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Dans mes souvenirs

Dans mes souvenirs Poème de Rolland Jr St-Gelais Dessin par Noble Roro de la France

Dans mes souvenirs

 

Pardonnez-moi, les amis.

Permettez, je vous en prie.

De vous raconter quelques souvenirs,

Qui m’ont fait parfois pleurer, souvent rire.

 

Je suis né en Normandie,

Une région fort éloignée de Paris.

Que je suis fier de ma région côtière,

Et de sa langue si belle et si particulière.

 

J’ai vu le jour, je ne sais pas quand.

Que voulez-vous? J’en perds par moment.

Mais, je me souviens très bien de la chaumière.

Où nous avons vécu, ma famille et moi, durant la guerre.

 

Nous ne savions que faire,

Pour se sortir de ce temps d’enfer.

Mais, nous avions la chance d’être aimés.

Ma famille et moi, par des parents attentionnés.

 

Une fois que la guerre fut finie,

Une envie de folle et irrésistible m’a pris.

Le désir de parcourir les mers et les océans,

Alors que j’étais jeune et ne voulais pas perdre mon temps.

 

J’en ai visité de ces étranges pays.

De ces régions qui m’ont souvent ébahi.

J’ai connu des femmes qui, telles des sirènes, m’ont envoûté.

Sans toutefois perdre de vue que femme de mon pays, j’épouserai.

 

De ces mondes fantastiques aux paysages uniques, j’ai tant visité.

Mais, en ma mère-patrie, mon unique désir était d’y retourner.

Les années passèrent jusqu’au jour où j’ai pris la décision,

De revenir en ma belle Normandie, terre de ma nation.

 

Dès mon retour dans le village où je suis né,

Un chalutier, j’ai avec empressement acheté.

En effet, si je voulais trouver une femme à marier,

Je devais ma volonté de travailler, lui prouver.

 

Aussitôt à l’horizon, le soleil levé,

Mon chalutier sur la mer était déjà allé.

Au soleil couchant, il revenait avec une cargaison.

Dans sa cale se trouvèrent fruits de mer et frais poissons.

 

Jours et nuits coulèrent comme le sable d’un sablier,

Puis, un jour ou peut-être une nuit, j’ai connu une femme à marier.

Un jour ou une nuit? Ne m’en voulez pas pour mes troubles de mémoire.

Vous savez mes amis, à mon âge, ma tête est tel un vieux grimoire.

 

Quoiqu’il en soit, femme belle et fière, avec joie, j’ai épousé.

Des enfants beaux et intelligents, elle m’a généreusement gratifié.

Dans une modeste maison, ils ont avec amour et attention grandi.

Alors que ma tendre épouse et moi avons, bien évidemment, vieilli.

 

J’ai eu beau avoir parcouru mers et monde.

Découvrir des pays divers, entendre diverses ondes.

C’est en me remémorant les années si heureuses avec ma famille,

C’est dans mes souvenirs de mon cœur que les plus belles étoiles brillent.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Il se sentait comme porté par la dame des mers

Il se sentait comme porter par la dame des mers Poème de Rolland Jr St-Gelais Dessin par Noble Roro de la France

Il se sentait comme porté par la dame des mers

 

Par un beau matin d’été,

Parti à la mer, il s’en est allé.

Maître à bord de son chalutier,

Il leva l’ancre pour rejoindre vent et marée.

 

Pêcheur de génération en génération,

Il avait entendu ces contes, ces légendes à profusion.

Des récits de navires fantômes naviguant sur les voies de perdition.

Des âmes égarées emportées par une mer déchaînée par une malédiction.

 

Il a jeté ancre et filet à l’endroit d’une pêche abondante, il a espéré.

En bon chrétien, il fit en premier une prière afin de tout mal être préservé.

En cette mer de Normandie, le temps passa inlassablement sous le soleil ardent.

En son cœur, il pensa à son épouse tant aimée qui lui avait donné de beaux enfants.

 

Des nuages sombres comme une nuit sans lune se formèrent sournoisement.

Des nuages gorgés de pluie vers son embarcation avancèrent implacablement.

Les vagues grossissaient sans cesse et à vue d’œil immanquablement.

En l’esprit de cet humble pécheur, une peur l’envahit prestement.

 

Le vent se lança sans pitié vers son chalutier.

Que pouvait-il, en cette mer survoltée, bien espérer?

Que pouvait-il faire, pour cette mer déchaînée, la calmer?

Quel saint devait-il invoquer face à une telle fureur en être protéger?

 

Il se sentait comme porté par la dame des mers.

Il se rappelait alors une prière que lui avait enseignée sa mère.

Une sainte femme comme bien d’autres en sa Normandie si chère.

Une incantation si forte qu’elle peut précipiter le diable lui-même en enfer.

 

« Ô Dame des mers! Tu as été façonnée par la volonté de Dieu. »

« Ô Dame des mers! Tu ne peux point faire tout ce que tu veux. »

« Ô Dame des mers! Obéis à cette incantation venue des cieux »

« Calme ta furie! Je t’en conjure par les saints et les bienheureux. »

 

« Ô Dame des mers! Par le Précieux Sang du Christ-Roi, fais silence. »

« Ô Dame des mers! Par l’épée de l’archange Michel, je t’ordonne de faire pénitence. »

« Ô Dame des mers! Par les saints de la Normandie, écoute cette remontrance. »

« Ne crains-tu pas la colère de Dieu, qui envers ces créatures, a tant de patience? »

 

Aussitôt cette prière prononcée,

Une mer d’huile remplaça cette mer jadis agitée.

La dame des mers avait obéi à ces paroles si sacrées.

Une prière que lui avait enseignée sa défunte mère bien-aimée.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada