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Comme dans un puit

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Réalisation photo par Priscilla Vaillancourt

Comme dans un puit

 

J’ai fait un drôle de rêve cette nuit,
J’ai rêvé que j’étais nu au clair de la lune,
Alors qu’une belle grande dame à la chevelure brune,
Me regarda de la tête jusqu’aux pieds avec une mine éblouie.

 

Elle semblait se demander ce qu’il m’était arrivé,
Ai-je combattu sur quelques fronts de l’Europe occupé?
Où j’y avais laissé mes membres face à des ennemis entraînés?
Étais-je un des héros qui ont combattu dans l’ombre de la clandestinité?

 

Elle sembla tout de même étonnée de ma virilité,
Car avec franchise je ne pouvais guère la désirer m’en empêcher,
Puisque sa féminité gracieuse resplendissait par ses courbes délicieuses,
Qui démontrèrent que la femme est en ce monde la perle la plus précieuse.

 

Rêve bien bizarre en cette nuit d’hiver hâtif,
Où je me sentais étendu dans une clairière près d’un récif,
Une clairière où flottait une dame blanche attendant le moment,
Le temps propice pour venir s’étendre à mes côtés tout lentement.

 

Qu’ai-je bien pu boire avant d’aller dormir?
Quelle potion ai-je concoctée avant d’aller m’assoupir?
Dans la douceur bienfaisante de mes draps de rouge et de noir,
Alors que la lune était déjà haute dans le ciel depuis qu’est tombé le soir.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Le Carême

Le Carême

 

Devant l’autel,

Pour méditer, rien ne vaut-elle ?

Méditer sur nos fautes et sur notre vie,

Car nous savons qu’un jour ou une nuit elle sera finie.

 

Temps d’allégresse,

Et sans oublier un peu de paresse,

Moment de grande joie et aussi de tristesse,

Ainsi est la vie aux hommes ! Ultime sagesse !

 

Bientôt arriveront journées de pénitence,

Pour faire face à nos actes commis sous la démence,

De ce mercredi des cendres déposés sur nos fronts,

En nous souvenant de ceux qui partirent sur d’autres horizons.

 

De ceux qui dans nos questions irrésolues nous ont quitté,

Mais qui resteront dans le coeur de ceux qui les ont aimés,

Qui réciteront humbles prières et auront belles pensées,

L’instant d’un soupir ! Moment d’une caresse imaginée !

 

Ce sera bientôt le Carême,

Souvenons-nous de ceux qui ont précédé,

De leur foi, de leur courage qu’ils nous ont légués,

Car, sans leur dévouement, notre présent ne serait pas le même.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Plume noire! Plume blanche!

 

soldat

 

Plume noire! Plume blanche!

 

Sous mes doigts fragiles grugés par les affres du temps,

Se glisse une plume prête à raconter le récit de ma vie.

Une histoire peu banale que je désire partager avec vous mes amis.

Une existence éphémère qui disparaîtra bientôt sous le vent.

 

Quelle plume devrais-je choisir pour vous raconter?

Quelle plume devrais-je apprivoiser pour un tel partage?

Plume noire ou plume blanche pour une histoire qui n’a pas d’âge?

Pour vous léguer mon vécu avant de vous quitter vers l’Éternité.

 

De mes pensées de cette enfance perdue dans mes lointains souvenirs,

Là où résident des magnifiques et tendres sourires.

De mes frivolités de mon innocente jeunesse

Jusqu’à cette soirée d’été où tu as aimé mes suaves caresses.

 

De cette journée où je fus appelé pour défendre la mère-patrie,

Alors que tu m’offris le plus beau des présents en cet être tout petit,

Je partais déjà rejoindre mes frères d’armes combattre l’infâme ennemi.

Et donner à notre enfant, un avenir meilleur de ce que j’ai eu jusqu’ici.

 

Sous le sifflement des balles et les coups assourdissant des mortiers,

Je vous gardais bien au chaud dans mon cœur sans répit.

Souvent nous affrontions le regard de la mort avec dépit,

En remerciant le Ciel, le soir venu, pour être encore vivants et en entiers.

 

Temps de guerre dura qu’un moment et fit place à une paix durement acquise.

Retournant auprès des miens, tu te jetas dans mes bras telle une marquise.

Tu me présentas alors notre unique fils, notre fierté, né de l’union de notre sang.

Il avait la dorure rutilante de tes cheveux et les yeux étincelants de mes parents.

 

Je le vis grandir à tes côtés avec sagesse et grande force,

Devenir un homme digne de ses ancêtres et rempli de promesses pour l’avenir.

Il sera, j’en suis convaincu, épris de liberté et devant l’adversité ne jamais faiblir.

Il ne saura que faire des tyrans à la gueule féroce.

 

Sous mes doigts mièvres soustraits aux plaisirs de la vie petits ou grands,

Se tourne et retourne une plume parée à révéler ce que je ressens pour mon enfant,

Quelle plume devrais-je préférer pour vous avouer candidement?

Que je suis heureux d’avoir versé sur les fronts ma sueur et un peu de mon sang.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Poème composé à la mémoire des combattants de la Grande guerre (1914-1918)