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Faire face à ma détresse

Faire face à ma détresse Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo et Modèle par JenovaxLilith Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/Volva-the-Seeress-914376104

Faire face à ma détresse

 

En cette profonde forêt,

Je me suis enfuie de ce qui est.

De ces horreurs, de ces crimes que l’on nous présente.

À travers cette boîte mystérieuse dont tant de gens dépendent.

 

En parcourant à travers les bois.

J’ai trouvé un bien obscur endroit.

Où je m’y suis réfugiée sans mes vêtements.

J’y ai découvert un calme si surprenant, si étonnant.

 

Une ténébreuse noirceur m’entourait.

Prise d’une lourde fatigue, je m’endormais.

Et pourtant, j’étais consciente de mon environnement.

C’est alors que des rayures parurent inexplicablement.

 

Tout autour de moi planait sur un profond silence.

Je me sentais dans le placenta d’avant ma naissance.

Puis, avec lenteur, un vent mystérieux caressa les tiges,

Des arbres qui dansèrent jusqu’à ce que je me fige.

 

Étrangement, je n’y éprouvais aucune crainte.

Seulement, une envie irrésistible de me plaindre.

De verser jusqu’à la dernière goutte les larmes de mon corps.

Est-il un crime que d’avouer de ne pas être le plus fort ?

 

J’ai écouté mon âme se confier à mon cœur.

Qui cache par des sourires sur mon visage ses pleurs.

Pour une première fois, j’étais loin de ce monde qui stresse.

C’est alors que j’ai pu enfin faire face à ma détresse.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Depuis qu’elle est fermée

Depuis qu’elle est fermée Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/They-closed-the-line-913747929

Depuis qu’elle est fermée

 

En cette journée d’été, je suis allé,

Dans les bois feuillus, me promener.

À la campagne où mon père jadis m’y amena.

Avec sa voix chaleureuse, ses souvenirs, il me raconta.

 

Ses souvenirs de jeunesse,

Une époque remplie de jolies déesses.

Où il fit la rencontre de sa bien-aimée.

Une femme qu’il avait aimée jusqu’à la marier.

 

Ensemble, ils vécurent des jours heureux.

Ils étaient loin d’être riches sans être nécessiteux.

Mon père était un fier conducteur de locomotive.

Ma mère s’occupait de la boutique d’eau vive.

 

Il amenait les voyageurs de grand chemin.

Il en revoyait quelques-uns, selon leur destin.

Elle veillait avec grand soin au bon train des affaires.

Elle attendait le retour de son amour à l’autre bout du chemin de fer.

 

J’imagine bien que parfois.

Dans un élan de cœurs en émoi.

De retour d’un long voyage vers une terre étrangère.

Il arriva sur le seuil de la porte, celui qui deviendra mon père.

 

Dans un élan passionnel,

Sans dire un mot, il amena sa belle.

Vers la chambre où ils s’unirent d’un amour véritable.

Sans se douter qu’il y aurait plus tard un enfant à leur table.

 

Fruit inattendu de leur amour.

Ils me comblèrent d’affection nuit et jour.

Ils m’ont transmis leurs valeurs et leur foi chrétienne.

Elles m’ont toujours servi quoiqu’il advienne.

 

Les années passèrent à la vitesse de l’éclair.

Un bonheur brisé par le départ vers les cieux de ma mère.

En dépit de bons soins, une maladie étrange, son élue avait ravie.

Il me réconforta de la perte de celle qui m’a donné la vie.

 

Comme j’aurais aimé trouver les mots pour le consoler.

Lorsque je voyais de ses yeux rougis, toutes ces larmes couler.

Mais, je venais à peine de sortir de mon enfance.

Triste début pour entrer dans l’adolescence.

 

Elle a été inhumée dans le cimetière du village.

Un endroit somme toute joli entouré d’arbres sans âge.

Il n’a jamais désiré prendre pour épouse une autre femme.

Car, dans son cœur déchiré, pour elle, brûlait une éternelle flamme.

 

Puis, en une journée chaude d’été.

Lorsque j’étais en âge de comprendre la réalité.

Il m’amena près de la voie ferrée où avait tant roulé son train.

Il m’a alors enseigné une noble vérité, en me tenant par la main.

 

Retiens bien cette leçon, ô, ma chère fille.

C’est un fait que la vie sans cesse se défile.

Semblable à ses rails grugés par le temps impassible.

Aussi longtemps que tu auras foi en Dieu, tout sera possible.

 

Éloigne ton âme pure de tout mal.

Prend bien garde de ce monde, les vandales.

Ouvre avec joie les mains aux nécessiteux.

Et, choisis bien celui qui sera ton amoureux.

 

Tu joindras à ton tour des rails sur le chemin de fer de la vie.

Sache, ô, ma fille chérie! Que je te souhaite un bonheur infini.

Tu as été la plus belle surprise de toute mon existence.

Je désire tant que tu sois dans l’abondance.

 

Depuis que cette voie ferrée est fermée.

Je viens à l’occasion en cette forêt me balader.

C’est alors que je me remémore ces paroles de sagesse.

Merci père et mère pour votre amour et pour votre tendresse!

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Les fissures du temps

Les fissures du temps. Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Eri Kel de la France

Les fissures du temps

 

Bien le bonjour mes précieux amis,

Je poursuis ma promenade en votre compagnie.

Une balade en cette forêt en ce début du printemps.

Un moment propice pour une réflexion en ce triste temps.

 

N’allez surtout pas croire que je suis du genre à me lamenter.

Vous savez depuis longtemps que j’adore la vie l’hiver comme l’été.

Voyez-vous ? Les situations actuelles me poussent à réfléchir.

Sur les multiples raisons de vivre bien avant de mourir.

 

Tout comme vous, je ne possède pas les réponses aux questions.

Je suis qu’un être humain qui tente au jour le jour de ne pas perdre la raison.

Une raison partagée avec la foi donnée par mes parents et transmise par leurs aïeux.

Ce sont des atouts pour découvrir en ce monde tout ce qu’il a de merveilleux.

 

Au fil de mes pas sur la terre fraîche, j’ai fait la rencontre d’un vieux chêne.

Un arbre qui, à mes yeux incrédules, semblait vouloir se libérer de ses chaînes.

Un témoin de l’histoire jonchée parfois d’illustres héros, plus souvent d’inconnus.

Des gens, comme vous et moi, qu’ils soient riches ou pauvres, naissent pourtant nus.

 

Contre toute attente, un miracle se produisit sous mon regard tel un inquisiteur.

Ma mère me disait jadis, face à mes questions, qu’à chaque chose arrive son heure.

Elle avait raison, car une chose prenait vie, sous l’écorce asséchée, de cet être si sage.

La réponse à la question que les êtres humains se posent depuis le fond des âges.

 

Pourquoi vivre si notre finalité est d’embrasser la froideur sidérale du néant ?

À vrai dire, la mort n’est pas la fin de la route, car il y aura toujours un printemps.

La vie existera toujours tant dans nos souvenirs qu’en nos espoirs en l’avenir.

Et ce, en dépit des mensonges colportés par les devins qui ne font que rire.

 

C’est au pied d’un arbre qui a connu aussi bien l’amour que la guerre.

Un chêne qui a grandi au fil des années sur les terres de mon grand-père.

Que j’ai compris que c’est souvent en nous promenant et en chantant !

Que nous résolvions nos questions à travers les fissures du temps !

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Nue à travers les bouleaux

Nue à travers les bouleaux Poème de RollandJr St-Gelais Photo de morose-ave Source : https://www.deviantart.com/morose-ave/art/Nude-among-the-birches-884374874

Nue à travers les bouleaux

 

Aujourd’hui, c’est le début de l’été.

J’ai décidé en cette forêt d’aller me promener.

Il faisait tellement chaud que j’ai voulu réaliser un rêve.

De retirer mes vêtements afin de ressembler à la belle Ève.

 

J’ai toutefois conservé un magnifique collier.

Une parure qui rehaussait à la perfection ma féminité.

Un souvenir que j’ai acheté dans une boutique d’un village.

Peuplé de gens aux sourires chaleureux qui masquaient leurs âges.

 

Arrivée en un lieu parfumé de la senteur des arbres feuillus.

Un endroit convenable à ce que je me retrouve enfin toute nue.

En deux temps, trois mouvements, mes vêtements, j’ai enlevés.

Quelle sensation agréable de se retrouver en totale liberté !

 

Les pieds foulant le sol noir comme du charbon.

Je ressentais ainsi comme tout était si bien et si bon.

Il me semblait que les arbres me racontèrent leur secret.

Ils m’enseignèrent à prendre la vie simplement comme elle est.

 

En présence de ces sages au silence mystérieux.

J’ai appris qu’il suffisait d’une chose pour être heureux.

C’est de se remémorer qu’il y a toujours quelque chose de beau.

Une leçon remplie de sagesse alors que j’étais nue à travers les bouleaux.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Neuf années sont passées

Neuf années sont passées Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par K.W. Oliver des États-Unis

Neuf années sont passées.

 

Je suis seul en cette forêt.

Profitant allègrement de cette paix.

Ayant pour témoins les oiseaux qui chantèrent,

Dans les cimes des arbres qui attendent le réveil de la terre.

 

Loin des nouvelles de guerre et de conflits,

Je profite de cet instant merveilleux que m’offre la vie.

Pour me rappeler que rien en ce monde ne pourra me toucher,

Si ce n’est qu’un enfant à secourir, un indigent à aider et une femme à aimer.

 

 Je foule la neige doucement balayée par le vent.

Cette neige qui périra, malgré sa beauté, dès le printemps.

Que mon désir d’être transporté dans le temps passé puisse se réaliser !

Que je puisse revivre mon premier amour, mon premier baiser.

 

Neuf années sont passées depuis que tu es parti vers le paradis.

Emportant avec elles, mes rêves, mes espoirs et mes envies.

Je me remémore ces paroles que tu avais prononcées.

Peu de temps avant que la maladie t’a emportée.

 

« Nous serons toujours ensemble, mon chéri. »

« Car, avec toi, j’ai connu un aperçu du paradis. »

C’est alors que je prends conscience de la chance que j’ai.

D’avoir pu rendre vraiment heureuse la femme que j’ai aimée.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada