Archives de tags | ciboire

Entre vos mains

Entre vos mains Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Amelkovich Source : https://www.deviantart.com/amelkovich/art/Naked-with-subject-7-807946561

Entre vos mains

 

Entre vos mains,

J’aimerais être l’instrument,

De votre discipline et de vos règlements,

L’outil ultime de votre art que vous a légué votre destin.

 

Vous saurez me faire vibrer de plaisir,

Lorsque vous me manierez allègrement avec un sourire,

Me tenant ferme telle une verge gorgée de sang de désir,

À force de satisfaire votre envie de vos esclaves, les faire souffrir.

 

Je suis votre objet de délice,

Celui que vous maniez dans vos supplices,

De vos supplices prodigués avec le plus grand soin,

Dans vos nuits chaudes et torrides jusqu’au petit matin.

 

Mains de maîtresse attentionnée,

De cette maîtresse au cœur tendre et dévoué,

Pour qui me prendre de sa main alerte et vigoureuse,

Qu’à chaque fois, elle se sent si épanouie et si heureuse.

 

Fait pour vous de cuir tout en noir,

Sur un autel sacré où se trouvent le calice et le ciboire

Je saurai faire couler le sang précieux de vos martyres,

Afin d’abreuver votre soif tel le ferait le plus parfait des satyres.

 

Lanières tressées de cuir,

À l’éclat de la lumière, semblent reluire

Et qu’en un éclair, fendent la peau délectable,

De vos esclaves soumises avec une cruauté charitable.

 

Allez ! Chère maîtresse tant adorée,

En votre main, n’ayez crainte de me serrer.

Car j’ai été créé pour combler votre imagination,

Et encore plus, pour satisfaire la moindre de vos impulsions.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Je suis femme noire

Fabuleux dessin par Noble Roro de la France

Je suis femme noire

 

Je suis et je vis
Je vis avec la fierté de ma couleur
Celle de mes ancêtres qui n’ont pas peur
Je suis pleine d’amour et profite de chaque instant de ma vie.

 

Je suis toujours fière
Autant aujourd’hui qu’hier
Et de mon corps et de mes seins
Et j’avance avec foi et sans regrets.

 

Femme noire
Femme de bois d’ébène
Sang noble coule dans mes veines
Semblable à à celui du Christ dans le ciboire.

 

Car bien de mes ancêtres
Ont donné de leur sang pour cette terre
Afin d’en faire un pays si beau et si prospère
Alors que leurs maîtres se cachèrent sous les hêtres.

 

Je suis descendante de fils d’esclaves
Comme bien d’autres gens et même des slaves
Mais aujourd’hui je suis libre et à jamais
Voilà ma simple vérité et tout ce qu’il en est.

 

Je ne regarde pas derrière
Car en réalité, je n’en sais que faire
Je suis femme noire et mon lait est blanc
Blanc comme neige ou les étoiles dans le firmament.

 

Je suis femme aux seins invitants
Quels beaux seins si tentants
Je suis femme ! Je suis femme !
Et en moi l’amour est ma flamme.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Rendez-le semblable…

35135034_2108698726080229_2378184951561453568_n

Par Gérard Teillot de la France

Rendez-le semblable…

 

Où suis-je ? Qui suis-je ? Questions existentielles!

Pour moi qui suis nue et de vos yeux vous voyez si belle.

Je suis étendue dans cette humble tenue sans fausse pudeur,

Je ne sais la raison face à vous point de crainte en moi point de peur.

 

De mon humble intimité, je suis prête à dévoiler.

Dans vos rêves les plus fous, je suis prête à naviguer.

Sur les toiles de vos chevalets, je me coucherai avec tendresse.

Car je vois en vos yeux tellement de peine et de grande tristesse.

 

De la fragilité de mon corps,

Vous le rendrez immortelle tel de l’or.

De mes courbes de chairs toutes féminines,

Vous saurez les anoblir avec vos crayons de mine.  

 

De mes seins fermes aux mamelons arrondis et si beaux,

Vous saurez leur rendre hommage telles les douces notes d’un piano.

Maintenant que je suis étendue sur ces coussins de satin venus du lointain Orient,

Je vous offre mon corps en holocauste en expiation des fautes commises par ces vauriens.

 

Rendez-le semblable aux icônes des églises du Liban,

Rendez-le semblable aux vitraux des églises de l’Occident,

Rendez-le semblable œuvres sacrées qui jalonnent notre histoire.

Car mon seul désir, c’est de rendre mon corps semblable au ciboire.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Que des terres volées et des âmes brisées !

31895444_1007469759419792_6786602807957913600_n

 

Superbe dessin réalisé par Michel Landry artiste

 

Que des terres volées et des âmes brisées !

 

Assise au pied de cet arbre,

Tenant avec fermeté en ma main meurtrie,

Le bâton que le sorcier de mon village m’offrit,

À moi fille unique du chef  du clan des dents de marbre.

 

Pour témoigner de la présence de l’homme blanc,

Peu importe le pays où il vivait jadis sur le lointain continent,

Homme avide de richesses mais si pauvre de cœur,

Qu’il ne sut que semer sur son chemin que crainte et terreur.

 

Depuis ce temps où il mit le pied sur notre plage,

Guerriers furent avertis par nos grands sages,

Que sa seule volonté fut de nous exploiter, de nous détruire.

Détruire nos forêts afin de nous enfermer en des lieux et de leur appartenir.

 

Terres d’Amérique des aurores boréales,

Où rivières d’eau pure furent empoisonnées,

Par les usines de gens enrichis par les animaux assassinés,

Et de nos fiertés effacées par leurs gouvernants non sans mal.

 

De tout le mal inscrit dans les âmes et dans la chair,

Mais étouffé dans les draps où furent abusés mes frères,

Par des hommes portant croix d’argent et en robes noires,

Qui en chaque jour de leur Dieu élevèrent le ciboire.

 

Maintenant que tout est accompli et à jamais fini,

Que vous nous avez tout dérobé et tout pris,

Êtes-vous fiers de ce que vous avez réalisé ?

Que des terres volées et des âmes brisées !

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Être ou ne pas être ?

20171122_184250

Être ou ne pas être ?

 

Être ou ne pas être ?

Quelle est la question !

Disait ce noble du pays d’Albion.

J’en doute au risque de mal paraître.

 

Depuis longtemps j’y réfléchis,

Comme ferait un sage qui malgré lui,

Malgré le temps qui passe et qui s’enfuit,

Et voyant le fait accompli, il constate qu’il vieillit.

 

Il revoit le parcours de sa vie,

Rencontre en esprit ces anciens amis,

Aujourd’hui disparus dans le monde de l’oubli,

Enfouis dans le sable mouvant du sablier aux grains infinis.

 

Quelle serait donc le but de l’existence ?

Bien des philosophes en y songeant perdirent patience.

Être pour soi ou bien pour autrui et ne faire que de paraître ?

Seule vérité est de s’assumer depuis le jour qui nous a vu naître.

 

Pourtant ce n’est certes pas ce soir,

Où je boirai, malgré mon désir, dans cette coupe amère,

Cette coupe pour laquelle tant de nations se firent la guerre,

Une coupe si mystérieuse me rappelant le Christ buvant le ciboire.

 

Ô question aux sciences occultes,

À quelle divinité devrais-je rendre un culte ?

Ah ! Et puis ? Pourquoi donc sans faire puisque demain,

Cet autre jour qui deviendra hier voilà notre sort et notre destin.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada