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Mon corps nu dévoilé

Mon corps nu dévoilé

(Équilibre)

Depuis les premières bouffées d’air qui, dans mes poumons, m’ont donné la vie.

Formé ou plutôt massacré en silence dans l’auguste sein de ma mère,

Soyez rassurés amis! Loin est de moi l’idée de me plaindre d’être né ainsi.

Si il y une chose que l’on m’a appris, c’est bien d’avoir une volonté de fer.

Je vous présente mon corps avec fierté et bonheur.

Fier pour son unicité dans ce monde à la recherche de la perfection.

Mais aussi humble de par son histoire qui n’est pas sans heurts.

Un corps tel qu’il est et qui ne craint pas toutes les questions.

Un corps épris de liberté et qui aime du plus profond de son cœur pouvoir partager.

Partager avec les artistes qui n’ont de faire des opinions des soi-disant spécialistes.

De tous ces bureaucrates griffonnant imperturbablement tous ces noms sur des listes.

Et qui repartent sans état d’âme dans la monotonie de leurs foyers.

J’aime mon corps car il est le mien et non celui d’un héros.

Ce corps dont le sang rouge vif et qui gambade dans ses veines,

Prouve à tout ce peuple incrédule et à la nudité féminine qu’il est un hétéro.

Qui circule allègrement et sans gêne tel le courant sur la Seine.

Ce corps qui depuis des lustres affronte toutes les saisons avec un malin plaisir.

Du soleil estival qui lui réchauffe avec ses chauds rayons sa peau délicate,

Jusqu’à celui de monsieur hiver qui avec son froid mordant la rende écarlate,

Il ne cesse de vouloir vivre de jour comme de nuit et même d’en rire.

Oui, il m’arrive lorsque l’occasion se présente d’être pensif.

N’ayez crainte, être oisif n’est point le plus grand de mes défauts.

Je revoie toutes les femmes avec qui j’ai partagé les petits plaisirs jouissifs.

Et, tel un paon aux multiples couleurs, la queue se pointe bien haut.

N’éprouvais-je donc aucune gêne envers mes semblables? Me diriez-vous.

C’est, et je le jure en mon âme et conscience, tout le contraire. Détrompez-vous!

Croyez-moi sur parole! Démontrer que l’on peut être heureux est dans mes pensées.

Je suis conscient de toute la chance, Ô mon Dieu!, que j’aie.

De leurs yeux, les artistes ont scruté tous les recoins de mon physique.

Chaque détail vu pour y trouver ses multiples parcelles de beauté.

Il est vrai que ne suis point un Adonis et encore moins une créature épique.

Et pourtant, de ma dextérité, ils en furent vraiment étonnés.

Certes, mon corps n’a pas de mains et pourtant il peut caresser.

Certes, mon corps n’a pas de pieds mais il a parcouru des lieux extraordinaires.

Certes, mon corps n’a pas de langue mais il louange Dieu et veut le prier.

Et le remercier de lui avoir donné la chance de connaître cette vie spectaculaire.

Merci mon Dieu pour ce corps que tu as voulu ainsi.

Merci mon Dieu pour cette nature que tu me donnes.

Merci mon Dieu pour le soleil du Midi et la lune de minuit.

Merci mon Dieu pour ses yeux qui ont façonné en moi une autre personne.

De

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada