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L’importance du jeu des ombres

Ombre 3
Tous les dessins présentés dans cet article le sont avec la permission de Philippe Alliet de la France Site internet : https://www.philippealliet.com

L’importance du jeu des ombres

Bonjour tout le monde,

Il m’arrive souvent de discuter avec des artistes qui vivent sur le Vieux-continent, notamment en France et en Allemagne, où bon nombre de leurs œuvres inspirent votre humble serviteur dans sa poésie et ses proses. Il va de soi que j’ai toujours leur autorisation avant d’utiliser leurs réalisations au sein de mes articles. C’est-là une question de principe tant moral qu’éthique et même, fait à ne pas oublier, légal.

IMG_20200308_110856Au fil de mes découvertes, je m’aperçois que chaque artiste trace une voie qui leur est particulière laquelle agrémente de beaucoup mes recherches afin d’enrichir mon blogue. Certains d’entre eux réalisent de véritables petits et grands chefs-d’œuvre dont je ne peux absolument pas ignorer. N’allez surtout pas croire que mes barèmes soient des plus élevés. Inutile de vous faire remarquer que je ne suis pas un critique d’art professionnel et que mes connaissances dans ce domaine sont assez limitées.

Cependant, certaines œuvres m’interpellent plus que d’autres pour la raison qu’elles ont à la fois une simplicité indéniable, une originalité appréciable tout en suscitant des surprises intéressantes. C’est le cas des œuvres que j’ai trouvées dernièrement. Des œuvres réalisées par un dessinateur de la France et j’ai nommé Philippe Alliet.

Ce qui m’a le plus étonné dans les dessins que j’ai choisi de vous présenter c’est qu’effectivement ils contiennent ces trois composantes nommées dans le précédent paragraphe. À savoir la simplicité, l’originalité et de susciter une surprise des plus intéressantes à mes yeux.

Ombre 2Tout d’abord, quoi de plus simple qu’un dessin de nudité artistique ayant notamment le corps de la femme? Un dessin réalisé sans fard ni couleurs, mais avec un crayon de plomb. Un crayon qui fait surgir en moi bien des souvenirs de mon enfance et qui maintenant me présente ce qui était interdit à mes yeux de gamin, c’est-à-dire une femme nue. Une femme parmi tant d’autres mais qui par un désir de faire grandir l’art a accepté de montrer sa vulnérabilité par l’entremise de sa chair. Qui oserait contredire une telle vérité?

Ensuite, une originalité omniprésente tant dans le coup d’œil de l’artiste sur le sujet étudié que de sa manière de transposer ce qu’il voit sur le papier tout en tenant compte qu’il immortalisera ce corps retravaillé, remanié, refait à travers les mouvements parfois rapides, parfois lents et parfois saccadés de sa main. Des mouvements qui témoignent au fil des jours, des soirs et peut-être même des nuits de sa passion pour cet art. Mais, à vrai dire, serait-ce plutôt une vocation qu’une passion? En effet, un tel mode de vie que peut susciter le milieu du nu me fait voir en esprit un noble moine qui dans son abbaye enjolive les pages d’un livre de prières par ses dessins souhaitant susciter chez le fidèle un appel à l’élévation spirituel.

Enfin, les dessins que j’ai choisi de vous présenter ontOmbre 4 amené chez moi une surprise tout à fait inattendue. Une surprise qui a fait écho, tel un cri dans les montagnes, à une question essentialiste. Une essence qui est à la source même de mon intérêt envers lesdits dessins. Bref, qu’est-ce qui peut les rendre si intéressants si ce n’est que le jeu d’ombres au sein même de leur création par l’artiste. Souvenons-nous que l’artiste est, à l’image de Dieu, l’Être suprême qui tire son œuvre du néant afin de lui donner vie. Je dirais même une parcelle de sa vie.

Ombres 1Ici, le jeu des ombres sur chacun de ces dessins semble donner un certain mouvement sur la représentation du corps. Un mouvement figé sur papier par l’artiste avec la rapidité de l’éclair. Une représentation qui a eu lieu à un endroit précis et à une heure précise. Cela peut vous paraître étrange que j’écris un tel fait comme étant important. Je vous dirais que non seulement c’est important, mais que c’est même un élément fondamental, voir essentiel, dans la création de telles œuvres. Dites-vous bien que les résultats auraient été fort différents à un autre lieu et à une autre heure de la journée ou de la nuit, et ce même si la modèle nue est la même personne. En ce qui me concerne, les jeux d’ombres constituent une preuve indéniable de mon affirmation.

Merci infiniment à Philippe Alliet pour sa permission d’utiliser ses dessins.

Merci à vous tous pour votre assiduité à suivre mes publications.

Merci vous tous pour avoir lu ce présent article.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le sacre du printemps

Sacre du printemps
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Le sacre du printemps

Poème inspiré par la musique de Stravinsky et par la réalisation photo de Rick B.

 

Tout est noirceur,

Tout est rempli de peur,

Noirceur qui sans relâche m’entoure,

Froid et lenteur sont aux moindres détours.

 

Pourtant, en toi vibrent chacune de tes veines.

Des veines gorgées à satiété de sang qui se démènent,

De ce sang à la fois donneur et receveur toutes les vies,

De ces vies qui attendent le bon moment pour éclater à l’infini.

 

Tel le ferait un phallus au moment de la jouissance,

Et qui sort de la bouche d’un couple au temps de réjouissance,

D’un mouvement de va-et-vient culminant au point du bonheur suprême,

De ce point mystérieux d’extase, de la petite mort, célébré même pendant le carême.

 

Semblable à la sève chaude si nourricière,

Qui navigue prestement dans les gracieuses artères,

Abreuvant jusqu’à la cime des arbres profondément endormis,

Endormis à chaque hiver en espérant que maintenant ce soit fini.

 

Quelle est donc cette force de la nature !

Qui donc peut avoir créé cet être tellement pur ?

Si pur que seuls les êtres divins pouvaient consacrer,

Une saison qui redonne la vie tel le ferait une terre sainte et sacrée.

 

Ô toi, ô sacre du printemps,

Ô toi qui annonce la venue des nouveau-nés.

Ceux que les époux ont par joie et amour façonnés,

Et dans le sein des mères lentement petits êtres se sont formés.

 

Force vive du temps qui passe et qui revient,

Ainsi en a-t-il toujours été pour chaque homme son destin,

Que vienne le printemps et sa bienfaitrice chaleur réchauffer nos cœurs,

Nous sortir de nos langueurs, de nos craintes, de nos peurs et de notre torpeur.

 

Printemps de force se manifestant dans mon corps offert,

Offert dans chaque note de cette mélodie que craignent même les enfers,

Offert dans ma fragilité que témoigne chaque parcelle de ma peau de femme,

Moi, cette femme annonciatrice de jours nouveaux et de danses autour de la flamme.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Offrande de Sabbat

Offrande de Sabbat
Réalisation photographique par Elizabeth Blair Stephenson Model is JenovaxLilith on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/I-Disagree-827853311

Offrande de Sabbat

 

Depuis cette magique nuit,

Où j’ai appris à vous être soumis,

À devenir un bon garçon obéissant,

À être entre vos mains un jouet satisfaisant.

 

En me laissant caresser par vos mains si douces,

Alors que j’étais à votre merci dans votre chaude douche,

À votre volonté de faire de moi tout ce qu’il vous aurait plu,

Seul et fragile devant vos yeux admiratifs de me voir ainsi nu.

 

Que pouvais-je faire pour vous satisfaire ?

De votre beauté captivante, je ne voulais pas m’en défaire.

De vos tatouages, je les jalousais tant de ne point en faire partie.

Vous offrir ma peau en guise d’obole, telle était en cet instant mon envie.

 

M’allongeant dans votre baignoire,

Tel un holocauste pour une magie noire,

J’écoutais avec délice votre voix envoûtante,

Prononcer d’un grimoire cette incantation ensorcelante.

 

Lève-toi et suis-moi dans mon donjon,

C’est l’heure où je t’enseignerai grande leçon,

D’aimer mes supplices au point de ne pouvoir t’en passer,

De ton corps je saurai bien avec ma générosité le dompter.

 

Sens sur tes bras la douceur de mes cordes,

Obéis à mes désirs car pour toi ils seront des ordres,

Que chaque parcelle de ton corps devienne mon terrain de jeu,

Que tes souffrances soient au gré du temps la satisfaction de mes vœux.

 

Voilà les mots que vous avez prononcés,

Que j’ai lu en silence dans vos sadiques pensées,

De vos moindres désirs, de vos aspirations et de vos souhaits.

Enfin bref, et pour être franc avec vous, tout ce qu’il me plaisait.

 

Tel un élève docile,

Je recevais sur mon dos fragile,

Les lanières de cuir de cet adorable fouet,

Malgré mon silence, vous saviez que j’en redemandais.

 

Déliant ces liens qui me retenaient,

Vous avez souris? Bien sûr que je m’en doutais.

Car vous aviez un projet particulier en cette veille de Sabbat.

Sur cette table rouge de sang de ses victimes, vous unir à moi.

 

Par quelle action perfide, ai-je mérité cet honneur?

Fou de joie, je l’étais, dès que j’ai su quel serait votre bonheur.

Être offert en pâture à votre corps selon vos secrètes aspirations,

Ô maîtresse, veuillez agréer ma semence lors de notre charnelle union.

 

Par vos gestes si excitants et vos étreintes si luxurieuses,

Vous avez réussi à briser au plus profond de moi toute ma volonté,

Et ainsi, avec belle passion, me laisser par votre savoir-faire dominer,

J’étais votre jouet dont vous saviez tirer plaisir avec une allure ricaneuse.

 

Nous laissant aller à nos pulsions libératrices,

Avec bon gré, vous étiez ma bien-aimée dominatrice.

En ce vendredi de pleine lune, vous étiez une reine sans roi.

De ma verge gorgée vous en avez extrait potion étrange pour le Sabbat.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une question à élucider sans aucun doute

Une question à élucider sans aucun doute
Photographer: Bill Mitchell Model is JenovaxLilith and Felix Elise on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/duality-829615984

Une question à élucider sans aucun doute

 

Un seul corps,

Qui renferme deux entités,

Difficile à saisir malgré notre volonté,

Car bien des théologiens et philosophes y songé.

 

Esprit et âme restent en cette demeure,

Jusqu’à ce que ce corps cesse de respirer et puis meurt,

De leur incarnation en cet être de rouge sang et de pure chair,

Corps à la fois si fragile et si splendide qui dépend de la fraîche air.

 

Dualité qui existe depuis l’éternité,

Dualité de qui dépend notre éphémère existence,

Dualité qui tire sa source de l’origine de toutes les substances,

Dualité vouée à rejoindre la genèse même de sa primaire essence.

 

Esprit qui anime la moindre parcelle des désirs,

Âme qui devant bien des chagrins et des désillusions soupire,

Esprit étonné devant la beauté de la vie et qui en redemande encore,

Âme déçue par ses attentes irréalisables ne cessera de sonner le cor.

 

Unité, dualité, trinité ?

Qui sommes-nous donc en réalité ?

Unité de corps sans doute, sans ambiguïté, ni hésitation.

Mais, pour le reste voilà bien une question à élucider pour de bon.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Aqueuse éclipse

Aqueuse éclipse
Photographer: Matt McGee Model is JenovaxLilith on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/watery-eclipse-815356271

Aqueuse éclipse

 

Devant l’inévitable situation,

J’ai accepté librement de prendre cette décision,

Un décret pris en toute bonne foi et avec toute ma raison,

Devant une telle réalité, j’ai jugé bon d’aller vers d’autres horizons.

 

Car voyez-vous, je n’en pouvais plus de cette souffrance.

Qui grugea mes espoirs, mes rêves depuis ma lointaine enfance.

Qui envenima la moindre parcelle de ce qui devait être mon adolescence,

Cherchant dans les substances illicites un semblant d’une douce romance.

 

Une douce chanson qui allait penser mes blessures,

Une balade d’amour qui allait soigner mes nombreuses meurtrissures,

Dans les bras de purs inconnus, je m’y suis précipitée souhaitant être aimée.

Dans leurs lits l’instant d’une nuit, je m’y suis blottie espérant y être protégée.

 

Être enfin défendue de tout ces démons,

En être enfin libérée maintenant et pour de bon.

Réponds-moi : Qu’ai-je fait pour mériter ce qui m’était arrivé?

Réponds-moi : Pourquoi de mon innocence et de mon corps as-tu joué?

 

Tu étais pourtant là pour me consoler et voir à mes besoins,

Tu devais me traiter comme une reine et de moi prendre grand soin,

Quelle atroce douleur j’ai ressenti quand tu osas franchir cette voie interdite,

Tu ignoras tant mes cris que mes pleurs en cette journée si terrible et si maudite.

 

Maintenant de cette douleur qui pénétra ma chair.

Et avec laquelle tu me précipitas jusqu’en enfer à la vitesse de l’éclair,

Je vais pour toujours et à jamais du haut de cette falaise de ce pays m’en défaire,

Dans cette eau noire comme la plus sombre des nuits, je plongerai libre comme l’air.

 

Une poussée vers l’avant, voilà qui est fait.

Sentant tout autour de mon corps un vent frais,

Glissant dans le tourbillon effréné de mes pensées,

Dans cette eau ressemblant à un puits sans fond bientôt j’y serai.

 

Me sentant couler avec ma robe blanche pour linceul,

Je n’éprouvai point de crainte ni de peur même si j’étais seule,

Mon corps lentement s’enfonça et de mes bras je forma une ellipse,

Par une sérénité jamais connue de ma vie, j’ai disparu telle un aqueuse éclipse.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada