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Ce n’est pas grand-chose

La rose
Photo par G.B. d’Allemagne Instagram gb62da et DeviantArt https://www.deviantart.com/gb62da

Ce n’est pas grand-chose

 

Bonsoir chérie,

Es-tu prête pour cette nuit?

De toi, si tu savais comme j’en ai envie.

Si tu le veux, cette nuit, maintenant et pour la vie.

 

Depuis bien des années,

Que nous nous sommes fréquentés,

Aussi loin que je puisse me souvenir

 Je t’avais remarquée grâce à ton beau sourire.

 

Nous sommes allés à la même école et dans la même classe,

Comme c’est incroyable ce que la vie si vite elle passe,

Je me rappelle comme ta main tremblait,

Lorsque pour te rassurer je la tenais.

 

 Pendant nos belles vacances d’été,

À la plage nous nous sommes tellement amusés,

Et pendant les jours de pluie, nous jouâmes à la cachette.

Sans penser une seule fois qu’un jour sonnera l’âge de la retraite.

 

Malgré nos disputes toujours idiotes et bien éphémères,

Nous revenions l’un vers l’autre comme la plage et les vagues de mer.

Car il y avait en nous un secret que nous n’osions pas nous avouer,

Une flamme qui animait notre cœur et qui se résume à celui de s’aimer.

 

Était-ce par crainte ou par une fausse pudeur?

Je crois bien qu’en ce temps, ce n’était pas la bonne heure.

Voyant le moment venu, j’ai choisi pour vivre un humble métier.

Celui que mon père m’avait par son exemple toujours montré.

 

Et de ton côté, tu as estimé bon de choisir une autre voie.

Bien entendu, je l’avoue que cela était ton plein droit.

Pour tes hautes études, tu es parti loin de moi.

Jamais je n’aurai cru un jour revenir vers toi.

 

Que de belles et suaves paroles gars des villes,

Ils t’ont gavée à satiété avec des pensées basses et viles,

Espérant dans le noir de leurs cœurs dans leurs pièges tu tomberais,

Mais dans leurs yeux aux desseins impures, de mon amour tu te souvenais.

 

Tu as bien essayé de faire en ce milieu ton chemin,

Mais tu n’y as trouvé qu’amertume et beaucoup de chagrin. 

Les jours et les nuits ont inévitablement défilé,

Marquant au feutre rouge les dates sur le calendrier.

 

Dès ton retour dans notre si beau village, tu m’as téléphoné.

Écoutant ta voix frémissante, tu voulais ce soir me rencontrer.

Nous devions mettre cartes sur la table pendant qu’il était temps,

Car dans le gouffre de nos âmes, un secret existait depuis trop longtemps.

 

Après notre modeste repas que nous avons si bien partagé,

Tu me confias avec une incroyable douceur que tu m’as toujours aimé.

C’est alors que je t’avouai que pour moi ainsi il en avait toujours été,

Alors pour la première fois, avec passion nous nous sommes embrassés.

 

Pour nos retrouvailles, je ne savais pas trop quoi t’offrir.

Mais je me doutais bien qu’une fleur te ferait sûrement plaisir,

Mais par un heureux hasard j’avais choisi la plus belle des roses.

C’est avec tout mon amour que je te l’offre même si ce n’est pas grand-chose.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le manque

Manquement

Superbe photo réalisée par James Fraser Voir son site sur https://www.deviantart.com/mtl3

Le manque

Vous ne le savez peut-être pas, mais c’est souvent dans le manque que l’on trouve notre richesse véritable. Non pas celle que l’on retrouve dans un compte bancaire ou encore dans les biens acquis à crédit ou bien encore avec les résidences exhibant un luxe souvent plutôt éphémère. Un luxe dépendant des soubresauts de la vie et de sa destinée.

Les hommes ont tendance à voir leurs richesses dans tout ce qu’ils ont accumulé au fil des années, souvent au prix d’un dur labeur et parfois même au péril de leur santé. Oubliant que leur vrai trésor réside là où leurs propres yeux ne peuvent voir au premier coup d’œil.

L’être humain peut travailler en espérant se bâtir un avenir meilleur, fonder une famille dont les descendances porteront fièrement son nom et léguer à ce monde un quelque chose de positif aussi minime soit-il. Pourtant, un rien peut tout anéantir en un instant à peine visible à l’œil nu pour le commun des mortels. Un matin, il peut se réveiller plein d’entrain. Et le soir venu, il peut pénétrer aux cieux pour un joyeux festin. Ainsi va la vie pour chacun d’entre nous.

Pour chaque chose accumulée correspond un temps qui lui a été consacré. Pour chaque activité ignorée correspond un impossible retour en arrière. Pour chaque amour abandonné correspond des regrets amers. Pour chaque expérience de la vie vécue correspond celles que l’on n’a pas pu vivre. Bref, on ne peut pas tout prendre mais on peut aisément tout perdre.

Perdre pour toujours et à jamais. Et, plus souvent que l’on pense, c’est en perdant qu’on retrouve son soi véritable. Cet être qui au plus profond de notre âme nous comprendre que les biens accumulés ne vaudront jamais savoir aimer et savoir s’aimer. Savoir aimer sans rien demander en retour. Savoir s’aimer afin de mieux se donner. Se donner non pas pour plaire mais pour enrichir l’humain en soi et en chacun d’entre nous.

La philosophie hindouiste n’enseigne-t-il pas que tout est éphémère, que rien ne demeure pour l’éternité? Et par le fait même que tout ce qui existe doit tôt ou tard exister sous une autre forme? C’est là que réside la richesse incroyable que tout peut commencer de nouveau.

Sachons avoir la capacité de s’ouvrir aux occasions qui se présentent à nous. De quelles occasions peuvent, en dépit des premières appréhensions, être de magnifiques tremplins pour la découverte des trésors cachés dans nos manques. De ces manques peuvent surgir un tournant majeur dans notre chemin de vie.

Selon RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Ma main sur ma poitrine

La main sur ma poitrine

 » La main sur ma poitrine  » Dessin par Eri Kel de la France

Ma main sur ma poitrine

 

Il y a dans cette pièce un drôle de silence,

Comme l’on peut vivre dans une église où l’on encense,

Le corps sacré, mais dont l’âme aurait fui, un fidèle défunt.

Celui d’un inconnu ou d’un illustre personnage ayant eu une vie hors du commun ?

 

Je me sens entourée par des êtres semblables à des cierges,

Qui désirent protéger de ce monde immonde une pure vierge,

Et de leurs grands yeux brillants tels des flammes éternelles,

Réchauffer avec prudence le corps dénudé d’une femme jeune et belle.

 

Parcourant les courbes tels les mystères d’un rosaire,

En récitant de leurs crayons sur le papier leurs humbles prières,

Et je dois m’en confesser, comme cela est loin de me déplaire.

Par mon expérience de maîtresse dévouée, je sais comment plaire.

 

Mais comme je suis en ces lieux que pour rendre service,

Rendre service à mon vieil ami que j’aime bien malgré ses vices,

Je vais garder une pose prude avec en moi-même une certaine amertume,

Une nostalgie du temps passé où mes exploits de coquine dissipèrent bien des brumes.

 

Aventurière de ces braves corsaires,

De ces flibustiers qui sur les océans bleutés naviguèrent,

Parcourant les eaux sur lesquels riches navires s’y trouvèrent,

Sans relâche, ni répit, sur les mers ils les poursuivirent et les détroussèrent.

 

Après avoir rempli leurs bourses de pierres précieuses,

Ils revinrent vers leur maîtresse bien-aimée aux lèvres si délicieuses.

Savourant chaque instant passé en sa compagnie grâce à ses mains d’experte,

Sans oublier tout son savoir-faire dans la luxure au risque d’aller à sa perte.

 

Mais assez rêvasser de cette époque imaginaire,

De cette période fabuleuse où peut-être je vivais naguère,

Et comme je suis présentée à ce banquet comme de la fine cuisine,

Je me laisse apprécier par les convives en déposant ma main sur ma poitrine.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Proximité

Proximité
Superbe photo réalisée par James Fraser Voir son site sur https://www.deviantart.com/mtl3

Poème inspiré d’un fait vécu

Proximité

 

Depuis trop longtemps,

J’attendais ce merveilleux instant,

Où toi et moi, nous nous serions enfin retrouvées.

Depuis ce jour où par désespoir nous avons été séparées.

 

À une époque où par fausse pudeur,

Être mère célibataire faisait tellement peur,

De notre si jeune mère telle une criminelle notoire,

Qui alla nous céder tel une offrande à des femmes habillées en noir.

 

Je fus heureusement adoptée,

Par un couple qui chercha une fillette à aimer,

Et qui me prit sous son aile comme leur propre enfant,

En me prodiguant bonne éducation tout en m’aimant tendrement.

 

L’adolescence bientôt venue,

Ma différence avec eux se voyait à l’œil nu.

Différente en dehors mais si semblable en dedans,

Car avec reconnaissance, je les appelais cher papa et chère maman.

 

N’étant ni populaire, ni très fortunés,

Ils m’ont donné un bien que j’ai toujours estimé,

Des études pour un travail par lequel je serai autonome,

Dans une profession par laquelle je ne dépendrai pas d’un homme.

 

Les années se sont écoulées avec pour chacune de nous sa destinée,

Par grande chance, un beau et gentil homme j’ai rencontré,

Et comme il me trouva bien de son goût, il m’a épousée.

Si heureuse, que j’ai avec lui grande famille fondée.

 

Puis un jour, nombreuses questions en mon esprit apparurent.

Questions auxquelles réponses n’étaient point une parure.

 Qui était donc cette femme que je n’avais jamais connue?

Était-elle qu’une futile illusion tombée des nues?

 

Dans les journaux est apparu un avis de recherche,

En souhaitant ardemment voir celle que je cherche,

Bien des laudes et des vêpres allègrement chantèrent,

En accompagnant au Ciel chacune de mes nombreuses prières.

 

Puis, un jour que je ne m’y attendais pas.

Mon vieil téléphone tel un ami de longue date sonna,

Une douce voix de femme m’annonça cette grande nouvelle,

Était-elle celle que je recherchais car elle fut aussi séparée de sa mère si belle.

 

Éloignée de son unique sœur dès sa naissance,

Car on espérait ainsi qu’elles ignoraient l’une de l’autre son existence,

Elle me demanda avec trémolo dans la voix si je voulais bien la rencontrer,

L’instant d’un déjeuner? L’instant d’un dîner? L’instant d’un bon souper?

 

J’ai accepté avec toi de partager un bon repas,

Afin de bien commencer cette rencontre comme il se doit.

Le moment venu, mon cœur palpita tellement j’étais touchée.

De voir celle qui m’a été enlevée, celle que je n’ai jamais près de moi serrée.

 

Mais quelle fut notre surprise lorsque nous nous sommes aperçues en ce lieu,

Que nos prières, telle une seule voix, ont été entendues par les cieux,

Et qu’avec grand étonnement, en se regardant droit dans les yeux,

Que toi et moi, nous avions déjà vécu des moments si heureux.

 

À chaque début de journée de travail nous nous saluons,

À chaque fin de journée de travail chez soi nous retournions

Dans cette usine, où à chaque pause, avec toi j’aimais discuter.

Qui nous aurait dit que malgré notre destin nous vivions une telle proximité?

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Un bel exemple d’une œuvre réussie

Un bel exemple d’une œuvre réussie
Superbe photo réalisée par James Fraser qui m’a donné sa permission d’utiliser ladite photo pour écrire ce présent article. Voir son site sur https://www.deviantart.com/mtl3

Un bel exemple d’une œuvre réussie

Bonjour tout le monde,

Il m’arrive parfois de naviguer sur l’un de mes sites artistiques préférés afin d’y trouver des réalisations photographiques qui pourraient être intéressants à vous présenter au sein de mon blogue consacré au nu, à la poésie et à la photographie ainsi que de manière occasionnelle à des réflexions personnelles sur différents sujets. Vous noterez que lesdites articles de réflexion portent rarement sur mon vécu puisque je préfère de beaucoup laisser la tâche de la lamentation à autrui. En ce qui me concerne, je préfère voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide.

Quoiqu’il en soit, c’est toujours avec grand plaisir que je découvre des créations artistiques qui me semblent être dignes de vous présenter au sein de mon blogue. Mais, attention ! Il est impératif que de telles créations répondent à trois critères de sélection précis afin de respecter l’orientation d’excellence qui est le fil conducteur au fil de mes publications.

Le premier de ces critères est de répondre à cette question : Une telle œuvre fit-elle ressortir une émotion auprès du public ? Je ne parle pas d’une émotion passagère, mais bien de celle qui nous interpelle au plus profond de soi. Une émotion qui amènera la personne à retenir son souffle, à être ébahie dès que ses yeux se posèrent sur l’œuvre et qui le portera à se mettre, ne serait-ce l’espace d’un instant, dans la peau du modèle, voire à ressentir ce que celui-ci ressent.

Le deuxième critère consiste à retenir l’attention au de-là de l’espace et du temps. Certes, il est plus ou moins aisé de retenir l’attention pour une période plus ou moins courte. Cependant, c’est tout le contraire lorsqu’il s’agit de garder celle-ci, manière de parler, en captivité dans l’esprit d’un nombre plus ou moins important d’amateurs d’arts. Oui, une œuvre d’art se doit d’être captivante auprès de ces derniers, mais elle doit demeurer intéressante une fois lorsqu’ils quitteront les lieux. Il est ordinaire de se dire en voyant une œuvre d’arts pour la première fois : « Mon Dieu que c’est joli. » Cependant, il est plutôt rarissime de s’expliquer pourquoi une telle exclamation a été faite et encore plus d’avoir la volonté de partager sa raison d’être. Ici, je dois admettre que les commentaires publiés dans le fil d’actualité du site deviantArt où se trouve ladite photo sont avec raison élogieux à son endroit. On doit retenir que l’aspect d’aller au de-là l’espace et le temps est tout à fait respecté. En effet, une telle photo fort appréciée se retrouve au sein même d’un site reconnu sur le plan international pour la qualité de l’ensemble des œuvres qui y sont exposées.

En dernier lieu, une question fondamentale doit être résolue afin que je puisse prendre la décision de publier une œuvre photographique au sein de mon blogue. La question est toute simple : Cela en vaut-il la peine? Dans le cas présent, je peux répondre avec certitude que non seulement cela en vaut la peine, mais qu’il aurait bien dommage de passer à côté d’une si belle occasion. Oui, je me devais de saisir l’opportunité qui m’était offerte pour inclure ladite œuvre au sein de mon blogue.

À vrai dire, cette œuvre a tout pour être qualifiée de magnifique. Je prends, à titre d’exemple, la sensibilité qui s’en dégage. Une sensibilité qui me porte à imaginer, ce qu’il s’est passé, à ce qu’il se passera et à ce qu’il n’arrivera peut-être pas. Toutes les possibilités s’y trouvent. Viennent s’ajouter à cela, l’expression corporelle du modèle qui m’interpelle dès mon premier regard sans oublier le sentiment de tristesse qui éclaire à la fois un visage si beau et si tendre. Et que puis-je dire de la fragilité du modèle ? Fragilité manifestée dans une nudité à la fois prude et sensible. Puis-je passer sous silence le choix du « noir et blanc » du photographe pour réaliser une telle photo ? Agir ainsi équivaudrait à un péché intellectuel par omission. En effet, le « noir et blanc » demeure une pièce maîtresse, aller savoir pourquoi, de la plupart des créations de nudité artistique. Noter ici que j’ai bien écrit « de la plupart » puisqu’il existe, Dieu merci, des œuvres réalisées en couleur de qualité exceptionnelle. Mon blogue artistique en est rempli. Vous n’avez qu’à le parcourir pour le découvrir par vous-mêmes.

Je ne peux ignorer un dernier élément qui rend une telle photo si intéressante d’un point de vue strictement artistique. Il s’agit dans le cas présent de la simplicité à l’état pur. Il n’y a pas d’extravagance inutile, ni de décors avec des accessoires superflus et encore moins une position du modèle qui laisserait place à des interprétations qui iraient à l’encore du nu. Autrement dit, tout est fait de manière sobre. Une sobriété qui accentue de manière sans équivoque le résultat final.

En concluant cet article, j’avoue avec une certaine culpabilité d’avoir élaboré aussi longtemps. Ce qui est loin d’être dans mes habitudes. Mais, je ne pouvais faire autrement. En effet, il peut arriver parfois qu’une élaboration davantage élaborée que ce dont nous, c’est-à-dire vous et moi, sommes habitués afin de rendre justice à une œuvre réellement digne de mention, surtout dans le cas où le hasard m’a permis de la découvrir et de la partager avec vous.

Merci infiniment de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada