Archives de tags | destin

Attends-moi avant de partir

Attends-moi avant de partir Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Pajunen Source : https://www.deviantart.com/pajunen/art/At-the-end-of-the-day-835126112

Attends-moi avant de partir 

 

Séparés par une route 

Qui sans cesse me déroute 

Séparés par le temps 

Qui sans cesse me rend dément.

 

Je compte les heures 

Et, cela me fait si peur 

Car il y a au bout du chemin 

Celui qui a changé mon destin.  

 

Un homme formidable 

Qui ne craignait pas le diable 

De l’affronter pour défendre ses enfants 

Et son épouse qui l’aimaient tant.

 

Un homme qui en chaque instant adore Dieu 

Et qui le remercie pour ce monde merveilleux 

Demande-lui d’attendre encore quelques jours 

Afin que je puisse aller te dire un chaleureux bonjour.

 

J’ai tellement hâte de te revoir 

Même si je sais que ce sera un « au revoir »

Je ferai les pas dans le corridor en pensant 

Que c’est toi qui m’as montré à marcher assurément. 

 

Les premiers pas que j’ai fait étaient pour aller vers toi 

Ces pas que je ferai resteront gravés au plus profond de moi. 

Attends-moi avant de partir que je puisse te voir sourire 

Ne part pas maintenant car cela me ferait tellement souffrir. 

 

Ton fils qui t’aime papa !

 

Rolland Jr St-Gelais 

Québec (Québec)

Canada 

Par un bon matin

Par un bon matin Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Pajunen Source : https://www.deviantart.com/pajunen/art/May-914942263

Par un bon matin

 

En ce temps-là, nous pouvions aimer.

Toutes les femmes que nous admirions.

Que nos regards portaient jusqu’à la vénération.

Être un homme authentique était loin d’être un péché.

 

Nous ne nous posions jamais mille questions.

Pas de réseaux sociaux peuplés de gens asociaux.

Qui ont plaisir à juger ceux qui font quoi de beau.

La vie, avec sa simplicité et sa beauté, nous la vivions.

 

Nous prenions les journées comme elles venaient.

Un jour mauvais ? Ce sera mieux demain ! Voilà le secret.

On se disait, avec raison, à quoi bon craindre mille regrets.

On s’arrangeait comme l’on pouvait avec ce que l’on avait.

 

Il y avait certes des reportages sur les conflits armés.

Mais, on savait fort bien quoi faire pour s’en défaire.

On éteignait la télévision et on partait prendre de l’air.

Aujourd’hui, on a les cellulaires pour être à l’affût de l’actualité.

 

Ne vous demandez pas pourquoi tant de gens marchent au Ritalin.

Tout porte à croire qu’il est interdit d’être simplement heureux.

Pourtant, les mers font encore de belles vagues sous le ciel bleu.

Et que tout soit possible si nous prenions entre nos mains notre destin.

 

Reviendra-t-il un jour, ce temps de l’amour sans chagrin ?

Cet âge où nous nous baladions dans le jardin de l’innocence.

En ce temps-là, il était permis respecter le droit au silence.

Je rêve tant me réveiller dans cette époque par un bon matin.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Par les rites sacrés du Seidr

Par les rites sacrés du Seidr Poème par Rolland Jr St-Gelais Photo & modèle : JenovaxLilith Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/seidr-914793329

Par les rites sacrés du Seidr

 

Je suis venu avec humilité.

Individu parmi cette humanité.

Te demander d’exaucer cette faveur.

Afin de me libérer à jamais de ma torpeur.

 

En cette forêt bénie par les dieux nordiques.

Tu m’as invité à l’aide de songes fantastiques.

Sans hésiter, j’ai tout abandonné derrière moi.

Parcourant un chemin mystérieux jusqu’à toi.

 

Affrontant mille péripéties avec grand courage.

En rencontrant ici et là des gens bien étranges sans âge.

Dormant à la belle étoile et réveillé aussitôt la clarté levée.

Faisant confiance à mon destin, j’ai toujours mangé à satiété.

 

Sans crier gare, un jour ou peut-être une nuit.

Je suis arrivé sur cette terre où brille le soleil de minuit.

Jamais de ma vie je n’ai vu un paysage si beau.

Des forêts resplendissantes parsemées de cours d’eau.

 

C’est près d’une de ces nombreuses jolies rivières.

Que naquirent les femmes vaillantes et guerrières.

Or, parmi celles-ci, toi as suivi cette autre voie.

Elle avait été élue par la déesse à la douce voix.

 

Devenue le lien sacré la terre des vivants et celle des trépassés.

Par les rites sacrés du Seidr, toutes les réponses lui seront données.

Ô, belle créature, à la grâce si pure. Toi seule connais les secrets.

Je t’en prie. Que ma route n’a pas été accomplie avec regret !

 

Par ton sortilège, sauras-tu me réconforter de l’avenir ?

De tous ces gens qui depuis si longtemps ne font que souffrir.

J’ai affronté tant de fois le froid mordant et le givre brûlant.

 Que j’ai la possibilité de retourner chez les miens gaiement !

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Je suis une autre victime

Je suis une autre victime Poème de Rolland Jr St-Gelais Réalisation photo par Mariannnalnsomnia Source : https://www.deviantart.com/mariannainsomnia/art/Victims-914440195

Je suis une autre victime

 

Je me suis levée.

En pensant à mon amoureux.

Je voulais tant que nous soyons heureux.

Voilà pourquoi je m’étais mise toute en beauté.

 

Cette journée allait être si particulière.

J’en avais tellement parlé avec ma tendre mère.

Ses yeux brillèrent en entendant mes mots de bonheur.

Qu’en mon cœur je croyais que loin de moi était le malheur.

 

Puis le jour, que j’imaginais béni, arriva.

Celui pour lequel pour toujours tout s’arrêta.

Je me suis rendue chez lui alors qu’il tenait une bouteille à sa main.

Un verre puis un autre et un autre allaient sceller à jamais mon destin.

 

Ses paroles douces comme du miel,

Se changèrent en propos aigres comme du fiel.

Puis les questions absurdes firent place à des actes de violence.

Dès cet instant disparurent dans les limbes mes rêves d’innocence.

 

J’ai supplié, maintes fois, d’arrêter de me frapper.

Moi, qui étais venue, tout mon amour, lui témoigner.

Ma joie de vivre se transforma en détresse indescriptible.

Doux Jésus ! Je ne pouvais pas croire qu’existait une chose si horrible.

 

J’ai senti le sang couler lentement sur mon visage.

En quelques secondes, je fus transportée vers un autre âge.

J’ai tout de même pu écrire, avant de rendre l’âme, ces mots en rime.

Car, devant la fureur de certains hommes, je suis une autre victime.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Depuis qu’elle est fermée

Depuis qu’elle est fermée Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/They-closed-the-line-913747929

Depuis qu’elle est fermée

 

En cette journée d’été, je suis allé,

Dans les bois feuillus, me promener.

À la campagne où mon père jadis m’y amena.

Avec sa voix chaleureuse, ses souvenirs, il me raconta.

 

Ses souvenirs de jeunesse,

Une époque remplie de jolies déesses.

Où il fit la rencontre de sa bien-aimée.

Une femme qu’il avait aimée jusqu’à la marier.

 

Ensemble, ils vécurent des jours heureux.

Ils étaient loin d’être riches sans être nécessiteux.

Mon père était un fier conducteur de locomotive.

Ma mère s’occupait de la boutique d’eau vive.

 

Il amenait les voyageurs de grand chemin.

Il en revoyait quelques-uns, selon leur destin.

Elle veillait avec grand soin au bon train des affaires.

Elle attendait le retour de son amour à l’autre bout du chemin de fer.

 

J’imagine bien que parfois.

Dans un élan de cœurs en émoi.

De retour d’un long voyage vers une terre étrangère.

Il arriva sur le seuil de la porte, celui qui deviendra mon père.

 

Dans un élan passionnel,

Sans dire un mot, il amena sa belle.

Vers la chambre où ils s’unirent d’un amour véritable.

Sans se douter qu’il y aurait plus tard un enfant à leur table.

 

Fruit inattendu de leur amour.

Ils me comblèrent d’affection nuit et jour.

Ils m’ont transmis leurs valeurs et leur foi chrétienne.

Elles m’ont toujours servi quoiqu’il advienne.

 

Les années passèrent à la vitesse de l’éclair.

Un bonheur brisé par le départ vers les cieux de ma mère.

En dépit de bons soins, une maladie étrange, son élue avait ravie.

Il me réconforta de la perte de celle qui m’a donné la vie.

 

Comme j’aurais aimé trouver les mots pour le consoler.

Lorsque je voyais de ses yeux rougis, toutes ces larmes couler.

Mais, je venais à peine de sortir de mon enfance.

Triste début pour entrer dans l’adolescence.

 

Elle a été inhumée dans le cimetière du village.

Un endroit somme toute joli entouré d’arbres sans âge.

Il n’a jamais désiré prendre pour épouse une autre femme.

Car, dans son cœur déchiré, pour elle, brûlait une éternelle flamme.

 

Puis, en une journée chaude d’été.

Lorsque j’étais en âge de comprendre la réalité.

Il m’amena près de la voie ferrée où avait tant roulé son train.

Il m’a alors enseigné une noble vérité, en me tenant par la main.

 

Retiens bien cette leçon, ô, ma chère fille.

C’est un fait que la vie sans cesse se défile.

Semblable à ses rails grugés par le temps impassible.

Aussi longtemps que tu auras foi en Dieu, tout sera possible.

 

Éloigne ton âme pure de tout mal.

Prend bien garde de ce monde, les vandales.

Ouvre avec joie les mains aux nécessiteux.

Et, choisis bien celui qui sera ton amoureux.

 

Tu joindras à ton tour des rails sur le chemin de fer de la vie.

Sache, ô, ma fille chérie! Que je te souhaite un bonheur infini.

Tu as été la plus belle surprise de toute mon existence.

Je désire tant que tu sois dans l’abondance.

 

Depuis que cette voie ferrée est fermée.

Je viens à l’occasion en cette forêt me balader.

C’est alors que je me remémore ces paroles de sagesse.

Merci père et mère pour votre amour et pour votre tendresse!

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada