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Ce collier de perles

Ce collier de perles Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo : Auteur inconnu Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/1003b-853055240

Ce collier de perles

 

Assis sur le divan de mon salon,

J’ai ouvert une de mes boîtes de savon,

Qui me servait à entreposer de vieilles photos,

À une époque où tout me semblait tellement beau.

 

De ces photos qui immortalisèrent des jours heureux,

De ces moments de pur plaisir et de ces instants si joyeux.

De ces femmes si belles que j’ai croisées pour des séances,

Avec lesquelles, parfois, j’ai eu des nuits de passion et de romance.

 

Parmi elles, l’une m’avait tellement impressionné,

Par sa simplicité et par son authentique féminité,

Que je lui avais offert un présent soigneusement choisi,

Une offrande en gage d’admiration à ce modèle chéri.

 

En début de séance alors que je préparais le lieu,

Lui expliquant les différents styles de poses si précieux,

Ma réputation se basait, avant toute chose, sur mon savoir-faire.

Et d’autres qualités que m’avait enseignées feu mon père.

 

Les heures passèrent aussi vite que des secondes,

Car, il y avait en cet endroit, une céleste onde.

Une atmosphère de travail tellement agréable,

Vous la décrire, désolé, j’en suis incapable.

 

Je lui ai alors demandé une faveur,

Afin de terminer en beauté la dernière heure,

De porter ce collier de perles à son cou,

Elle m’avoua alors qu’elle adorait ce bijou.

 

Disposant à son gré de ce collier,

Elle le mit à son cou délicatement parfumé.

Immortalisant cet instant par quelques photos,

Ces témoins d’une autre époque révolue trop tôt.

 

Appuyée avec douceur sur le dossier du fauteuil,

Me présentant ses fesses douces comme des feuilles,

Elle avait un regard à la fois mystérieux et coquin,

Je manipulais tout de même mon appareil avec grand soin.

 

La séance est hélas ! Déjà achevée!

C’est maintenant le temps de vous lever,

Je voudrais, avant que vous partiez, vous dire un secret

Vous êtes de loin ma préférée. Voilà ce qu’il en est!

 

Garder ce modeste collier de perles, je vous prie.

Cette séance est à mon grand regret la dernière de ma vie.

Mes mains fatiguées ne pourront plus suivre ma passion,

Une grave maladie a entravé ma vie sans contrefaçon.

 

Elle s’approcha de moi pour déposer sur ma joue,

Croyez-moi ! Le plus précieux de tous les bijoux,

Un tendre baiser qui a fait couler une larme,

Un sanglot venu du plus profond de mon âme.

 

 C’est en regardant avec le sourire cette vieille image,

Que je me rende compte que la vie est plutôt sage.

Il y a en effet pour mon plaisir une surprise inattendue,

Une photo qui me rappelle que la vie vaut la peine d’être vécue.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Mirages

Mirages Texte de RollandJr St-Gelais Photo de Gfriedberg Source: https://www.deviantart.com/gfriedberg/art/Candling-889960127

Mirages

La vie a plusieurs facettes. Des facettes que l’on construit à partir de nos souvenirs, de nos certitudes, de nos valeurs et de nos attentes. En effet, tout dans la vie peut être différent en chaque personne. Elle peut être remplie de beauté, de tristesse, de moments fastidieux, d’autres moments dans des misères extrêmes. Souvent, nous tenons pour acquises la santé, la richesse, la jeunesse, pour les plus chanceux, la beauté. Celle qui correspond aux normes établies par la société. Or, tout peut disparaître du jour au lendemain.

Des empereurs ont souhaité ardemment fonder une dynastie qui aurait perduré à travers les siècles. Mais, comme le temps ronge inexorablement les secondes qui s’écoulent du sablier, tel le titan « Chronos » qui dévorait ses enfants à peine sortis de son ventre, rien ne dure éternellement. Tout apparaît pour disparaître tôt ou tard. C’est là la seule réalité. D’autres ont voulu se bâtir des fortunes afin de se prémunir de la disette. Ce qui n’a pas empêché de subir les contrecoups du caractère imprévisible de la vie.

Une guerre? Une épidémie? Un revers du hasard? Un coup du destin? Il y a autant de causes à la mauvaise fortune qu’il y en a à l’origine de l’opulence. 

La vie est belle et bien éphémère. Elle dure l’instant d’un battement d’ailes. Des ailes qui parfois nous amènent vers des sommets, parfois vers des trous sans fond ou bien encore des mirages. Mirages au cœur de nos déserts, de nos solitudes et de nos questions souvent sans réponse. Mirages au loin qui peuplent nos rêves sans lendemain.

Rolland Jr St-Gelais de Québec au Canada

Le monde est en décombres

Le monde est en décombres Photo par Gb62da Poème par Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/World-in-ruins-886071671

Le monde est en décombres

 

Ô ma chérie,

Oui toi, ma jolie.

La source de ma vie,

Celle pour qui mon cœur est pris.

 

Ne crois pas tout ce que l’on raconte,

Certes, la vie n’est pas toujours un beau conte.

Un conte de fées avec des rois, des reines et des comtes,

Malgré ce qui peut arriver de nos jours, seul l’amour compte.

 

Ici, des guerres. Là, des famines. Et puis là, des malheurs.

Était-ce écrit depuis toujours, depuis des heures ?

Existent-ils des moments de pur bonheur ?

Un instant de plaisir est-il qu’un leurre ?

 

Pour moi, tout ce qui me rend heureux.

C’est d’être avec toi sous le regard des cieux,

De ces chimères, de ces génies et de ces dieux,

Inventés par les hommes face à la mort qui les émeut.

 

Oui, mon amour, le monde est en décombres.

Tout semble qu’un épais brouillard parsemé d’ombres.

Mais, souviens-toi, de cette pluie fraîche et fine dans la pénombre.

Qui fit place au soleil quand nos cœurs s’unirent malgré leur surnombre.

 

Prends-moi par la main et poursuivons notre chemin.

Il y a pour toi et moi sûrement un meilleur destin.

Mon amour, n’attends pas jusqu’à demain.

Crois-moi, nos vies sont entre nos mains.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

J’ai trouvé enfin le bon chemin dans le silence

J'ai trouvé un chemin dans le silence
J’ai trouvé enfin le bon chemin Poème de RollandJr St-Gelais Réalisation par carmine_vision Modèle : JenovaxLilith Source : https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/find-a-way-in-the-silence-752003929

J’ai trouvé enfin le bon chemin dans le silence

 

Longtemps, j’ai cherché le bonheur,

À tous moments, que tu ries ou bien tu pleures.

Essayant de trouver une raison de vivre, d’exister,

Tentant de repérer une preuve d’être aimée et d’aimer.

 

J’ai connu de grands sages,

En dévorant leurs nombreux ouvrages,

De ces philosophes cherchant à donner explication,

En mon être le plus profond je me posais tant de questions.

 

C’est en marchant près d’une clairière,

Que me vinrent les paroles de ma tendre mère,

Souviens-toi ô ma fille, ô ma petite chérie, de ceci :

Va dans la forêt pour y trouver du repos, un peu de répit.

 

Écoutes bien le vent et le chant des oiseaux,

Tu comprendras jusqu’à tel point tout y est beau.

Couches-toi à un endroit où tu t’y sentiras confortable.

Cherche un lieu où tu pourras t’étendre de manière convenable.

 

 Ne fait pas de bruit, je t’en pries.

Tends l’oreille et discernes ce que la nature te dit,

Ferme doucement les yeux et sens comme l’air est bon,

Sens le vent effleurer les branches qui dansent à l’unisson.

 

Vas-y ! Il n’y a pas de raison d’avoir peur.

Je serai toujours avec toi en pensées à chaque heure,

Je voulais tant te confier ceci dans le secret de ton cœur,

Que moi aussi je faisais face à ce monde fondé sur tant de leurres.

 

Tout comme toi, je me sentais si souvent désemparée.

Tout comme toi, je ne savais pas quoi faire pour être aimée.

Tout comme toi, je cherchais un refuge pour me sentir protégée.

Tout comme toi, loin de ces foules sans âmes, je désirais m’en éloigner.

 

Moi aussi à la fin de mon adolescence,

Que de questions sans répit brisèrent mon innocence,

Suivant simplement mon instinct de survie avec grande prudence,

C’est avec patience que j’ai enfin trouvé le bon chemin dans le silence.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Tu ne pourras jamais m’attacher les yeux

Tu ne peux pas attacher mes yeux
Tu ne pourras jamais m’attacher les yeux Poème par RollandJr St-Gelais Dessin par CapitaPerdu Source : https://www.deviantart.com/capitaperdu/art/You-Cant-Tie-My-Eyes-841886599

Tu ne pourras jamais m’attacher les yeux

 

Je suis consentante,

Je dirais même bien contente,

De satisfaire ce moindre désir,

Car j’y prend, comment dire, mon plaisir.

 

Te servir de jouet,

Dans ton si beau palais,

Tu m’y invitas avec un verre à la main,

Un verre qui contenait un vin au goût incertain.

 

Que j’ai accepté sans hésitation,

Pendant que jouait une douce chanson,

Au titre si invocateur : Under pressure.

J’allais y prendre mon pied j’en étais sûr.

 

À ta future esclave tu lui expliquas tout,

Alors que montait en elle un tel désir si fou,

D’être ta babiole, ta bestiole, ton objet, ta chose,

Pour dire vrai, c’est la première fois qu’une telle expérience j’ose.

 

Tu m’amenas dans ton donjon,

Tout gentiment tel un bon garçon,

Lumière tamisée dévoilait instruments divers,

Qui me firent comprendre que ton vécu ne date pas d’hier.

 

Tu me souhaitas la bienvenue dans ton lieu de supplices,

Où tu me feras découvrir avec précaution la saveur de bien des délices,

Des moments de satisfaction que je n’ai jusqu’alors jamais connu,

Pendant que tu admirais chaque parcelle de mon corps nu.

 

Tu me plaças sur un tabouret,

Voilà le premier pas était enfin fait,

J’étais pour la soirée tant attendue à ta merci,

Cette soirée que je rêvais tant est maintenant et ici.

 

Tu me regardas bien attentivement,

Comme si tu réfléchissais bien sagement,

À trouver ce qui m’irait bien comme un gant,

C’est alors que surgit cette idée bien mystérieusement.

 

Une corde que tu ramenas de ton voyage en Chine,

Ce pays aux pires tortures brisant les plus dures échines,

Cette corde était réservée à celle que tu trouverais la plus belle,

À celle qui aurait la peau soyeuse et fragile comme de la dentelle.

 

Avec grand soin tu enrobas mes seins,

Avec cette corde manipulée par tes chaudes mains,

En faisant sur ma poitrine une croix telle une martyre,

Que l’on jeta jadis en pâture devant la foule romaine en délire.

 

Avec ma volonté, je t’ai laisser faire.

Car, pour tout dire, je ne voulais guère me défaire.

D’être pour toi cet objet que tu convoitas depuis longtemps,

Alors, ô maître adoré, vas-y gaiement et prends tout ton temps.

 

Attache-moi avec fermeté les bras,

Afin de mes tourments je n’y échappe pas.

Mais, souviens-toi dans tes gestes de mon unique vœu,

Nous avions convenu que tu ne pourras jamais m’attacher les yeux.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada