plaisir inhabituel,

Je me suis sentie de plus en plus femme, de plus en plus belle.

 

Leçon de guitare prodiguée jusque tard dans la nuit,

Tellement tard que j’acceptai de me retrouver dans son lit,

Un lit où nous nous sommes endormies enlacées telles des amoureuses,

Une leçon de guitare que je n’oublierai jamais, car j’étais tellement heureuse.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada