Archives de tags | apparences

Nous t’exhortons

Nous t’exhortons Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par JenovaxLilith Source : https://www.deviantart.com/lilithjenovax/art/We-Invoke-Thee-938717631

Nous t’exhortons

 

Ô, Être suprême qui est de tout temps.

Qui vit au-dessus des moments et des lieux.

Qui sonde les cœurs qui vont vers les cieux.

Toi qui délivres les humains de leurs tourments.

 

Nous sommes ici rassemblées avec de nobles intentions.

Sans pensée malsaine et avec une pure conscience.

Nous voici réunies sous l’œil de ta présence.

Écoute favorablement notre supplication.

 

Toi qui ne juges jamais par les apparences.

Et qui porte un regard souvent miséricordieux,

Envers l’être qui a toujours gardé un cœur généreux,

Sans jamais avoir détourné son visage de l’innocence.

 

Nous sommes cinq comme les doigts de la main.

Nous formons un cercle afin d’unir toutes nos énergies,

Contre ce pouvoir ténébreux qui sournoisement rugit.

Pour ce faire, nous psalmodions d’ancestraux refrains.

 

Devant nous se trouvent ces objets tellement précieux.

Une bougie d’une blancheur immaculée, gage de notre pureté.

Un crâne d’un inconnu, symbole parfait de notre ultime destinée.

Un lampion obscur comme la nuit, signe des choses cachées des cieux.

 

Une pomme pour se rappeler la chute de l’humanité.

Un compas, témoin de ta science et de ton intelligence.

Un miroir, imprimeur de nos actions sur notre conscience.

Enfin, des bougies noires, nos incantations, vers toi, vont monter.

 

Nous sommes les prêtresses d’un culte aujourd’hui presque disparu.

Victime autant par les préjugés en tous genres que par l’ignorance.

Qui a pourtant su résister aux persécutions grâce à une céleste patience.

Une foi mystique qui a été révélée qu’à de très rares élus.

 

Écoute notre prière ! Nous t’en conjurons.

Ô, toi, qui fus extrait de la lumière éternelle.

Entends notre requête et vois comme elle est belle.

Guéris cet homme à l’âme pure ! Avec confiance, nous t’exhortons.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Je serai obéissante

Je serai obéissante Poème de Rolland Jr St-Gelais Dessin par aatheone Source : https://www.deviantart.com/aatheone/art/Sketchbook-Page-4-934461634

Je serai obéissante

 

Bonsoir !

Enfin, c’est le soir.

J’en rêvais depuis si longtemps.

Cela m’avait pris tellement de temps.

 

Devais-je accepter ta proposition ?

En moi résonnait cette question.

J’avais si envie de vivre cette expérience.

Oui, je suis bel et bien sortie de l’adolescence.

 

Devenue femme complète, belle et fraîche telle une rose.

J’ai si souvent, en mon âme, répété : « est-ce que j’ose ? »

Et puis, j’ai finalement pris mon courage à deux mains,

Afin d’être immortalisée sur un noble parchemin.

 

Après tout, nous serons entre femmes.

Tu me verras avec les yeux d’une grande dame.

Je pourrais enfin me dire que j’ai affronté mes craintes.

D’être dans mon plus simple apparat sans pour autant me plaindre.

 

Vas-y ! Prends ton crayon ! Ô, ma belle et tendre amie !

Tu peux réaliser à ta guise tous les dessins et les croquis.

J’ai foi en ton talent extraordinaire pour préserver,

L’intensité inusitée en ce lieu, en cet étrange atelier.

 

J’obtempèrerai à tes ordres, à tes volontés, à tes instructions.

N’oublie pas que ce sera pour moi ma toute première leçon.

S’il te plaît, sois indulgente envers moi, en tes rares exigences.

Je suis tout de même un peu gêné malgré les apparences.

 

Je serai sans cesse obéissante,

Comme le serait une attentive étudiante.

Après tout, c’est toi l’artiste et moi le modèle.

Tu seras la magicienne qui greffera sur mon corps des ailes.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le moment où elle m’a souri

Le moment où elle m’a souri Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/79-929706293

Le moment où elle m’a souri

 

Un jour, je me suis rendu dans la splendide cité de Paris.

La « Ville Lumière » qui porte bien son nom à ce que l’on dit.

Des cabarets aux aspects simples où se produisent des artistes,

Des musiciens qui jouent des chansons joyeuses ou tristes.

 

Il y a même des endroits qualifiés d’un peu spéciaux.

Des mecs de toutes les classes sociales y vont incognito.

Des époux ignorés aux célibataires en manquent d’affections.

Vous constaterez qu’en ces années instables, ils sont devenus légion.

 

Profitant de mes vacances au maximum,

Je me suis dit : pourquoi pas ? Je suis aussi un homme.

M’informant en toute discrétion où je pouvais trouver un tel endroit.

Aussitôt que j’ai appris ce renseignement, je m’y suis dirigé de ce pas.

 

Une maison où une lampe rouge brillait imperceptiblement.

Sur le côté droit d’une porte qui rompait avec l’âge de cet établissement.

Une fois ma venue dûment payée, j’y suis entré sans trop me questionner.

Après tout, j’y suis allé non pas pour m’embêter, mais bien pour m’amuser.

 

J’ai fait la connaissance de la charmante Chloé.

Une dame qui avait conservé de sa jeunesse l’éclat de la beauté.

Car, je me doutais bien, par son tempérament mature,

Qu’elle était d’une phase de l’existence plutôt mure !

 

Nuit si raffinée tant désirée en ce monde si imparfait.

Moment de délectation pour mon corps, pour mon palais.

Enivré de parfum mystérieux et de baisers prodigués,

Par une hôtesse aux apparences d’une antique divinité.

 

Mais, par-dessus toute chose, ce qui restera en ma mémoire.

Un doux souvenir qui me réchauffera le cœur lorsque viendra le dernier soir.

Le moment fatidique où mon âme quittera ce corps vers une autre vie.

C’est la fois où, avant que je retourne à mon hôtel, elle m’a souri.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Tu te noies

Tu te noies poème de Rolland Jr St-Gelais Modèle : JenovaxLilith Photo par Craig Gum Photography Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/cold-summers-926876913

Tu te noies

 

Tu te noies,

Et tu t’éloignes de moi,

Alors qu’avec force tu nages,

Et que l’eau te cache au-delà des nuages.

 

Tes larmes froides lentement t’inondent,

Alors que tu penses qu’il y a sur cette terre ronde,

Tellement de gens à la fois si tristes, si malheureux,

Il y a aussi malgré les apparences un monde heureux.

 

En dépit de toutes ces choquantes nouvelles,

Lesquelles ébranlent tes convictions si pures, si belles.

Garde tout de même un peu d’espoir en l’humanité,

Car, tôt ou tard, triompheront l’amour et la vérité.

 

Chaque fois qu’une âme épuisée s’envole vers le plus haut des cieux,

Une autre prend corps afin de réaliser quelque chose de merveilleux.

À chaque instant où, sur cette terre, un amour passionnel prend fin,

Un nouveau trouve bien le moyen de se frayer son propre chemin.

 

Les siècles apparaissent avec leurs cortèges de drames et d’exploits.

Et les époques se fondent sur l’évolution lente des mœurs et des lois.

Mais, par-dessus toutes choses, les peuples aspirent au bonheur.

Même si parfois, ils font face à des tromperies et à des leurres.

 

Ô, ma chérie, je t’implore, attends-moi.

Crois-moi ! Ô, ma dulcinée, je serai près de toi.

Les heures passent si vite au fil des jours,

Que je crains que tu m’aies oublié pour toujours !

 

Juste une petite minute que je retire mes vêtements.

Que je sombre avec lenteur dans cet océan d’un bleu saisissant.

Nous serons enfin ensemble et rien ne pourra nous séparer.

Nous découvrirons les trésors des mers si longtemps cachés.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La jeune sorcière

La jeune sorcière Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Gb62da Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/The-young-witch-893491513

La jeune sorcière

 

Je suis la jeune sorcière,

La fille de cette formidable mère,

Que vous avez faite brûler sur le bûcher,

Cette mère qui était pour moi toute dévouée.

 

J’étais partie à sa demande vers une lointaine contrée,

Maintenant que je suis de retour je vous ferai payer,

Toute ma vengeance, vous la boirez jusqu’à satiété,

Elle était garante de la nature que vous massacrez.

 

Jeune sorcière revenue des pays des songes discrètement,

Avec mes mains, je vous lancerai de nombreux envoutements.

Mais, n’ayez craintes jamais je ne toucherai à vos enfants.

Car ils ont un cœur plus pur que les vôtres assurément.

 

Pourquoi être si différentes vous effraie autant?

Sous les apparences, nous sommes semblables en dedans.

Car sous les couleurs de notre peau coule le même sang,

Et dans le sein maternel nous entendions le cœur de notre maman.

 

Je suis entourée de mes amis les plus fidèles,

Pour qui je serai toujours la plus belle,

De cette forêt feuillue encore vierge,

J’en tirerai une formidable verge.

 

Une cravache avec laquelle je vous corrigerai,

D’une telle correction si torride que vous en redemanderez,

En souvenir de ma mère que vous avez sur l’autel sacrifiée,

Sacrifiée sur l’autel de l’intolérance à laquelle un culte vous lui vouez.

 

Je suis une jeune sorcière,

Fille de sa mère comme de sa grand-mère,

De génération en génération, elles transmettaient leur savoir-faire.

Affrontant le temps qui passe, temps de paix ou temps de guerre.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada