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Le fantôme de l’ambivalence

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Le fantôme de l’ambivalence

 

Le soleil n’est pas encore levé,

Que je suis depuis longtemps réveillée !

Mes pensées submergent avec effroi mon esprit.

Serait-ce cela qui me tient, malgré moi, aussi en vie ?

 

La lune se montrera le bout de son nez,

Que j’aurais compris belle lurette telle est ma destinée.

Les grains s’évanouiront dans le sablier de couleur d’argent.

Je cherche une issue qui m’amènera loin de cet étrange tourment.

 

Suis-je perdue à jamais dans ce labyrinthe, où est renfermé,

Tout ce que je suis, tout ce qui compose ma féminité ?

Mon corps de déesse s’enfonce dans les draps blancs,

Une telle tornade durera-t-elle en moi éternellement ?

 

Serais-je possédée par un quelconque incube ?

Qui serait accompagné par une foule de succubes.

Il est venu extraire de mon être la sève de mon existence,

Afin de l’amener dans les folies incessantes de l’ambivalence.

 

Je pense à lui et je l’adore plus que tout.

Aussitôt, je le vois mourir lentement et je m’en fous.

Je souhaiterais tant lui faire l’amour à en perdre mon haleine.

Pour ensuite, lui faire verser la dernière goutte de son sang de ses veines.

 

Mon destin est ainsi édifié qu’un pas en avant mue en un bond en arrière.

Qu’un saut vers le passé devient une enjambée pour un futur de mille lumières !

Qu’un seul regard à ma gauche m’expédie inlassablement aux portes de la géhenne.

 Qu’un unique coup d’œil à ma droite m’envoie hâtivement à l’Acropole d’Athènes.

 

Un sang bouillonnant saillit jusqu’à la tête chaque fois que je pense à lui.

Sans ménagement, je ferai tous ses désirs, j’exaucerais ses moindres envies.

Puis, sans crier gare, une froideur indescriptible m’envahit jusqu’à mon intimité.

Délivrez-moi de ce spectre abject qui me refoule vers cette noirceur illimitée.

 

Je me jetterai sans attendre dans les flammes de l’enfer pour le rescaper.

Je le laisserais brûler toute l’éternité pour qu’il arrête de me blesser.

Je lui donnerais ma vie afin de lui démontrer toute mon affection.

Je l’abandonnerais à son sort tellement il m’a fait perdre la raison.

 

Voici donc le fantôme de l’ambivalence,

Qui depuis cette rencontre me ronge par ma démence.

Je n’en peux plus de son indifférence face à mes preuves d’amour.

Quel rituel magique dois-je accomplir pour que cela cesse pour toujours ?

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Avant d’en arriver là

Avant d’en arriver là Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par VW1956 Source : https://www.deviantart.com/vw1956/art/another-place-945724937

Avant d’en arriver là

 

Je suis allé me promener,

Dans un cimetière, au risque vous déplaire.

Au beau milieu d’une nuit éclairée par une lune souriante.

Ce qui peut vous paraître une chose tout à fait surprenante.

 

À dire vrai, je me posais mille questions,

À propos de la vie pour éviter de perdre sa raison.

Quoi de plus propice qu’un tel endroit pour comprendre ?

Ce que nous attendons de notre existence sans nous y méprendre ?

 

Combien de ces gens ont-ils cherché l’amour en vain ?

Quel nombre parmi eux a eu la chance de boire du bon vin ?

Alors que d’autres se contentèrent du peu que leur offrait la destinée.

Cuillère de bois, ou argentée, peut tanguer l’équilibre du nouveau-né.

 

J’entends le vent souffler dans la cime des feuillus.

Et qui me fait penser à la respiration de ces chers disparus.

De ces inconnus qui jalonnèrent les rues de tant de villes peuplées,

D’individus qui occupent des emplois souvent mal payés.

 

Je perçois les murmures de ceux qui avaient tant de rêves à accomplir.

Des projets merveilleux qu’ils n’ont pas pu réaliser avant de partir.

D’autres ont fait des exploits formidables dans un silence absolu.

Des riches et des pauvres qui sont désormais, de leur état, dépourvu.

 

J’observe les arbres qui couvrent les pierres tombales de leurs ramures.

Ils les protègent contre l’usure du temps avec une volonté si pure.

Car, il n’y a rien de plus terrible en ce monde voué à la matérialité.

Que d’assister à l’érosion de toutes les formes de spiritualité.

 

Je distingue des mots d’amour qui n’ont jamais été dits,

 Par ces âmes alors qu’elles avaient l’opportunité d’être en vie.

Pourtant, n’est-ce pas ce qui donne aux humains un motif d’exister ?

Quelle tristesse de voir que tant de peuples se sont entretués !

 

Je lis les noms inscrits sur les sépultures,

De ces témoins qui ignorent la crainte de notre futur.

 Ont-ils pu embrasser les êtres qui étaient chers à leurs yeux ?

Est-ce important de le savoir alors qu’ils furent rappelés par les cieux ?

 

Quelle leçon ai-je apprise en cette période d’obscurité ?

Qu’il est impératif de vivre dans la lumière en toute vérité !

Voilà pourquoi mon cœur exulte dès que l’aurore est devant moi.

Ne craignons donc pas de dire notre amour avant d’en arriver là.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Je n’ai pas pu résister

Je n’ai pas pu résister Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/I-can-t-resist-945550398

Je n’ai pas pu résister

 

Seul, dans le bois, je marchais.

Cette forêt, en solitaire, je contemplais.

En allant avec légèreté, je prenais le temps.

En ne pensant à rien, je vivais simplement.

 

Le ciel était, en ce jour, d’un bleu azur,

Tandis que je respirais avec passion un air si pur.

La verdure des arbres centenaires calmait mes peurs,

De ces bruits de guerre qui courent depuis tellement d’heures.

 

Le chant des oiseaux atteignait la profondeur de mon être.

Alors que disparaissaient les causes imaginaires de mon mal-être.

Puis, sans m’y attendre, un parfum voguait vers moi doucement.

Une odeur qui m’était, à ma surprise, connue mystérieusement.

 

Poursuivant inlassablement mon chemin à travers les bois,

De repérer ce parfum, j’ai juré, sur l’honneur de ma foi.

Je me doutais bien que mes prières allèrent se réaliser.

Car, les êtres célestes, j’ai maintes fois sollicité.

 

Au fil de mes pas, j’ai enfin trouvé mon amour.

Celle pour qui je vivrai maintenant et pour toujours.

Elle connaissait ce lieu où nous nous sommes rencontrés.

Nous y allions chaque jour, main dans la main, nous balader.

 

C’est en cette forêt que je l’avais demandé en mariage.

Je crois en l’union sincère qui traverse les âges.

Les années peuvent franchir des époques variées.

Seuls, les êtres liés en entier peuvent les affronter.

 

C’est en retrouvant ma belle aux lèvres vermeilles,

Que j’ai ressenti au fond de moi une véritable merveille.

Que j’ai enfin compris l’unique raison de mon existence.

C’est alors que je n’ai pu résister de pleurer en abondance.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le blues de l’hiver

Le blues de l’hiver Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/Winter-blues-943784393

Le blues de l’hiver

 

Nous sommes en début d’année.

Je me sens déjà tellement fatiguée.

Les jours s’allongent bien lentement.

En son temps, le printemps viendra sûrement.

 

La période des fêtes n’avait pas sa raison d’être.

Quelle tristesse, d’un noble chêne, de le voir disparaître.

Mais, heureusement que la vie continue son chemin.

D’un futur qui annonce souvent de meilleurs lendemains.

 

Je pense à mon enfance défiler sur la vitre glacée de la faîtière.

Des images défilant à la vitesse de l’éclair sans coups de tonnerre.

Des souvenirs d’un bonheur, à jamais écoulé, et pour toujours, regretté.

Le regret de ne pas avoir dit mon amour à mes parents qui m’ont si protégée.

 

Je revois les scènes hivernales passées dans la forêt enneigée.

Quel plaisir de glisser en traîneau sur le tapis d’un blanc immaculé !

De rire aux éclats en vivant le plus joli des moments, celui du présent.

Quelle évocation de ma lointaine enfance disparue depuis si longtemps !

 

Oui, je sais que les splendides journées reviendront en temps et lieu.

Que les fleurs apparaîtront à la grande satisfaction des amoureux !

Que les arbres reçoivent sous leurs branches les gens de tous les horizons !

Que les oiseaux gazouilleront d’un seul cœur de mystérieuses chansons.

 

Chaque saison a sa richesse de sa beauté.

De l’été, j’en retiens ses périodes ensoleillées.

De l’automne, j’admire les feuilles aux couleurs diverses.

Deux cycles qui me font vivre des aventures à la fois gaies et perverses.

 

Du printemps, j’en retire la douce floraison des champs.

Parfois, à la sortie des écoles, les rires innocents des enfants.

Une saison annonciatrice de projets de fiançailles et de mariage.

Des promesses qui feront leurs preuves à travers les âges.

 

Mais, d’ici là, je ne peux pas empêcher mon âme de traverser.

Une rivière remplie d’émotions qui viennent si bien me chercher.

C’est une étape de l’existence à franchir pour enfin être affranchie.

J’ai le blues de l’hiver, mais je reprendrai bientôt le goût à la vie.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada 

Instant figé

Instant figé Poème de Rolland Jr St-Gelais Peinture acrylique de Noble Roro de la France

 

Instant figé

 

Pour savoir apprécier son existence,

Il faut retrouver sa tendre innocence,

Même si la vie n’est pas un conte de fées.

Car, en ce monde, nul ne connaît sa destinée.

 

On revoit les chimères du passé,

Lesquelles feront, bien sûr, que trépasser !

Des fausses idées qui embrouillent notre esprit.

Des yeux étranges qui sans cesse nous épient.

 

Nous naissons pauvres et totalement nus.

Aucun de nos biens, nous amènerons vers les nues.

Certains travaillent des lopins de terre pour quelques pitances.

D’autres en profitent pour leur soutirer une honteuse abondance.

 

Cela est le lot de la plèbe depuis l’aube de l’humanité,

Ceux qui bossent à la sueur de leur front forment la majorité.

Les membres de la haute société font parfois des œuvres de bienfaisance,

Pour bien paraître, ils font semblant d’avoir une bonne conscience.

 

Savez-vous ce qui me fait réellement plaisir ?

Connaissez-vous la raison qui me fait sourire ?

C’est d’être apte d’admirer la grâce pure de la féminité.

C’est de découvrir avec les yeux du cœur une authentique beauté.

 

Pas besoin de visiter des contrées éloignées.

Inutile de s’exiler vers des pays qui sont si reculés.

Il est superflu, pour trouver la source du bonheur véritable.

De traverser mers et mondes jusqu’à ne plus être capable. 

 

Pour ma part, j’ai appris à me contenter de peu.

Car, comme le commun des mortels, je fais ce que je peux.

Il faut savoir prendre le temps de s’arrêter de se questionner.

C’est dans l’instant figé que l’on saisisse la chance d’exister.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada