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La pierre noire

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Dessin par Eri Kel de la France

 

La pierre noire 

 

Bienvenue mes amis, 

Installez-vous confortablement, 

J’ai pour vous une histoire qui vous glacera le sang, 

Alors, tendez l’oreille et fermez les yeux mes tendres chéris. 

 

Je vivais jadis dans un pays africain, 

Dans un village reculé mais où tous les gens vivaient bien. 

Nous apprécions ce que nous avait offert mère nature, 

Nourriture abondante et rivière à l’eau si pure. 

 

Non loin de nous vivait une dame que l’on surnommait, 

La sorcière qui jetait mille sorts et qui nous tourmentait, 

Une femme aigrie par la vie ayant perdu enfants et mari, 

Tués par l’envahisseur blanc qui convoitait nos terres infinies. 

 

Voyant la peur habitée dans le cœur de mes frères, 

Constatant la crainte dans les yeux de mes congénères, 

J’ai pris la décision folle ou courageuse de m’offrir en tant qu’enfant, 

À cette vieille dame face à la grande solitude souffrant. 

 

Acceptant ma proposition avec gaieté, 

Elle me supplia de rester avec elle jusqu’à ma majorité, 

Voyant la sincérité de son cœur qui ne demandait qu’à être aimé, 

Avec tristesse que famille j’ai quittée et dans ses yeux la joie d’avoir accepté. 

 

Loin d’être méchante elle m’enseigna mille secrets, 

Des plantes médicinales jusqu’aux mélodies apaisantes, 

Pour guérir bien des maux et éloigner les mauvais esprits qui hantent, 

Elle me confia que seuls peuvent aimer les gens ayant leurs âmes en paix. 

 

Puis un jour ou peut-être une nuit, 

Veuillez me pardonner par mon âge un tel oubli, 

Une étrange maladie frappa le village du plus jeunes aux aînés, 

Cherchant un bouc émissaire à un tel fléau vieille sorcière était désignée. 

 

Voyant la foule en colère avancer vers notre demeure, 

J’en sortis pour affronter gens en furie malgré en moi une peur, 

Jurant que mon amie n’était point coupable de leur malheur, 

Et leur demanda d’amener vers moi leurs malades à cette heure. 

 

Concoctant recette secrète que m’enseigna maîtresse, 

Et en donnant à ces gens pour les guérir de leur mal, 

Tout en étant examinée par mon amie en aval, 

Foule conquise par cette bonté fut en liesse. 

 

Peuple qui voulait nous maudire, 

Maintenant ne faisait que de nous bénir, 

C’est alors que la sorcière nous enseigna cette parabole, 

Ô gens de cette contrée, écoutez bien cette sage parole. 

 

Ne rejeter jamais ce qui de vous est différent, 

Car il est comme vous en son âme et en dedans. 

Vous ne saurez jamais ce qu’il fera pour votre bien, 

Jusqu’à combattre à la mort le Vilain. 

 

Elle retira de son cou un mystérieux talisman, 

Un souvenir transmis de mère en fille seulement, 

Une pierre sculptée dans la nuit ! Une pierre noire ! 

C’est ce que je porte à mon cou pour vous ce soir. 

 

De 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Réaliser une pose, faire vivre des émotions

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Votre humble serviteur: RollandJr St-Gelais de Québec

 

Réaliser une pose, faire vivre des émotions

Bonjour tout le monde,

IMG_20180816_154012_529J’espère que vous passez un bel été. Pour ma part, je dois dire que ce fut vraiment très bien. En effet, j’ai eu la chance d’aller voir mon père qui vit dans la belle ville de Matane en Gaspésie, de visiter différents lieux de ma belle province qu’est le Québec, notamment la Montérégie et voir un lieu de culte d’une importance plus que considérable dans l’histoire du premier peuple fondateur du Canada, c’est-à-dire les Canadiens français. Vous avez sans aucun doute deviné qu’il s’agit de la basilique Notre-Dame de Montréal. Une question m’est venue à l’esprit en visitant ce haut lieu de pèlerinage du catholicisme : « Pourquoi un tel endroit suscite-t-il tant d’émotions chez les visiteurs, qu’ils soient de simples touristes ou bien des catholiques voulant faire un acte de dévotion à Notre-Dame? »

Personnellement, j’opterais pour trois causes possibles  qui doivent être présentées en interrelation avec ma  passion de modèle vivant pour des écoles d’arts. Soyez rassurés! Nulle est mon intention de me comparer, ne fut-ce qu’une seconde, avec la splendeur des lieux et encore moins avec la notion de sainteté qui s’y rattache. C’est à mon avis faire preuve de modestie que d’éviter une quelconque comparaison entre mon travail de modèle vivant et l’art présenté en cet endroit. J’oserai pourtant cette comparaison. C’est ce que je vous invite à découvrir maintenant.

En effet, il y a trois causes qui peuvent être mises enIMG_20180817_181059_552 interrelation avec ma passion de modèle vivant. La première étant tout d’abord, l’intention de faire vivre des émotions chez le spectateur. C’est d’ailleurs la principale caractéristique du domaine des arts. Faire vivre des émotions parce que l’être humain vit avant toute chose à la fois grâce et par celles-ci. L’amour, la crainte, l’envie, la peur et bien d’autres font de celui-ci un être doué de raison et qui dépend fondamentalement de ses émotions. De telles émotions si elles ne sont pas analysées, à l’image du tamis qui retient l’ivraie du bon grain de manière à lui éviter tout débordement, risquent tôt ou tard de projeter l’individu vers le côté sombre de son âme. Il peut s’agir d’un individu seul ou d’une collectivité. L’histoire regorge d’exemples qui démontrent la véracité de mes propos.

IMG_20180816_153940_712En ce qui me concerne, l’objectif fondamental recherché est de réussir à faire ressortir une émotion lors de chacune de mes poses réalisées en classe. Une émotion qui se retrouve tant chez votre humble serviteur que chez les étudiantes et les étudiants en arts. Il en est de même pour toutes les personnes avec qui je travaille. Certes, mon corps est loin d’être celui d’un Apollon mais, c’est là où réside sa principale qualité, il possède une histoire qui lui est propre. Une histoire que je tente par tous les moyens mis à ma disposition par les responsables des groupes, de transmettre de façon à la fois humaine et positive. Parfois, certaines occasions suscitent le fou rire au sein des groupes. Ce qui prouve que l’objectif recherché a été atteint.

Ensuite, l’ambiance qui émane des lieux saints estIMG_20180817_180936_371 d’une importance indéniable. Une telle ambiance peut amener le spectateur à se recentrer sur lui-même. N’est-ce pas le rôle des lieux de culte? Amener le pèlerin à faire une introspection avant de poursuivre son chemin? Par ailleurs, le chemin qui se trouve en chacun de nous est souvent jalonné de détours sinueux, parfois cruels, quelques fois agréables et bien souvent insoupçonnés. C’est la rançon de la vie.

Il en est de même de l’endroit où se déroule une séance de nu artistique. C’est-à-dire que l’ambiance doit amener à la réflexion. Un peu comme si les artistes présents, qu’ils soient professionnels ou amateurs, transcendent l’endroit pour se réfugier au plus profond d’eux-mêmes. Quelle est donc leur réflexion? Quelles pensées ont-ils? Que vivent-ils en parcourant leur chemin intérieur? Quel est donc leur jardin secret? Des questions pour lesquelles seuls les artistes possèdent la réponse. Et, croyez-moi sur parole, il est bien qu’il en soit ainsi.

Je me rappelle une anecdote à ce sujet. Voilà plusieurs années, j’ai participé en tant que modèle vivant à un atelier libre. Une participation non planifiée puisque la  modèle qui devait se présenter avait eu un empêchement majeur. Voyant l’occasion et voulant bien faire, j’ai proposé à la responsable mes services. Elle a donc demandé aux artistes présents si cela les dérangerait de prendre pour modèle un homme vivant avec un handicap physique apparent. Ils lui répondirent par la négative. Bon! Je reconnais qu’une telle question m’avait quelque peu indisposé surtout si l’on pense à l’image de tolérance que véhicule le milieu artistique. Cependant, j’ai préféré ne pas en faire un plat puisque ma candidature impromptue a été acceptée.

L’ambiance qui a régné tout au long de ladite séance fut extraordinaire. Je voyais bien par les regards des artistes sur mon corps nu et fragilisé une série de questions, une curiosité légitime et la recherche d’un je-ne-sais-quoi, qu’il y avait un effort de concentration au plus profond d’eux. Une telle concentration fut facilitée par la diffusion d’une douce mélodie durant la séance. Oui, je me suis laisser aller sans aucune retenue.

Oui, j’ai laissé libre court à ma créativité. Oui, j’ai assumé pleinement ma virilité sans gêne mais aussi sans la rechercher. Oui, j’ai été l’être que je suis: un être humain à la fois physique et spirituel. Chose étrange! J’ai ressenti la même ambiance lors de ma visite en ce lieu extraordinaire qu’est Notre-Dame de Montréal et ce, dès les premières notes de la cinquième symphonie de Jean-Sébastien Bach jouée à l’orgue. Ce fut tout simplement angélique.

Enfin, réaliser une pose c’est entreprendre l’émotion vécue dans son instantanéité. Être émotionnellement présent afin de transmettre au spectateur ce que l’on désire donner. Ne l’oublions pas, il s’agit de donner un peu de soi, parfois même de se donner bien au-delà de ce que l’on voulait à première vue. Pour se faire, une intériorisation de nos sentiments est fortement efficace surtout lorsqu’un jeu de mouvements est envisagé particulièrement lors de séances photos.

Ce fut notamment le cas lors de ma dernière séance vécue avec la formidable Phylactère Raina de Montréal.* En effet, la mise en place de mouvements plus ou moins rythmés, coordonnés ou bien recherchés est un élément fort apprécié dans la réalisation des photos. Or, et c’est intéressant à retenir, le résultat final a été tout à fait exceptionnel. Comme quoi, vivre ses émotions sans nécessairement les rechercher est un facteur important dans le domaine du nu artistique. En était-il ainsi lors de la réalisation des œuvres d’arts religieux? J’en suis plus que convaincu. Et vous? Qu’en pensez-vous?

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

* Des articles concernant la séance vécue le 14 août dernier avec Phylactère Raina seront publiés prochainement. C’est à ne pas manquer.

Une certaine corrélation

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Merci à ma correspondante Paul Jean pour ce partage

Une certaine corrélation

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien et que la vie soit belle et bonne pour vous. De mon côté, il y a quelques projets qui prennent formes de manière graduelle pour les semaines à venir. Lesdits projets m’amèneront à faire la rencontre des gens œuvrant dans le domaine des arts. Ce qui est plus particulièrement le cas de la photographie. Toutefois, comme lesdits projets sont encore qu’au stade embryonnaire, un voile mystérieux, je dirais même un voile pudique, doit être placé afin de préserver l’intérêt chez mes fidèles lecteurs.

Ceci ne m’empêche pas de rechercher des œuvres mettant en vedette la nudité artistique notamment celles susceptibles de porter un jugement sur la réalité qui nous entoure au sein de notre monde actuel. C’est ainsi que mes dialogues avec des gens ayant les mêmes passions que les miennes m’ont donné la chance de découvrir une photo d’un goût particulier, pour ne pas dire humoristique.

Personnellement je trouve qu’une certaine corrélation existe entre la liberté d’expression, l’accès à la connaissance (sous quelque forme que ce soit) et la nudité artistique dans la présentation d’une telle photo. L’histoire tend à démontrer qu’en règle générale, toutes les dictatures s’efforcent par tous les moyens imaginables et inimaginables, souvent ces derniers, à détruire ces trois axes de la liberté de conscience. Nous n’avons qu’à prendre pour exemple l’utilisation du terme de «art dénaturé» si cher aux nazis pour légitimer la pensée unique. C’est-là que mon humble opinion.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Femme de terre

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Création de Gérard Teillot

Femme de terre

 

Femme de paix,

Femme de guerre,

Femme libre comme l’air,

Femme de demain comme d’hier.

 

Femme assise,

D’ici ou bien d’Assise.

Prenant appuis sur votre main,

Serait-ce pour mieux affronter le destin?

 

Femme assise aux jambes croisées,

Avez-vous assisté au retour des Croisés?

De ces gens valeureux sur une terre étrangère,

À une époque où la noblesse valait précieuse pierre.

 

Femme nue magnifique aux seins tendres,

Pouvez-vous de votre lieu ces acclamations les entendre?

De ces gens épuisés parcourant ce monde sans cesse violenté,

Espérant de tout leurs cœurs un avenir radieux pour leurs derniers-nés.

 

Femme des royaumes d’Afrique à la peau basanée,

Semblable à toutes celles se trouvant sous les cieux étoilés,

Méditez avec sagesse sur l’avenir incertain des peuples égarés sur les chemins,

Sur les routes de la haine et de toutes craintes construites par la peur des lendemains.

 

Femme tant convoitée par ceux qui ont le coeur vraiment pur,

Qui voient en vous l’ardeur de votre labeur sous le soleil si dur.

Et de la valeur de votre chair marquée au fer rouge d’un esclavage,

Qui fit chez vos ancêtres verser des larmes témoignant d’un triste âge.

 

Femme fière qui est mère !

Femme noble qui est sœur de ses frères !

Descendante des peuples de ces régions de pierre,

Ô toi ! Qui témoigne, de par son histoire, être une femme de la terre.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Rendez-le semblable…

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Par Gérard Teillot de la France

Rendez-le semblable…

 

Où suis-je ? Qui suis-je ? Questions existentielles!

Pour moi qui suis nue et de vos yeux vous voyez si belle.

Je suis étendue dans cette humble tenue sans fausse pudeur,

Je ne sais la raison face à vous point de crainte en moi point de peur.

 

De mon humble intimité, je suis prête à dévoiler.

Dans vos rêves les plus fous, je suis prête à naviguer.

Sur les toiles de vos chevalets, je me coucherai avec tendresse.

Car je vois en vos yeux tellement de peine et de grande tristesse.

 

De la fragilité de mon corps,

Vous le rendrez immortelle tel de l’or.

De mes courbes de chairs toutes féminines,

Vous saurez les anoblir avec vos crayons de mine.  

 

De mes seins fermes aux mamelons arrondis et si beaux,

Vous saurez leur rendre hommage telles les douces notes d’un piano.

Maintenant que je suis étendue sur ces coussins de satin venus du lointain Orient,

Je vous offre mon corps en holocauste en expiation des fautes commises par ces vauriens.

 

Rendez-le semblable aux icônes des églises du Liban,

Rendez-le semblable aux vitraux des églises de l’Occident,

Rendez-le semblable œuvres sacrées qui jalonnent notre histoire.

Car mon seul désir, c’est de rendre mon corps semblable au ciboire.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Femmes aux milles couleurs

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Superbe dessin réalisé par Monika Gailloux de Montréal

Femmes aux milles couleurs

 

Femmes étrangères,

Femmes de pays en guerre,

Femmes d’enfants rêvant de paix,

Femmes qui donnent avec bonté de son lait.

 

Femmes de la lointaine Asie,

Femmes  de Guinée et de Papouasie,

Femmes amoureuses de ses conjoints et amants,

Femmes protectrices de sa maisonnée et de ses enfants.

 

Femmes fatiguées de porter dans le silence,

Les douleurs insidueuses de l’histoire qui élancent,

Leurs cœurs accablés du désespoir de leurs descendances,

En prenant  conscience de l’avenir qui les attend dans leur  insouciance.

 

Femmes sur les terres d’Amérique,

Femmes des savanes de l’indomptable Afrique,

Femmes essayant de survivre de maigres pitances,

Comme celles gavées par l’abondance et vivant de l’opulence.

 

Femmes des  aurores boréales,

Femmes des champs fertiles des terres australes,

Femmes libérées qui jouent pourtant à  la pucelle,

Femmes de tous les styles et pourtant toujours belles.

 

Femmes mythiques,

Qui inspirent des chansons si magnifiques,

D’une époque où tout était beau où tout était possible,

Où l’amour rhytmait avec liberté et loin des prêcheurs de la bible.

 

Femmes objets de désirs,

Femmes insoumises avec de  beaux sourires,

Peu importe qui vous êtes et où vous soyez sous le ciel,

Vous êtes femmes aux milles couleurs et de véritables merveilles.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Matane (Québec)

Canada

Dans mon tendre pays

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Magnifique dessin intitulé  » Les créoles  » réalisé par mon ami Eri Kel de la France

Dans mon tendre pays

 

Dans mon tendre pays
De canne à sucre et de chaleur
Où rien ne nous faisait peur
Où nos ancêtres bâtirent ce coin si joli.

 

Une langue émergea de ma patrie
Une langue riche de son histoire
D’un peuple pourtant sans gloire
Qui avait pour seul bonheur que leur fratrie

 

Je suis une représentante
Admirez ce corps si ça vous tente
Car dans mes veines coule un sang historique
Celui d’un peuple déraciné au passé épique.

 

Femme fière que je suis
D’un peuple qui se bat et qui vit
De ma langue maternelle j’en suis folle
Car elle est celle du cœur d’une créole.

 

De

 

Rollandjr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

La combattante

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Dessin de Eri Kel de la France

La combattante

 

Devant mille dangers,

Qu’elle soit affamée et assoiffée,

Elle apprit à affronter tous ses ennemis,

Ceux de sa tribu et de sa famille si braves et unies.

 

Dans la savane étendue,

Où se tapissent tous ces animaux sauvages,

Ses pairs lui enseignèrent techniques de guerre tels de vieux sages,

Afin de ne point craindre dents affûtés de tous ces démons bien tendus.

 

Bouclier d’airain sur le dos et lance au poing,

Elle combattra avec force et fureur jusqu’au lendemain,

Sur sa peau tatouée et d’ébène coulera bientôt tout ce sang écarlate,

Provenant des artères témoignant de ces yeux agonisant qui se dilatent.

 

Nue devant sa proie,

Elle éprouve en son âme un effroi,

Car de cette lutte impitoyable en sortira qu’un seul,

Et qui ne connaîtra jamais les hommages d’un digne linceul.

 

Femme et jadis jeune fille formée dès sa naissance,

À combattre ses craintes et ses peurs pour maigre pitance,

En entendant les tambours annonçant cet envahisseur blanc,

Maudissant l’aurore calme qui l’a vu naître aux cris des éléphants.

 

Ô femme africaine, si belle et si noire,

Ô femme aux courbes invitantes avec tes seins magnifiques,

Ô femme si sensuelle qui naquit sur cette terre mirifique,

Ô toi, la noble femme ! Raconte-moi ton histoire.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Mon corps, c’est mon histoire.

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Mon corps, c’est mon histoire.

 

Corps de sang et de chair

Qui connu amour et guerre,

Qui vécu bonheur et parfois malheur,

En cette vie ! En ces jours ! En ces nuits ! En ces heures !

 

C’est le mien.

Sera-t-il un jour le tiens?

Pourquoi pas ?! Si tu sais l’apprivoiser.

Avec tendresse et soumission et de suaves baisers.

 

C’est mon humble corps,

Crois-moi qu’il vaut son pesant d’or.

Blessures et force en ont fait arme redoutable,

Mais expérience de vie lui confère âme vénérable.

 

C’est mon histoire.

Récit d’un homme qui veut voir,

Admirer dames blanches nues aux dents d’ivoire,

Les emporter aux pays merveilleux et des mille espoirs.

 

Leur faire l’amour en les entendant gémir,

Gémir de plaisir ! Gémir de jouir à en plus finir.

De les satisfaire en parcourant cet endroit interdit,

Tant adulé par Marquis de Sade et ces grands génies.

 

C’est ma chair et mon sang,

Qui sera de ce monde encore longtemps,

Il est le temps de le découvrir de l’immortaliser,

À coups de pinceaux ou  à coups de crayons aiguisés.

 

Devenir immortel !

Tel est son seul désir !

Sur vierge papier il le deviendra,

Pour la postérité, peut-être il le sera.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Ma France

Ma France

de Jean Ferrat ( un petit clin d’oeil à mes amis-es de la France)

 

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France