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Je crois en la vie et je crois en Dieu.

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Je crois en la vie et je crois en Dieu.

Bonjour tout le monde,

Je tiens tout d’abord à vous souhaiter de Joyeuses Pâques et que la paix, la sérénité et la joie règnent dans vos cœurs. Oui, je suis croyant. Croyant en la vie qui m’a été gracieusement transmise par l’amour d’un père et d’une mère qui se sont tendrement aimés. Un père et une mère dévoués à leurs enfants. Ma foi en la vie qui est la mienne est un don magnifique qu’ils m’ont offert dès mon plus jeune âge, et ce malgré les nombreux obstacles qui se sont érigés au cours de mon existence.

Croire en la vie implique bien entendu le fait d’assumer pleinement qui je suis: Un homme sexué, avec ses forces et ses faiblesses, ses rêves, ses espoirs, ses peines et ses joies. Homme sexué fier de sa virilité! Homme avec ses forces lesquelles doivent être utilisées à bon escient. Homme avec ses faiblesses lui rappelant qu’il est vulnérable et semblable au commun des mortels. Homme avec rêves qui l’incitent à aller plus loin et plus haut de ce qu’il aurait même pu envisager. Homme avec ses espoirs en un lendemain toujours meilleur. Homme avec ses peines qui le ramènent parfois de manière cruelle à la réalité de la vie. Homme avec ses joies qui se multiplient lorsqu’il les partage avec ses frères et sœurs en cette humanité.

Mais, ce que l’on doit surtout retenir, c’est la grande fierté que m’ont inculquée mes parents de vivre avec un corps particulier. Un corps qui fait, c’est le moins que l’on puisse dire, de moi un être unique en son genre. Je n’ai pas de mains, mais j’écris. Je n’ai pas de pieds, mais je réussis à parcourir le monde à ma façon. Je n’ai pas de langue, mais je réussis à partager avec autrui, et ce de manière fort satisfaisante. Certes, mon corps est loin d’être celui d’un bel Adonis, et pourtant je suis heureux de pouvoir être un modèle vivant (nu) lorsque l’occasion m’est donnée. Tout ceci, je le dois à mes parents qui jamais de leurs vies ont chercher à me soustraire aux yeux des autres, de ces inconnus qui, pour la majorité d’entre eux, ont accepté de m’ouvrir leurs bras. Bien sûr que certains ont manifesté une forme ou une autre de mépris ou de curiosité malsaine à mon endroit, mais cela fait belle lurette que loin est de moi l’idée de m’en préoccuper.

Toutefois, un autre legs que me firent mes tendres parents consiste à croire en un Dieu d’amour en qui je pourrai toujours avoir confiance. Une confiance qui est basée sur ma foi en tant que son enfant, un enfant parmi ceux et celles qui forment l’ensemble de la fraternité humaine, et ce indépendamment  de sa race, de sa religion, de ses options politiques et de bien d’autres éléments. Seule compte sa foi en Lui.

Personnellement, je suis catholique pratiquant. Mais attention! Cela ne fait pas de votre humble serviteur une grenouille de bénitier. Ma foi est enrichie par ma pratique et cette dernière donne un sens à la première. Un peu à l’image d’une paire de jambes sur lesquelles l’homme, et bien entendu la femme, doit s’appuyer en alternance si il désire avancer vers le chemin qui lui donne un sens à son existence. Une existence qui prend toute sa valeur par son caractère éphémère puisque chacune de ses décisions aura une conséquence pour le reste de sa vie et … une seule vie.

Voilà pourquoi j’ai librement choisi de croire en la vie, il en est ainsi de ma foi chrétienne, tel que mes parents ont bien voulu m’inculquer. Savez-vous quoi?! C’est-là ma plus grande richesse laquelle je désire vous transmettre au sein de cet article rédigé en cette fête de Pâques. Que cette fête soit pour vous l’occasion de renouer avec la vie, de lui faire confiance et, si cela vous le dit, d’ouvrir votre cœur à Dieu.

Joyeuses Pâques à chacun(e) d’entre vous.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Présenter le corps hors norme

Bonjour tout le monde,

Il y a de ces jours où la vie nous réserve de belles surprises. Vous savez? De ces surprises qui vous aident à poursuivre votre chemin, à aller plus loin dans ce que vous faites, à outrepasser les qu’en-dira-t-on et surtout à vivre sa vie selon nos propres valeurs. C’est exactement une de ces surprises que j’ai reçue dans ma boîte de messagerie Facebook. En effet, une de mes amies de logue date a écrit ce billet à mon intention. Un billet pour lequel je la remercie infiniment de tout mon cœur.

Je dois reconnaître que j’ai littéralement savouré avec délice et passion son texte. La raison en est simple: elle a trouvé les mots qui décrivent à la perfection l’ensemble de ma démarche artistique, en particulier celle qui a trait à mes dernières publications de nature, disons-le franchement, plus érotique sur mon blogue.

C’est donc avec le plus grand des plaisirs que je le partage avec vous. 

Ma chère Binah, je te remercie infiniment à la fois pour ton texte et pour ton support moral. Cela me va droit au cœur. Crois-moi!

Texte de mon amie Binah de la France:

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Une collaboratrice extraordinaire et une amie formidable: Binah de la France

Présenter le corps hors norme

Au départ de la démarche, il y a probablement juste l’envie de ne pas se laisser spontanément dicter ce qui est okay. Le corps normé est à la fois partout, silencieux et despotique.  Les premiers commentaires qu’on entend ou perçoit le concerne et l’organise. Ensuite, on choisit selon lui comment et où se tenir et puis, il y a ses activités. Un corps dispose et révèle. Sans réellement poser la question, il se fait orienter vers les quelques filières communautaires qui lui correspondent. Tout en haut il y a la tête qui suit, des fois mais pas toujours. C’est (peut-être) seulement lorsqu’on choisit de vraiment se montrer qu’on réalise ce qui a été construit autour du corps et de ses membres. Il y a différentes manières de reprendre le contrôle de son corps avec des pensées qui ne correspondent pas tout-à-fait ce que le corps a appris.

000000820005Pour moi, une forme primitive de ce ré apprentissage est passé par le maquillage. A l’aube de l’adolescence je souffrais de ma timidité. La frontière de ma chair laissait immédiatement paraître mes troubles par le phénotype, un peu niais, de rougeurs incontrôlables. Des situations maintes et moult révélaient mon éternel sentiment d’inconfort et, présageaient  une posture de faiblesse fatale. Je me suis mise à me tartiner de luxueux cosmétiques. Ça m’a un peu protégée de ce qu’il y avait de l’autre côté de ma peau.  En tout cas, c’était une présentation de moi-même, que j’avais choisie. Un peu plus loin dans le raffinement des images, j’ai découvert les photos et leur diffusion. Ce fut une grande révélation que de pouvoir contrôler un petit segment de réalité, suivant l’angle que je choisissais. Au de-là de l’image il y a la réflexion qui est initiée par la pratique. Un peu comme Rolland je me suis projetée en tant que modèle, dans une moindre mesure, évidemment.

Il y a eu une première époque où j’ai découvert l’action que je pouvais avoir sur ma 000000820014propre perception de mon corps puis, une seconde où je choisissais de le montrer aux autres d’une certaine manière. Étant une fille si blanche, je cumule des privilèges qui ne m’ont pas rendu le travail trop complexe, ni les réactions très perplexes. Le travail de Rolland entreprend quelque chose de plus subtil. Il y a dans son exposition intime une certaine attitude du corps qui entend la norme puis, la digère. En passant par le biais spécifique de sa subjectivité sexuelle il touche plusieurs questions. J’en identifie deux majoritaires. D’abord quels corps peuvent être montrer ? Et puis comment ?

000000820019La nudité et la sexualité héritent d’un stigmate esthétique affreusement contraignant. Lorsqu’un individu au corps hors norme se présente comme un être sexué, il effectue un glissement engagé dans la toile des conformités. Comme le maquillage que je me suis répandu sur le visage, il projette une vision calculée de lui-même. Et puis, il décide également de dispenser cet engagement. Cette décision lui appartient et le constitue mais pas seulement. Elle montre que c’est une attitude envisageable, globalement. Justement, pour les autres corps qui ont des chairs qui ne correspondent pas parfaitement à des normes ubiquistes et universellement oppressantes. Le corps particulier de Rolland est travaillé et véhiculé comme le récit d’une existence sexuelle. Elle ne se complaît pas dans une unique sphère d’invalidité. Ses membres sont examinés et exhibés pour leurs irrégularités, ce choix les fait sortir de leur assignation immédiate au domaine d’analyse. Ils deviennent ainsi un nouvel objet d’étude, déconnecté du champ référentiel de l’anomalie. La vie sexuelle du corps de Rolland énonce artistiquement sa pleine légitimité d’exister.

Par cette inscription dans l’art, et les réflexions personnelles qui lui succèdent, je 000000820031pense que Rolland récupère la signification de son corps. Ce travail, à la fois risqué et important, devrait être compris comme une démarche intellectuelle et une posture politique nécessaire. Les significations qui acculent le corps sommairement peuvent être contrariées par plusieurs stratégies. Les dispositions que prend Rolland pour s’émanciper m’apparaissent comme un effort d’une grande noblesse pour que son corps singulier soit une effigie. Effigie subversive qui témoigne de la possibilité de vivre dans son corps selon une discipline personnelle, par opposition aux préjugés sociaux occultes.

Signé: Binah de la France (collaboration spéciale)