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Une serviette, s’il-vous-plaît.

Une serviette s'il-vous-plaît.
Photo réalisée par mon ami Joel Pèlerin

Une serviette, s’il-vous-plaît.

 

J’ai vraiment bien aimé vous rencontrer,
Après avoir répondu à votre annonce publiée,
Dans un journal sous la rubrique services spécialisés,
Je m’étais dit : « Pourquoi pas? Cela pourrait m’amuser. »

 

J’ai donc téléphoné aux numéros que vous avez donnés,
Après les heures de bureau tel que mentionné,
Quelques drings ! Et vous avez enfin décroché.
La douceur de votre voix m’a impressionnée.

 

Photographe de nu passionné,
Vous cherchez modèle inexpérimentée,
Pour une séance où elle vivra une belle nudité,
Une femme noire car de sa peau elle sera glorifiée.

 

Lieu et heures bien expliqués,
Je serai pour cela honorablement payée,
Tout en me promettant courtoisie et amabilité,
Avec entrain et sans aucune retenue votre offre j’ai acceptée.

 

Heure enfin venu vers le lieu, je me suis dirigée.
D’un pas certain et rapide car j’avais hâte d’arriver,
Montant à l’étage de l’immeuble où votre studio est situé,
Quelques coups à votre blanche porte j’ai rapidement frappé.

 

Sans trop attendre, vous m’avez gentiment invitée d’entrer.
Quel beau et grand studio que j’ai aisément remarqué,
Grandes lumières et projecteurs vous possédez,
Photographe de renom je crois avoir deviné.

 

Après nous être l’un à l’autre présentés,
Documents légaux vous m’avez fait signés,
Démontrant ainsi en vous un sens professionnel inné,
Quelques signatures par-ci, par-là, et encore là et le tour est joué.

 

Mais avant cette première soirée d’art et de nudité,
Est-il possible de prendre une douche? Je vous ai demandé.
Mais, faites comme chez-vous! Votre réponse fut vite conférée.
Permission vite accordée ! Plus vite encore, je suis allé me doucher.

 

Très peu de temps m’a suffi pour mon corps nettoyer,
Et, pour rendre cette séance agréable, mon parfum, j’ai apporté.
Maintenant que je suis enfin propre, j’ai une chose à vous réclamer.
Une serviette s’il-vous-plaît afin que je puisse bien me sécher.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Ce sein

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Par Sarah Saudek

Ce sein

 

 

Mon si tendre enfant, 

Ce que j’ai pensé à toi en dormant 

Ce que je te désirais chaque nuit en rêvant, 

Avec ton adorable père que j’aimais tant.

 

 

Il est maintenant porté disparu au front, 

Un jour, de nouveau nous nous retrouverons. 

Le jour où à jamais les canons se seront tus, 

Comme jadis ton père et moi nous étions souvent nus.

 

 

Dans une modeste maison, 

Où de bon cœur sans cesse nous rions. 

Entendant au loin le chant mirifique des oiseaux, 

À cette époque où tout était calme où tout était beau.

 

 

Nous ne connaissions pas la richesse vue par les hommes, 

Qui calculent leur bonheur par l’accumulation de sommes. 

Mais de notre liberté de quelques sous et de notre amour, 

Cela suffisait pour combler nos besoins de tous les jours.

 

 

Ce que j’étais bien dans ses bras, 

Jusqu’à ce jour fatidique où on le força, 

À servir le drapeau et apprendre à marcher aux pas. 

Quelle triste constatation que seul l’humble au front ira.

 

 

Maintenant que je suis avec toi dans cet immeuble, 

Dans ce logis avec pour tout quelques meubles, 

J’ai pour consolation de te tenir dans mes mains, 

Alors, je te donne avec grand amour mon sein.

 

 

De

 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada