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Cet instrument fétiche

Cet instrument fétiche Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. D’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/08-Dec-80-900152235

(Poème composé à la mémoire de John Lennon 9 octobre 1940- 8 décembre 1980)

 

Cet instrument fétiche

 

Aujourd’hui, j’ai un souvenir.

Qui me hante quand je respire,

Qui me bouleverse à chaque fois,

Que j’y pense au plus profond de moi.

 

Je me souviens d’une nouvelle à la radio,

En cette journée où il faisait tellement beau,

On annonça l’assassinat de mon chanteur,

Celui qui avait réussi à faire battre mon cœur.

 

Je me rappelle bien cette chanson de son cri à l’aide,

Qui était aussi les miens alors que je me trouvais laide,

À l’époque de l’adolescence qui était pour moi loin d’une romance,

De cette période de remises en question qui me donnait tant de souffrance.

 

Il y était un membre d’un groupe originaire de la divine Albion.

Qui jouait de belles balades d’amour de si magnifiques chansons.

Il y avait parmi ce groupe un homme qui allait un jour prôner la paix.

Ses airs, ses paroles, sa musique et ses mélodies, comme je les aimais.

 

Que de larmes j’ai versées en apprenant la nouvelle,

En apprenant le départ de celui qui m’a dit que je suis belle.

Il avait mis tant de joie de beauté dans ma vie d’adolescente,

Une vie comme toutes les filles de mon âge tout à fait innocente.

 

« Give Peace a chance! » Cette chanson qu’il fredonnait dans un lit.

À Montréal dans une chambre d’hôtel loin de l’Europe et de Paris.

Quel beau souvenir de ma jeunesse maintenant et à jamais envolé,

Le jour où j’ai appris à la radio qu’un homme lui avait la vie enlevée.

 

Maintenant, il me reste quelques souvenirs lointains,

Des idées que j’ai peine à retenir de mes deux mains,

Cet instrument fétiche qu’il m’avait en secret offert,

Et qui me console tant bien que mal dans mon enfer.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Remonter le temps

Remonter le temps Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo : Auteur inconnu Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/00-1647-897994734

Remonter le temps

 

Ah ! Ce que j’aimerais remonter le temps,

Le temps de jadis, de mon enfance, de mon adolescence.

Entendre les mots d’amours que mes parents se disaient dans leur romance,

Mais, à quoi bon revenir sur les pages noircies du passé qui s’envolent dans le vent?

 

Je me rappelle une très jolie fille,

Que j’ai connue au début de la vingtaine,

Une fille aux cheveux couleur d’ébène, prénommée Hélène.

Une femme que les yeux de mon cœur avaient remarquée au cinéma dans la file.

 

À ma grande surprise elle était rarement accompagnée,

Chose étrange car sa beauté fragile rayonnait son visage angélique.

Une femme si mystérieuse qui par son éclat avait quelque chose de féérique.

Devrais-je lui parler ? Je me suis souvent demandé car au fond de moi j’étais gêné.

 

Les weekends ont au fil des saisons passé,

Comme à l’habitude, nous étions des âmes perdues,

Dans cette foule béate croyant avoir dans ces films de la vie tout vu,

Une foule à la recherche de sensations afin de leurs émotions les disperser.

 

La vie m’a appelé à vivre en une lointaine cité,

Une ville où j’ai fait ma vie comme je le pouvais,

Une ville où j’ai construit une vie avec ce que j’avais,

En développant le goût pour les photos, ces témoins du passé.

 

En parcourant des albums chez un antiquaire,

Un des rares qui existent en ce monde aseptisé,

Un monde qui renie tout ce que les aïeuls ont réalisé,

Et qui censure les détracteurs pour à jamais les faire taire.

 

J’ai porté mon regard sur une photo en particulier,

Une photo en noir et blanc qui ma foi était bien conservée,

Je me suis penché pour avec douceur de la poussière la préserver,

Malgré mes yeux fatigués par l’âge, j’y ai reconnu un visage familier.

 

Assise dans son plus simple apparat,

Une jeune dame fixa une horloge de manière tranquille

Et de son doigt, elle arrêta le mouvement perpétuel des aiguilles.

Un éclair traversa mon esprit lorsque j’ai compris qu’elle était la dame du cinéma.

 

Ah ! Ce que j’aimerais être à ses côtés en cet instant

Simplement pour sa beauté sans dire un mot l’admirer,

La vie a fait en sorte que nos chemins ne se soient jamais croisés.

Quelle tristesse de constater que je ne peux pas remonter le temps.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

 

Derrière ces feuilles

Derrière ces feuilles Poème par Rolland Jr St-Gelais Avec la permission spéciale de Anioblica de Pologne Instagram : anioblica Photographe : Dunvael Photography

Derrière ces feuilles

 

Dans la brume du matin,

Alors que je suivais mon chemin,

J’admirais le paysage recouvert d’un manteau,

Qui allait disparaître aussitôt que sera arrivé le temps beau.

 

Errant sans me faire de souci dans ces bois,

Marchant avec une certaine lourdeur dans mes pas,

Ne pensant à rien, car j’ignore tel sera mon destin,

Un destin tracé selon mes décisions prises sans chagrin.

 

Car le chagrin est un vain sentiment,

Une sensation qui au fond de soi nous ment,

Puisque l’on agit très souvent par le moment présent,

Un instant vite passé, mais que les conséquences durent longtemps.

 

Sillonnant le sentier avec grande attention,

Afin d’y découvrir quelques animaux avec précaution,

J’entendis des branches bouger tels les doigts d’un marionnettiste,

J’ai avancé sans faire de bruit pour ne pas déranger cet imaginaire artiste.

 

Je n’ai point aperçu un seul artiste de mes yeux d’homme avancé en âge,

Mais plutôt une jolie dame qui marchait libre de tout plumage,

À demi cachée par les feuilles grises en ce matin brumeux,

Sa présence dissipait en moi les souvenirs si ténébreux.

 

Derrière ces feuilles, une beauté s’y trouvait.

Une beauté, de ma journée avec surprise, l’égayait.

Une dame, telle une fleur au parfum enivrant, a ensoleillé ma journée.

Sans dire un mot, j’ai opéré un demi-tour pour en ma demeure y retourner.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Souvenirs d’école

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Souvenirs d’école

 

J’ai parmi mes nombreux souvenirs d’école,

Le doux visage d’une fille qui s’appelait Nicole,

Était-ce Nicole ou bien Justine ou encore Marie?

Quoiqu’il en soit, je la trouvais tellement jolie.

 

À mon âge, je commence à avoir des troubles de mémoire.

Ce qui ne m’empêche guère de me rappeler tard le soir,

Ces belles jeunes filles qui ont peuplé ma tendre enfance,

Sans oublier toutes celles qui ont éveillé mon adolescence.

 

Mais, il y en a une que je n’oublierai jamais son visage.

Car sous ses airs angéliques, elle n’était pas toujours sage.

Elle et moi aimions souvent faire l’école buissonnière,

Nous prétextâmes que nous partions à la guerre.

 

Alors qu’en réalité, nous allions nous conter fleurette.

En marchant main dans la main dans les champs de pâquerettes,

Sans dire un mot sous le ciel bleu et en entendant les oiseaux chanter,

En souhaiter de tout notre cœur que cet instant allait durer pour l’éternité.

 

Que c’est étrange de ne pas pouvoir me rappeler de son prénom,

Ah que le fait d’avancer en âge peut quelquefois faire de moi un con.

Mais jamais je n’oublierai cet instant de pure joie, de pur bonheur.

Voilà ce qui m’apaise, me rassure, face à ma dernière heure.

 

Il y a pire dans la vie que le fait de ne pas avoir vécu,

C’est de ne pas avoir aimé celle que nos yeux ont vue,

Oui, j’ai avec grande tendresse aimé cette jouvencelle.

Mais, j’étais trop prude pour lui dire comme elle était belle.

 

Le temps de vivre sera bientôt terminé,

Mes beaux souvenirs, dans le néant, j’emporterai.

Sans effort, mes yeux fatigués, à jamais je fermerai.

Seul regret : mon amour dans mon cœur, l’avoir gardé.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Blanc pays

Blanc pays Photo par Vicki Savard-Henley Poème par Rolland Jr St-Gelais

Blanc pays

 

Pays blanc ! Blanc pays !

De cette contrée envahie,

Par le froid venu du nord de ma patrie,

De cette neige qui tombe vers un éternel oubli.

 

Neige envahissante de ce paysage,

Qui me fait penser que j’avance en âge,

Que j’avance doucement vers le lieu du repos,

De ce repos malgré le fait qu’il sera toujours trop tôt.

 

J’entends la neige frapper le sol gelé,

Frapper doucement telles des notes jouées,

Des notes d’un piano mystérieux sur un air si enjoué,

Que cette terre ancestrale, nul ne sait comme je l’ai aimée.

 

De tous ces flocons, j’écoute leur mélodie.

Une mélodie qui me rappelle comme j’aime la vie,

Voilà quel est mon désir, une vie qui serait éternelle,

Une vie qui ne finirait jamais afin de contempler cette neige si belle.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada