Archives de tags | Grand Mère

Miroir, miroir, joli miroir

Miroir, miroir, joli miroir
Photo par mchuprin de la Russie. Source : https://www.deviantart.com/mchuprin/art/5763-852997366

Miroir, miroir, joli miroir

 

Miroir, miroir, joli miroir.

Que vois-tu lorsqu’il fait noir?

Vois-tu les amoureux s’embrasser?

Vois-tu les amants tendrement s’enlacer?

 

Suis-je la plus belle?

Je le sais bien que je ne suis guère éternelle.

Voici pourquoi ma beauté est importante à mes yeux

Car elle est parmi les biens donnés par les dieux le plus précieux.

 

Beauté éphémère léguée par ma mère,

Transmises par une mystérieuse grand-mère,

Qui possédait un grimoire renfermant des incantations,

Par lequel elle invoquait anges déchus appelés les démons.

 

Leur promettant son âme pour l’éternité,

En échange de léguer pour toujours sa grande beauté,

Aux seules descendances féminines de la première lignée,

Et, en particuliers, à la première de la famille des filles nées.

 

Miroir, montre-moi mon avenir.

Que me réserve-t-il de la chair ses plaisirs?

De la vieillesse et de la maladie peut-on s’en prémunir,

Car de ces maux, en cette vie, je ne veux point ainsi en finir.

 

Miroir, miroir, joli miroir en mes mains,

Miroir forgé en une seule pièce dans de l’étain,

Dis-moi, peux-tu me dire comment sera fait demain?

Car, à voir ce qui se passe en ce monde, le futur semble si incertain.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La chaise berçante

IMG_20200731_173758
Photo et poème par RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

La chaise berçante

 

La chaise berçante de mon grand-père

Où il se berçait pendant qu’il regardait ma grand-mère,

Ne sachant comment lui dire comme il l’aimait,

Car difficile de dire les choses pour un homme il en était.

 

Il lui suffisait de la regarder pour ses yeux les illuminer,

Les illuminer en entier comme un ciel étoilé,

Il se berçait en silence tout simplement,

D’un mouvement bien lentement.

 

Ressemblant à un pendule d’une horloge,

Après avoir tant travaillé dans une forge,

Il aimait y passer de longues heures à rêver,

À penser à d’autres lieux qu’il aurait aimé visiter.

 

Je me souviens des histoires,

Qu’il aimait tant me raconter tard le soir,

Lorsque mes parents et moi allions le rencontrer,

Durant mes vacances pendant les chauds mois d’été.

 

Il prenait tout son temps,

Pour me révéler des contes d’antan,

De ces légendes aujourd’hui tant oubliées,

Par cette génération gavée de futilités et de café instantané.

 

Ce que j’adorais l’écouter,

Encore et encore sans jamais m’ennuyer,

De sa voix douce comme le miel mais forte comme l’orage,

Trahissant ainsi malgré lui son vénérable âge.

 

Le temps fit son œuvre tel le voulait le destin,

Son âme s’est envolée vers d’autres chemins,

A-t-il une chaise berçante là-haut dans les cieux?

C’est le souhait de mon cœur le plus précieux.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Il pleut et je pleure

Il pleut et je pleure

Il pleut et je pleure Poème par RollandJr St-Gelais Modèle : JenovaxLilith Photographe : Courtnee Severin Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/rain-on-me-846664591

Il pleut et je pleure

 

Par un matin ensoleillé d’automne,

Je vaquais ici et là en pensant à mon homme,

Enrôlé bon gré mal gré contre un pays si éloigné,

Qu’il m’avait fallu un globe terrestre pour le trouver.

 

Voilà déjà plus d’un an qu’il est parti avec ses frères d’armes,

Fils de mères et de pères ayant à leurs départs verser des larmes.

Courageux du fond de leurs âmes et fiers combattants pour la patrie,

Souhaitant ardemment revenir dans les bras de leurs épouses chéries.

 

Écoutant chaque nouvelle assidument,

Tout en tenant en ma main un chapelet religieusement,

Que m’avait offert grand-mère avec bonté pour testament,

Même si j’ignorais toutes ces prières bien malheureusement.

 

Qu’à cela ne tienne, je le tenais fermement.

Tel un pentacle protecteur un magnifique talisman,

Pendant que j’imaginais un de ces combats décrits à la radio,

Je sentais mon bien-aimé se faire trouer par les balles ennemies sa peau.

 

 Haletant sans cesse ma respiration,

Afin de lui sauver la vie en une spirituelle communion,

Je ressentis à travers mon esprit la vie le quitter dès cet instant,

Avais-je rêvé ? Je le souhaitais plus que tout désespérément.

 

Les jours passèrent comme de raison,

Même si dans le fond de mon cœur j’avais ce pressentiment,

Que le Ciel m’avait préparé à affronter une missive courageusement.

Jusqu’à ce matin d’automne où l’on frappa chez-moi sans trop de façon.

 

Ouvrant la porte à deux visiteurs,

Ressemblant étrangement à des inquisiteurs,

Apportant avec eux nuages sombres et temps si lourd,

Que jamais de ma vie je n’en avais vus de tels jusqu’à ce jour.

 

Journée de soleil se transformant en journée de pluie,

Dès que cette missive j’ouvris de cet émissaire me tendit,

Tournant prestement leurs dos sans m’avoir un seul mot dit.

Dès les toutes premières lignes, j’avais tout saisi et tout compris.

 

J’avais accompagné mon seul amour dans son dernier combat,

Où nous avons eu la chance inouïe qu’il rende l’âme dans mes bras,

Voyant par la fenêtre les cascades tomber du ciel en cette triste heure,

Pendant que mes pensées sont imbibées d’encre noir il pleut et je pleure.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Mains de femmes

Mains de femmes
Mains de femmes ! Poème de RollandJr St-Gelais Modèle ? Princess de Québec accompagnée par son amie.

Mains de femmes

 

Mains tendres de la mère,

Qui réconfortent l’absence du père,

Mains d’une sœur qui nous éloignent de la peur,

Mains de nos premiers amours qui à jamais nous brisent le cœur.

 

Mains d’une enseignante,

Au cœur jeune mais à la voix tremblotante,

Mains de ces dames courageuses et vaillantes,

Qui rien en ce monde en temps de paix ou de guerre ne les épouvante.

 

Mains fatiguées d’une grand-mère,

Qui a tant à raconter de ses souvenirs de grand-père,

Mains qui ont tant donné et si peu reçu en retour,

Quel chemin le destin peut-il prendre pour nous jouer des tours?

 

Mains construites pour ceux nés sans celles-ci,

Car à chacun son arrivé lui est réservé en cette vie.

Mains qui donnent la vie et bien d’autres la anéantissent,

Mais rien n’est plus grandiose que les mains qui anoblissent.

 

Mains de femmes qui se rejoignent pour un instant,

Mains de femmes qui désirent passer du bon temps,

Mains de femmes qui deviendront épouses ou maitresses,

Mains de femmes qui recevront une bague ou de tendres caresses.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Son Rosaire

Rosaire
Poème par RollandJr St-Gelais Photo avec la permission de Aakoran Source : https://www.deviantart.com/aakoran/art/Rosary-621958015

Son Rosaire

 

Comme je n’avais rien à faire,

Et que cela ne me convient guère,

J’ai voulu faire le ménage dans mes affaires,

C’est alors que j’ai trouvé quelques souvenirs de ma grand-mère.

 

En ouvrant une vieille valise toute poussiéreuse,

Remplie de choses qui me paraissaient bien mystérieuses,

Des objets d’une autre époque tellement différente de la nôtre,

Dire que de ces nombreux souvenirs mon petit grenier en est l’hôte.

 

Découvrant avec précaution ces objets tel un trésor,

Qui étaient bien plus précieux que de l’argent et de l’or,

Ils témoignèrent de l’expérience d’une dame ayant jadis vécue,

À une époque où les valeurs de la jarretière sont à jamais révolues.

 

J’ai trouvé une photo où elle souriait,

À côté de mon grand-père ! Comme elle l’aimait.

Elle l’aimait encore plus que la prunelle de ses yeux si bleus,

Avant qu’il soit appelé loin à un âge vénérable tout là-haut dans les Cieux.

 

J’ai découvert bien des lettres remplies de mystère,

Des lettres d’amour et de secret échangées pendant la Grande Guerre,

Elle lui annonça qu’elle allait bientôt avoir leur premier enfant,

Mon père qui sera le présage de nombreux descendants.

 

J’ai trouvé des vieux livres écrits en une langue inconnue,

Je me suis dit qu’il est fort possible qu’elle seule les avait lus,

Sa robe de noces était toute pliée tout au fond avec grand soin,

Comme disait ma mère elle seule savait le faire avec ses délicates mains.

 

De tout ce que j’ai pu en cette valise trouvé,

Une seule à mes yeux et en mon cœur pouvait vraiment compter,

Ce fut ce chapelet de noir et d’argent avec lequel elle récitait ses prières,

De ce Credo, ces Ave Maria et Noster Pater quand elle disait son Rosaire.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada