Archives de tags | coffre

Mes rêves d’enfant

Mes rêves d’enfant Poème de RollandJr St-Gelais Peinture par Maryse Veysseyre de la France

Mes rêves d’enfant

 

Pas grand-chose à faire

En cette froide après-midi d’hiver

J’ai alors décidé d’ouvrir mon album photo

Afin de me remémorer certains de mes souvenirs les plus beaux

 

Explorant avec minutie chacune des pages

Tel le ferait pour un souverain son fidèle serviteur

Tournant de sa main frêle chaque page avec douceur

Soucieux de voir en lui un être parmi les plus sages

 

J’y ai trouvé une photo d’un vieux souvenir

Un souvenir qui illumina mon visage d’un sourire

Un dessin que j’avais fait pour me rappeler mes rêves

Mais au fait, quels étaient-ils, confié vous ai-je?

 

J’avais pour compagnon un cheval de bois

Sur lequel je me voyais être un cowboy chassant les hors-la-loi

Parcourant les vastes terres d’un continent peuplé de Peaux-Rouges

Où vivaient les bisons broutant l’herbe verte guettant tout ce qui bouge

 

Des feuilles griffonnées de notes d’une chanson maintenant oubliée

Une berceuse que je prenais plaisir à fredonner avec liberté

Un conte que ma mère me lisait en me berçant

Afin de m’endormir dans ses bras tendrement

 

Une boîte à musique d’où sortait un clown pathétique,

Qui jouait d’un instrument venu d’un monde magique,

Une boîte qui contenait une pièce dans laquelle je cachais,

Mes objets précieux, un vieux lacet trouvé et bien d’autres secrets.

 

Et que puis-je dire de mes poupées ?

Avec lesquelles j’ai si souvent joué à la nuit tombée

Mon ourson en peluche et mon drôle d’insecte avec qui je jouais

Pendant que Bécassine, telle une mère, de ses yeux nous surveillait

 

De cette drôle lampe grise à l’abat-jour rose

Sous laquelle j’ai appris à écrire mes premières proses

Lorsque je revenais de l’école communale de mon village

Et dans sa cour jouèrent garçons et filles pas toujours sages

 

De mon ballon jaune et vert avec lequel je me prenais

Pour un célèbre joueur de foot pour qui le monde applaudissait

Jusqu’au jour, bien malgré moi, je devais n’être résignée

Qu’à aucun sport jamais je ne pourrais jouer.

 

Mais mon bien le plus précieux

Celui pour lequel brillèrent mes yeux

Remplis de joie, ils brillèrent de tous leurs feux

En apercevant mon coffre à trésor que je croyais être perdu sous les cieux.

 

Ce coffre dans lequel j’ai mis tous ces objets inestimables

Lorsque mon enfance prit fin en ce temps inoubliable

Entreposé de mes mains tremblantes à la hâte dans le grenier

Alors que ma famille atterrée devait fuir sur les routes encombrées.

 

C’est là que j’ai enfin compris

Dans cette ultime tourmente de la vie

Que de mes rêves d’enfance innocente tout était terminé

Mais que dans mon cœur ils resteront gravés pour l’éternité.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

État d’esprit

État d’esprit poème de RollandJr St-Gelais peinture à l’huile de Maryse Veysseyre

État d’esprit

 

Les temps sont tellement durs,

C’est là une chose dont on peut être sûrs,

Tant de questions face à notre avenir,

Tant de raisons pour perdre le sourire.

 

Voilà mon raisonnement en ce matin,

Avant que je me souvienne d’un autre chemin,

Un chemin que la vie m’a fait jadis connaître,

Qui m’a fait saisir qu’en tout temps nous pouvons renaître.

 

C’est alors que vers une armoire je me suis dirigée,

À cause d’un vieux souvenir que je souhaitais retrouver.

Dans le coffre situé tout en dessous des manteaux,

Qu’autrefois je portais pour plaire aux garçons si beaux.

 

 

C’est dans ce coffre que j’ai trouvé une toile,

À la lumière du jour ses couleurs se dévoilent,

J’étais jeune à cette époque des années glorieuses,

Ces années où les femmes aspiraient enfin à être ambitieuses.

 

 

J’avais répondu à une annonce dans un journal,

Une annonce qui me paraissait n’être point banale,

Recherchons femme libérée et de belle apparence,

Pour des peintures faites à l’occasion d’une séance.

 

 

Une fois sur les lieux et les papiers signés,

On me montra le vestiaire où j’allais me déshabiller,

Bien entendu que j’allais sur moi un peignoir conserver,

Que j’enlèverai une fois sur la scène je serai installée.

 

Quel bien-être incroyable j’ai ressenti,

Aussitôt les yeux de ces étudiantes je vis,

Ma place était vraiment là je l’avais compris,

Elles avaient tant besoin d’un modèle un peu insoumis.

 

 

Un modèle à l’image de cette jeunesse révoltée,

Une jeunesse à la recherche de sensations insoupçonnées,

Une jeunesse qui en avait assez de l’ordre établi par les aînés,

Une jeunesse qui désirait vivre, respirer et librement aimer.

 

Oui, je crois encore en la jeunesse à qui l’on a tant volé.

Ses rêves, ses espoirs et ses projets supposément à jamais envolés.

Car, moi aussi, j’étais jeune et je le suis toujours de tout mon cœur,

Et à la vue de cette toile, je refuse une fois encore d’avoir peur.

 

Un état de grâce lentement animait mon être,

Une extase qui m’envahissait d’un si étrange bien-être,

Je me souvenais alors de cette parole que j’avais prononcée,

Veuillez mes chères sur vos toiles cet instant immortaliser.

 

 

Je veux me souvenir maintenant et pour toujours de cette soirée,

Une soirée où devant des inconnues j’étais nue en tout simplicité

Et lorsque dans le futur mes craintes paraîtront être sans répit,

Une de vos toiles pourra tellement changer mon état d’esprit.

 

De

 

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada