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J’ai déposé mon arme

J’ai déposé mon arme Photo par Joël Pélerin Texte critique de Rolland Jr St-Gelais

J’ai déposé mon arme.

Mon cher ami,

C’est bel et bien l’une de tes œuvres photographiques les mieux réussies. En effet, tout y est dévoilé avec un professionnalisme que toi seul peux accomplir. Plusieurs éléments font de cette photo une œuvre d’art digne des plus grandes salles d’exposition. Mais, par souci d’éviter d’alourdir mon commentaire, j’en retiens les trois principaux.

En premier lieu, le jeu subtil d’ombre et de lumière qui nous présente le corps magnifique de cette dame. Un jeu qui met en relief les différentes parties de ce corps, et ce avec un respect absolu. Ce qui est d’autant plus difficile à réaliser étant donné que l’on peut admirer les parties intimes tout en les incluant dans l’ensemble de la photo. C’est là un véritable tour de force.

En deuxième lieu, la posture de cette femme met en avant la grâce de son corps. Une grâce qui s’harmonise à la perfection avec la présence de ce sabre japonais. Serait-ce un katana? Je ne saurais pas répondre à cette question. Quoiqu’il en soit, une telle posture me fait penser à une séance de combat aux sabres. En effet, l’agencement des pieds, celui du buste, des épaules et des cuisses constituent la fin du combat. Un combat qui doit se faire dans les règles de l’art.

En dernier lieu, tu es arrivé à insister sur les mains du modèle. En effet, les mains constituent la cible, si tu préfères le point de mire, de la photo. Les mains reflètent à elles seules toute la tendresse qui se dégage d’une telle œuvre d’art. Une tendresse qui contrôle le sabre. En terminant ma critique personnelle, je me permets de poser ces questions; un sabre est-il en soi une arme de guerre? Serait-il plutôt un signe de paix lorsqu’il est manié avec un esprit noble?

Encore bravo pour cette œuvre photographique remarquable.

Ton ami Rolland Jr St-Gelais de Québec au Canada

Ce qu’une épée peut faire

Ce qu’une épée peut faire

Nous vivons à une époque où tout est possible tant pour le meilleur que pour le pire. Mais, il semblerait que c’est souvent dans le pire que l’être humain est le meilleur. C’est ce que l’on pourrait croire lorsque l’on revoit en pensées ce que nous avons vécu collectivement le weekend dernier. Un weekend d’Halloween où la joie et le rire avec quelques friandises devaient occuper la première place. Malheureusement, il en a été autrement pour les gens tant de la ville de Québec que de la province du même nom.

Un homme, qui aurait pu être n’importe qui de votre entourage, a commis l’irréparable. Deux vies enlevées et bien d’autres détruites à jamais. Un homme souffrant a amené des gens innocents dans sa souffrance. Une souffrance qui, vous en conviendrez, ne justifie en aucune façon le geste commis. Un geste impardonnable, un geste condamnable. Un geste qui aurait peut-être été possible d’éviter, mais qui a tout de même été perpétré et pour lequel justice devra être rendue.

Le tout accompli avec une arme d’une époque révolue. Une époque que l’on croyait faire partie de l’histoire, loin de nous. Nous qui sommes des êtres civilisés dans la grande majorité des cas et pour qui nous ne réglions rien avec de la violence. Par ailleurs, nous retrouvons les mots viol et silence dans celui de violence. Rien d’étonnant à cela puisque d’une part, la violence viole intégralement le droit d’autrui à sa sécurité, à sa dignité et à sa vie tant physique que psychologique et que d’autre part, le seul résultat en est un silence destructeur. Un silence qui nous amène dans un abîme où l’incompréhension, le désespoir et la lassitude règnent en maitres absolus.

Mais de quelle arme s’agit-il? D’une simple épée, plus particulièrement d’un katana, d’un sabre japonais que les samouraïs portèrent fièrement et pour qui leur code d’honneur était aussi précieux que la prunelle des yeux. Une arme d’une autre époque, d’un autre lieu et qui reflète à elle seule toute une page de l’histoire de guerriers quasi légendaires. Mais qui, l’espace d’un instant précis et en des lieux situés à des siècles de l’ère des samouraïs, se transforma en un simple jouet dans les mains d’un déséquilibré. Un être pour qui la notion même de la valeur de la vie avait disparu. 

Ce qu’une épée peut faire? Dans le cas présent, elle nous a démontré qu’il existe une bête insoupçonnée chez l’être humain. Une bête qui a certes été apprivoisée par des siècles de civilisation malgré les erreurs de parcours. Elle a aussi démontré que personne n’est à l’abri de la folie d’autrui et, parfois même, de sa propre folie.  Autrement dit, une épée nous a enseigné par ce triste événement que nous ne devons rien tenir pour acquis.

Merci de votre attention!

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada