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En me promenant …

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Avec la permission de Marlène D.

 

En me promenant …

 

En me promenant dans les bois,

Alors que je ne m’y attendais vraiment pas,

J’ai aperçu un jeune garçon jouant dans les feuilles d’or,

Tel le ferait un artiste-peintre cherchant l’inspiration de son art.

 

Je ne lui ai point dit un mot,

Et encore moins, faire un seul pas de trop.

Me contentant d’aller m’assoir sur un banc,

En regardant les nuages annonçant l’hiver blanc.

 

Puis, me revoyant en ce garçon.

Je n’ai pu m’empêcher quelques leçons.

Des leçons amères sur le sens de la destinée,

Assez semblable pour tant de gens indigents ou fortunés.

 

Peu importe les richesses accumulées,

Ou bien tous les trésors à jamais dilapidés,

Un seul compte vraiment dans le cœur des hommes,

C’est celui de l’amour qui suivra dans l’éternité nos âmes.

 

De cet amour que nous avons vécu,

Tant en êtres richement vêtus ou presque nus.

Car rien de plus authentique ce que les yeux n’ont point vu,

Ni de plus sacré ce qui se trouve dans le cœur des gens disparus.

 

J’aurais tellement aimé lui raconter,

Le temps de mes multiples frasques de jeunesse,

Le temps où ma peau frémissait à l’idée d’une caresse,

Avant le temps où l’on m’enrôla pour aller mes semblables tuer.

 

J’aurais tellement aimé lui relater,

Mes expériences, mes amours et mes regrets,

De mes bons coups ! De ces femmes que j’adorais !

De mes erreurs du passé longtemps en moi oubliées.

 

Et puis, je me suis ressaisi.

À chacun de faire son chemin,

À chacun d’accomplir son propre destin,

Voilà ce que mon tendre père dans sa sagesse m’a dit.

 

Vas-y jeune homme !

Joues gaiement dans les feuilles de feu,

Bonheur et d’amour ! C’est pour toi mon vœu.

Et souviens-toi que malgré tout la vie est si bonne.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Dis-moi tout

Dis-moi tout!
Dis-moi tout!
Dis-moi tout!
Parle-moi ô ma chérie adorée, à genoux je t’en supplie.
Quel crime si horrible aurais-je commis qui t’incite à garder ce silence ?
À  toi, que Dieu m’en soit témoin, nul sourire ne te fut interdit.
Ta tristesse me transperce corps et âme telle une lance.
Tu sais bien que de mon entière fidélité, je te le jure, tu en as l’exclusivité
N’imite pas la femme de Lot qui détourna son regard d’un avenir prometteur,
Et qui se transforma, trois fois hélas, en une vulgaire statue de sel pour l’éternité.
Nulle prétention d’être sans défauts, mais de mon amour véritable, je ne suis point menteur.
Je combattrai tous les minotaures de ce monde pour te prouver mon hardiesse,
Je voguerai même vers l’Hadès en parcourant le fameux Styx.
Pour y détruire tout ce qui alimente de notre amour sa faiblesse,
Ô mon admirable beauté, mon supplice est pour moi pire qu’une silice.
Aucun peuple n’a de son histoire créé de mots qui décrivent pour toi ma passion.
Aucune langue d’hommes n’est digne, ne fut-ce qu’un instant, de prononcer ton nom.
Aurais-je trahi ta confiance d’un seul secret né de nos relations intimes?
De ma langue, que l’on m’en prive si cela peut dissiper tes doutes bien légitimes.
Mon Dieu ! Je vois une larme ruisseler sur ta joue de soie.
Comment puis-je la faire disparaître car de t’avoir blessée j’en ai peur ?
Quels mots pourraient te redonner à la fois ton bonheur et ta joie ?
Tu le sais autant que moi qu’il n’y a pas dans la vie que tromperie et l’heur.
Tends-moi la main et raconte-moi ce qu’il ne va pas.
Jamais de jugements sur toi je ne ferai.
Qui suis-je pour rejeter celle qui de la mort me sauva ?
Dans un mutisme absolu je serai tenu pour davantage t’écouter.
Dis-moi tout, ô mon adorée, dans le creux de mon oreille attentive.
Ne sais-tu pas que dès mon réveil mes pensées ne sont que pour toi ?
Et que mon amour fait en ma volonté profonde force de loi ?
Viens près de moi, colle–toi sur ma poitrine qui recueillera tes larmes divines.
J’entends battre ton cœur avec un rythme que rien de bon ne m’inspire.
De mes bras musclés, je t’enlace avec une précaution infinie afin de te protéger de ces démons.
Que je projetterais loin dans les profondeurs de tous les enfers et en particulier les pires.
Si tel est ton vœu, pour te prouver que tu es l’élue de ma vie, je gravirai les plus hauts des monts.
Les aurores sans ta présence à mes côtés ne sont que des crépuscules lugubres.
Mais, mon sommeil en ta compagnie devient un doux parcours rempli de vie.
Les saisons, aussi belles soient-elles, ne sont en ton absence que pâle mois de novembre.
Par ton incomparable perfection, le ciel d’un bleu tout limpide se remplit.
Dis-moi tout ma chérie, je t’en prie au nom de notre jeunesse d’autrefois.
Une époque où l’on se moquait de tous ces mots sur nous qui courraient.
Nous n’avions que faire de leur fausse morale et de leur vaine foi.
Et de faire l’amour sans relâche, nous le faisions avec un plaisir qui jamais ne mentait.
Chaque jour n’est que douce romance dès le moment où mes yeux ont croisé les tiens.
Et du premier baiser, tu m’as ouvert toutes grandes les portes du jardin d’Éden.
De tes suaves paroles, tu as fait de tes rêves, les miens.
Ma vie avait enfin trouvé un sens, je ne vivais plus tel un bohème.
Oui, devant les Dieux de l’Olympe et les simples assises humaines, j’avoue ce crime parfait.
Et, le refaire encore et encore, je suis prêt car je n’en éprouve aucun regrets ni remords.
Coupable et cent fois coupable, je plaide ma cause devant la justice des hommes imparfaits.
C’est de ne t’avoir jamais cessé de t’aimer sur le chemin de notre vie que je voulais tant être parsemé de feuilles d’or.
De
Rolland St-Gelais
Québec (Québec)
Canada