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À la renverse

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Dessin par Juste Angèle de la France

À la renverse

 

En cette journée pluvieuse,
Et, avouons-le, un peu ennuyeuse,
Où nous n’avons pas grand-chose à faire,
Tu m’as proposé un jeu qui nous enverrait en enfer.

 

Tu m’as fait allonger dans le salon aux lumières tamisées,
En me promettant que nous allons bien nous amuser,
Nous amuser comme des enfants avec leurs précieux jouets,
Sans aucune méchanceté car le mal point n’était.

 

Obéissant à ton ordre de fermer les yeux,
J’imaginais ce qui m’attendait en souriant un peu,
Tu désirais semble-t-il me faire découvrir un plat succulent,
Celui qui est réservé uniquement à tes tendres amants.

 

C’est alors que j’ai entendu vers moi tes pas,
Tout en sentant le doux parfum de rose sur toi,
Placée debout devant ma figure de marin, 
Je caressais tes jambes en peau de satin.

 

Yeux fermés mais membre bien dur,
Rester longtemps ainsi, je n’en étais pas sûr.
Et puis, tu m’as dit d’ouvrir lentement mes yeux.
Là devant moi, je découvris la plus belle création des dieux.

 

Avec lenteur désirée et plaisir mesuré,
Vers moi tu t’es assise afin de te satisfaire,
Dans le but de te montrer mon savoir-faire,
À la renverse, j’ai répondu avec une satisfaction assurée.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Le temps

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Le temps

 

Le temps arrange bien les choses.

À ce que l’on dit. À ce que l’on croit.

Moi, je peux simplement vous dire cela.

Certes, je n’ai pas votre expérience de vie si j’ose.

 

J’aurais bien aimé autres déroulements

Mais la vie en a voulu autrement

C’est peut être mieux ainsi

Ainsi va ma petite vie.

 

Avoir cette femme comme avant

Là où nous nous voyons jadis souvent

Dieu qu’elle était précieuse à mes yeux

Mais je ne pouvais guère faire mieux.

 

À bien y penser, c’est mieux qu’il en soit ainsi.

Car personne ne connait le chemin qu’il suivra

Nous avons, paraît-il, un destin tracé tout droit

Est-ce vrai ou est-ce faux? En moi-même j’en ri.

 

J’ai connu l’amitié, j’ai connu aussi l’amour

Pas au point de dire que j’en ai fait tout le tour

Mais ce que j’ai appris, c’est que sans les connaître.

Il ne vaut vraiment pas la peine de naître.

 

Parfois, on mélange l’amour et l’amitié.

Et c’est là où résident les cœurs blessés

Cœurs blessés guéris par bien des larmes versées

Drôle de loi de la vie où pour apprendre Il faut avoir tout donné.

 

Donner de soi avec joie et souvent sans compter

Donner à celles qui nous permettent de se sentir exister

Mais le plus important dans toutes ces années d’expérience

C’est de savoir apprécier l’amour et l’amitié avant que cesse notre existence.

 

De

 

RollandJr St Gelais
Québec (Québec)
Canada

Vérité et Mensonge

Tableau : « La Vérité sortant du puits » Jean-Léon Jérôme, 1896.

Une pause philosophique

Vérité et Mensonge

Selon une légende du 19e siècle la Vérité et le Mensonge se sont rencontrés un jour.

Le Mensonge dit à la Vérité :  » Il fait très beau aujourd’hui »

La Vérité regarde autour d’elle et lève les yeux au ciel, le jour était vraiment beau. Ils passent beaucoup de temps ensemble jusqu’au moment d’arriver devant un puits.

Le Mensonge dit à la Vérité : « L’eau est très agréable, prenons un bain ensemble ! »

La Vérité encore une fois méfiante touche l’eau, elle était vraiment agréable. Ils se déshabillent et se mettent à se baigner.

D’un coup, le Mensonge sort de l’eau, met les habits de la Vérité et s’enfuit. La Vérité furieuse sort du puits et court partout afin de trouver le Mensonge et de récupérer ses habits. Le Monde en voyant la Vérité toute nue tourne le regard avec mépris et rage.

La pauvre Vérité retourne au puits et y disparaît à jamais en cachant sa honte.

Depuis, le Mensonge voyage partout dans le monde habillé comme la Vérité, en satisfaisant les besoins de la société, et le Monde ne veut dans aucun cas voir la Vérité nue.

La pierre noire

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Dessin par Eri Kel de la France

 

La pierre noire 

 

Bienvenue mes amis, 

Installez-vous confortablement, 

J’ai pour vous une histoire qui vous glacera le sang, 

Alors, tendez l’oreille et fermez les yeux mes tendres chéris. 

 

Je vivais jadis dans un pays africain, 

Dans un village reculé mais où tous les gens vivaient bien. 

Nous apprécions ce que nous avait offert mère nature, 

Nourriture abondante et rivière à l’eau si pure. 

 

Non loin de nous vivait une dame que l’on surnommait, 

La sorcière qui jetait mille sorts et qui nous tourmentait, 

Une femme aigrie par la vie ayant perdu enfants et mari, 

Tués par l’envahisseur blanc qui convoitait nos terres infinies. 

 

Voyant la peur habitée dans le cœur de mes frères, 

Constatant la crainte dans les yeux de mes congénères, 

J’ai pris la décision folle ou courageuse de m’offrir en tant qu’enfant, 

À cette vieille dame face à la grande solitude souffrant. 

 

Acceptant ma proposition avec gaieté, 

Elle me supplia de rester avec elle jusqu’à ma majorité, 

Voyant la sincérité de son cœur qui ne demandait qu’à être aimé, 

Avec tristesse que famille j’ai quittée et dans ses yeux la joie d’avoir accepté. 

 

Loin d’être méchante elle m’enseigna mille secrets, 

Des plantes médicinales jusqu’aux mélodies apaisantes, 

Pour guérir bien des maux et éloigner les mauvais esprits qui hantent, 

Elle me confia que seuls peuvent aimer les gens ayant leurs âmes en paix. 

 

Puis un jour ou peut-être une nuit, 

Veuillez me pardonner par mon âge un tel oubli, 

Une étrange maladie frappa le village du plus jeunes aux aînés, 

Cherchant un bouc émissaire à un tel fléau vieille sorcière était désignée. 

 

Voyant la foule en colère avancer vers notre demeure, 

J’en sortis pour affronter gens en furie malgré en moi une peur, 

Jurant que mon amie n’était point coupable de leur malheur, 

Et leur demanda d’amener vers moi leurs malades à cette heure. 

 

Concoctant recette secrète que m’enseigna maîtresse, 

Et en donnant à ces gens pour les guérir de leur mal, 

Tout en étant examinée par mon amie en aval, 

Foule conquise par cette bonté fut en liesse. 

 

Peuple qui voulait nous maudire, 

Maintenant ne faisait que de nous bénir, 

C’est alors que la sorcière nous enseigna cette parabole, 

Ô gens de cette contrée, écoutez bien cette sage parole. 

 

Ne rejeter jamais ce qui de vous est différent, 

Car il est comme vous en son âme et en dedans. 

Vous ne saurez jamais ce qu’il fera pour votre bien, 

Jusqu’à combattre à la mort le Vilain. 

 

Elle retira de son cou un mystérieux talisman, 

Un souvenir transmis de mère en fille seulement, 

Une pierre sculptée dans la nuit ! Une pierre noire ! 

C’est ce que je porte à mon cou pour vous ce soir. 

 

De 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Œuvre si belle et si divine

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Basilique Notre-Dame de Montréal

Œuvre si belle et si divine

 

Bonjour messieurs,
Puis-je vous déranger un peu?
Je viens rarement en ce saint lieu,
Où les gens viennent y prier leur Dieu.

 

Je ne sais par quoi commencer,
Pardonnez-moi car c’est sans méchanceté,
Que c’est beau et riche cet endroit,
Pour 
celles et ceux qui n’ont pas de toit.

 

Pour ma part, je suis parti de loin,
D’un pays du nord lointain,
La où la nature sert d’église,
En nous cajolant la joue d’une bise.

 

Ma prière n’a point de barrière,
Et n’a pas à traverser les murs de pierre,
Dans le silence du jour ou de la nuit,
Je ferme les yeux et je prie.

 

Les gens de cités et des villes,
Courent et vont pour choses viles,
Alors qu’au bord de ma rivière,
Bienfaitrice est ma prière.

 

Alors dites-moi, hommes sages,
Dont j’ignore votre Dieu et 
votre âge, 
Si Dieu est partout comme veut votre doctrine,
Pourquoi détruire son œuvre si belle et si divine?

 

De

 

Rolland St Gelais
Québec (Québec)
Canada

Souffle coupé

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Dessin par Elisa Retailleau

 

Souffle coupé

 

En ce début de journée,

Où le soleil vient juste de se lever,

Que déjà tu ouvres tes magnifiques yeux,

Yeux bleus t’offrir dame nature selon son vœu.

 

Songeant en ce moment,

À ce que tu voulais faire en cet instant,

Sortir de ce lit où dormirent deux amours interdits?

Où deux corps s’enlacèrent avec tendresse et sans mots dits.

 

De nos chairs nous abusions allègrement,

De nos fantasmes nous les faisions passionnément,

De mes doigts je tapais sur ta peau tel aurait fait Mozart,

Car savoir te donner un tel plaisir relève du  grand art.

 

Ce que tu es belle en cette matiné,

Reste avec moi chérie, ma bien-aimée,

Au lit notre petit-déjeuner je t’apporterai,

Car j’admire ton corps et j’en ai le souffle coupé.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Femmes de bois

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Photo prise à la basilique Notre-Dame de Montréal

 

Femme de bois

 

Dans le silence de ces lieux,

Je suis venu me questionner,

Sur le sens de ma modeste destiné,

Quelle en a voulu ce Dieu dans les cieux.

 

Né sans langue mais avec la parole facile,

Me taire fut parfois tellement difficile,

Né sans avoir mes deux mains,

Pourtant jamais je n’ai craint.

 

Né avec une seule jambe,

Et un seul pied pour lui tenir compagnie,

Jamais je n’ai eu peur de me faire des amis,

Et de mes obstacles, avec sourire je les enjambe.

 

J’ai mes yeux pour admirer la beauté de ces dames,

Celles qui ont mis en moi cette magnifique flamme.

Que parfois on nomme amour et que moi j’appelle passion,

Passion de vivre! Passion de la chair! Passion d’une sainte union!

 

Et que dire de mon cœur?

Parfois, il a connu la joie et parfois la peur.

Joie simple d’aimer et de librement me donner.

Mais grande tristesse d’avoir blessé celles qui m’ont aimé.

 

Ainsi va la vie sous les cieux étoilés,

Ainsi sera le chemin de tous ces nouveaux-nés.

Parcourant ce vaste monde avec ses nombreux joyaux,

Combien de fois je m’exclama comme je le trouvais beau?

 

De ces gens riches et adorés,

De ces gens pauvres et souvent mal-aimés,

J’en ai tellement rencontrés sans avoir connus,

Car semblables ils sont devant Dieu et entièrement nus.

 

Je n’ai peut-être pas votre sainteté,

Car je sais trop bien nombreux sont mes péchés.

Cependant je vous en prie: À ma question, répondez-moi.

Que voyez-vous de ce monde là où vous êtes? Femme de bois!

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Insoumis

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Photo par Mélanie Dufresne de Chambly

Insoumis

 

Contre vents et marées,

En parcourant rivières et longs prés,

En allant à contre-courant de ces valeurs,

De ces règles élaborées par ces hypocrites et ces menteurs.

 

Quoiqu’il advienne de ce monde perdu,

Dévasté par tant de crimes, de pleurs et ses vertus.

Vertus données aux gens pour justifier leurs monstruosités,

D’avoir condamné filles-mères et leurs nouveaux-nés rejetés.

 

Devant tant d’injustice, je ne peux que dire non.

Car j’ai choisi de ne point garder silence en taisant mon nom.

Jamais mes yeux se fermeront devant tant de souffrance,

Et toujours ma bouche dénoncera ces âmes démences.

 

Insoumis devant ces tyrans, je serai.

Insoumis devant ces voleurs à cravates, je resterai.

Insoumis devant ces destructeurs de vierges forêts, je me lèverai.

Insoumis devant ces malfrats de tout acabit, je me dresserai.

 

Insoumis en ce jour béni,

Insoumis devant le futur infini,

Insoumis de corps et sûrement d’esprit,

Insoumis je resterai pour combattre mes ennemis.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Sage paysage

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Dessin de Eri Kel de la France

 

Sage paysage

 

Vieil homme que je suis,

Ayant parcouru bien des pays,

Visiter des contrés sur des terres étrangères,

Rencontré des gens de paix sur des continents en guerre.

 

Pèlerin assoiffé de liberté et d’amour,

Vagabondant sur les routes arides depuis toujours,

Traversant des déserts maudits par les dieux te cherchant,

Te cherchant avec les yeux de mon cœur tel un silencieux amant.

 

Ne voyant que la perte du soleil et une lugubre pénombre,

Au fond de moi cette tristesse en ne percevant que cette ombre,

Jusqu’à cet instant où j’ai entendu ton appel ta voix, Ô ma belle déesse !

À mes oreilles percevant cette mélodie digne de la plus douce des caresses.

 

Voilà que déjà en mon coeur vibrent les notes d’une musique,

Célébrant le retour du plus beau roman d’amour. Que c’est fantastique !

En cet instant j’ai couru vers toi Ô ma chérie, Ô ma tendre aimée ! Es-tu un mirage ?

Réponds-moi avec des mots secrets qui ne pourraient venir que d’un sage paysage.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Rendez-le semblable…

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Par Gérard Teillot de la France

Rendez-le semblable…

 

Où suis-je ? Qui suis-je ? Questions existentielles!

Pour moi qui suis nue et de vos yeux vous voyez si belle.

Je suis étendue dans cette humble tenue sans fausse pudeur,

Je ne sais la raison face à vous point de crainte en moi point de peur.

 

De mon humble intimité, je suis prête à dévoiler.

Dans vos rêves les plus fous, je suis prête à naviguer.

Sur les toiles de vos chevalets, je me coucherai avec tendresse.

Car je vois en vos yeux tellement de peine et de grande tristesse.

 

De la fragilité de mon corps,

Vous le rendrez immortelle tel de l’or.

De mes courbes de chairs toutes féminines,

Vous saurez les anoblir avec vos crayons de mine.  

 

De mes seins fermes aux mamelons arrondis et si beaux,

Vous saurez leur rendre hommage telles les douces notes d’un piano.

Maintenant que je suis étendue sur ces coussins de satin venus du lointain Orient,

Je vous offre mon corps en holocauste en expiation des fautes commises par ces vauriens.

 

Rendez-le semblable aux icônes des églises du Liban,

Rendez-le semblable aux vitraux des églises de l’Occident,

Rendez-le semblable œuvres sacrées qui jalonnent notre histoire.

Car mon seul désir, c’est de rendre mon corps semblable au ciboire.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada