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Une belle trouvaille

Une belle trouvaille :

Ils sont modèles vivants, et nous racontent : « La nudité donne de la puissance »

Par Chloé Pilorget-Rezzouk

Source : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180115.OBS0618/ils-sont-modeles-vivants-et-nous-racontent-la-nudite-donne-de-la-puissance.html

Dans le murmure des ateliers, ils offrent leur corps nu aux fusains, crayons et pastels des artistes ou étudiants en art. Paroles de modèles vivants.

Un jour, un croquis a attiré notre attention. Le modèle, une femme aux cheveux blonds flamboyants, portait sur son corps nu un simple manteau rouge tombant sur ses jambes. Une forme de puissance se dégageait de l’ensemble. On s’est demandé qui était ce modèle vivant : on aurait bien aimé le retrouver, lui poser des tas de questions.
Il suffit de lancer le sujet autour d’une table pour aiguiser la curiosité, susciter une foule d’interrogations d’apparence triviale, mais qui trahissent bien l’aura de mystère, de fascination et d’incompréhension qui enveloppe souvent le modèle vivant : « Ça ne te gêne pas de te mettre nu(e) devant tout le monde ? » ; « C’est facile comme boulot, non ? »

Coups de froid, douleurs articulaires et musculaires… Prendre – et tenir – la pose n’est en réalité pas si simple. En 2008 et en 2014, les modèles vivants avaient manifesté pour faire entendre que poser nu était un « vrai métier », demander la reconnaissance de leur statut et une amélioration de leurs conditions de travail. Professionnels ou occasionnels, ils sont aujourd’hui payés de 20 à 30 euros de l’heure.

Il y a, comme dans tout corps de métier, des modèles courus plus que d’autres, des « stars » du milieu. Il y a d’ailleurs des « bons » et des « mauvais » modèles. Comprendre des plus inspirants que d’autres. Car pour ce qui est de l’art de la pose, l’enjeu ne réside pas tant dans la beauté du corps que dans le don d’une énergie, d’une créativité – celle de proposer, d’inventer des mouvements répondant aux besoins de l’artiste.

Dans « les Yeux nus » publié en 2016, Claire de Colombel, artiste et modèle, écrivait :
« Tant que le corps devant nous ne tremble ni ne transpire, on ne se dit pas que ce qu’il vit est éprouvant. Du modèle, on se demande juste parfois ce qui lui passe par la tête. A quoi tu penses quand tu poses ? »
On leur a soufflé la question, entre autres. Paroles de modèles vivants, d’habitude fort silencieux.

Maria : « Ma façon d’être modèle est très politique »
Maria Clark, 49 ans, 1,68 m, 58 kg. Artiste-plasticienne, et modèle vivant depuis 26.

Comment j’ai eu envie de faire ça

« La première fois, c’était pour mon compagnon peintre. J’avais 23 ans. Mais mes premières poses nues en école, c’était en 1997 aux Ateliers beaux-arts de Paris. C’est par la danse contemporaine que je suis arrivée à la pose. Depuis, j’ai toujours mené en parallèle mon activité de modèle et mon activité d’artiste.

Ce que je gagne
Pendant dix ans, j’ai été modèle professionnelle. Je posais entre 30 et 35 heures par semaine, une journée type se composant de deux séances de trois heures. Je gagnais environ 20.000 euros par an, avec un complément d’allocation chômage.

L’avantage, c’est d’abord une grande souplesse de planning et la chance de pouvoir choisir avec qui on travaille. Gagner ma vie ainsi m’a permis de rester libre pour mes projets artistiques. Au fil des ans, le corps trinque un peu. J’ai décidé de ralentir le rythme pour me consacrer à mon travail personnel.

Moi et mon corps
Je suis quelqu’un de tonique. Je me sens incarnée, engagée physiquement dans mon rapport au monde ; ça me plaît. Mon corps, c’est mon outil de travail, car j’ai également une activité de performeuse.
Je l’ai toujours considéré avec bienveillance. Bien sûr, il y a des parties que je préfère comme mon cou, mes épaules, et d’autres qui me plaisent moins, comme mes fesses.
Je me sens assez libre avec la nudité. Mais en dehors de la sellette, je ne me balade pas nue dans l’atelier. Je serais mal à l’aise. La nudité, c’est mon costume, un habit de peau. On pourrait croire que le modèle nu est vulnérable, mais c’est tout l’inverse : la nudité donne de la puissance.

Quand je suis en séance
16392383Pour m’imprégner de l’ambiance de l’atelier, j’arrive en avance. Derrière le paravent, j’enfile mon kimono de travail avant de l’ôter, une fois sur l’estrade.
Une, cinq, dix, 45 minutes… Je me renseigne sur les temps de pose, car on ne tient pas les mêmes postures en fonction du temps. La douleur vient se nicher dans différents endroits, selon la pose et son mouvement. Il ne faut pas se faire mal ! Le modèle possède une certaine fierté : il ne veut pas bouger, et tenir. Je me souviens d’un travail dans un atelier de dessin : pendant trois mois, quinze heures par semaine, je devais tenir la même pose assise. Au long cours, cette position est devenue douloureuse, les points d’appui finissent par faire souffrir. Je ne le referai plus. Lors des intermèdes de quinze minutes, j’enchaîne quelques étirements. Pour permettre aux muscles et aux articulations de respirer, j’effectue des micro-mouvements intérieurs pendant la pose. Un modèle qui souffre est tendu, et les élèves le sentent.
Durant la pose, je me concentre sur ma respiration, c’est un état proche de la méditation. Je peux passer 45 minutes sans penser à rien. Si les poses sont rapides, alors je pense à la suivante juste avant de changer.
Selon les cours, on est libre de proposer des poses inventives ou amusantes. Une fois, j’ai mis ma tête dans un seau ; une autre, j’ai utilisé des branchages, car la thématique proposée par l’enseignant était la forêt.

Ce que ça m’apporte
J’ai accueilli la pose comme une démarche philosophique qui nous questionne dans16392407 notre rapport au vivant, à ce que l’on est. Quand je pose, je suis Maria, avec mes spécificités ; mais j’incarne aussi, avec humilité, une représentation de l’humanité. Ma façon d’être modèle est politique ; ce qui me plaît dans la pose, c’est que par ma présence, les élèves et artistes peuvent s’épanouir. Je pense que l’art est un espace dans lequel chacun peut devenir qui il est. Or, je crois que c’est par l’épanouissement individuel qu’une société peut aller mieux.

Le regard des autres
J’ai tellement posé pendant dix ans que l’atelier est devenu mon terreau social ! J’oublie que cela peut encore choquer ou étonner les gens d’être nu. Cela plaisait moyennement à mes parents, je crois. Peut-être une peur du qu’en-dira-t-on… Mais ils ont fini par accepter, car j’ai développé, au fil des ans, une pensée artistique et engagée autour de cette activité. »

Christophe : « C’est magique de se voir dessiné par d’autres »
Christophe, 53 ans, 1,75 m, 58 kg. Consultant en environnement, modèle occasionnel depuis cinq ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Je ne suis pas devenu modèle par hasard. Ma mère était étudiante aux Beaux-Arts de Lyon, à la fin des années 1950. A l’époque, les cours de nus n’étaient pas mixtes. Parfois, il arrivait alors que les élèves prennent la place du modèle. Dans le carton à dessins de ma mère, on trouve ainsi à la fois des croquis qu’elle a réalisés et d’autres où c’est elle qui apparaît. Ça m’a marqué. Il y a toujours eu une sensibilité artistique dans la famille, dont j’ai hérité puisque je peins un peu à l’aquarelle.

Ce que je gagne
Avant je posais une journée par mois, ça représentait presque un treizième mois sur l’année. Mais depuis cet été, j’ai perdu mon emploi. Je me suis donné pour objectif d’en vivre. Pour l’instant, je gagne environ 500 euros par mois, en posant par-ci par-là. Je commence à être connu localement, mais il faut faire face à la concurrence, il y a beaucoup de modèles.

Moi et mon corps
J’ai un physique assez mince, plutôt apprécié dans les cours ou ateliers, car mes muscles sont bien dessinés. J’ai toujours fait attention à mon alimentation et, lorsque j’étais plus jeune, je pratiquais énormément de sport de plein air. Je ne pense pas être particulièrement beau, mais je suis bien dans mon corps. Petit, j’ai fait du naturisme avec mes parents.

Quand je suis en séance
Il faut trouver des poses confortables, du moins pas trop en déséquilibre. J’essaie16392311 d’avoir au moins trois points d’appui différents pour pouvoir basculer discrètement de l’un à l’autre afin de détendre un peu les muscles et faire circuler le sang. En plein hiver, c’est assez dur : il n’est pas rare d’avoir froid, malgré le chauffage. Dès que la pause survient, j’enfile mon peignoir. Je ne pose pas toujours à poil. Je viens parfois avec un chapeau, et même avec des vêtements originaux pour les cours de croquis de personnages. Un pantalon à motif écossais ou rayé permet aux élèves de travailler le pli des vêtements en plus du mouvement du corps. Ce que ça m’apporte
Je trouve cela magique de se voir dessiné par les autres, même si cela n’est pas toujours très fidèle. J’aime particulièrement lorsque les élèves sont peu nombreux et crayonnent par terre, à mes pieds, près de la sellette. C’est génial parce que je peux voir le dessin se construire au fur et à mesure.

Le regard des autres
En en discutant avec mes amis, j’ai découvert que l’une de mes copines avait envisagé de le faire quand était étudiante pour gagner un peu sa vie. Plus j’en parle, plus j’ai l’impression que ça choque de moins en moins. »

Sheraz : « Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien »
Sheraz, 38 ans, 1,62 m, 56 kg. Travailleuse sociale, modèle vivant occasionnel depuis bientôt trois ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Depuis très jeune, je dessine des nus d’après des reproductions ou mon imagination. Je trouve ça très beau, le nu. Il y a quelque chose de gracieux, d’inspirant. J’ai toujours beaucoup admiré les modèles. L’idée venait, partait, revenait… Je me répétais : ‘Quand je serai prête.’ À 36 ans, j’ai eu le déclic : ‘Faut que je fasse les trucs dont j’ai envie, sinon je vais le regretter.’ J’ai répondu à des annonces d’artistes indépendants. C’est comme ça que j’ai commencé.

Ce que je gagne
Je ne pose pas à temps plein, ça reste de l’ordre du plaisir. Le mois où j’ai touché le plus, j’ai empoché 300 euros.

Moi et mon corps
Poser nue ne me pose pas de problème, mais je n’irai jamais sur une plage naturiste ou me mettre « topless ». En séance, je me dis parfois que j’ai un peu de ventre, qu’il faut que je fasse gaffe pour être plus à l’aise devant les autres. En fait, les gens ne sont pas là-dedans. Entre mes 15-20 ans, j’étais très forte. Puis, je me suis affinée. Devenir modèle m’a permis de me percevoir autrement, de renouer avec un côté féminin. Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien, ça valorise. On me dit que je suis harmonieuse, que je dégage de la sensualité. Avant, je me voyais moins.

Quand je suis en séance
À chaque fois, j’ai le trac. J’espère inspirer. Dès le moment où l’artiste pose ses yeux16392309 sur moi, l’appréhension s’en va. Au début, j’avais besoin d’être guidée pour les poses. Il y en a certaines à ne pas faire : à genoux sur les orteils repliés, les bras levés au-dessus de la tête… Ça fait trop mal. Quand je pose, j’essaie de penser à autre chose. Je me remémore de bons moments pour ne pas penser, justement, au fait que je ne dois pas bouger. La douleur passe et revient, mais il faut tenir. En atelier, je n’écarte jamais les jambes. Ça ne se fait pas trop. Je me le suis permis seulement avec deux artistes, je me sentais à l’aise. Certains peuvent être un peu dans la séduction. Une fois, j’ai senti le regard changer : il devenait lubrique, pervers. J’ai lâché de manière ferme : ‘Ta façon de me regarder, ça ne va pas être possible.’ Au fond, j’avais hyper peur. Je suis partie.

Ce que ça m’apporte
Le fait d’être passée de l’autre côté, c’est fort. En entrant dans l’atelier d’un artiste, j’entre dans son monde. Chacun a son univers : ça m’a ouvert à des styles ou des œuvres que je ne voyais pas auparavant. Et puis, une sorte de co-création s’opère, alors qu’en regardant un tableau on ne pense pas forcément au modèle derrière.

Le regard des autres
C’est un peu compliqué avec les hommes. Le dernier, il fallait toujours que je le rassure sur la façon dont ça s’était passé. Beaucoup ne comprennent pas que le désir est sublimé par l’art, qu’on n’est pas dans une démarche de drague. ‘C’est obligé que le mec ait envie de toi’, me disent certains. En fait, je n’en parle pas, pas même à mes amis. Quand je vais poser, c’est mon moment, mon espace à moi. »

Car je t’ai donnée le meilleur de moi afin d’être à jamais à toi

 

 

Car je t’ai donnée le meilleur de moi afin d’être à jamais à toi

 

Ce matin,
Où tout est calme,
Où je revois notre flamme,
Je te vois nue sans drap de satin.

 

Ce que tu es belle,
Je ne me lasserai jamais te le dire,
Je ne me retiendrai en aucun cas de l’écrire,
Car rien n’est plus beau que le corps nu d’une telle merveille.

 

Serait-ce un cadeau des Cieux ?
Tellement que ta beauté éblouit mes yeux,
Caresser la peau de ton dos telle des notes de piano,
Ressentir le souffle de tes désirs assouvis par nos ébats de tourtereaux.

 

Ô mon Dieu ! Te voir ainsi,
C’est comme ça, c’est comme ci.
Mais ce que je donnerai pour te garder près de moi,
Car je t’ai donnée le meilleur de moi afin d’être à jamais à toi.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Devant vous

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La Factrie : 29 novembre 2017 Lieu ? Shawinigan au Québec

Devant vous

 

Chères dames,

Belles comme une flamme,

Ce jour est certes très précieux,

Car vous avez ouvert grand les yeux.

 

Sans gêne ni fausse-pudeur,

Je n’ai éprouvé aucune crainte ni peur,

Car j’étais dans ma nudité en cette heure,

Me dévoilant sans maquillage et sans leurres.

 

Sur cette balustrade,

J’ai fait quelques bravades,

Pour alimenter votre désir de création,

Pendant que vous aiguisiez vos précieux crayons.

 

De ma nudité en toute simplicité,

Vous avez pu l’admirer et la contempler,

Pour l’immortaliser sur votre blanc parchemin,

En manipulant avec soin et précision vos agiles mains.

 

Toucher mes chères mon corps !

Allez-y ô mes chéries car il est fait fort.

Que vos yeux avec joie et délice y découvrent,

Toute la virilité de cet homme qui à vous s’ouvre.

 

Oui, j’ai mis à terre un genou.

Oui, je n’ai rien à cacher de ma nudité,

Car les êtres humains naissent ainsi depuis l’éternité,

C’est pourquoi en cet instant je me suis dévoilé nu devant vous.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Depuis ce moment…

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Depuis ce moment…

 

Depuis le jour où je t’ai rencontrée,
Mes journées sont devenues illuminées,
Car tes yeux m’ont tellement ébloui,
Qu’en moi j’ai senti une nouvelle vie.

 

Suis-je devenu fou ?
Je suis peut-être trop doux,
Mais une chose dont je suis certains,
Mon cœur je t’offrirai en absence de mes mains.

 

Quelle grande tristesse,
De me voir aller vers la vieillesse,
Mais en cet instant où tu me serras,
Tendrement avec bonté dans tes bras.

 

J’ai su que je pouvais au moins rêver,
Rêver en ces moments où je t’ai aimée,
Aimer secrètement dans le fond de mon être,
Telle une forêt peuplée d’érables et de vieux hêtres.

 

Oui c’est un fait que je suis perdu,
Maintenant qui suis-je ? Je ne le sais plus.
Un vagabond qui ignore devant l’horizon où aller
Depuis ce moment où sur ta joue j’y ai déposé un baiser.

 

De

 

Rollandjr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Devant un public féminin

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Devant un public féminin

Bonjour tout le monde,

Je suis en ce moment même à Trois-Rivières où a eu lieu ce mercredi une séance de nudité artistique au sein d’un groupe extraordinaire. Certes, vous pouvez me dire que ce n’est pas la première fois que j’utilise ce terme pour désigner un groupe avec lequel je travaille en tant que modèle nu, et vous auriez entièrement raison.

20171129_153032Toutefois, ce fut la première fois où je me suis rendu-compte en pleine action, un modèle nu ne bouge pourtant pas, que la quasi totalité des yeux qui scrutèrent mon corps étaient de nature féminine y compris ma très chère et tendre accompagnatrice. Cela m’a fait quelque peu sourire au début mais je me suis rappelé le regard de Notre-Dame vers son enfant chéri, le Christ Jésus, lorsqu’elle emmaillota son fils entièrement nu. J’imaginais toute la douceur de ses yeux et la tendresse de ses mains qui le réconfortait lorsqu’il avait peur.

À vrai dire, c’est exactement dans cet état d’esprit que je me retrouve lorsque je pose nu devant un groupe d’artistes professionnels ou amateurs ou bien devant des étudiants et étudiantes. Que de la douceur! Que de la sérénité! Qu’une grande paix intérieure!

Voilà exactement ce que je ressens à chacune de mes prestations de nudité artistique. Ce qui a été d’avantage le cas ce mercredi où une charmante accompagnatrice était présente sur place afin de se familiariser avec le monde du nu. Et quelle femme magnifique!

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

J’ai succombé

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J’ai succombé

 

Ce soir
Je devais te voir
Voir la douceur de tes yeux
Admirer la beauté que te firent les dieux

 

Comment pouvais-je résister?
De ne jamais comme hier succomber ?
Succomber la grâce de te regarder ?
De regarder celle que tu es sans t’aimer ?

 

Oui, j’ai succombé
Mais ce que j’ai aimé
J’ai succombé avec joie
Car il n’y en pas d’autres que toi

 

De

 

RollandJr St Gelais
Québec (Québec)
Canada

Ma prothèse

 

Ma prothèse

Bonjour tout le monde,

J’entre directement dans le vif du sujet. Je vous ai mentionné dans un précédent article de ma vision de ma prothèse, ou si vous préférez ma jambe artificielle, sans laquelle ma qualité de vie serait fort différente. En effet, je peux me considérer chanceux de pouvoir non seulement vaquer à mes occupations mais avant toute chose à établir des liens avec autrui.

C’est bien beau de parler et d’écrire afin d’exprimer20171122_181530 nos idées et nos sentiments. Cependant rien en ce monde n’a autant d’importance que d’aller à la rencontre de notre prochain. Et quand j’affirme d’aller à sa rencontre, cela fait référence aux premiers pas dirigés vers cet « autre » qui passera de manière graduelle de « étranger » à connaissance, à collègue et, si l’occasion le permet, à ami ou bien même à âme-sœur.

20171122_202348Pourquoi donc parler de ma prothèse dans un tel article ? Je vous réponds tout simplement par ce qui suit: elle fait partie intégrante de mon corps et ce, au même titre que mes yeux, mon nez, ma bouche, mes bras et tout le reste. Force est de constater, et je sais très bien de quoi je parle, que bon nombre de personnes vivant avec un handicap physique dit « apparent » ressentent une certaine animosité envers leurs prothèses, appelées aussi membres artificiels, puisqu’elles leur rappellent leur différence à l’égard des autres. Il est aisé de comprendre qu’une telle situation peut s’expliquer par un choc émotionnel ou bien par une éducation plus ou moins malsaine face à l’handicap. Après tout, chaque cas est vécu de manière très différente d’une personne à une autre.

En ce qui me concerne, j’ai appris très tôt à vivre avec ma prothèse et à y voir comme un moyen parmi d’autres pour mon épanouissement. Que de sports! Que de sorties entre amis! Que de bons coups et de moins bons ai-je fait grâce à ma prothèse!

Voilà pourquoi c’est avec un plaisir indescriptible que20171122_184455 j’accepte de poser nu avec ou sans ma prothèse lors de mes prestations de nudité artistique. Mais attention! Mon identité ne se base aucunement sur celle-ci. Je suis autre chose que ma prothèse : je suis modèle nu, poète, photographe amateur, grand amant de la nature, amoureux de la vie. Je suis comme vous : un être humain.

Merci de m’avoir lu!

RollandJr St Gelais

Québec (Québec)

Canada