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Ma main sur ma poitrine

La main sur ma poitrine

 » La main sur ma poitrine  » Dessin par Eri Kel de la France

Ma main sur ma poitrine

 

Il y a dans cette pièce un drôle de silence,

Comme l’on peut vivre dans une église où l’on encense,

Le corps sacré, mais dont l’âme aurait fui, un fidèle défunt.

Celui d’un inconnu ou d’un illustre personnage ayant eu une vie hors du commun ?

 

Je me sens entourée par des êtres semblables à des cierges,

Qui désirent protéger de ce monde immonde une pure vierge,

Et de leurs grands yeux brillants tels des flammes éternelles,

Réchauffer avec prudence le corps dénudé d’une femme jeune et belle.

 

Parcourant les courbes tels les mystères d’un rosaire,

En récitant de leurs crayons sur le papier leurs humbles prières,

Et je dois m’en confesser, comme cela est loin de me déplaire.

Par mon expérience de maîtresse dévouée, je sais comment plaire.

 

Mais comme je suis en ces lieux que pour rendre service,

Rendre service à mon vieil ami que j’aime bien malgré ses vices,

Je vais garder une pose prude avec en moi-même une certaine amertume,

Une nostalgie du temps passé où mes exploits de coquine dissipèrent bien des brumes.

 

Aventurière de ces braves corsaires,

De ces flibustiers qui sur les océans bleutés naviguèrent,

Parcourant les eaux sur lesquels riches navires s’y trouvèrent,

Sans relâche, ni répit, sur les mers ils les poursuivirent et les détroussèrent.

 

Après avoir rempli leurs bourses de pierres précieuses,

Ils revinrent vers leur maîtresse bien-aimée aux lèvres si délicieuses.

Savourant chaque instant passé en sa compagnie grâce à ses mains d’experte,

Sans oublier tout son savoir-faire dans la luxure au risque d’aller à sa perte.

 

Mais assez rêvasser de cette époque imaginaire,

De cette période fabuleuse où peut-être je vivais naguère,

Et comme je suis présentée à ce banquet comme de la fine cuisine,

Je me laisse apprécier par les convives en déposant ma main sur ma poitrine.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Proximité

Proximité
Superbe photo réalisée par James Fraser Voir son site sur https://www.deviantart.com/mtl3

Poème inspiré d’un fait vécu

Proximité

 

Depuis trop longtemps,

J’attendais ce merveilleux instant,

Où toi et moi, nous nous serions enfin retrouvées.

Depuis ce jour où par désespoir nous avons été séparées.

 

À une époque où par fausse pudeur,

Être mère célibataire faisait tellement peur,

De notre si jeune mère telle une criminelle notoire,

Qui alla nous céder tel une offrande à des femmes habillées en noir.

 

Je fus heureusement adoptée,

Par un couple qui chercha une fillette à aimer,

Et qui me prit sous son aile comme leur propre enfant,

En me prodiguant bonne éducation tout en m’aimant tendrement.

 

L’adolescence bientôt venue,

Ma différence avec eux se voyait à l’œil nu.

Différente en dehors mais si semblable en dedans,

Car avec reconnaissance, je les appelais cher papa et chère maman.

 

N’étant ni populaire, ni très fortunés,

Ils m’ont donné un bien que j’ai toujours estimé,

Des études pour un travail par lequel je serai autonome,

Dans une profession par laquelle je ne dépendrai pas d’un homme.

 

Les années se sont écoulées avec pour chacune de nous sa destinée,

Par grande chance, un beau et gentil homme j’ai rencontré,

Et comme il me trouva bien de son goût, il m’a épousée.

Si heureuse, que j’ai avec lui grande famille fondée.

 

Puis un jour, nombreuses questions en mon esprit apparurent.

Questions auxquelles réponses n’étaient point une parure.

 Qui était donc cette femme que je n’avais jamais connue?

Était-elle qu’une futile illusion tombée des nues?

 

Dans les journaux est apparu un avis de recherche,

En souhaitant ardemment voir celle que je cherche,

Bien des laudes et des vêpres allègrement chantèrent,

En accompagnant au Ciel chacune de mes nombreuses prières.

 

Puis, un jour que je ne m’y attendais pas.

Mon vieil téléphone tel un ami de longue date sonna,

Une douce voix de femme m’annonça cette grande nouvelle,

Était-elle celle que je recherchais car elle fut aussi séparée de sa mère si belle.

 

Éloignée de son unique sœur dès sa naissance,

Car on espérait ainsi qu’elles ignoraient l’une de l’autre son existence,

Elle me demanda avec trémolo dans la voix si je voulais bien la rencontrer,

L’instant d’un déjeuner? L’instant d’un dîner? L’instant d’un bon souper?

 

J’ai accepté avec toi de partager un bon repas,

Afin de bien commencer cette rencontre comme il se doit.

Le moment venu, mon cœur palpita tellement j’étais touchée.

De voir celle qui m’a été enlevée, celle que je n’ai jamais près de moi serrée.

 

Mais quelle fut notre surprise lorsque nous nous sommes aperçues en ce lieu,

Que nos prières, telle une seule voix, ont été entendues par les cieux,

Et qu’avec grand étonnement, en se regardant droit dans les yeux,

Que toi et moi, nous avions déjà vécu des moments si heureux.

 

À chaque début de journée de travail nous nous saluons,

À chaque fin de journée de travail chez soi nous retournions

Dans cette usine, où à chaque pause, avec toi j’aimais discuter.

Qui nous aurait dit que malgré notre destin nous vivions une telle proximité?

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Entouré de lumières

DANS2268-Modifier

Photo réalisée par Phylactère Séance du 2 décembre 2019

Entouré de lumières

 

Suis-je devenu dément?

Ou bien fatigué tout simplement,

Ou bien mes prières ont-elles exaucées?

Serait-ce des anges que le Ciel m’aurait envoyés?

 

Comme c’est extravagant,

Je me trouve bien petit face êtres brillants,

Qui me transportent dans un autre lieu en un autre temps,

En entendant un chant d’une langue inconnue jusqu’à maintenant.

 

Quel beau bleu comme le ciel si attendrissant,

Et ce jaune tel le soleil si chaleureux et si réconfortant,

Et que dire de cette boule d’un vert si agréable à regarder?

Si ce n’est qu’il me fait penser au gazon où j’aimais belles dames courtiser.

 

Qu’ai-je bu avant d’aller dans les bras de Morphée?

Dans le fond, serais-je encore endormi ou bien réveillé?

Or dans cet instant de bien-être une seule chose je désire,

Veuillez, de grâce, me laisser en ainsi jusqu’à mon dernier soupir.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Pour souligner une fois encore (Dernier article avant mon séjour à Chicoutimi)

Pour souligner
Photo réalisée par mon ami Joel Pèlerin

Pour souligner une fois encore
(Dernier article avant mon séjour à Chicoutimi)

Bonjour tout le monde,

Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour rédiger un article en hommage à toutes les femmes qui doivent faire face au cancer du sein. Nous oublions souvent que nos mères, nos sœurs et nos épouses sont des femmes avant toutes choses. Des femmes avec leurs réalités toutes féminines auxquelles les hommes, sans tenter une quelconque auto-flagellation, n’auront pas à faire face de manière directe. C’est là un fait indéniable de l’existence humaine.

Nul individu est exempté de subir les foudres de la maladie au cours de sa vie. C’est d’autant plus vrai lorsque celle-ci peut l’emporter vers l’autre monde. Comme chantait si bien Petula Clark « Tout le monde veut aller au ciel. Mais personne ne veut mourir. » Une chanson qui m’avait fait sourire à l’époque de ma tendre enfance. Cependant, me voyant avancer en âge et constater que plusieurs de mes proches et de mes connaissances sont aujourd’hui décédés, ne me fait plus du tout sourire.

Bref, je dédies une fois encore un article au sein de mon blogue artistique à toutes les femmes, jeunes et moins jeunes, qui doivent affronter cette terrible maladie qu’est le cancer du sein. Toutefois, et pour donner une note positive au présent article, je vous dirais que l’espoir est toujours de mise aussi longtemps qu’une parcelle de vie réside dans le cœur de la femme. Une parcelle que les membres de son entourage doivent encourager, entretenir et alimenter tant par leurs gestes d’exhortation que par leurs prières et leurs pensées positives.

Merci non seulement pour avoir le présent texte mais aussi pour supporter selon vos capacités toutes les femmes qui combattent cette terrible maladie.

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Aréoles

Auréoles des saints
Dessin réalisé par mon ami Eri Kel de la France

Aréoles

 

Aréoles,
Telle une obole,
Donnée par amour,
Aux enfants depuis toujours.

 

Nourrissons gavés de lait,
Qu’ils soient beaux ou bien laids,
Car aux yeux d’une mère rien ne vaut guère,
Que le deuil de ses enfants déportés sur des terres étrangères.

 

Seins tombants légèrement,
Jadis léchés, tétés par des gourmands amants,
Qui sont accourus tels des garnements dès l’aurore de leurs vies,
Vers ce délice à la saveur exquise pour tenter de satisfaire leur soif infinie.

 

De cette envie de boire ce nectar tel un nourrisson,
Un nectar à saveur de miel tel que décrit dans un certain livre sacré,
Et dans lequel se trouvent bien des prières souvent récitées ou psalmodiées
Et qui les interpelle tôt ou tard d’une voix puissante chacun par leurs noms.

 

Aréoles tant admirées, voire louangées.
Par ces artistes chevronnés en cette séance d’une nuit d’été,
Car en leurs cœurs de chair réside le désir pouvoir les immortaliser,
Par quelques coups de leurs précieux outils, leurs crayons bien aiguisés.

 

Aréoles de ces seins expérimentés,
Témoignant d’une vie encore inégalée,
S’offrant allègrement aux personnes présentes,
Et tant pis pour celles qui en cette nuit étoilée sont absentes.

 

Aréoles plus vénérables que les auréoles des saints,
De ceux que l’on invoque en pensant à nos jeux de mains, jeux de vilains,
Saints ! Saints ! Saints ! Trois fois saints sont ces seins que l’on chante tous en chœur.
Aréoles voulues ! Auréoles distantes ! Nous souvenant que nous vivons frères et sœurs.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada