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Le moment venu

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Photo par Phylactère

 

Le moment venu

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, je suis dans mes derniers préparatifs pour mon cours séjour en Gaspésie où j’aurai la chance de passer quelques jours en la période des fêtes de Noël pour ensuite revenir à Québec afin d’accompagner mon ami pour les festivités du Jour de l’An. Cela fait beaucoup de chemin à parcourir en très peu de temps. Or, du temps ne se compte pas pour ce qui est de passer quelques bons moments avec ceux et celles que l’on aime.

OLYMPUS DIGITAL CAMERACeci m’amène à vous parler d’un aspect un peu spécial au sein de ce présent article. À vrai dire, je désire répondre à une question existentialiste au sein de ma vie. Quel horizon vois-je lorsque je regarde le chemin franchi au cours de ma vie actuelle ? Je dirais que mon chemin ressemble beaucoup à une grande ville dans laquelle j’y ai rencontré des gens de tout acabit allant de formidables à moins, disons-le, glorieux. J’y ai expérimenté toutes sortes d’apprentissage allant des plus honorables jusqu’à beaucoup moins. Il y a certes eu des faits qui m’ont fait rire et d’autres pas. Sans oublier le bien que, je le souhaite ardemment, j’ai pu accomplir sans oublier les erreurs qui, je ne peux revenir en arrière, ont sûrement peiné bien des gens que j’ai aimés. Ainsi va la vie !

Il y a des quelques fois où je réfléchis sur le sens même de ma vie. Qu’ai-je donc raté ? Où aurais-je pu mieux faire ? Quels choix aurais-je du réaliser ou bien aurais-je du éviter ? Pourquoi ai-je choisi telle route au lieu d’une autre ? Que de questions ! Des questions à choix multiples où les réponses sont aussi valables les unes que les autres.

Il y a tout de même des éléments qui m’ont façonné deOLYMPUS DIGITAL CAMERA manière que je qualifierais d’indélébile. Je pense, à titres d’exemples, aux faits d’avoir été séparé de ma famille dès les premières années de mon enfance, à l’assassinat de l’aîné de la famille dans des circonstances  liées à l’histoire du Québec en 1972, d’avoir été présenté telle une bête de cirque dans un journal à sensation et ce, à l’âge de 10 ans sans oublier d’avoir été utilisé telle de la vulgaire marchandise par un bureau d’avocats (1) sans, élément important à retenir, n’avoir reçu la protection à  laquelle  je m’attendais de mes parents. Faut-il spécifier qu’ils ont été induits en erreur par ledit bureau d’avocats ?

À bien y penser, ce sont peut-être ces éléments qui expliquent en bonne partie ce que je suis devenu au plus profond de mon être. Fort heureusement, et j’en suis plus que persuadé, ma passion en tant que modèle vivant pour des écoles d’arts, mon amour de la poésie en lien direct avec mon respect pour la langue française et mon intérêt particulier pour la photo sans omettre mon tempérament de mélomane ont fait de moi une personne loin d’être mauvaise.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAToutefois, et je terminerai cette missive sur ce point, l’élément fondamental qui anime tout ce que je suis est nul autre que ma foi en Dieu. Oui, je suis pleinement conscient de mes faiblesses, de mes erreurs, de mes réussites, de mes capacités et de bien d’autres choses. Cependant, tout ce que je souhaite de tout mon cœur, de toute mon âme et de toute ma personne, c’est qu’il soit présent dans ma vie. Un peu à l’image de la modeste chapelle Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception où je me rends pour assister à la célébration eucharistique le dimanche lorsque je me rends à Montréal dans le cadre de mes activités artistiques. Les lumières de la métropole du Québec peuvent briller autant qu’elles le veuillent. La modeste croix au-dessus de la chapelle saura bien me faire signe le moment venu.

Merci infiniment de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

(1) Je me rappelle très bien où j’ai été forcé de me déshabiller dans le bureau d’avocats sans que l’on me demande un seul instant mon avis sur ce fait.

Une pièce théâtrale qui a marqué l’histoire artistique du Québec: « Les fées ont soif »

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Une pièce théâtrale qui a marqué l’histoire artistique du Québec: « Les fées ont soif »

N.B. Cet article est une reprise d’une publication parue dans le quotidien « Le Soleil » de Québec. Tout le mérite revient à madame Isabelle Houde.

(Québec) C’était il y a 35 ans, presque jour pour jour. Le 20 septembre 1979, devant le Palais Montcalm, «une trentaine de manifestants catholiques, chapelets en main», font les cent pas. C’est la première de la pièce Les fées ont soif à Québec. Elle met en scène dans un langage poétique et parfois cru trois archétypes de femme – la statue, la putain et la mère – qui essaient de se libérer de leur carcan.

Précédée de sa réputation sulfureuse, l’oeuvre de Denise Boucher sillonne le Québec. Comme à Montréal un an plus tôt, les Jeunes Canadiens pour une civilisation chrétienne ont rallié des fidèles pour protester contre «la présentation de cette pièce qu’ils jugent scandaleuse et impie», raconte la journaliste du Soleil Elyette Curvalle. Ils en ont particulièrement contre l’image de la Vierge Marie projetée par la pièce.

Le texte du Soleil, titré «Un succès dans la salle, et des prières au dehors», met en lumière la dualité qui caractérise la production des Fées ont soif. La pièce a fait salle comble partout en province, et ce, malgré les manifestations et les poursuites judiciaires. 

«Au fond, on les remercie, les Jeunes Canadiens pour une civilisation chrétienne, parce que même si c’était un très bon spectacle, je ne sais pas si on aurait eu ce succès-là sans la polémique», observe aujourd’hui Michèle Magny, l’une des fées de la distribution originale. «Ça nous a inspirées encore plus, on avait conscience qu’on touchait à quelque chose», ajoute-t-elle. 

«Et il ne faut pas oublier le rôle important de Jean-Louis Roux, le directeur artistique du Théâtre du Nouveau Monde à cette époque. Il est allé au front, il nous a défendues pendant que nous étions en train de répéter», continue celle qui incarnait la mère. 

L’atmosphère tendue entourant la création de la pièce a plongé les trois comédiennes d’origine dans une expérience unique de théâtre. «C’était très intense. C’est drôle quand on y repense aujourd’hui, mais on nous faisait sortir par des portes dérobées…», se remémore Michèle Magny.  «C’était tellement étrange et incompréhensible», explique de son côté Sophie Clément, qui incarnait Madeleine dans la distribution d’origine. «On recevait du courrier de menace. C’était inquiétant quand même, il y avait du fanatisme là-dedans.» 

***

Les fées d’hier…

Malgré toute l’encre qu’elle a fait couler, la pièce Les fées ont soif n’a pas été créée dans le but de choquer ou de provoquer. C’est d’abord l’histoire de deux comédiennes, Michèle Magny et Sophie Clément, qui avaient envie de travailler ensemble. Et il leur fallait un texte.

«Denise Boucher venait de publier Retailles, un livre extraordinaire. C’était un coup de poing. Elle avait une voix théâtrale, c’était incroyable», raconte Michèle Magny. Elle en parle à Sophie Clément, qui a aussi lu l’ouvrage. Les deux comédiennes entrent en contact avec l’auteure, et au fil des rencontres, la chimie opère. «On voulait dire des choses sur les femmes, et Denise a été tout de suite emballée», poursuit-elle. Le trio s’adjoint Louisette Dussault comme troisième actrice.

Jean-Louis Roux, le directeur artistique du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), décide de leur faire confiance et les programme à l’automne. La décision du conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal de réduire la subvention du TNM s’il ne retire pas la pièce de la programmation tombe le 16 mai 1978, entraînant toute la troupe dans un tourbillon médiatique avant même que la pièce ne soit créée.

Plus une célébration 

«On ne s’attendait pas à ça. On ne trouvait pas qu’on était si mordantes que ça», lance Michèle Magny, l’interprète de la mère dans la mouture originale. En fait, pour elle, la pièce était beaucoup plus une célébration qu’une dénonciation. «Le langage de Denise était formidable. C’était une fête, même si je faisais la mère qui pleurait, qui se plaignait. Il y avait un côté sombre, mais il y avait aussi une renaissance», explique la comédienne.

Sophie Clément abonde. «Ce n’était pas notre but de provoquer. On voulait parler des archétypes et des stéréotypes, et on se disait que ce serait plaisant d’imaginer une société où on serait égaux de toutes parts avec les hommes. Ce message n’est jamais passé parce que tout a été axé sur le fameux scandale religieux», constate-t-elle.

Les deux comédiennes se disent heureuses que les mots de Denise Boucher retrouvent une place sur scène en 2014. «Les mots restent percutants, même si on a fait beaucoup de chemin», pense Michèle Magny.

Sophie Clément, de son côté, trouve que le monde n’a pas tant changé. «Le discours est toujours pertinent. On a besoin d’entendre les mots de gens avisés. On est dans la langue de bois à l’année. Il n’y a plus personne qui se prononce sur rien, à part pour dire des niaiseries comme le ministre Bolduc dernièrement», lance la comédienne. «Je pense que les fées ont encore soif aujourd’hui», tranche Michèle Magny.

***

Et les fées d’aujourd’hui

Par un drôle de hasard, la nouvelle production des Fées ont soif qui prendra l’affiche de la Bordée mardi s’est enclenchée d’une façon semblable à celle de 1978. C’est Jacques Leblanc, le directeur artistique du théâtre, qui a rassemblé Lise Castonguay, Marie-Ginette Guay et Lorraine Côté pour un souper, sans les avertir de la présence des autres. Il leur a présenté le projet, elles ont embarqué.

Trois comédiennes d’une même génération ayant fréquenté le Conservatoire de Québec ensemble, comme les trois fées d’origine, qui avaient fréquenté l’École nationale de théâtre du Canada en même temps.

Et comme le trio original, qui avait travaillé avec Jean-Luc Bastien, c’est à un homme, Alexandre Fecteau, qu’elles ont confié la mise en scène. Pas que le sexe ait été déterminant dans le choix des fées d’aujourd’hui. «Il y a une intuition qui nous dit que c’est important de remonter la pièce, et ce n’est pas juste dans un désir historique de témoigner du passé. On veut parler du présent, c’est ça qui nous a amenées à Alexandre comme metteur en scène. Il est arrivé devant cette pièce avec une sensibilité et une objectivité dont on avait besoin», justifie Lise Castonguay.

Toujours pertinent 

Et les fées, ont-elles encore soif de nos jours? Pour Alexandre Fecteau et Lise Castonguay, ça ne fait aucun doute. «On s’est posé beaucoup de questions, à savoir si le texte avait vieilli, si c’était toujours pertinent. On est vite venu à la conclusion que oui, bien sûr, c’est toujours pertinent. Il y a un momentum», estime Lise Castonguay. «Sur le plan de la société civile, des droits, de l’équité salariale – même s’il reste encore du chemin à faire -, la situation des femmes a quand même évolué, mais dans la psyché, ça n’a pas beaucoup changé», poursuit-elle.

Au rayon des choses qui clochent toujours, l’exploitation du corps des femmes, bien souvent par elles-mêmes. «Il y a des discours contradictoires», analyse Alexandre Fecteau. «Comme cette fille qui a décidé de faire son boule-o-thon, à Gatineau, pour payer ses implants mammaires. Il y a des filles qui se définissent comme féministes et qui vont la défendre. On vit dans un monde extrêmement complexe», estime le metteur en scène.

Droit à l’avortement, chirurgie plastique, idoles provocantes, pornographie, mères porteuses… Le texte de Denise Boucher, lu dans notre société contemporaine, porte amplement à réfléchir. «On aurait pu passer nos journées à en parler, et j’espère que c’est ce que ça fera comme effet au public, qu’il va en parler pendant longtemps», souhaite Alexandre Fecteau.

Source : http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/theatre/201409/13/01-4799814-les-fees-ont-soif-levolution-dune-piece-marquante.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_theatre_330_section_POS1