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La chaise berçante

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Photo et poème par RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

La chaise berçante

 

La chaise berçante de mon grand-père

Où il se berçait pendant qu’il regardait ma grand-mère,

Ne sachant comment lui dire comme il l’aimait,

Car difficile de dire les choses pour un homme il en était.

 

Il lui suffisait de la regarder pour ses yeux les illuminer,

Les illuminer en entier comme un ciel étoilé,

Il se berçait en silence tout simplement,

D’un mouvement bien lentement.

 

Ressemblant à un pendule d’une horloge,

Après avoir tant travaillé dans une forge,

Il aimait y passer de longues heures à rêver,

À penser à d’autres lieux qu’il aurait aimé visiter.

 

Je me souviens des histoires,

Qu’il aimait tant me raconter tard le soir,

Lorsque mes parents et moi allions le rencontrer,

Durant mes vacances pendant les chauds mois d’été.

 

Il prenait tout son temps,

Pour me révéler des contes d’antan,

De ces légendes aujourd’hui tant oubliées,

Par cette génération gavée de futilités et de café instantané.

 

Ce que j’adorais l’écouter,

Encore et encore sans jamais m’ennuyer,

De sa voix douce comme le miel mais forte comme l’orage,

Trahissant ainsi malgré lui son vénérable âge.

 

Le temps fit son œuvre tel le voulait le destin,

Son âme s’est envolée vers d’autres chemins,

A-t-il une chaise berçante là-haut dans les cieux?

C’est le souhait de mon cœur le plus précieux.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le cercle de la vie

Le cercle de la vie
Le cercle de la vie Texte de RollandJr St-Gelais Photo pas John K., Source : https://www.deviantart.com/cable9tuba/art/Dark-Figure-Circled-807497379

Le cercle de la vie

 

Dès les premières secondes de sa naissance,

De sa grande fragilité, l’homme en a conscience.

Remplissant ses poumons d’un air aussi vif que brûlant,

Pour lequel chaque instant de sa vie, il en sera à dépendant.

 

Grandissant tant bien que mal en ce monde,

Il apprendra très vite pour y survivre jeter une sonde,

Bien des ennemis se diront être ses amis à l’envie inassouvie,

Allant même jusqu’à lui mentir au dépend de sa propre survie.

 

Certes, il connaîtra quelques véritables amis.

Des amis du midi de la vie jusqu’au crépuscule de celle-ci.

Travaillera à chaque jour pour amener pitance en sa demeure,

Petite chaumière ou riche palais, le temps de quitter viendra l’heure.

 

Aura-t-il une âme qui l’aimera?

Aura-t-il une âme à qui son amour lui donnera?

Aura-t-il une âme qui sur la route de la vie l’accompagnera?

Aura-t-il une âme à ses côtés lorsque la pendule pour lui s’arrêtera?

 

Certes, il lui est arrivé d’aimer et d’être aimé,

Certes, il lui est arrivé de souffrir et parfois de faire souffrir,

Certes, il est arrivé de connaître bien des pleurs et bien des fou-rires,

Mais, n’est-ce pas là le sort de tous ces êtres qui forment cette humanité?

 

La vie est ainsi faite : On naît, on vieillit et on passe de vie à trépas.

C’est une roue qui tourne depuis l’aube des temps et jamais ne s’arrêtera,

C’est un cercle invisible mais réel à qui l’on tente de donner un sens,

C’est le cercle de cette vie belle comme une rose qui nous encense.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Pose aux barreaux 

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Superbe dessin par mon ami Eri Kel de la France

Pose aux barreaux 

 

Je pose tout en silence, 

Afin de mieux savoir à quoi je pense, 

Pourquoi ai-je tant aimé, tant souffert ? 

Ma vie ne serait-ce qu’un éternel enfer ?

 

Portant sur la tête un foulard sombre, 

Afin de cacher mes cheveux blancs, 

Qui annoncent le terme des ans, 

Et la mort qui pointe son ombre.

 

De mes boucles d’oreilles qui pendent, 

Comme le ferait le pendule d’une horloge, 

Dont les fils du temps sont dévorés par un ogre, 

Au fil du temps qui s’épuise à chaque seconde.

 

Je vis cet instant, 

Comme jamais auparavant, 

Car serais-je encore de ce monde ? 

Puisque la mort me frappera telle une onde.

 

Mes seins qui faisaient toute ma fierté, 

Et qui procuraient à mes amants fidèles tant de gaieté. 

Ont commencé depuis fort longtemps à s’affaisser, 

Épuisés d’avoir nourri mes enfants affamés.

 

Je revois les moments de ma vie les moments de grâce, 

Ceux qui m’ont donné tant de joie, de paix et d’amertume, 

Me collant à la peau donnant l’illusion que je me parfume.

Et que dire de mes amours si ce n’est que trois fois hélas ?

 

À quoi bon de s’en faire avec la vie et son destin ? 

Car c’est le propre des êtres humains de connaître du chagrin. 

Souvenons-nous que l’existence possède bien des bas et des hauts. 

C’est pourquoi je reviens à l’essentiel à cette pose aux barreaux.

 

De

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada