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La reconnaissance

La reconnaissance par Rolland Jr St-Gelais

La reconnaissance

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien et que vous avez commencé le carême du bon pied. Pour ma part, je vais très bien. J’ai même eu la chance d’assister à la célébration eucharistique du mercredi des Cendres par l’entremise de l’internet. À ma grande surprise, je dois avouer que ce fut extraordinaire d’assister à cette célébration.

Ceci m’amène à répondre à une question fondamentale : qu’est-ce donc que le carême? Je parle ici d’un point de vue chrétien. Mais, peut-on faire carême en tant qu’agnostique ou même en tant qu’athée? Mais, avant toute chose, qu’est-ce donc faire le carême? Pour ma part, il s’agit de détourner le regard vers soi pour le tourner vers Dieu. Se retourner? C’est-à-dire prendre une autre vision que celle que l’on a de soi-même pour le diriger vers cet ailleurs qui nous dépasse.

Chose plus facile à dire qu’à faire? Tel un enfant, à qui l’on apprend à marcher et qui par manque de force dans les jambes et par manque de confiance en lui-même tombe à maintes reprises, il faut savoir user de patience et y aller avec parcimonie. Faire carême n’est pas non plus se mortifier et encore moins se délaisser des plaisirs de la vie. Bien au contraire! C’est prendre conscience de l’importance même de la vie et de celui qui en est l’origine et la fin, et qui est Dieu. Autrement dit, c’est de nouveau prendre connaissance de sa bonté, de sa grandeur et surtout de la dignité qui habite tous les êtres humains.

Le temps du carême est propice à une rétrospective de nos systèmes de valeurs qui nous incitent à agir de telle ou telle façon. Pour les églises chrétiennes issues du concile de Nicée, dont l’Église catholique et les églises orthodoxes, c’est le temps idéal pour mettre en pratique les trois piliers des ordres du Christ que sont le jeûne, l’aumône et la prière. Jeûner peut signifier apprendre à se passer de quelque chose qui est superflu pour notre survie. Faire l’aumône peut signifier être davantage ouvert à la misère d’autrui. Et la prière peut aussi signifier avoir une pensée pour les gens qui ont souffert et qui souffrent encore en cette période de pandémie. C’est à chacun trouver la façon de vivre le carême qui lui convient le mieux dans son état de vie. Et, comme disait si bien le prêtre dans son sermon du mercredi des Cendres : ‘’ Ça fait presque un an que nous vivons en pénitence, il serait difficile de trouver pire pour la plupart d’entre nous. »

Une personne qui serait agnostique ou athée peut-elle faire pénitence en cette période de carême? Personnellement, je ne vois pas où est le problème. En effet, il est facile d’extrapoler la notion même du carême à la notion même d’humanisme puisqu’il s’agit de prendre conscience de l’autre. Ne dit-on pas que l’Homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu dans le livre de la Genèse? Faire carême serait faire acte de présence de soi à l’autre, et ce quel que soient ses nombreuses différences.

En ce qui me concerne, l’élément le plus important en ce temps de carême est de prendre connaissance de la beauté de la vie dans chacune de ses parcelles. Ce qui semble difficile en ces jours où tout est axé sur le négativisme. Je conclus donc cette missive en retranscrivant le message du pape François à propos du temps du carême pour l’année liturgique 2021.

  • Jeûnez des mots offensants et transmettez des mots doux et tendres

  • Jeûnez d’insatisfaction et remplissez-vous de gratitude.

  • Jeûnez de colère et remplissez-vous de douceur et de patience.

  • Jeûnez des soucis et ayez confiance en Dieu.

  • Jeûnez des lamentations et prenez plaisir aux choses simples de la vie.

  • Jeûnez de stress et remplissez-vous de prière

  • Jeûnez de tristesse et d’amertume, et remplissez votre cœur de joie.

  • Jeûnez d’égoïsme et équipez-vous de compassion pour les autres.

  • Jeûnez d’impiété et de vengeance, et soyez rempli d’actes de réconciliation et de pardon.

  • Jeûnez des mots et équipez-vous de silence et de la disponibilité pour écouter les autres.

J’ajouterai à cela : cessez de vous plaindre, la vie vous sera plus agréable.

Merci de m’avoir lu.

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Pieds nus sur les galets

Pieds nus sur les galets Poème de RollandJr St-Gelais Dessin par Maryse Veysseyre de la France

Pieds nus sur les galets

 

Pieds nus sur les galets

Souvent en été je m’y promenais

En pensant à tous les coups que j’avais faits

À l’époque de ma tendre jeunesse où tout m’amusait

 

Sur les galets, je pensais

À toutes celles en secret que j’aimais

Il y avait une rousse qui m’avait tant impressionné

Par son accent d’Angleterre où je crois bien qu’elle y était née.

 

Si je me rappelle bien, il y avait aussi une canadienne

Comme j’aurais voulu qu’elle soit pour une aventure mienne

Car jamais je n’avais connu une dame si fière de son coin de pays

Elle en parlait avec tant d’ardeur qu’elle m’avait chaque fois ébloui.

 

Ah ! Que de souvenirs de cette époque si folle

Où à chaque veillée de chants joyeux et de farandoles

J’y allais pour faire la rencontre de ces dames à la beauté exquise

Pour y émouvoir les dames qui me firent penser à de nobles marquises.

 

Sur ces galets, je pratiquais mes pas de danse

Tout en inventant mes plus belles histoires de romance

Que je racontais à celles qui seraient accrochées à mes lèvres

À moins que je succombe aux charmes insoupçonnés d’une nouvelle Ève.

 

Sur ces galets, à mon avenir, je ne me souciais guère

Car trop jeune pour penser à quel métier plus tard j’allais faire

Mais fort heureusement sous l’œil attentif de mon sage et bienveillant père

Qui me confia qu’un jour je devrais faire un choix de toute manière.

 

Sur ces galets, j’ai pris conscience qu’un jour je serai un homme

Qui devra travailler pour de ma pitance ne point mendier

Et d’une famille savoir subvenir à ses besoins

Qui sera fière du travail fait par mes mains.

 

Sur ces galets réchauffés par le soleil

J’admirais le paysage et la mer leurs merveilles

Car je savais bien qu’un jour mon cœur serait épris d’une femme belle

Avec qui je fonderai un nid heureux où nous serions telles des hirondelles.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

État d’esprit

État d’esprit poème de RollandJr St-Gelais peinture à l’huile de Maryse Veysseyre

État d’esprit

 

Les temps sont tellement durs,

C’est là une chose dont on peut être sûrs,

Tant de questions face à notre avenir,

Tant de raisons pour perdre le sourire.

 

Voilà mon raisonnement en ce matin,

Avant que je me souvienne d’un autre chemin,

Un chemin que la vie m’a fait jadis connaître,

Qui m’a fait saisir qu’en tout temps nous pouvons renaître.

 

C’est alors que vers une armoire je me suis dirigée,

À cause d’un vieux souvenir que je souhaitais retrouver.

Dans le coffre situé tout en dessous des manteaux,

Qu’autrefois je portais pour plaire aux garçons si beaux.

 

 

C’est dans ce coffre que j’ai trouvé une toile,

À la lumière du jour ses couleurs se dévoilent,

J’étais jeune à cette époque des années glorieuses,

Ces années où les femmes aspiraient enfin à être ambitieuses.

 

 

J’avais répondu à une annonce dans un journal,

Une annonce qui me paraissait n’être point banale,

Recherchons femme libérée et de belle apparence,

Pour des peintures faites à l’occasion d’une séance.

 

 

Une fois sur les lieux et les papiers signés,

On me montra le vestiaire où j’allais me déshabiller,

Bien entendu que j’allais sur moi un peignoir conserver,

Que j’enlèverai une fois sur la scène je serai installée.

 

Quel bien-être incroyable j’ai ressenti,

Aussitôt les yeux de ces étudiantes je vis,

Ma place était vraiment là je l’avais compris,

Elles avaient tant besoin d’un modèle un peu insoumis.

 

 

Un modèle à l’image de cette jeunesse révoltée,

Une jeunesse à la recherche de sensations insoupçonnées,

Une jeunesse qui en avait assez de l’ordre établi par les aînés,

Une jeunesse qui désirait vivre, respirer et librement aimer.

 

Oui, je crois encore en la jeunesse à qui l’on a tant volé.

Ses rêves, ses espoirs et ses projets supposément à jamais envolés.

Car, moi aussi, j’étais jeune et je le suis toujours de tout mon cœur,

Et à la vue de cette toile, je refuse une fois encore d’avoir peur.

 

Un état de grâce lentement animait mon être,

Une extase qui m’envahissait d’un si étrange bien-être,

Je me souvenais alors de cette parole que j’avais prononcée,

Veuillez mes chères sur vos toiles cet instant immortaliser.

 

 

Je veux me souvenir maintenant et pour toujours de cette soirée,

Une soirée où devant des inconnues j’étais nue en tout simplicité

Et lorsque dans le futur mes craintes paraîtront être sans répit,

Une de vos toiles pourra tellement changer mon état d’esprit.

 

De

 

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Argile

Argile
Argile Poème de RollandJr St-Gelais Réalisation photographique: Sleepy Selfies modèle: JenovaxLilith Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/clay-835792186

Argile

 

Argile,

Êtres si fragiles,

Que l’on soit garçon ou fille,

Hommes ou femmes face à la vie qui défile.

 

Souviens-toi de ceci disait-on tu es poussière,

Que tu retourneras en poussière et tu ne peux rien y faire,

D’autres étaient ici bien avant toi et le seront longtemps après moi,

Riche ou pauvre, beau ou laid, jeune ou vieux, mendiant ou roi?

 

Argile pétrie par l’amour,

Je désire tant vivre pour toujours,

Comme bien des peuples désespérés devant ce fait,

J’ai ma propre foi et croyance afin de faire face à ce qui est.

 

Façonnée par les expériences de ma vie,

Toutes choses doivent passer ! Voilà ce que j’ai appris.

Parcourant sans cesse le long des sinueuses ou droites routes,

Je cherchais bien de réponses à tant de questions, à tant de doutes.

 

Ce qui ne m’a jamais empêché d’aimer et d’être aimée,

Ce qui ne m’a jamais empêché de pleurer d’amour et de faire pleurer,

Mais, n’est-ce pas ce qui donne toute noblesse à cet argile tirée de la terre?

D’aimer à en perdre la raison, à chercher l’être aimé par de-là les mers.

 

Mais aujourd’hui je suis là tout au bout du chemin,

Et vraiment je n’ai pas l’intention que ce soit déjà la fin,

Car je veux être libre de mes choix et du parcours de mon destin,

Sentir la brise fraîche à chaque fois où je me promènerai dans mon jardin.

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Ce monde n’est pas réel

Ce monde n'est pas réel
Photographer: David Hobbs Model is JenovaxLilith on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/This-world-is-not-real-821344076

Ce monde n’est pas réel

 

Quelle triste nuit,

Que je viens de passer,

Je n’ai fait que soupirer et rêver,

Rêver de toi toute la nuit seul dans mon lit.

 

Essayant de prononcer ton nom,

Mais de mes lèvres ne sortirent aucun son,

Désespéré, je ne savais que faire pour me sortir de cet enfer.

Je te voyais danser dans les nuages blancs tout là-haut dans les airs.

 

Ce que tu étais belle enveloppée de ce tissu noir,

Tellement magnifique que j’avais de la misère à le croire,

Désirant seulement aller te rejoindre j’étais prêt à m’ouvrir les veines,

Pouvais-je imaginer pouvoir vivre sans toi ma fille, ma déesse, ma reine?

 

Mon âme voulait aller te rejoindre tout là-haut,

Là-haut dans les cieux où tout est pur et où tout est beau.

Pourquoi es-tu partie sans moi ? Pourquoi avoir pris cette route ?

Tant de questions sans réponses ! Voilà ce qui en mon âme le déroute.

 

Jamais plus je ne pourrai te serrer dans bras,

Te serrer dans mes bras pour te rassurer face à tes peurs,

Sécher avec délicatesse tes larmes de peine peu importe l’heure,

De jour et de nuit, tu savais qu’en tout temps tu pouvais compter sur moi.

 

Je me souviens le jour où tu es née,

Dans le creux de mes mains, je t’avais réchauffée.

Pendant que ma tendre épouse recevait les derniers sacrements,

Ta mère que j’avais tant aimée rendit l’âme en m’offrant notre enfant.

 

Je t’ai vue grandir tout en te donnant ce que j’ai pu,

Avec patience, je t’ai enseigné ce qu’est la vie comme je l’ai vue.

Je sais fort bien que j’étais loin d’être riche et encore moins parfait,

Mais de mon amour paternel toujours je t’ai comblée, voilà ce qui en est.

 

Et puis, un jour un charmant jeune homme tu as rencontré.

Dans cette grande ville où faire tes longues études tu y étais allé.

Tu m’avais sollicité la permission d’aller passer les fêtes en sa compagnie,

Voyant briller un tel éclat de bonheur dans tes yeux : Bien sûr! Je t’ai dit.

 

Il n’y a pas plus noble bonheur pour un père de voir sa fille enchantée,

D’avoir enfin trouvé l’être cher avec qui elle pourra fonder un foyer,

Je sais bien que tu as tenu ta promesse de faire toujours attention,

Et que tu prendras sur le chemin du retour tes précautions.

 

Chaussée glissante, pluie trop abondante !

Ta joie était peut-être, dans tes pensées, trop présente.

Celle de passer les vacances avec ton amoureux, ton chéri.

Tout comme moi qui, devant ta joie, avait si rarement souri.

 

Mais peu après minuit, le téléphone sonna.

Une voix d’un gendarme triste nouvelle m’annonça,

Votre fille a raté la courbe au bout de la route en cet nuit sombre,

C’est alors que tout autour de moi devint qu’une lourde pénombre.

 

Maintenant que tu es parti pour toujours loin de ce monde irréel,

Depuis ce jour fatidique tout autour de moi semble si cruel mais si réel,

Mes amis, sachez qu’il n’y a pas pire douleur dans le cœur d’un père,

Ni pire souffrance que celle de perdre sa fille unique, ô quel goût amer!

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada