Archives de tags | pièce

Retour aux sources

Retour aux sources
Retour aux sources par Juste Angèle de France

Retour aux sources

Magnifique dessin par Juste Angèle de la France

Souvent, nous oublions l’essentiel de la vie. Une vie axée sur les performances, les achats futiles, le bien paraître et l’illusion du monde moderne. Pourtant, il suffirait simplement de retourner en soi, vers soi, vers son être intérieur pour y trouver un refuge inaccessible aux autres. Un jardin secret, une pièce dont nous sommes les seuls à détenir la clé pour y pénétrer.

Le retour aux sources n’est point un repli sur soi. C’est plutôt s’ouvrir à ce que nous désirons vraiment à la fois donner et recevoir. Donner librement ! Refuser tout aussi librement ! Admirer la beauté de la vie sans pour cela faire abstraction des petits à-côtés qui sont, disons-le avec franchise, moins agréables.

Bon retour aux sources à ceux et à celles qui en ressentent le besoin. Merci à Juste Angèle de m’avoir donner sa permission d’utiliser ce superbe dessin pour illustrer mon propos.

De RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Ma main sur ma poitrine

La main sur ma poitrine

 » La main sur ma poitrine  » Dessin par Eri Kel de la France

Ma main sur ma poitrine

 

Il y a dans cette pièce un drôle de silence,

Comme l’on peut vivre dans une église où l’on encense,

Le corps sacré, mais dont l’âme aurait fui, un fidèle défunt.

Celui d’un inconnu ou d’un illustre personnage ayant eu une vie hors du commun ?

 

Je me sens entourée par des êtres semblables à des cierges,

Qui désirent protéger de ce monde immonde une pure vierge,

Et de leurs grands yeux brillants tels des flammes éternelles,

Réchauffer avec prudence le corps dénudé d’une femme jeune et belle.

 

Parcourant les courbes tels les mystères d’un rosaire,

En récitant de leurs crayons sur le papier leurs humbles prières,

Et je dois m’en confesser, comme cela est loin de me déplaire.

Par mon expérience de maîtresse dévouée, je sais comment plaire.

 

Mais comme je suis en ces lieux que pour rendre service,

Rendre service à mon vieil ami que j’aime bien malgré ses vices,

Je vais garder une pose prude avec en moi-même une certaine amertume,

Une nostalgie du temps passé où mes exploits de coquine dissipèrent bien des brumes.

 

Aventurière de ces braves corsaires,

De ces flibustiers qui sur les océans bleutés naviguèrent,

Parcourant les eaux sur lesquels riches navires s’y trouvèrent,

Sans relâche, ni répit, sur les mers ils les poursuivirent et les détroussèrent.

 

Après avoir rempli leurs bourses de pierres précieuses,

Ils revinrent vers leur maîtresse bien-aimée aux lèvres si délicieuses.

Savourant chaque instant passé en sa compagnie grâce à ses mains d’experte,

Sans oublier tout son savoir-faire dans la luxure au risque d’aller à sa perte.

 

Mais assez rêvasser de cette époque imaginaire,

De cette période fabuleuse où peut-être je vivais naguère,

Et comme je suis présentée à ce banquet comme de la fine cuisine,

Je me laisse apprécier par les convives en déposant ma main sur ma poitrine.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Est-elle bien aiguisée ?

Est-elle bien aiguisée
Superbe photo par Tastethewine

Est-elle bien aiguisée ?

 

Pièce maitresse que m’a jadis donnée ma mère,
Qui m’a appris que la vie peut être parfois douce, parfois amère.
Que rien ne peut être plus sacré que son corps qui véhicule son âme,
Un corps auquel on se doit de respecter quelle une divine flamme.

 

Arme mortelle forgée par les bras de mon père,
Qui l’avait fabriquée pour combattre les ennemis à nos frontières,
Ces hommes venus détruire nos forêts vierges et exploiter nos trésors,
Nos forêts denses regorgeant de fruits divers et nos mines de diamants et d’or.

 

Soucieuse de respecter nos mœurs et coutumes,
J’ai enlevé sur moi bijoux variés, parures soyeuses et riche costume.
Afin d’affûter cette lame selon les rîtes que m’ont transmis mes ascendants,
Lesquels ont gardé tel un mystérieux secret les mots à prononcer par leurs parents.

 

Mots qui sortirent tel un psaume de ma bouche,
De ma bouche ayant auparavant goûté boisson capiteuse,
Que je portai à mes lèvres la coupe me donnant l’allure de la mante religieuse.
Buvant chaque goute de ce nectar rouge au risque de paraître un peu louche.

 

Prenant avec fermeté mon arme ancestral,
Je l’affûtai avec une pierre sacrée d’en amont en aval,
Avec persévérance jusqu’à ce que le feu sur cette lame se soit manifesté,
Répondant sans équivoque à cet énigme souveraine : est-elle bien aiguisée ?

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

À la femme que je suis

Je danse

« À la femme que je suis » Photo par G.B. d’Allemagne

À la femme que je suis

 

Aujourd’hui, je vis.
Je vis en cet instant précis.
Respirant avec grande profondeur,
Afin de mon être en extirper mes peurs.

 

Seule et nue dans cette petite pièce,
Sous une musique qui me met en liesse,
Quelques notes de musique du prodigieux Mozart,
Afin de mes pas, de mes gestes en créer une oeuvre d’art.

 

Mains libres et légères,
Oubliant ma journée d’hier,
Main gauche tournée vers l’entre-jambe,
Main droite dirigée vers le sol que j’enjambe.

 

Pied droit semblable au soleil levant,
Pied gauche qui file vers droit devant,
Du mouvement de la hanche j’accouple,
L’ombre et la lumière afin d’en faire un couple.

 

Chaleureuse lumière qui ravive la profondeur de mon corps,
Ombre délicate qui rafraîchit mon être et mon âme,
Quel plaisir de sentir fraîcheur dans les flammes,
Esprit de liberté qui vaut son pesant d’or.

 

Tête légèrement penchée,
Avec le sourire d’un être comblé,
Sous les notes de piano j’ai cessé de penser,
Et de permettre à la femme que je suis de danser.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Voici mon dos

IMG_20180915_144239B

Dessin réalisé à Montréal le 15 septembre 2018

Voici mon dos 

 

À genoux devant vous, 

Je deviens simplement fou. 

Fou d’obéir à vos commandements, 

 Tel que le ferait un si sage garnement. 

 

Je vous salue dès votre entrée, 

Dans cette pièce d’un rouge feutré, 

N’en pouvant plus d’attendre une punition, 

Je me suis permis d’agir comme un vilain garçon. 

 

Avec la rapidité de l’éclair vous m’avez corrigé, 

Vous avez su me remettre sur le droit chemin, 

Celui de l’obéissance avec plaisir et entrain, 

Le tout accompagné d’insultes bien méritées. 

 

Que vous êtes bonne pour l’esclave que je suis, 

 Gémissant à chaque fois que pour votre bonheur, 

À chaque moment de mes extases de douleurs, 

Vous savourez comme il se doit chacun de mes cris. 

 

Je ne saurais jamais comment vous remercier, 

Pour tous les coups de fouet que vous me donnez, 

Entre toutes mes nombreuses supplications de continuer, 

Comment en ce jour pourrais-je vous récompenser ? 

 

Mais puisque l’on y est ! 

Voici l’instant ultime, celui qui me plaît. 

Celui qui me fait sentir comme je suis beau, 

Pour vous ô grande prêtresse, voici mon dos ! 

 

De 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada