Archives de tags | âge

Souvenirs d’école

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Souvenirs d’école

 

J’ai parmi mes nombreux souvenirs d’école,

Le doux visage d’une fille qui s’appelait Nicole,

Était-ce Nicole ou bien Justine ou encore Marie?

Quoiqu’il en soit, je la trouvais tellement jolie.

 

À mon âge, je commence à avoir des troubles de mémoire.

Ce qui ne m’empêche guère de me rappeler tard le soir,

Ces belles jeunes filles qui ont peuplé ma tendre enfance,

Sans oublier toutes celles qui ont éveillé mon adolescence.

 

Mais, il y en a une que je n’oublierai jamais son visage.

Car sous ses airs angéliques, elle n’était pas toujours sage.

Elle et moi aimions souvent faire l’école buissonnière,

Nous prétextâmes que nous partions à la guerre.

 

Alors qu’en réalité, nous allions nous conter fleurette.

En marchant main dans la main dans les champs de pâquerettes,

Sans dire un mot sous le ciel bleu et en entendant les oiseaux chanter,

En souhaiter de tout notre cœur que cet instant allait durer pour l’éternité.

 

Que c’est étrange de ne pas pouvoir me rappeler de son prénom,

Ah que le fait d’avancer en âge peut quelquefois faire de moi un con.

Mais jamais je n’oublierai cet instant de pure joie, de pur bonheur.

Voilà ce qui m’apaise, me rassure, face à ma dernière heure.

 

Il y a pire dans la vie que le fait de ne pas avoir vécu,

C’est de ne pas avoir aimé celle que nos yeux ont vue,

Oui, j’ai avec grande tendresse aimé cette jouvencelle.

Mais, j’étais trop prude pour lui dire comme elle était belle.

 

Le temps de vivre sera bientôt terminé,

Mes beaux souvenirs, dans le néant, j’emporterai.

Sans effort, mes yeux fatigués, à jamais je fermerai.

Seul regret : mon amour dans mon cœur, l’avoir gardé.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Blanc pays

Blanc pays Photo par Vicki Savard-Henley Poème par Rolland Jr St-Gelais

Blanc pays

 

Pays blanc ! Blanc pays !

De cette contrée envahie,

Par le froid venu du nord de ma patrie,

De cette neige qui tombe vers un éternel oubli.

 

Neige envahissante de ce paysage,

Qui me fait penser que j’avance en âge,

Que j’avance doucement vers le lieu du repos,

De ce repos malgré le fait qu’il sera toujours trop tôt.

 

J’entends la neige frapper le sol gelé,

Frapper doucement telles des notes jouées,

Des notes d’un piano mystérieux sur un air si enjoué,

Que cette terre ancestrale, nul ne sait comme je l’ai aimée.

 

De tous ces flocons, j’écoute leur mélodie.

Une mélodie qui me rappelle comme j’aime la vie,

Voilà quel est mon désir, une vie qui serait éternelle,

Une vie qui ne finirait jamais afin de contempler cette neige si belle.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une femme admirant le paysage

Une femme admirant le paysage Poème de Rolland Jr St-Gelais Peinture par Maryse Veysseyre de la France

Une femme admirant le paysage

 

Jadis lorsque je n’étais encore qu’une gamine

Mes parents me disaient souvent que j’avais bonne mine

Quand nous venions à notre modeste cottage passer tout l’été

Je profitais de l’occasion pour parcourir les sentiers avec curiosité.

 

Car, belles choses, je découvrais chaque fois que j’y allais

Vous ne me croiriez pas, ce que j’ai découvert, si je vous le racontais

Les arbres avaient si grandi alors qu’à l’automne ils étaient si petits

Lorsque la première neige de l’hiver les avait de son manteau ensevelis.

 

Me promenant au gré du temps et de la chaude saison

En mon esprit, vint y surgir une drôle de question

Reviendrais-je en ces lieux lorsque j’aurai à mon tour grandi?

Y penserais-je lorsqu’un époux j’aurai choisi et une famille établie?

 

Car nul ne sait en ce monde de quoi sera fait son avenir

Aux premières larmes d’un enfant naissant succède le dernier soupir

Tout peut arriver à la vitesse d’une étoile filante dans le firmament

Santé et jeunesse font place à la maladie et à la vieillesse malheureusement.

 

Les années sont passées tel un coup de tonnerre et en un éclair

Diplôme avec mention honorable! De leur fille, mes parents étaient fiers.

Fiers de la femme belle et charmante que je suis devenue

Grande joie en leurs yeux émerveillés! Quel bonheur j’ai vu.

 

Enseignante en art, tel est mon choix de carrière.

L’art du pinceau j’ai enseigné tant aux enfants qu’aux mères

Voir se développer avec passion bien des talents cachés

Qui me demandèrent qu’à être avec précaution dévoilés.

 

Ayant aimé en secret une femme

À qui j’aurais tant aimé exprimer ma flamme

J’ai choisi de faire comme si rien n’était vu ce monde si incertain

Mieux être chez-moi pour ne point cacher mes larmes de mes mains.

 

Je suis devenue avec le temps si sage

Que pour préserver cet amour impossible en gage

J’ai retenu en mon cœur cet ultime secret d’un autre âge

Je ne suis maintenant qu’une femme admirant le paysage.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Seule dans ces bois

Seule dans ces bois Poème de RollandJr St-Gelais Photo par Gbd62 Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/The-chieftainess-863860011

Seule dans ces bois

 

Seule en cette forêt, seule dans ces bois

J’entendais le toc-toc-toc du pic-bois

Qui cognait avec son bec sur les chênes

Avec un rythme qui, avec entrain, s’enchaîne.

 

J’imaginais mon peuple qui jadis habitait ces lieux

Qui vivait de pêche et de chasse sous les cieux

Un peuple vivant sous des tentes de peau

Et qui naviguait sur les ruisseaux.

 

Je discernai le vent soupirer

Sur l’herbe tendre et verte de cette terre

De cette terre qui appartenait à mes frères

Et à mes sœurs qui s’occupaient de leurs maisonnées.

 

Je suis issue d’un clan beau et fier

Qui appréciait le temps qui passe tel un courant d’air

Vivre le présent sans pourtant autant faire fi des dangers

Mais à chaque chose en son temps en utilisant son savoir-faire.

 

Dans ces bois, je suis isolée

Mais quelle sensation de bien-être

D’être simplement sous les nombreux hêtres

Qui protègent des regards indiscrets mon intimité.

 

Les cheveux dansants dans le vent bienfaisant

Qui virevoltèrent sur mes épaules paisiblement

Soucieuse de respecter le caractère sacré des lieux

Le silence était de mise par respect envers mes aïeux.

 

Il faut parfois se taire pour mieux se connaître

Il faut parfois être seul pour de ses cendres renaître

Il faut parfois être isolé pour davantage apprendre

Car c’est en soi que l’on finit par mieux comprendre.

 

Je suis entièrement seule dans cette forêt vierge

Dans ces bois qui s’étendent à des milliers de verges

Où les animaux sauvages errent sous les feuillages

De ces arbres dont on ne saurait deviner leur âge.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La danse classique

La danse classique Poème de RollandJr St-Gelais Dessin par Maryse Veysseyre de la France

La danse classique

 

Je me rappelle mes précieux cours de danse

Que me donnait une enseignante venue d’un lointain pays

Un pays qui ressemble beaucoup au Canada à ce que l’on m’a dit

Avec ses montagnes enneigées et ses ruisseaux gorgés de poissons en transe.

 

Un pays peuplé de gens aux accents bien étranges

À l’alphabet que seuls pouvaient transmettre les anges

Un peuple fier et courageux qui a traversé les épreuves de la guerre

Un pays aux vastes contrées, la Sainte Russie, des orthodoxes, leur mère.

 

De cette enseignante à l’allure stricte, mais si tendre en son for intérieur

Allure causée par une jeunesse difficile où elle devait combattre ses frayeurs

Calmer sa faim et lutter face à un ennemi qui était devenu le pire des envahisseurs

Mais avec tendresse envers ses élèves qui lui faisaient confiance de tout leur cœur.

 

C’est sous ses ordres que j’ai appris les rudiments du ballet

Ces pas de ballerine, qu’à ma grande surprise, avec joie j’apprenais

Ô bien sûr! J’étais encore qu’une simple enfant avec bien des maladresses.

Mais sous l’œil attentif de mon guide, j’ai appris à intégrer en moi ces souplesses.

 

Ces virevoltes, ces cabrioles et ces bonds que j’exécutai au-dessus du plancher verni

De ce plancher qui est devenu aussi sacré que celui d’une église par les cieux bénie,

Car tant de joie en mon âme d’enfant j’y ai connue en cette période magique

Hélas, vu mon âge, je n’ai de cesse de revivre en pensées la danse classique.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada