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Un simple sourire aurait suffi

Un simple sourire aurait suffi Peinture de Maryse Veysseyre Poème de Rolland Jr St-Gelais

Un simple sourire aurait suffi

 

Je me souviens d’un tramway,

Que chaque jour, je prenais.

Pour aller à mon boulot,

Le matin assez tôt.

 

Un jour, j’y ai vu un vieillard.

Un homme au visage ravagé par la misère,

Qui avait jadis tant aimé père et mère et ses frères,

Des êtres qui lui étaient chers lentement effacés de sa mémoire.

 

 

Il ne disait point un mot et ne dérangeait pas trop,

Assis bien sagement, il regardait les gens de ses yeux si beaux.

Cherchant quelqu’un avec qui échanger sans vouloir l’importuner,

Il offrit son sourire à l’âme qui le lui aurait rendu avec bonté.

 

 

Il n’a jamais demandé la charité,

Même s’il vivait dans une grande précarité.

Les gens, à ses sourires, répondirent avec indifférence.

Voilà l’un de mes plus vieux souvenirs de ma belle France.

 

 

Les jours, les semaines, les mois et les années

Sans répit, ni relâche, ont inlassablement passé.

Et puis, un jour, sans crier gare, il a subitement disparu.

C’est en lisant le journal du soir qu’une photo de lui, j’ai vue.

 

 

Dans la rubrique de la nécrologie,

Homme qui avait combattu pour la mère-patrie,

Homme qui pour son courage avait été maintes fois décoré,

Mais que ses souffrances lui avaient enlevé la possibilité de parler.

 

 

Je me souviens par un matin où j’allais travailler,

Il m’avait fait un sourire avec ses yeux émerveillés,

Un sourire que malheureusement je ne lui ai pas rendu,

Croyez-moi les amis ! Comme en cet instant je m’en suis voulu.

 

 

De

 

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une chaise abandonnée

Une chaise abandonnée poème de Rolland jr St-Gelais Dessin par Maryse Veysseyre

Une chaise abandonnée

 

Je suis si seule dans cette forêt clairsemée

Sous les arbres qui laissent le soleil me réchauffer

Je me remémore le temps de jadis, le temps d’autrefois.

Où dans une modeste chaumière j’ai entendu bien des voix.

 

Des voix de joie, des voix de peine, des voix d’enfants et des voix de sottes gens.

Que dire de tous ces pas qui sans cesse se baladèrent sur le plancher tremblant?

De ces pas d’étrangers venus trouver du réconfort avant de poursuivre leur chemin

De ces pas de vieilles connaissances venues souhaiter bonne journée dès le petit matin.

 

J’ai vu bien des gens tellement heureux d’avoir gagné ce qu’ils ont misé

Et, ceux qui bien tristes, ont tout perdu en un éclair en une seule tournée

Des soirées à jouer aux cartes et à boire du vin jusqu’à tard le soleil levé

Et puis? Qui suis-je vraiment pour me permettre, de ces gens, les juger?

 

Bien des jeunes amoureux un peu gênés se sont embrassés

Aux yeux de leurs parents respectifs parfois un peu embarrassés

Des amoureux qui ont quitté la chaleur du nid où ils ont grandi

Pour à leur tour établir leur foyer avec un bonheur pour toute la vie.

 

Les années sont si vite passées et les modes ont tellement changé

D’une chaise bienveillante à une chaise insignifiante, je suis passée.

Au rebut, sans gêne aucune mes maîtres m’ont littéralement délaissée.

Maintenant, je suis une chaise abandonnée qui avait pourtant tant aimé.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Tant de questions

Tant de questions Texte de RollandJr St-Gelais Photo et modèle par Jenovaxlilith Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/questions-865382641

Tant de questions

Bonjour tout le monde,

Eh bien oui! L’année 2020 se terminera dans quelques jours. Une année qui sera inscrite dans les livres d’histoire pour les générations qui nous suivront au fil des années à venir. C’est une notion de base que l’on apprend dès la première année universitaire dans le cursus de formation en histoire ; les temps présents deviendront des faits historiques pour lesquels les historiens examineront à partir de leurs propres grilles d’analyse. Ces grilles d’analyse seront probablement aussi nombreuses que peuvent l’être les aigrettes d’un pissenlit volant au gré du vent.

L’année 2020 laissera très certainement un goût amer chez plusieurs d’entre nous. Et pour cause puisque certains ont perdu des proches, que ce soit ou non attribuable au coronavirus, d’autres ont subi la perte de leurs emplois tandis que d’autres ont fait face à une solitude sans précédent. Fait encore plus insidieux, la perte des points de repère se fit sentir parmi un nombre incalculable de gens provenant de tous les milieux sociaux, toutes appartenances ethniques, linguistiques, culturelles et religieuses. Nul en ce monde n’a été épargné.

Certes, l’année 2020 laissera place à un chiffre de plus. Toutefois, je dois avouer qu’elle a tout de même été une année fort agréable dans son ensemble. En effet, la saison estivale a été parmi les plus agréables depuis que je vis à Québec. De mémoire, je ne me rappelle pas qu’il ait fait si beau en cette saison. De plus, rien ne m’a empêché de réaliser mes activités en tenant compte des recommandations sanitaires promulguées par les instances gouvernementales. Bref, j’ai pleinement vécu.

Tout comme vous, bien des questions hantent mon esprit depuis les derniers jours. Comment sera l’année 2021? Sera-t-elle que le prolongement de l’année en cours? L’économie pourra-t-elle reprendre rapidement? Quelles mesures sanitaires devront être maintenues? Quand pourrons-nous de nouveau rencontrer nos proches, les serrer dans nos bras et leur dire de vive voix comment nous les aimons?  Quand pourrons-nous nouer de nouveaux liens tant amicaux qu’amoureux ou tout simplement, c’est une réalité que l’on doit avouer sans aucune hypocrisie, charnels? Tant de questions dont les réponses apparaîtront en temps et lieu.

En ce qui me concerne, je vis au jour le jour en profitant de ces périodes de confinement pour renouer avec la passion de la lecture tout en espérant pour un avenir meilleur. Oui, j’espère que nous tirerons de belles leçons à la suite de ces événements. Je pense notamment qu’il faille prendre conscience que rien n’est éternel en ce monde, que notre santé est le bien le plus précieux qu’il nous a été donné, que nous sommes des êtres vulnérables et que nous méritons de vivre pleinement. Mais, avant toute chose, que la nature nous ait prévenus de ses limites par rapport à la surexploitation que nous lui faisons subir depuis les trente dernières années. Oui, j’ai espoir que l’on arrivera à un renouveau collectif. Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre? Dans ce cas, mes amis, vivons!

Merci de m’avoir lu.

Rolland Jr St-Gelais de Québec au Canada

Une femme admirant le paysage

Une femme admirant le paysage Poème de Rolland Jr St-Gelais Peinture par Maryse Veysseyre de la France

Une femme admirant le paysage

 

Jadis lorsque je n’étais encore qu’une gamine

Mes parents me disaient souvent que j’avais bonne mine

Quand nous venions à notre modeste cottage passer tout l’été

Je profitais de l’occasion pour parcourir les sentiers avec curiosité.

 

Car, belles choses, je découvrais chaque fois que j’y allais

Vous ne me croiriez pas, ce que j’ai découvert, si je vous le racontais

Les arbres avaient si grandi alors qu’à l’automne ils étaient si petits

Lorsque la première neige de l’hiver les avait de son manteau ensevelis.

 

Me promenant au gré du temps et de la chaude saison

En mon esprit, vint y surgir une drôle de question

Reviendrais-je en ces lieux lorsque j’aurai à mon tour grandi?

Y penserais-je lorsqu’un époux j’aurai choisi et une famille établie?

 

Car nul ne sait en ce monde de quoi sera fait son avenir

Aux premières larmes d’un enfant naissant succède le dernier soupir

Tout peut arriver à la vitesse d’une étoile filante dans le firmament

Santé et jeunesse font place à la maladie et à la vieillesse malheureusement.

 

Les années sont passées tel un coup de tonnerre et en un éclair

Diplôme avec mention honorable! De leur fille, mes parents étaient fiers.

Fiers de la femme belle et charmante que je suis devenue

Grande joie en leurs yeux émerveillés! Quel bonheur j’ai vu.

 

Enseignante en art, tel est mon choix de carrière.

L’art du pinceau j’ai enseigné tant aux enfants qu’aux mères

Voir se développer avec passion bien des talents cachés

Qui me demandèrent qu’à être avec précaution dévoilés.

 

Ayant aimé en secret une femme

À qui j’aurais tant aimé exprimer ma flamme

J’ai choisi de faire comme si rien n’était vu ce monde si incertain

Mieux être chez-moi pour ne point cacher mes larmes de mes mains.

 

Je suis devenue avec le temps si sage

Que pour préserver cet amour impossible en gage

J’ai retenu en mon cœur cet ultime secret d’un autre âge

Je ne suis maintenant qu’une femme admirant le paysage.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Sur les bords de la Loire

Sur les bords de la Loire Poème de RollandJr St-Gelais Peinture de Maryse Veysseyre de la France

 

Sur les bords de la Loire

 

Je suis un vieux marin,

Alors, n’essayez pas de jouer avec moi

Pour savoir qui d’entre nous est le plus fin

Car, sur ce long fleuve de la France, je suis le roi.

 

Certes, je n’ai peut-être pas fait mers et océans.

Mais, pour bien des gens, je suis devenu leur père.

Je me suis fait des amis qui sont devenus au fil du temps des parents,

Des amis qui ont comme moi connu des amours volés par la misère.

 

Je ne parle pas ici de la Der des Ders

Mais celle qui m’a fait découvrir ce fleuve majestueux

Qui m’a permis de sauver des gens qui fuyaient les horreurs de la guerre

Des gens qui portaient l’étoile jaune et, face à leur destin, si soucieux.

 

La victoire des Alliés et la libération de ma chère patrie

M’ont permis de poursuivre mon désir de naviguer

Et de connaître à chaque port, une femme à aimer.

Car bon nombre d’entre elles ont perdu leurs maris.

 

Sur ce long fleuve de mon doux pays

J’y ai vu des maisons aux peintures bariolées

J’y ai entendu le bel accent de ma belle Sylvie

Cette femme pour qui mon cœur a craqué.

 

Après nos noces, j’ai continué de naviguer.

Tout en me promettant de lui rester toujours fidèle

Inutile d’aller voir celles que jadis j’ai fréquentées

Car à mes yeux, elle était vraiment la plus belle.

 

Après tant d’années à naviguer du sud au nord

Il serait peut-être le temps de tirer ma révérence

Avant que mes forces s’épuisent et qu’il soit trop tard

Sur les bords de la Loire, j’ai réalisé mes rêves d’enfance.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada