Archives de tags | mort

Le monde est en décombres

Le monde est en décombres Photo par Gb62da Poème par Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/World-in-ruins-886071671

Le monde est en décombres

 

Ô ma chérie,

Oui toi, ma jolie.

La source de ma vie,

Celle pour qui mon cœur est pris.

 

Ne crois pas tout ce que l’on raconte,

Certes, la vie n’est pas toujours un beau conte.

Un conte de fées avec des rois, des reines et des comtes,

Malgré ce qui peut arriver de nos jours, seul l’amour compte.

 

Ici, des guerres. Là, des famines. Et puis là, des malheurs.

Était-ce écrit depuis toujours, depuis des heures ?

Existent-ils des moments de pur bonheur ?

Un instant de plaisir est-il qu’un leurre ?

 

Pour moi, tout ce qui me rend heureux.

C’est d’être avec toi sous le regard des cieux,

De ces chimères, de ces génies et de ces dieux,

Inventés par les hommes face à la mort qui les émeut.

 

Oui, mon amour, le monde est en décombres.

Tout semble qu’un épais brouillard parsemé d’ombres.

Mais, souviens-toi, de cette pluie fraîche et fine dans la pénombre.

Qui fit place au soleil quand nos cœurs s’unirent malgré leur surnombre.

 

Prends-moi par la main et poursuivons notre chemin.

Il y a pour toi et moi sûrement un meilleur destin.

Mon amour, n’attends pas jusqu’à demain.

Crois-moi, nos vies sont entre nos mains.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Bouquet champêtre

Bouquet champêtre Poème de RollandJr St-Gelais Peinture de Maryse Veysseyre de la France

Bouquet champêtre

 

Ma mère avait un magnifique jardin

Dont elle aimait prendre soin chaque matin

Elle arrosait les belles fleurs qu’elle avait plantées de ses mains

Et de ses yeux ébahis par tant d’attrait elle cessait de penser au lendemain.

 

Ce matin passé dans son jardin pouvait être son dernier

Puisque ses jours lui étaient malheureusement comptés

Mais ces fleurs lui rendaient par leur beauté son amour de la vie

Un souvenir qu’elle amènera le jour fatidique où elle partira vers l’infini.

 

En ces journées d’un été si beau, si chaud.

Elle savait que le jour de son départ viendrait bientôt

Étrangement, elle avait fait un grand ménage.

Comme si elle savait qu’arriverait la fin de son voyage.

 

Elle n’avait rien laissé au hasard,

Ses papiers réglés, ses factures payées.

Ses vêtements fraîchement lavés et remisés

Demain aurait peut-être été trop tard.

 

Les jours passèrent comme poussière dans le vent

Ce jour redouté arriva, où la mort, par belle clémence.

Est venue soulager par sa présence cette grande souffrance

Elle prit la vie de l’être cher qui était ma bien tendre maman.

 

Les fleurs du jardin semblèrent tellement affligées

De l’absence subite de leur jardinière attentionnée

Qu’elles finirent par se faner dans les jours précédant

De leur mère adoptive, l’enterrement.

 

En cette église où se réunirent la famille et la parenté

Les quelques proches qui l’avaient tellement aimée

Venus lui dire un dernier bonjour, un tendre au revoir

Qu’on le veuille ou non, arrivera tôt ou tard notre dernier soir.

 

J’ai été désigné pour lire la Bonne Nouvelle

Celle qui annonce une vie si belle et éternelle

Je me dirigeai vers l’autel avec le respect qu’il se doit

Le cœur lourd, mais avec fierté de ce privilège, y avoir droit.

 

C’est en lisant avec grande attention les saintes Écritures

Que j’ai vu que les fleurs suivront ma mère dans son aventure

Car elles ornèrent sa tombe de leurs plus belles parures

Comme un gage de leur amour envers son âme si pure.

 

Tel un bouquet champêtre!

Leur présence vint adoucir mon mal être

Celle qui aimait tant ces fleurs au parfum divin

Sera accompagnée d’un magnifique jardin.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Masque improvisé

Masque improvisé poème de RollandJr St-Gelais Photo de Gfriedberg Source: https://www.deviantart.com/gfriedberg/art/Improvised-mask-863352583

Masque improvisé

 

Quelle époque vivons-nous?

Où pour survivre nous devons être à genoux,

Où pour exister, il faut savoir bien se camoufler.

Où pour survivre contre vent et marée, on doit se dissimuler.

 

On nous oblige à porter un masque pour nous protéger,

Mais, pour ne pas être jugés, un masque nous devons en porter.

On a simplement ajouté un masque d’étoffe sur notre masque de chair,

Un masque qui nous coupe de nos frères et nos sœurs et de tous nos pairs.

 

Que reste-t-il de la pure vérité?

Que reste-t-il de notre authenticité?

Dans ce monde où tout doit être aseptisé,

Dans ce monde où toute accolade est à jamais condamnée.

 

On a remplacé les poignées de mains,

Par des rendez-vous virtuels sans lendemains,

On a remplacé les relations intimes par des écrans cathodiques,

Usant nos mains à faire cet acte tant jugé par la morale catholique.

 

Vous trouvez vraiment qu’en écrivant ceci j’exagère?

Ne croyiez-vous pas plutôt que nous sommes en guerre?

Contre un ennemi peut-être plus imaginaire que réel,

Car avant cette pandémie, on ne savait que faire des dames vieilles.

 

De ces hommes abandonnés à leur triste sort,

Que l’on avait entreposé en attendant leur mort,

Mais, il a suffi d’un tout petit être invisible à l’œil nu,

Pour que de nos illusions édifiées, nous en tombions des nues.

 

De ces illusions où tout allait bien,

Dans ce monde qui n’est pourtant pas si lointain.

Mais par un étrange virus venant de l’Empire du Milieu,

Nous a fait saisir comme par magie que tout n’allait pas pour le mieux.

 

Que nos masques de chair nous firent perdre la réalité,

Que pour nos êtres si chers, tout n’était pas que beauté,

Après avoir affronté de la mer du destin vagues fortes et bourrasques,

Nous les avons placés en portant sur notre conscience un beau masque.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Le sens de la mort

Le sens de la mort Texte de RollandJr St-Gelais. Réalisation photographique par Clovis Corax Modèle est Alixia Busch Source : https://www.deviantart.com/cloviscorax/art/Lady-A-Thanateros-I-818835759

Le sens de la mort

Bonjour tout le monde,

J’espère de tout mon cœur que vous allez bien et que le mois de septembre vous soit propice dans la réalisation de vos projets en prévision de l’automne qui frappe à nos portes. Ne l’oublions pas, nous sommes encore en été bien que ce dernier est sur la fin de son parcours.

Pour ma part, ayant constaté le succès de mon article sur la vision de la femme sur la maternité, en particulier auprès de mes nombreuses connaissances sur le réseau social Facebook. J’ai donc décidé de récidiver sur un autre sujet qui se situe aux antipodes du précédent sujet. En effet, le commencement de la vie annonce de manière indubitable la fin de celle-ci.

Or, nous espérons qu’il y aura quelque chose après celle-ci une fois notre passage sur terre ait eu lieu. Qu’en est-il? Excellente question! Certains auront leurs croyances religieuses pour fondements spirituels tandis que d’autres opteront pour une philosophie plus terre-à-terre. Il est intéressant que l’un ne contredit pas nécessaire l’autre. Mais là, c’est un tout autre sujet à débat.

La mort possède plusieurs visages dans le cœur de l’être humain. Mais, pour le bien du présent texte, je m’en tiendrais qu’à deux. En effet, elle a souvent, trop souvent même, celui du désespoir, de l’incompréhension et de la peur. En d’autres occasions, elle a celui de la libération face à la souffrance qui, pour une cause quelconque, semble être trop lourde à supporter. Et pour rajouter à une telle réflexion, elle frappe davantage là où on s’y attendrait le moins.

Mais, au fait, frappe-t-elle réellement ? J’opterais plutôt qu’elle rend visite à la personne pour qui son heure a sonné. Oui, j’ai bien écrit ‘’ qu’elle rend visite’’ puisque dans certains cas elle se ravise et remet à plus tard sa volonté de prendre son dû. Combien de fois relate-on des guérisons miraculeuses, des sauvetages inespérés et des ‘’coups de chance’’ inexpliqués donnant ainsi une seconde chance au sujet concerné ?

Une chose est certaine, elle ne laisse personne indifférent surtout lorsque nous réalisons jusqu’à tel point les plaies psychologiques, parfois physiques, peuvent prendre du temps à se cicatriser sans jamais se guérir. De telles plaies peuvent se rouvrir l’espace d’un instant. J’en sais quelque chose, croyez-moi sur parole.

Comme plusieurs d’entre vous le savez probablement déjà, j’ai perdu mon frère aîné lors de la manifestation intersyndicale, communément appelé Front commun de 1972, des suites de ses blessures lorsqu’il fut heurté de plein fouet par le véhicule, conduit par un individu dont je préfère taire le nom, qui fonça dans la foule. Or, cela a pris de nombreuses années pour que les gens concernés par un tel événement puissent en arriver à tourner la page, je devrais plutôt écrire les pages car l’encre a beaucoup coulé dans les quotidiens de cette époque, de leurs vies. Ce qui est encore le cas pour plusieurs d’entre nous. Il va de soi que je m’inclus dans le lot puisque je fais parti de la famille qui a été la plus durement touchée. 1

La mort peut aussi avoir un visage de libérateur pour certains d’entre nous. Je me rappelle lorsque ma mère a quitté ce monde des suites d’un cancer des poumons en juin 1996. Face à ses souffrances, j’y ai vu une grande libération lorsque Dame Mort est venue lui tendre la main pour l’amener vers un autre monde qui, selon toutes croyances confondues, semble être meilleur que le nôtre. Mon exemple est loin d’être unique car bon nombre de mes connaissances ont vécu pareilles situations.

Toutefois, la mort a ceci d’étonnant à mes yeux, elle donne un sens à la vie. En effet, toute vie est éphémère et, par ce fait, elle possède une sacralité qui lui est propre. 2 Je ne suis certain que l’on se rendrait compte de la chance de vivre pour l’éternité. Or, on se rend vite compte que nos jours sont comptés et, par le fait, même rares sont ceux qui désirent rater leurs vies sachant qu’elle ne reviendra pas. Bon! Il est vrai qu’il y a des exceptions à la règle.

Veuillez noter que la rédaction de cet article a suscité en moi un vif débat. D’une part, était-il utile de le réaliser surtout qu’aucun sujet est aussi tabou que celui de la mort dans notre société. Et, d’autre part, le fait d’apprendre l’existence d’un documentaire en voie de développement sur le Front commun de 1972 m’a interpellé jusque dans mes fibres les plus sensibles. Bref, il m’a fallu à la fois une bonne de dose de courage et de témérité pour écrire le présent article.

Je vous remercie infiniment pour votre assiduité.

Rolland St-Gelais de Québec au Canada

  1. Un projet documentaire est en voie de réalisation pour souligner le cinquantième anniversaire du Front commun de 1972. Libre aux cinéastes de réaliser un tel documentaire et aux personnes intéressées d’y participer. Cependant, je refuse de donner mon assentiment pour une quelconque collaboration de ma part. Trop de larmes ont coulé, trop de plaies psychologiques ont pris de temps à se refermer sans pour autant avoir guérie totalement.

  2. Sacralité dans le sens de primauté sur tout puisque sans la vie, rien ne peut devenir, rien ne peut être et rien ne peut se reconstruire. La vie est en soi le mouvement vers l’avant, vers le possible et, parfois, vers l’impossible.

 

 

Pourquoi craindre la mort?

Thanateros II par ClovisCorax
Pourquoi craindre la mort ? Texte de RollandJr St-Gelais Photo par ClovisCorax Source : https://www.deviantart.com/cloviscorax/art/Lady-A-Thanateros-II-849559722

Pourquoi craindre la mort?

 

Voici une grande question,

Qui relève de morale et de la religion,

De ces bizarreries qui envoyèrent bien des gens à la pendaison,

Et de leurs réflexions firent perdre à bien des sages toute leur raison.

 

Fait étonnant car elles furent les principaux vecteurs,

De cette grande vérité de la vie, la cause de toutes nos peurs.

Une question à laquelle nous devons y faire face un jour ou l’autre.

Bref, pourquoi craindre la mort puisqu’elle sera notre hôte?

 

Les dernières années de ma vie m’ont amené à réfléchir,

Sur le sens de la vie par-delà la mort, et ce sans trop en souffrir.

Puisque cette étape de l’existence n’est pas la plus importante qui soit,

Quel sens donner à sa vie? Voilà la réflexion à faire de bon droit.

 

C’est un fait que nous devrons tous y passer notre tour venu,

La faucheuse est celle dont la notion de justice la plus aiguisée,

Elle sait déjà quand elle surviendra dès l’instant où nous sommes nés,

Dès l’âge du berceau, elle nous regarde avec une certaine retenue.

 

J’ai vu bon nombre des personnes qui m’étaient chères,

Traverser le chemin de l’inconnu sans pouvoir regarder en arrière,

Pour ne pas me questionner à savoir d’où vient cette étrange frayeur

Envers la grande dame qu’est la faucheuse à chaque heure.

 

Certes, il y avait parmi celles-ci des gens d’un âge avancé,

D’autres dans la fleur de l’âge avançant au fil du temps et des années,

D’autres encore sont partis aussitôt être entrés en ce monde

Telle situation à la fois incompréhensible et immonde.

 

Ce qui m’a amené à me questionner,

À savoir si c’est la faucheuse que l’on devrait redouter,

Et non pas d’avoir vécu sa vie au lieu de la subir jour après jour,

Bien triste est le sort de celui qui ayant raté sa vie s’en ira pour toujours.

 

De se conformer aux normes de la société,

À plier l’échine en évitant autant que possible de s’interroger,

Si tout ceci a du sens avant de passer l’âme à trépas,

Se contentant de faire en bon esclave les cent pas.

 

Est-il si difficile de vivre en accord avec ses propres valeurs?

D’accomplir ses désirs et ses souhaits les plus chers sans avoir peur?

De vivre une vie dans la vérité et en étant authentique?

Et non pas de vivre dans le mensonge, une vie hypocrite?

 

Très peu d’individus ont eu cette possibilité de vivre une telle vie,

De vivre et non pas simplement d’exister avant que tout ça soit fini,

Mais c’est à chacun de trouver sa voie et son chemin,

Qui le comblera sur ses nombreux lendemains.

 

Permettez-moi de dire cette chose vraie,

Ne jamais regarder notre passé avec les yeux du regret.

Assumer en tout temps et à chaque instant ce que l’on a dit ou fait.

Surtout, si l’on a fait de notre mieux, voilà ce qu’il en est.

 

Non, je ne crains certes pas la mort,

Peut-être, je le reconnais, ai-je là tout à fait tort?

Cependant une chose est sûre, je crois bien avoir fait mon possible.

Et devant Dieu et les hommes, nul n’est tenu d’accomplir l’impossible.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada